Le bonsaï, un art asiatique étudié et raffiné depuis plusieurs siècles, est bien plus qu'une simple culture de plantes en pot. C'est une fusion de croyances anciennes avec la philosophie d'Extrême-Orient, une harmonie entre l'homme, l'esprit et la nature. Contrairement à une idée reçue, les bonsaïs ne sont pas des espèces d'arbres nains génétiquement modifiées. Il s'agit d'arbres normaux, maintenus dans des dimensions réduites grâce à des techniques spécifiques et une culture soignée. Cette discipline, autrefois privilège des classes supérieures, est aujourd'hui accessible à tous, offrant un voyage créatif et méditatif.

Premiers Pas dans le Monde du Bonsaï : Acquisition et Choix de l'Arbre
Le premier pas vers la culture d'un bonsaï est l'acquisition d'un arbre. Plusieurs approches sont possibles, chacune offrant des niveaux d'engagement et de récompense différents. La plupart des passionnés ont commencé en achetant un arbre dans un magasin, souvent en ligne.
Choisir l'Essence Adaptée à Son Environnement
Le point le plus important, quel que soit le mode d'acquisition, est de choisir une essence d'arbre qui convienne à votre environnement. Il est essentiel de se demander si l'on souhaite conserver l'arbre à l'intérieur ou à l'extérieur. Les bonsaïs (sub)tropicaux peuvent vivre à l'intérieur, mais cela limite les options. Pour un bonsaï destiné à l'extérieur, la majorité des arbres non-tropicaux pousseront parfaitement bien, tant qu'ils sont protégés d'un ensoleillement intense ou de températures glaciales. Un excellent choix est d'opter pour une essence indigène de sa région, ce qui simplifiera grandement son entretien et augmentera ses chances de prospérité. Placer un arbre d'extérieur en intérieur (ou vice versa) est le meilleur moyen de le tuer. Les arbres subtropicaux nécessitent souvent beaucoup de lumière et une température relativement élevée, et ne peuvent vivre dehors seulement si l'on réside dans un climat suffisamment chaud.
Méthodes d'Acquisition d'un Bonsaï
Une fois que l'on a sélectionné le bon genre d'arbre, plusieurs manières s'offrent pour l'acquérir :
- Acheter un arbre abouti : Ces arbres, déjà mis en forme, sont disponibles dans les boutiques (en ligne). Ils offrent une grande variété d'essences, de tailles et de formes. Cependant, cela a un prix, et le plaisir réside principalement dans l'admiration et la culture continue de l'arbre.
- Acquérir un pré-bonsaï : Le pré-bonsaï est un "matériel brut" qui possède le potentiel de devenir un bonsaï. Cette option permet de mettre en forme l'arbre soi-même, constituant une bonne méthode pour un résultat rapide et gratifiant.
- Cultiver soi-même un arbre : La méthode la plus économique, la plus gratifiante mais aussi la plus lente consiste à cultiver un arbre à partir de graines ou de boutures. Si la culture à partir de graines d'arbres et de jeunes plants prend de nombreuses années de plus que la création à partir d'un pré-bonsaï, elle offre une immersion complète dans le processus et une compréhension profonde du développement de l'arbre. Il faut se préoccuper très tôt du style de bonsaï que l'on veut donner à l'arbre. Les "graines de bonsaï" sont en réalité des graines d'arbres normales utilisées pour la culture du bonsaï. Le terme "élevage de bonsaï" est souvent utilisé par souci de simplicité, bien qu'il soit génétiquement incorrect ; la culture et la mise en forme n'ont rien à voir avec l'élevage au sens strict. Cependant, certaines variétés sont particulièrement adaptées à la conception de bonsaïs, offrant des caractéristiques comme des aiguilles petites (pins blancs Zuisho et Kokonoe), une couleur de feuille attrayante (érables japonais Deshojo ou Katsura) ou une ramification fine avec de petites feuilles.
Les Techniques Fondamentales de Mise en Forme du Bonsaï
Dès lors que l'on a acheté ou cultivé un arbre, c'est le moment de commencer à le mettre en forme et à l'entretenir. C'est la partie créative de la culture du bonsaï, mais aussi la plus difficile. Cependant, même s'il a fallu plusieurs décennies pour affiner les techniques, quelques fondamentaux peuvent être enseignés et appris assez aisément. Le bonsaï n'est pas une course, pas plus qu'une destination.
Comment créer un bonsaï ?
