Le cytise (Laburnum spp.) est un petit arbre caduc ornemental, célèbre pour sa floraison printanière en longues grappes jaunes, semblables à celles de la glycine, mais pendantes. Le cytise est un grand arbuste dont la floraison printanière en grappes jaunes égaye les jardins. Malgré sa robustesse, ce beau petit arbre d’ornement n’est malheureusement pas à l’abri de diverses maladies qui peuvent affecter sa santé, voire le faire dépérir.

Identification et gestion de l'oïdium sur le cytise
Comment prévenir l'oïdium sur mon Cytise commun ? L'oïdium est une maladie fongique favorisée par une humidité ambiante élevée sans ventilation suffisante, et des températures douces. Il se manifeste par une poudre blanche sur les feuilles, tiges et fleurs, affaiblissant le Cytise commun et réduisant sa photosynthèse. Les feuilles, les jeunes tiges du cytise se couvrent d’un duvet blanc.
En prévention, appliquez une décoction de prêle plusieurs fois au cours du printemps. En cours de culture, procédez à des pulvérisations de décoction de prêle. Un purin de prêle dilué (10%) peut être pulvérisé préventivement ou dès les premiers signes. Traiter préventivement de façon répétée avec une décoction de prêle ou encore avec un produit à base de soufre. Un traitement au soufre peut être effectué si la maladie en est à son début. Le lait est également un fongicide efficace contre l’oïdium, à diluer dans de l’eau, à raison de 400 g de lait maximum pour 10 l d’eau. Assurez une bonne circulation de l'air par une taille d'éclaircissement annuelle. Évitez les arrosages par aspersion en fin de journée.
La gestion des taches foliaires
Cette maladie du cytise se développe sur les feuilles, les marquant de taches brunâtres bordées de gris, taches dont le centre s’éclaircit avec le temps. Si les jeunes pousses sont touchées par les taches foliaires, elles peuvent dépérir. Un temps doux à chaud associé à une forte humidité favorise le développement de la maladie. Des taches brunâtres auréolées d'un halo sombre se développent sur les feuilles des cytise.
Des pulvérisations de prêle ou de cuivre peuvent être utilisées en prévention. En curation, appliquez de la bouillie bordelaise et supprimez les rameaux atteints puis détruisez-les. Il faudra penser, à l’automne, à ramasser toutes les feuilles au sol et à les détruire également, pour éviter une recontamination l’année suivante. Coupez les parties de rameaux atteints et brûlez-les.
La rouille : symptômes et traitements
Les spores présents sur un hôte sont dispersés par le vent ou par le contact avec un outil, par exemple, et déposés sur une autre plante-hôte, le cytise en l’occurrence. Vont se développer sur l’endroit des feuilles de cet arbre des taches claires, qui correspondent sur leur envers à des pustules brun orangé (d’où le nom de rouille). Les taches s’assombrissent au fil de la saison et les feuilles finissent par tomber. La rouille n’est pas une maladie grave mais l’arbre s’affaiblit dès la première attaque, son développement ralentit et il fleurit moins. Sans traitement, les attaques seront plus virulentes d’année en année.
En prévention comme en curation, utilisez une décoction de prêle diluée dans de l’eau à 10 %. Dans le premier cas, vous l’appliquerez dès le débourrement (l’ouverture des bourgeons), 2 fois à 1 semaine d’intervalle puis renouveler de la même manière les 2 mois suivants. Et tous les 3 jours dès les premiers symptômes, dans le second cas. La bouillie bordelaise est également efficace contre la rouille, comme d’autres traitements fongicides à base de cuivre. Faites des traitements à base de bouillie bordelaise puis début printemps si la maladie était apparue l'année précédente.
La bouillie bordelaise en automne
La maladie du plomb parasitaire
Un cytise planté dans une terre trop compacte et humide, mais aussi des hivers doux et humides forment des conditions favorables pour que votre arbre risque de développer cette maladie cryptogamique. Les spores pénètrent dans les tissus via des plaies fraîches. Les feuilles prennent une teinte grisâtre, métallique et terne. Elles peuvent s’enrouler sur elles-mêmes et/ou montrer des taches nécrosées ou prendre une teinte rouge. Au dernier stade de la maladie du plomb, les feuilles sont groupées et petites et les branches prennent un aspect plus dense. La maladie peut évoluer plus ou moins vite, les premiers symptômes peuvent même apparaître des années après la contamination. Non traité, l’arbre peut mourir.
Pour prévenir tout risque de cette maladie du cytise, respectez les bons gestes de taille, c’est-à-dire agir par temps sec et protégez les plaies de taille. Pour couper court à la contamination, il faut rabattre les branches atteintes jusqu’au bois sain. Mastiquez ensuite les plaies pour une bonne cicatrisation. Vous pouvez sauver votre arbre si vous agissez tôt et que le champignon n’a pas atteint le tronc. Un cytise trop atteint doit être arraché et brûlé, si possible avant l’hiver.
