La rose est une fleur noble qui, bien que se suffisant à elle-même, est époustouflante en bouquet de roses. Mêlée à d’autres fleurs, elle devient plus légère sans s’effacer. Partez à la découverte des splendeurs de votre jardin, panier à la main, et laissez vous tenter par les couleurs variées qu’il vous offre. Découvrez ainsi le plaisir de concevoir vos propres bouquets maison ! Composer un bouquet des fleurs de son jardin pour décorer sa maison est l'un des grands plaisirs que l'on peut retirer du jardinage. Aucune raison de se priver de prélever régulièrement quelques roses sans dégarnir ses massifs. De quoi pallier les reproches souvent faits aux roses des fleuristes : tiges trop raides, fleurs trop rigides, choix des couleurs limité, inodores, toutes caractéristiques liées aux impératifs recherchés par les obtenteurs de roses pour fleuristes, qui permettent aux fleurs de voyager dans les meilleures conditions. C'est donc dans votre jardin, à portée de main, que vous pourrez prélever de grandes roses très doubles, parfumées, pour composer des bouquets chatoyants et odorants. Votre plaisir débutera dès la cueillette, en choisissant vos variétés et la maturité idéale des fleurs.

Les principes fondamentaux de la taille et de la récolte
Tout d’abord il est bon de rappeler que couper les fleurs de votre rosier pour faire des bouquets est un atout pour leur développement. Si vous taillez régulièrement vos rosiers, en enlevant les fleurs (fanées ou non), vous évitez la formation de fruits et de graines pour favoriser la formation de nouvelles fleurs. Vos rosiers refleuriront encore plus et plus longtemps. Il est préférable de cueillir les roses le matin, "à la fraîche", lorsque la rosée a séché, mais que le soleil n'est pas encore chaud. Les roses sont alors à leur point maximal de turgescence (cellules gorgées d'eau et en état de tension, rigidifiant les tiges, les feuilles et les pétales). Choisissez-les au stade "bouton ouvert", lorsque les sépales laissent bien voir la couleur mais que les pétales sont encore imbriqués les uns dans les autres. Pour un bouquet qui dure, ne craquez pas sur une rose trop épanouie. Votre création florale serait très éphémère. Choisissez plutôt des fleurs encore légèrement fermées.
La coupe des roses : coupez les tiges en biseau pour favoriser l’absorption d’eau. La coupure doit être bien nette et effectuée avec un sécateur propre. Evitez l’usage de ciseaux qui ont tendance à écraser la tige et donc abimer aussi le rosier. C’est cette coupe qui sera la plus adaptée à un bon entretien de vos rosiers. Cette récolte peut être une bonne opportunité pour assurer en même temps une taille du rosier, en coupant 1 cm au-dessus d’une jeune pousse dirigée vers l’extérieur. Mais ne cueillez pas des tiges de plus de 30 ou 40 cm de longueur pour que le rosier ne prenne pas un air dégarni et qu’il refleurisse rapidement. Secouez délicatement les fleurs coupées, pour déloger les petits insectes qui pourraient y loger.
Sélection et entretien des variétés à bouquet
Le bonheur des roses est que peu d’efforts suffisent pour un magnifique résultat. Vous avez peur d’une faute de goût ? Toutes les roses ne tiennent pas en vase. A la roseraie Guillot, ce critère est important. Vous trouverez donc une mention « bonne tenue en vase » en bas des fiches produits des variétés testées et approuvées. Vous trouverez aussi un onglet « rosiers à bouquet » dans notre onglet « tous les rosiers ». Ce critère peut d’ailleurs vous aider dans votre choix de rosiers à planter au jardin !

Une rose de jardin est une plante robuste qui s’épanouit pleinement lorsqu’elle est plantée directement dans le sol de votre jardin. C’est tout à fait différent de la rose coupée bien connue que l’on trouve généralement chez le fleuriste. Cette dernière est sélectionnée pour ses longues tiges et sa longue tenue en vase. Elles sont souvent cultivées à l’autre bout du monde, dans des serres hautement contrôlées. Cela dit, vous pouvez également créer de magnifiques bouquets avec des roses de jardin ! Les roses s’intègrent parfaitement dans un jardin de cueillette.