La Taille : Pilier de la Mise en Forme
La taille est la technique la plus importante et la plus fréquemment utilisée pour la conception du bonsaï. Elle est primordiale autant pour conserver la taille miniature des arbres que pour les mettre en forme, le but ultime étant de créer un bonsaï qui ressemble autant que possible à un arbre au naturel. La taille limite non seulement la croissance en taille, mais influence également la forme du bonsaï et le déplace dans la direction souhaitée.
La taille d'un bonsaï est divisée en deux types principaux :
- La taille de structure : Elle permet de donner à l'arbre la forme souhaitée sur le plan structurel et stylistique. Sa qualité est fondamentalement modifiée et améliorée. La taille structurale du bonsaï s'effectue principalement au début du développement d'un bonsaï et porte principalement sur les branches primaires de l'arbre. Le printemps et l'été sont généralement de bonnes périodes pour procéder aux tailles conséquentes, même si cela dépendra du type d'arbre.
- La taille de maintenance : Elle vise à maintenir le style spécifié d'un bonsaï et à améliorer qualitativement la forme existante en de nombreuses petites étapes.
Il faut s'assurer d'utiliser une bonne pince concave pour couper les branches épaisses. Les plaies creuses que ces outils laissent cicatrisent nettement mieux que celles de sécateurs standards. Même s'il est impossible de dire quelle branche il faut couper sans voir l'arbre en réalité, observer l'évolution d'arbres dans le temps peut servir de base de départ.
La Ligature : Orienter la Croissance
La ligature est un moyen efficace de mettre en forme les bonsaïs. Développée à l'origine pour la production commerciale de masse, elle est aujourd'hui quasiment indispensable à la formation des conifères, des pins en particulier. Elle est plus délicate sur les feuillus dont l'écorce est plus fine et se marque très rapidement de manière quasi définitive.
En enroulant avec précaution des fils d'aluminium anodisé (ou de cuivre recuit) autour des branches, il est possible de les plier et de les mettre en forme, au moins en partie. La ligature peut être appliquée à n'importe quel moment de l'année, mais il faut la retirer avant qu'elle ne blesse les branches qui s'épaississent. La croissance du bonsaï et sa forme peuvent être influencées et contrôlées par le fil dès le début. Pour presque tous les bons bonsaïs, du fil à bonsaï a été utilisé à un moment donné pour les former, souvent sur une longue période. Le processus de ligature est continu et est souvent effectué progressivement sur de nombreuses années. Au cours des mois suivants, la forme des parties de la plante se consolide par épaississement et lignification. Les parties du bonsaï ainsi conçues restent alors souvent en place, par exemple pour les espèces d'arbres dont les pousses se lignifient rapidement, comme les azalées ou les érables. Pour les espèces d'arbres au bois plus tendre, comme le pin blanc, les branches se recourbent souvent un peu en arrière.

Le Pincement et la Coupe de Feuilles : Affiner la Ramification
Le pincement du bonsaï est une technique de base du style bonsaï. Il peut être utilisé sur de nombreuses espèces de bonsaïs et, lorsqu'il est utilisé correctement, conduit à une ramification plus fine de la cime des bonsaïs. Le pincement est surtout utilisé pour les bonsaïs bien développés, moins souvent pour les prébonsaïs, où la structure de base est encore en cours d'élaboration. L'élimination du bourgeon terminal permet une meilleure ramification en inhibant la croissance des bourgeons sous-jacents, rendant la couronne plus dense et compacte, et augmentant le nombre de bourgeons floraux sur de nombreux arbres.
Une coupe de feuilles de bonsaï (défoliation) est utilisée comme le pincement pour augmenter la ramification fine d'un bonsaï.
Le Clip and Grow : Sculpter la Conicité
La plupart des feuillus en bonsaï sont formés à l'aide de la technique du "clip and grow", permettant d'obtenir des troncs massifs avec des formes douces. C'est une technique qui n'est pas si simple à maîtriser mais qui est fondamentale pour donner au tronc une conicité recherchée. Le principe de base est de laisser pousser, tailler très court et ensuite repartir sur les nouvelles pousses. Pour bien comprendre cette technique, il faut comprendre comment grossit un arbre : si vous laissez pousser, le tronc (ou la branche) va s'allonger et développer beaucoup de feuillage. Les feuilles vont produire de l'énergie (par photosynthèse) qui servira à créer de nouveaux tissus. Ce tire-sève va s'allonger et, en se lignifiant, son diamètre va augmenter. La technique fonctionne d'autant mieux que l'arbre est cultivé dans un grand pot, voire en pleine terre. Il ne faut pas avoir peur de laisser pousser, même si le tire-sève devient très long.
