Les Pseudobulbes d'Orchidées : Fonctions, Variétés et Entretien

Les orchidées, plantes fascinantes par leur diversité et leur beauté, présentent des structures végétales uniques qui leur permettent de s'adapter à des environnements variés. Parmi celles-ci, le pseudobulbe joue un rôle essentiel, agissant comme un organe de stockage vital pour de nombreuses espèces. Comprendre l'importance et l'emplacement du pseudobulbe sur les orchidées qui en possèdent est primordial, non seulement pour bien choisir sa plante, mais aussi pour assurer son entretien optimal.

Schéma d'une orchidée sympodiale montrant l'emplacement du pseudobulbe

Qu'est-ce qu'un Pseudobulbe et son Rôle Fondamental ?

Le pseudobulbe est un organe renflé, situé entre le rhizome et les feuilles, caractéristique des orchidées sympodiales. Il se présente sous forme d'un renflement et a pour fonction principale de stocker des réserves d'eau et de nourriture, permettant à la plante de survivre aux périodes climatiques moins favorables. Ce segment de tige renflé peut également être utilisé pour reproduire les plantes, offrant une méthode de multiplication végétative efficace.

Une plante sympodiale croit en formant successivement de nouveaux axes qui prennent chacun le relais du précédent. Chaque segment pousse jusqu’à atteindre sa limite naturelle, puis un bourgeon voisin continue la progression, créant une structure composée d'étapes successives plutôt qu'un seul axe continu. Ce type de développement donne une forme articulée, comme une succession de petites directions qui forment un ensemble cohérent.

Diversité des Orchidées à Pseudobulbes

De nombreux genres d'orchidées arborent des pseudobulbes, chacun avec des caractéristiques distinctes et des besoins spécifiques en matière de culture.

Les Oncidiums : Une Grande Famille aux Pseudobulbes Tendres

Le genre Oncidium rassemble différentes espèces, en faisant un genre complexe et vaste, comptant autour de 450 espèces au total. Les Oncidiums à pseudobulbes tendres sont les plus cultivés par rapport aux Oncidiums à feuilles dures. Ces pseudobulbes dits "tendres" sont bien verts, certains plus foncés que d'autres, et sont surmontés de feuilles souples, relativement petites et peu épaisses, persistantes, vert lustré. Les Oncidium développent fréquemment des racines aériennes, et les nouvelles pousses apparaissent souvent à un niveau supérieur à celui du pseudobulbe à partir duquel elles grandissent.

L'Oncidium se plaît dans une habitation où la température se situe entre 16 et 25°C. Il est à noter que l'Oncidium ornithorhynchum préfère plus de fraîcheur la nuit, entre 13 et 15°C. Les arrosages par trempage (10 minutes) se font toutes les semaines en été et un peu plus espacés en hiver et moins longs (2 minutes). Cette orchidée originale ne nécessite pas forcément de gestes experts pour l'entretenir : elle peut être cultivée par tout un chacun dès lors que les conditions lui conviennent.

Certaines sous-variétés d'Oncidium produisent des fleurs jaunes et oranges, tandis que d'autres se parent de fleurs violettes. Ces différentes espèces ont autant besoin de luminosité les unes que les autres avec une préférence pour la lumière tamisée en été.

Le Cattleya : L'Orchidée aux Pseudobulbes Allongés

L’orchidée Cattleya est reconnaissable à ses pseudobulbes allongés, desquels partent une à deux feuilles charnues. C’est une plante qui s’épanouit dans la lumière, mais qui ne supporte pas d’être exposée au soleil direct en été. Le cadre idéal pour son épanouissement doit avoir une température d’au moins 16 °C et d’au plus 18 °C en hiver. En été, la température ambiante doit varier entre 18 °C et 22 °C. Il est important de maintenir une atmosphère humide en arrosant la plante tous les 8 à 10 jours et en la brumisant régulièrement avec de l’eau tiède.

Le Cymbidium : Robustesse et Floraison Spectaculaire

Le Cymbidium a la réputation d’être la plus rustique des orchidées et la plus facile à entretenir. Il comprend 52 espèces botaniques, avec des feuilles persistantes, appartenant à la famille des Orchidaceae. D'un point de vue morpho-physiologique, les espèces du genre Cymbidium sont herbacées, pérennes, mais forment des ramifications annuelles. On connaît des espèces qui occupent des stations corticoles (sur l'écorce des arbres), dans des cavités, dans l'humus, ou des espèces terrestres (qui poussent sur le sol).