Dans le monde des roses, on distingue de nombreuses catégories botaniques. Toutefois, pour l’art floral, il est plus simple de les classer en deux groupes : les roses avec une seule fleur par tige et les roses en grappes. Les hybrides de thé sont généralement idéales si vous recherchez une grande fleur unique par tige (elles se rapprochent le plus des roses coupées cultivées en serre mentionnées précédemment). De nombreuses roses ont un parfum agréable, mais les variétés historiques (anciennes roses) combinent des formes de fleurs romantiques avec un parfum inégalé ! Dans ce cas, c’est la fleur elle-même qui détermine le style du bouquet, car la longueur des tiges est parfois irrégulière. La plupart de ces roses ne refleurissent pas, ce qui les rend d’autant plus exclusives.
Composition créative et techniques d'assemblage
En solitaire, nombreuses ou mariées à d’autres fleurs tout est possible ! Nous vous proposons quelques idées de notre fleuriste et photographe. Le choix des roses en solitaire c’est opter pour l’élégance et la subtilité. Raffiné, cela conviendra parfaitement, posé sur la cheminée ou la table de nuit de votre chambre d’amis. Quoi de plus accueillant qu’une rose attendant vos convives ? Un joli signe de l’attention particulière que vous leur avez réservée en préparant un lieu chaleureux. Sur votre table vous cherchez à faire un joli bouquet sans trop de chichi et ne prenant pas toute la place sur le centre de table ? Vous pouvez opter pour un bouquet composé uniquement de roses et le succès prendra chez vos invités !
Pour nos bouquets nous pouvons être créatifs selon les fleurs qu’on trouve au jardin ou même sur les bords des chemins. Besoin d’un coup de main ? Nous vous offrons ici un exemple étape par étape avec des fleurs simples à cultiver au jardin. Laissez-vous inspirer par votre cueillette de fleurs : ici nous nous sommes laissés tenter par les roses Ladurée® et leur parfum sucré avec des achillées sauvages, des lavatères blanches, des bleuets colorés et de l’eucalyptus pour un peu de feuillage. Disposez vos fleurs sur la table pour bien différencier chaque espèce. Préparez les tiges en retirant les feuilles et les aiguilles piquantes. N’oubliez pas aussi votre vase rempli d’eau ou un lien pour maintenir le bouquet en place s’il est pour offrir (cela facilitera le transport).
Art floral : créer un bouquet rond simple - Truffaut
Astuce : nous utilisons pour maintenir nos bouquets des rouleaux de scratch achetés en rayon bricolage. Imperméable, le scratch est facile à mettre d’une main et peut être réutilisé pour le bouquet suivant. Moins étranglant qu’une ficelle ou un élastique, il permet de maintenir fermement sans blesser les tiges. Passez à la construction du bouquet. D’une main (gauche pour les droitiers, droite pour les gauchers) maintenez le bouquet et de l’autre apportez les fleurs au fur et à mesure en tournant le bouquet en finissant par le feuillage. Ainsi vous disposez régulièrement des espèces différentes pour un bouquet équilibré. Il ne reste plus qu’à ajuster les tiges à la même longueur avec des ciseaux ou sécateur bien tranchants. Enfin mettez simplement en vase ou maintenez la forme du bouquet par un lien (au-dessus de la main tenant le bouquet) pour l’offrir plus facilement. Astuce : Chez Guillot®, nous gantons la main tenant le bouquet pour se protéger des épines restantes. L’autre est non gantée pour plus d’aisance.
Les éléments complémentaires : branches et cynorrhodons
Les branches peuvent être un ajout original et amusant à votre bouquet. On utilise souvent des branches de saule ou les rameaux colorés du cornouiller, mais saviez-vous que certaines roses produisent également des branches particulièrement intéressantes ? Certaines variétés d’arbustes, par exemple, ont des jeunes rameaux qui prennent une teinte rouge vif sous le soleil. Ce ne sont pas seulement les branches elles-mêmes, mais aussi leurs épines qui peuvent être très décoratives. Prenez par exemple la fascinante Rosa omeiensis pteracantha, qui possède de fines épines rouge feu translucides sous la lumière du soleil.
Si vous avez réussi à résister à l’envie de sortir le sécateur, les fleurs ont pu se transformer en fruits. Ces petits fruits sont une délicatesse pour les oiseaux et la faune du jardin. De plus, ils apportent une touche magnifique à un bouquet d’automne ! Les roses très doubles produisent généralement moins de cynorrhodons, et certains fruits sont parfaits pour des confitures ou des chutneys. Les cynorrhodons offrent presque autant de diversité que les fleurs : petits, grands, ronds, ovales, aplatis, en forme de flacon, en grappes, et dans toutes les nuances de rouge, orange, jaune, brun, voire noir. Un véritable casse-tête pour choisir !