Lorsque vous laissez pousser le tronc ou les branches, vous vous retrouverez avec de longues tiges. Il est conseillé de laisser tiger jusqu'à obtenir la moitié du diamètre souhaité. La taille se fera pendant l'hiver, pendant la période de dormance, en mettant du mastic au niveau de la coupe pour améliorer la cicatrisation. Au printemps suivant, de nombreux bourgeons vont apparaître sur le tronc. Conservez toujours deux rameaux pour assurer la continuité. Quand ils se seront développés sur quelques centimètres, gardez-en un seul. Quand il s'agit d'une branche, conservez de préférence un rameau sur le dessous ou le côté, et non sur le dessus, car il poussera rapidement à la verticale, ce qui ne sera pas esthétique. Posez une fine ligature (un peu lâche, sans serrer) afin de guider le rameau dans la bonne direction.
Lorsque vous taillez le tire-sève, le rameau qui va être utilisé pour assurer la continuité ne sera pas exactement dans le prolongement du tronc ou de la branche. Taillez toujours un peu au-dessus de là où vous voulez avoir des bourgeons, car suivant les essences, il n'y a pas forcément des bourgeons latents sur tout le tronc. Faites une coupe perpendiculaire à la branche, sans chercher à creuser.
Un des problèmes posés par le clip and grow est que cette technique peut laisser de grosses coupes, surtout lorsque vous voulez former un gros tronc. Le bois va sécher au-dessus des derniers bourgeons. L'utilisation d'un mastic fait toujours débat au sein de la communauté bonsaï. Au bout de quelques semaines, vous verrez apparaître un bourrelet cicatriciel autour de la coupe. Si la coupe est trop grosse, ce bourrelet ne va plus évoluer. Pour cela, au printemps, rognez légèrement le bourrelet avec un cutter ou un scalpel, sur environ 1 millimètre tout autour de l'intérieur du bourrelet. Vous avez également la possibilité de traiter la coupe en bois mort, par exemple en faisant un jin ou un shari.
Pour les conifères, le clip and grow est utilisé différemment. Si vous taillez une branche de pin sans laisser de végétation, la branche va sécher et mourir. Pour un pin, vous pouvez laisser pousser une branche pour la faire grossir, mais conservez toujours une petite branche arrière qui pourra prendre la relève.
Le Marcottage Aérien : Propagation et Amélioration du Nebari
Le marcottage aérien est une technique avancée en horticulture, principalement utilisée pour propager les arbres. Le but est la propagation végétative (asexuée) des arbres, où de nouvelles plantes forment de nouvelles racines sur la plante mère.
Dans la formation d'un bonsaï, le marcottage aérien est utilisé comme technique pour améliorer la qualité du bonsaï. Cela peut servir à :
- Raccourcir un tronc long : Parfois, les bonsaïs ou prébonsaïs ont une bonne cime, mais une tige trop longue (la distance entre la surface du sol et la première branche principale est trop grande). En marcottage aérien, c'est-à-dire en formant de nouvelles racines plus haut sur le tronc, le tronc peut être raccourci après que les vieilles racines aient été enlevées.
- Obtenir un nouveau prébonsaï : Une nouvelle plante de bonsaï peut également être obtenue à partir de la branche d'un arbre normal par marcottage aérien.
- Améliorer une mauvaise base racinaire (Nebari) : Le nebari, ou collet, correspond aux racines de surface qui offrent un équilibre visuel à l'arbre. Si une base racinaire est si mauvaise qu'elle ne peut pas être améliorée par d'autres techniques, le marcottage aérien est un moyen d'obtenir une base racinaire complètement nouvelle un peu plus haut sur le tronc. Créer un nebari peut aussi se faire en taillant régulièrement les racines qui poussent vers le bas. A travers le choix du substrat, on peut favoriser un type ou un autre de développement des racines et, donc, la formation de leur départ visible. En choisissant des grains grossiers, on limite la ramification et on favorise des racines fortes. Le développement de la ramure est lié à celui des racines. En général, plus les radicelles sont nombreuses, plus la ramification est fine.