La tige des espèces de Cymbidium est courte et connecte les pseudobulbes, qui représentent en fait des ramifications épaissies de la tige. Les pseudobulbes sont fréquemment de forme sphérique ou ovoïde, avec un diamètre variant de 1 cm à 15 cm, étant souvent enveloppés par la zone basale des feuilles. L'aspect des feuilles peut être divisé en deux formes : écailleuse, lorsqu'elles sont attachées à un segment du rhizome, et feuilles proprement dites, lorsqu'elles s'insèrent sur le pseudobulbe. Normalement, les feuilles présentent un pétiole, qui est moins détectable par la forme, mais clairement structurellement, par la présence d'une zone de démarcation. Après la chute des feuilles, les pétioles restent attachés aux pseudobulbes.

Pour s’épanouir, le Cymbidium a besoin de profiter d’une lumière vive sans soleil direct et d’une température comprise entre 18 et 26 °C. La température optimale de croissance implique l'existence d'une différence significative entre les températures diurnes et nocturnes. La température diurne doit se situer entre 27 et 32 ℃, et la température nocturne entre 10 et 15 ℃. Idéalement, en saison froide, le Cymbidium sera placé dans des pièces très lumineuses avec des températures de 10-18 degrés. Un éclairage intense favorisera la floraison, qui sera plus abondante et avec une coloration plus intense, tandis que son absence produira des fleurs aux couleurs pâles.

Il faut constamment l’arroser pour maintenir le substrat humide en augmentant légèrement les apports en eau au printemps et en été. L'arrosage des orchidées du genre Cymbidium se fera généralement une fois par semaine, mais en saison chaude, la fréquence recommandée est d'une fois tous les 2 à 3 jours, en fonction des paramètres climatiques locaux. L'humidité nécessaire pour la plupart des espèces de Cymbidium doit se situer entre 40 et 70 %, selon les exigences de chaque espèce.

Orchidées Cymbidium en pleine floraison

Le genre Cymbidium a été identifié dans la nature par les chasseurs d'orchidées au début du 19e siècle, dans les jungles asiatiques, les spécimens collectés ayant ensuite été transportés et plantés en Europe. Ces variétés sauvages initiales ont représenté le matériel génétique à partir duquel la plupart des croisements présents ultérieurement dans le commerce ont été produits. Le but de ces hybridations était de créer des variétés à forte valeur économique et esthétique, avec des floraisons abondantes, des fleurs de grande taille, durables, et avec une coloration remarquable. Le premier hybride de Cymbidium est apparu en 1889 - Cymbidium eburne x lowianum. Dans la première décennie du 20e siècle, de nombreuses autres espèces ont été découvertes en Birmanie et en Indochine, notamment au Cambodge. Des espèces comme parishii, insigne et erythrostylum ont ainsi joué un rôle important dans la création de nouveaux hybrides spectaculaires. H.G. Alexander, célèbre éleveur de Cymbidium, a produit au début du siècle actuel l'hybride Cym. Alexanderi Westonbirt (eburneolowianum x insigne), un taxon d'une valeur inestimable pour la création ultérieure de nouvelles variétés d'hybrides à fleurs blanches, roses, jaunes, vertes, avec une floraison particulièrement en automne et en hiver. Du point de vue de la taille, les espèces du genre Cymbidium se divisent en deux groupes : standard et miniatures, bien que récemment des croisements aient été réalisés entre les deux types.

Le Dendrobium : L'Orchidée Bambou

Le Dendrobium, également connu sous le nom d'orchidée bambou, se distingue par l’apparence particulière de ses pseudobulbes qui ressemblent à des tiges de roseau. Ceux-ci supportent à la fois les feuilles et les fleurs, dispensant la plante de produire une ou plusieurs tiges florales.

TOUT SAVOIR SUR DEUX DENDROBIUM TRÈS FACILES (botanique, culture, entretien, rempotage)

Entretien Spécifique des Orchidées à Pseudobulbes

L'entretien des orchidées à pseudobulbes implique des pratiques spécifiques pour assurer leur santé et leur floraison.

Rempotage et Substrat

Le rempotage des orchidées à pseudobulbe s’effectue tous les deux à trois ans. Pour les Cymbidium, le changement de substrat peut être effectué tous les 2 à 3 ans, voire tous les 4 à 5 ans si les spécimens sont plantés dans un substrat de fibre de coco. Le rempotage se pratique au printemps idéalement, ou en début d'automne, le cas échéant, dans un pot légèrement plus grand mais pas surdimensionné.

Il est important que le nouveau contenant soit drainant. Vous pouvez choisir un pot avec des trous de drainage ou un panier ajouré, et vous devez vous assurer que son diamètre dépasse celui du précédent de deux à trois centimètres. Pour le choix des contenants de culture, il est recommandé des pots hauts qui peuvent assurer une stabilité appropriée à la plante et l’espace nécessaire à la croissance pour au moins 2 à 3 ans.