La pérennité des tiges et la symbolique
Coupez les feuilles du bas qui pourraient être au contact de l’eau pour éviter que l’eau ne croupisse. Au bout de quelques jours, n’hésitez pas à recouper les tiges : une pellicule de protection se forme avec le temps, limitant l’entrée d’eau dans les vaisseaux conducteurs. Certains préféreront faire évoluer leur bouquet plus souvent. D’autres préfèrent garder leur création le plus longtemps possible. Même si c’est un art éphémère, il existe des solutions nutritives pour conserver vos bouquets de roses plus longtemps. Le bouquet que vous voulez réaliser est pour offrir ? Savez-vous que le langage des roses est riche en sens ? Et oui ! La symbolique des roses peut vous aider. Vous avez une émotion à partager mais pas les mots pour l’exprimer ? Dévoilez-la avec des roses !
Origine et multiplication des rosiers
Avant de vous être vendu, un rosier doit être multiplié et élevé. Le greffage en écusson : technique la plus souvent utilisée, le greffage à l’écusson se fait sur le collet d’un porte-greffe (rosier sauvage). Le bouturage : technique utilisée pour certaines variétés, le bouturage est réalisé sous serre. La multiplication végétative in vitro : méthode peu utilisée pour des raisons de coûts de revient trop importants. L’écussonnage est la technique la plus fréquente de multiplication des rosiers. Le porte-greffe est donc l’intermédiaire entre le rosier et le sol.

La greffe à l’écusson a été inventée en 1849 par un Lyonnais : Jean-Baptiste Guillot. On lève un œil (bourgeon) avec un minimum de bois. On pose l’écusson : après avoir nettoyé la base du sujet (collet), on pratique sur l’écorce lisse une incision en T. On introduit l’écusson en le glissant sous les écorces. Le plant (porte-greffe) issu de semis est préparé pendant l’hiver et est planté fin mars. A la sortie de l’hiver, on rabat le porte-greffe et on ébourgeonne. L’œil (le bourgeon) démarre avec la reprise de la végétation. Durant l’été on effectue les travaux d’entretien et les traitements. On veille à utiliser les produits phytosanitaires les moins nocifs par respect de l’environnement. Fin septembre on commence l’arrachage des rosiers que l’on rentre en chambre froide.
Le bouturage est surtout employé pour les rosiers paysagers (rosiers arbustifs et rosiers couvre-sol) ainsi que pour les mini-rosiers. La bouture herbacée est prélevée sur un sujet sain. Elle est trempée dans une hormone de bouturage. On utilise un substrat composé d'un mélange de sable et de tourbe. Les rosiers de boutures forcés en serre chaude pour être vendus fleuris sont des rosiers d’intérieur. Des bourgeons sont prélevés sur des pieds-mères sains. Ces bourgeons sont déposés stérilement sur un milieu nutritif gélosé. Après plusieurs repiquages et sous l’action de différentes hormones, les bourgeons axillaires se développent et on obtient après 4 semaines une touffe de 5 à 10 jeunes pousses.
Traditions ancestrales et transformation
La photographe américano-libyenne Annissa Durar a documenté, avec beaucoup de douceur, la récolte des roses à Kelâat M’Gouna, au sud du Maroc. On est au mois de mai. Le soleil se lève à Kelâat M’Gouna, au Maroc. Dans la fraîcheur de l’aube, les travailleur·ses s’activent. Il est temps de récolter les roses, dont le parfum diffus embaume la vallée. « C’est au premier rayon du soleil, lorsque les fleurs s’ouvrent, que leur odeur est la plus forte », précise Annissa Durar. Ramassés, triés et distillés, ces pétales de roses damascènes deviennent de l’eau de rose, produit réputé de la région.
Pour beaucoup, à Kelâat M’Gouna, cette saison est plus qu’un rituel : c’est un rythme commun qui unit les familles, soutient l’économie locale et ancre l’identité dans un lieu façonné par les odeurs et le sol. Les secrets de l’eau de rose se transmettent de mère en fille. Après la récolte, direction le laboratoire, vient le temps de l’alchimie végétale. Du jardin à l’atelier-laboratoire, il n’y a qu’un pas, garant d’une fraicheur magique dans la transformation des plantes. Après un séchage délicat, les pétales sont baignés dans une synergie d’huiles végétales fines pour réaliser nos macérations de rose. Frais, les pétales odorants sont plongés dans l’alcool pour réaliser un élixir, qui entrera dans la composition de nos parfums. Certains pétales, séchés, se cacheront dans les poignées d’herbes, proposées dans nos rituels en institut. La vie de chaque rose, précieuse, continue et se transforme.