La Conception de Bois Mort : Jin et Shari
Les techniques avancées de conception de bonsaï incluent également des méthodes de conception de bois mort, c'est-à-dire qui sont utilisées pour concevoir des pièces de jin et de shari. Les jin (branches mortes, sans écorce) peuvent participer activement à l'esthétique d'un arbre en vieillissant son aspect général. Ils peuvent également constituer les « souvenirs » de branches qui ne pouvaient pas participer directement à la mise en forme parce qu'incohérentes avec les autres. Les shari sont des zones de tronc sans écorce, exposant le bois mort. Travailler les bois morts sur les bonsaïs peut considérablement améliorer le caractère de l'arbre. Contrairement aux idées reçues, les espèces qui supportent le mieux le vieillissement du bois mort sont celles réputées les plus tendres en menuiserie, tels les pins. Le liquide à jin pour bonsaï est un outil de patine et de conservation.
Entretien et Soins du Bonsaï
Une partie importante des connaissances de la culture des bonsaïs est relative à l'entretien et aux soins.
Arrosage : La Clé de la Survie
La fréquence à laquelle un bonsaï demande à être arrosé dépend de nombreux facteurs, comme l'essence de l'arbre, la taille du pot, la qualité du substrat et le climat. L'excès d'arrosage peut conduire à une pourriture des racines, l'une des plus grandes causes de mort. Cependant, comme ils sont plantés dans des pots relativement petits, les bonsaïs tendent à s'assécher très facilement. Une bonne règle pour l'arrosage est de vérifier les besoins en eau de l'essence de votre arbre, et lors de l'arrosage, de le faire abondamment pour s'assurer que le substrat absorbe complètement l'eau. Arroser ou non les feuilles des bonsaïs est une question récurrente qui divise les bonsaika.
Rempotage et Substrat : Santé des Racines
Choisir le bon mélange de substrat et rempoter régulièrement (tous les deux ans en moyenne, pour s'assurer que les jeunes arbres ne se congestionnent pas dans le pot, rendant l'arrosage et la rétention d'eau moins efficaces) est primordial pour garder votre arbre en bonne santé. Le pot doit impérativement avoir un fond plat et être doté de plusieurs trous de drainage. N'oubliez pas que l'œil doit être attiré par la plante, pas par le contenant qui l'accueille. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les jeunes bonsaïs encore en formation ont besoin de plus d'espace et donc de plus "grands" pots.
Fertilisation : Apporter les Nutriments Essentiels
Comme l'espace des pots pour les arbres est limité avec peu de nutriments disponibles, la fertilisation avec de l'engrais pendant la saison de croissance est importante pour conserver la santé de l'arbre. À nouveau, la fréquence et la quantité d'engrais appropriées dépendent de l'essence de l'arbre.
Les Styles de Bonsaï et Leurs Particularités
Au fil des siècles, l'art du bonsaï a développé de nombreux styles, chacun cherchant à imiter les formes que les arbres adoptent dans la nature, influencées par le vent, le terrain ou l'âge.
Nebari : La Base Ancrée
Le nebari (ou collet), les racines de surface qui offrent un équilibre visuel à l'arbre, est un aspect très important du bonsaï. Un bon nebari est crucial pour l'esthétique générale de l'arbre, suggérant force et stabilité.
Tronc : Le Point Focal
Le tronc d'un bonsaï mérite une attention particulière, puisqu'il est l'un des éléments les plus importants qui capte le regard. Qu'il soit droit, incliné ou tortueux, c'est le concepteur de bonsaï qui décide de sa forme. Il est souvent fin par rapport à la hauteur de l'arbre, manque de conicité et ressemble plus à un piquet bien droit au début. Il va donc falloir le faire grossir et le travailler régulièrement pour lui donner cette conicité recherchée.
Yose-ue : Les Forêts Miniatures
Bien que les bonsaïs soient souvent plantés seuls, dans la nature, les arbres sont plus communément regroupés entre eux. Le style Yose-ue imite ces regroupements, créant des forêts miniatures dans un seul pot, évoquant des paysages naturels.
Seki-joju / Ishisuki : Arbres sur Roche
La vue d'arbres sortant de la roche ou poussant dessus peut être saisissante, car ces arbres doivent lutter pour trouver des nutriments dans un environnement rigoureux. Ce genre de paysages peut être imité en bonsaï (Seki-joju ou Ishisuki), souvent en utilisant des pins, pour créer des compositions dramatiques et inspirantes.