Le pourridié et la gestion des sols
Le pourridié est un risque important si votre cytise est planté dans un sol argileux, lourd, qui reste souvent humide de l’automne jusqu’à la fin du printemps. Il est aussi connu sous le nom de pourridié-agaric ou armillaire couleur de miel. Les symptômes de cette maladie du cytise sont difficiles à identifier, et comme souvent lorsque le mal attaque les racines, il est difficile de repérer des symptômes avant qu’il ne soit trop tard. De plus, une fois que ce champignon est présent dans le sol, il y est très persistant et peut contaminer un autre végétal des années plus tard. Le drainage du sol doit être amélioré mais les racines traçantes du cytise n’aiment pas être déterrées.
La fumagine : un effet indirect des ravageurs
C’est la présence de pucerons qui entraîne la formation de fumagine sur les feuilles du cytise. Les pucerons excrètent en effet du miellat, un résidu de leur repas composé quasi exclusivement de sucres. Ce miellat se colle sur les feuilles et permet à un champignon de s’y installer, qui va former une couche de suie grasse sur ces feuilles. Ce n’est généralement pas grave, par contre ces taches noires sont disgracieuses. Et en quantité importante, la fumagine peut empêcher la photosynthèse et rendre l’arbre plus fragile. Pour empêcher le développement de la fumagine, il faut restreindre les colonies de pucerons présentes, par exemple en favorisant leurs prédateurs, comme les mésanges. Posez des nichoirs à mésanges. Favorisez la biodiversité dans votre jardin pour un écosystème équilibré, moins propice aux épidémies. Pour les arbres adultes, pas de traitement, quelques colonies de pucerons ne mettent pas l’arbre en péril.

Pratiques culturales et prévention générale
Les maladies du cytise sont généralement possibles à enrayer, dès lors que le jardinier est attentif à ses végétaux et sait reconnaître les signes de détresse qu’ils émettent. Le mieux est, néanmoins, de prévenir le développement de ces maladies plutôt que d’avoir à les soigner ! Premièrement grâce à des bonnes conditions de culture mais aussi en utilisant des méthodes préventives.
Lors de la plantation de votre cytise, installez-le dans une zone ensoleillée et aérée, pour que l’humidité puisse rapidement disparaître. Veillez également à ne pas trop serrer vos plantations, pour la même raison. Par ailleurs, le cytise se plaît dans des sols sableux et calcaires, très légers et drainants. Une terre trop compacte ne lui conviendra pas et le risque de développement de champignons sur les racines est important. La taille du cytise n’est vraiment pas obligatoire du fait de sa densité naturelle et de sa silhouette régulière, et cela tombe bien car il ne la supporte pas très bien. Si elle s’avérait nécessaire, il faudra veiller à réaliser des coupes très nettes, donc avec un outil bien aiguisé, d’attendre une période où le temps est bien sec et chaud, et d’appliquer ensuite un mastic cicatrisant ou une peinture fongicide qui évitera aux branches blessées de pourrir. Pensez à systématiquement désinfecter vos outils de taille entre 2 sujets pour limiter les transferts d'agents pathogènes.
Comprendre la nature du cytise
Le genre du cytise (Laburnum) faisant partie de la famille des faboideae comprend deux espèces : le cytise des Alpes (Laburnum alpinum) et le cytise faux ébénier (Laburnum anagyroides). Cet arbre d’ornement est originaire d’Europe centrale et du Sud, où il orne parcs et jardins depuis le XVIe siècle. En plus du cytise des Alpes et du cytise faux ébénier, un croisement d’espèces sauvages est tout particulièrement prisé : le cytise de Waterer (Laburnum x watereri). Le cytise faux ébénier atteint en moyenne une hauteur de cinq à sept mètres tandis que le cytise des Alpes mesure en moyenne quatre à six mètres de haut. Grâce à son port buissonnant et à ses rameaux retombants, il forme de longues grappes de fleurs caractéristiques d’environ 30 cm de long. Ses fleurs jaune d’or qui apparaissent de mai à juin le rendent particulièrement attractif.

Toxicité et vigilance
Le cytise est une plante toxique. Toutes les parties comprennent un poison neurologique, la cytisine, aussi fortement toxique pour l’être humain que pour les animaux. Ses graines mûres, à forte teneur en cytisine, sont particulièrement dangereuses. Mais les fleurs ou les tiges comprennent aussi cette toxine. L’ingestion ou la mastication peuvent provoquer de graves symptômes tels que vomissements, crampes d’estomac, problèmes circulatoires, spasmes musculaires et transpiration. Comme les gousses ressemblent à celles des haricots ou des petits pois, le risque de confusion est très élevé, surtout pour les enfants. Si vous avez des enfants ou des animaux, renoncez de préférence à cet arbre. Si un cytise est planté à proximité d’une aire de jeu, expliquez à votre enfant qu’il s’agit d’une plante toxique qu’on ne doit pas manger.