Le substrat doit être drainant et aéré, mais ne doit pas contenir de terre. Avant la replantation et/ou la division des plantes, le substrat doit être laissé à s’hydrater pendant quelques heures dans l’eau. En aucun cas, un substrat universel humique ou de la tourbe ne doit être utilisé, car cela entraînerait la pourriture rapide des racines. Après le flétrissement des fleurs, celles-ci doivent être retirées, car leur chute et leur décomposition dans le milieu de culture affaibliront les plantes.

Lors du rempotage, coupez les racines ramollies, noircies ou blessées et sectionnez le rhizome choisi à l'aide d'un greffoir ou d'un couteau bien aiguisé. Débarrassez le pseudobulbe des éventuelles feuilles encore accrochées. Taillez les racines desséchées, pourries ou mortes et réduisez les autres racines d'1/3 toujours avec un sécateur bien désinfecté. Remplissez le contenant de nouveau substrat et tassez bien. Humidifiez le substrat en arrosant par le haut (arrosage classique) pour ne pas que le mélange soit imbibé, ainsi les racines vont bien cicatriser. Un nouveau rempotage interviendra au bout de deux ans.

Arrosage et Humidité

Pour les Oncidium, les arrosages par trempage (10 minutes) se font toutes les semaines en été et un peu plus espacés en hiver et moins longs (2 minutes). Pour le Cattleya, maintenez une atmosphère humide en arrosant la plante tous les 8 à 10 jours et en la brumisant régulièrement avec de l’eau tiède. Pour les Cymbidium, l'arrosage se fera généralement une fois par semaine, mais en saison chaude, la fréquence recommandée est d'une fois tous les 2 à 3 jours, en fonction des paramètres climatiques locaux.

Comparaison des besoins en eau de différentes orchidées

Fertilisation

La fertilisation des espèces de Cymbidium se fera avec une formule de type 30 - 10 - 10 pendant la saison de croissance, à pas plus de 25 % de la concentration recommandée par le fabricant sur l'emballage. À la fin du mois d'août et au début du mois de septembre, on optera pour l'utilisation d'un engrais de type 6 - 30 - 30 ou 10 - 52 - 10, jusqu'à la fin novembre, moment où la fertilisation sera complètement arrêtée, en n'administrant que de l'eau. Pour un engrais naturel et pas cher, il suffit de mettre de côté les coquilles d'œuf après la cuisine, de les introduire dans une bouteille remplie d'eau et d'arroser les plantes avec. Plus il y a de coquilles dans le fond, mieux c'est.

Taille

Dès la fin de la floraison des Oncidium, il faut couper le plus bas possible les tiges sans abîmer les pseudobulbes. De même, vers la fin de la floraison des Cymbidium, lorsque seulement 2 à 3 fleurs persistent sur la tige florale, il est recommandé de couper et d’enlever cette tige afin de ne pas gaspiller inutilement les ressources énergétiques des pseudobulbes, ce qui affecterait significativement et négativement la floraison de la saison suivante. Le moment de la fin de la floraison est le plus propice pour la division ou le changement de substrat/du contenant de culture, ainsi que pour le nettoyage des racines présentant des signes d’affections fongiques ou bactériennes.

Multiplication des Orchidées par Division des Pseudobulbes

Toutes les orchidées possédant des pseudobulbes sont concernées par ce mode de multiplication végétative. L'orchidée sur laquelle le pseudobulbe sera prélevé devra être bien développée et posséder plusieurs tiges bien vigoureuses. Vous pouvez profiter du rempotage annuel pour multiplier vos orchidées. Le moment idéal se situe à la fin de la période de repos, juste avant le redémarrage de la végétation.

Pour créer de nouveaux spécimens, il faudra procéder à la division de la plante mère en plusieurs touffes. Conservez toujours un ensemble de 3 pseudobulbes lorsque vous opérez cette division. Si une partie de la plante comporte plus de 3 pseudobulbes, essayez de repérer les plus anciens (plus petits et fripés). Pour les désolidariser de la plante mère, vous pouvez tirer d'un coup sec si la configuration est bonne, ou utiliser un couteau pour la séparation.

Choisissez un pseudobulbe dont les feuilles ont jauni puis sont tombées. Il vous suffit de récupérer quelques pseudobulbes de votre potée d'orchidées. Une fois que vous les aurez séparés, il suffit de les rempoter dans un substrat pour orchidées. Lors de la division, il est recommandé de conserver des groupes de 3 à 5 pseudobulbes, qui seront soigneusement lavés, laissés à sécher, puis stockés dans des sacs en plastique fermés et conservés dans des endroits frais.

Préparez un pot rempli de sphaigne ou de sable de rivière humide et placez le pseudobulbe en l'enfonçant à peine dans ce substrat de façon à ce qu'il se maintienne vertical. Maintenez alors la chaleur entre 20 et 22° C et vérifiez souvent le substrat pour qu'il reste humide mais jamais détrempé au risque de compromettre l'opération. Une nouvelle pousse devrait apparaître dans un délai de trois semaines à un mois.

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