Philosophie et Évolution de l'Art du Bonsaï
L'histoire du bonsaï (ou des plantes cultivées en pots) remonte à l'Égypte ancienne il y a 4000 ans, où les plantes en pots étaient conservées principalement pour des raisons pratiques (mobilité). Par la suite, la Chine a développé un style très simple appelé Pun-sai, autour duquel se sont développés de nombreux mythes et légendes. Une fois introduit au Japon, l'art a rapidement développé son propre style de bonsaï. L'art de la conception des bonsaïs a quitté les monastères et a été apprécié par la noblesse comme un symbole de prestige et d'honneur.
Les idéaux et les croyances ont radicalement changé au fil des ans. Au milieu du XIXe siècle, après plus de 230 ans d'isolement du monde, le Japon s'est ouvert. Puis, la connaissance des arbres miniatures d'apparence ancienne dans des pots de bonsaï en argile est parvenue aux voyageurs en Europe. Une industrie du bonsaï s'est rapidement développée, développant de nouveaux styles et de nouvelles espèces. Aujourd'hui, un bonsaï pour les Japonais est une fusion de croyances anciennes avec la philosophie d'Extrême-Orient, l'harmonie entre l'homme, l'esprit et la nature. Les bonsaïs ne sont plus un privilège des classes supérieures.

Ressources pour les Amateurs de Bonsaï
Les premiers pas pour cultiver le bonsaï sont expliqués dans cette introduction, couvrant la culture, la mise en forme et l'entretien. Bien que le bonsaï soit un art millénaire, démarrer cette occupation fascinante n'est pas si difficile ! Des cours en ligne spécialement pour les débutants sont disponibles, et les forums dédiés sont de bons endroits pour demander conseil. Les clubs de bonsaï locaux organisent également des cours et des ateliers et sont à recommander pour un apprentissage pratique et des échanges d'expériences. Travailler un bonsaï avec des outils bien aiguisés et entretenus est d'abord une question de respect.
Des artistes comme Brian Donnelly, François Calovi, Alain Goulet, Louis Dallaire ou Yves Létourneau ont inspiré des méthodes de travail permettant de tirer les plus belles qualités de chaque arbre. Lorsque l'on a un arbre à l'état brut, la première étape consiste à nettoyer l'arbre en enlevant les mauvaises herbes à la surface du sol pour bien dégager les racines et voir le nebari. Il est impossible de visualiser le résultat final si une multitude de branches mortes cache la vue ; il faut donc les éliminer, à moins de vouloir en faire un jin. C'est l'une des étapes les plus longues et déterminantes de tout le processus, où il faut évaluer toutes les possibilités, visualiser le placement des branches principales et s'assurer du mouvement intéressant de la ligne de tronc pour le style désiré. Il est important de ne pas chercher à recréer une image vue sur internet de façon identique, mais de faire avec les caractéristiques que l'arbre nous donne et de le créer en conséquence.
Pour la ligne de tronc, plusieurs tests peuvent être nécessaires avant de trouver la ligne finale. Il faut plier le tronc pour que les branches primaires arrivent au bon endroit, c'est-à-dire à l'extérieur des courbes. La ligature des branches primaires est ensuite réalisée, souvent en ligaturant deux branches primaires ensemble pour moins de congestion. Cela demande de l'organisation et de prévoir à l'avance le placement des fils. Le livre "Bonsai techniques 1" de John Yoshio Naka est un incontournable sur ce sujet.
À cette étape, on peut également éliminer les branches qui ne serviront pas dans le design final : branches situées à l'intérieur des courbes, branches dont le diamètre ne concorde pas avec la hauteur, branches pointant directement vers l'observateur, branches dont le feuillage est trop éloigné du tronc, ou branches déjà présentes au même endroit.
La formation de la cime est souvent gardée pour la fin. Il est crucial de placer des branches dans les trois plans principaux : gauche, droite et arrière, et de ligaturer les branches secondaires, tertiaires et quaternaires pour former de petits plateaux. La silhouette de l'arbre devrait idéalement donner un triangle scalène. Les pousses trop longues peuvent être raccourcies pour s'intégrer à la composition. Il est important d'ajouter du mouvement aux branches secondaires.
Enfin, l'étape finale consiste à apporter les dernières retouches, ajustant la silhouette et la largeur des plateaux. Il ne faut pas hésiter à tailler progressivement et à prendre du recul pour observer le résultat. La cime de l'arbre doit être arrondie et pointer souvent dans la même direction que l'arbre, avec une largeur proportionnelle à sa hauteur pour un aspect naturel.