Conditions idéales de culture
Comme dans sa patrie d’origine d’Europe centrale ou méridionale, le cytise orne les steppes rocheuses et les pelouses sèches, il préfère les sols sableux et calcaires. Cependant, il apprécie également les terres de jardin normales à part équilibrée de sable et d’argile. Un bon drainage du sol est décisif. Le cytise a besoin de suffisamment de soleil pour former ses impressionnantes grappes de fleurs. Plantez-le par conséquent à un endroit le plus ensoleillé possible ou semi-ombragé, à bonne distance d’arbres et d’autres plantes dispensant de l’ombre. Cet arbre à feuilles caduques devra de préférence être planté en isolé au jardin. Cependant il fera très bel effet, associé à d’autres plantes telles que l’ail d’ornement ou le lilas mauve. Ses jolies fleurs sont ainsi non seulement un ravissement pour les yeux, mais également une source de nourriture appréciée des bourdons !
Plantation et entretien au fil des saisons
Le printemps est la saison idéale pour planter un cytise dans votre jardin. Comme le cytise prospère de préférence en sol sablonneux et pierreux, nous vous conseillons de répartir une couche de drainage en granulés de pierre ponce dans le trou de plantation. Vous éviterez ainsi de plus l’humidité stagnante. Installez à présent l’arbuste dans le trou de plantation, comblez les cavités avec le mélange de terre excavé et tassez fermement. Le cytise peut également être planté en bac. Notez toutefois que les soins à apporter seront nettement plus élevés. Veillez à choisir un pot suffisamment grand pour ce grand arbuste. Pour prévenir l’humidité stagnante, le pot doit être impérativement doté de trous de drainage.
Il faut arroser suffisamment le cytise surtout après la plantation en pleine terre ou en bac. En pleine terre, les précipitations naturelles suffisent généralement. Durant la sécheresse estivale, il peut néanmoins s’avérer nécessaire d’arroser. Idéalement, arrosez à l’eau de pluie ou à l’eau du robinet décantée. Pour prévenir une forte évaporation de l’arbre, vous pouvez pailler ce dernier après la plantation avec de la matière organique (mulch, couvre-sol). Le cytise en bac doit être arrosé régulièrement. Le substrat ne doit jamais se dessécher entièrement mais il faut néanmoins éviter aussi l’humidité stagnante. Vérifiez à l’aide du doigt s’il faut arroser l’arbuste.
Si vous avez planté le cytise dans un substrat riche ou avez enrichi la terre de jardin avec du compost lors de la plantation, cet arbuste d’ornement sera déjà bien armé pour débuter sa croissance. Comme le cytise fait partie des légumineuses, la plante peut capturer au niveau des racines les rhizobiums riches en azote et s’auto-alimenter suffisamment en azote, un nutriment essentiel. Pour soutenir la croissance du cytise et le rendre particulièrement résistant aux maladies et ravageurs, il est judicieux de faire une fertilisation supplémentaire avec un engrais universel doux. Le printemps, de mars à avril, est le bon moment pour les fertilisations et pour préparer au mieux l’arbre à la période de croissance principale.
Rusticité et protection hivernale
En principe, cet arbre d’ornement est rustique sous nos latitudes, dans la mesure où il a été planté au printemps, et ne nécessite pas de protection hivernale supplémentaire. Toutefois, un fort soleil hivernal peut provoquer des gélivures sur son tronc. La combinaison de températures basses et du rayonnement solaire provoque des variations thermiques dans l’arbre qui élargissent l’écorce et provoquent par conséquent des fissures. Pour protéger le cytise, vous pouvez enrouler le tronc dans du non-tissé ou passer une couche de blanc arboricole. Planté en bac, le cytise a besoin d’une protection hivernale supplémentaire.
Multiplication par bouturage
Grâce à ses infrutescences, le cytise se reproduit par semis spontané tout au long de l’année. Mais si vous souhaitez vous assurer que toutes les nouvelles plantes aient toutes les propriétés de la plante mère, il convient de le multiplier par bouturage. Vous pouvez prélever en mai un morceau de 15 cm sur une branche déjà lignifiée. Ôtez alors les feuilles et les boutons de la bouture et plongez-la dans un verre d’eau à un emplacement lumineux, à température ambiante. Au bout de quelques jours, elle formera les premières racines et pourra être repiquée au jardin.
Réponses aux préoccupations courantes
Les traitements sont nécessaires sur les jeunes cytises. Concernant les arbres plus anciens, il est fréquent que les plaies de taille cicatrisent mal et commencent à pourrir. Si votre arbre présente des taches jaunes sur les branches et le tronc, il est d'usage de brosser les parties touchées et d’appliquer de la bouillie bordelaise. Dans certains cas, la perte de vigueur peut être liée à des problèmes de sol ou à des ravageurs souterrains. LE CAMPAGNOL, une vraie calamité ! Il faut repérer les galeries et piéger. Ces rongeurs peuvent causer des dégâts aux racines, affaiblissant l'arbre et le rendant plus sensible aux diverses maladies cryptogamiques qui se développent sur les tissus affaiblis. Une surveillance régulière et une intervention préventive ciblée permettent de maintenir la beauté et la santé de cet arbuste emblématique.