Le compostage, processus de transformation des déchets organiques par des micro-organismes (bactéries, champignons) et petits animaux (collemboles, vers de terre) en un produit comparable au terreau, est un amendement organique naturel à utiliser directement dans son jardin ou son potager. C'est un fertilisant d'excellente qualité et 100 % naturel qui nourrit les plantes, les rend plus saines et plus résistantes aux maladies. Depuis des siècles, l'homme fait des tas de fumiers pour revaloriser la matière organique, tout comme la nature le fait constamment dans nos forêts.

Au-delà de son rôle d'amendement de sol, le compost peut également être une source d'énergie, une pratique ancienne qui revient sur le devant de la scène dans un contexte climatique de plus en plus oppressant. Le compostage à chaud est une méthode particulièrement rapide et efficace pour réduire les déchets et générer cette énergie.
Le Compostage : Un Processus Naturel et Anthropique
Le terme "humus" désigne la totalité des substances organiques présentes dans le sol, se créant naturellement, sans intervention humaine, lors de la dégradation et de la transformation de matières organiques mortes d'origine animale et végétale. Une couche fertile d'humus se forme très lentement, nécessitant parfois des centaines, voire des milliers d'années. C'est pourquoi l'homme a recours au compostage, un processus où il est activement impliqué, permettant d'obtenir un "humus de compost" riche en nutriments après un laps de temps de six à douze mois. Le mot compost trouve son origine dans l'adjectif latin "compositus", signifiant "assembler" ou "mettre ensemble".
Les Avantages du Compost
L'« humus de compost » apporte les nutriments essentiels au sol de votre jardin, améliore sa structure, augmente sa stabilité et permet d'accroître la pénétration de l'eau et de l'air. Un sol sain et fertile aide à augmenter les rendements, rendant les plantes plus fortes, plus vigoureuses et plus résistantes aux ravageurs. Grâce à l'« humus de compost », il est possible de se passer des engrais synthétiques et de renoncer à l'utilisation de la tourbe, une matière première rare et à formation lente, préservant ainsi les tourbières en tant qu'écosystèmes.
Les Différentes Formes de Compostage
De nos jours, le compostage peut s'organiser de plusieurs façons :
- Compostage individuel : Les déchets organiques sont compostés dans son propre jardin.
- Compostage collectif : Effectué par une communauté (jardins familiaux, résidences, écoles, crèches).
- Compostage décentralisé : Réalisé dans les installations publiques telles que les exploitations forestières ou agricoles et les services municipaux chargés des espaces verts.
- Compostage centralisé : Les matières organiques sont collectées en grandes quantités, puis compostées.
Le compostage individuel présente de nombreux avantages : le chemin jusqu'au compost est court, il est peu onéreux et techniquement facile à mettre en œuvre, ne nécessitant pas d'installations grandes et coûteuses. De plus, il permet de ne plus avoir besoin d'acheter des engrais prêts à l'emploi. En comparaison avec le compostage centralisé, le compostage individuel dans son jardin, s'il est effectué correctement, est la façon la plus économique et la plus écologique de valoriser les « déchets » organiques.
Le Compostage à Chaud : Un Processus Accéléré et Puissant
Le compostage à chaud est une méthode d'élimination des déchets organiques beaucoup plus rapide que le compostage classique (compostage à froid). Habituellement, le compost est déjà chaud, car le processus de décomposition des microbes libère de l'énergie thermique. Le compost chaud utilise cette énergie pour faciliter l'ensemble du processus, s'appuyant sur une activité microbienne optimale pour décomposer la matière organique à la bonne température. L'un des grands avantages du compostage à chaud est la possibilité de composter une plus grande variété de déchets alimentaires et de matières compostables.

Les Phases du Compostage à Chaud
Le processus de compostage se déroule en plusieurs étapes :
- Phase Mésophile Initiale (ou de Stockage) : Cette phase consiste à rassembler progressivement de la matière organique sans chercher à précipiter la fermentation. Bien souvent, une fermentation à basse température se met en place, plus ou moins active en fonction de l'humidité des biorésidus. Au cours de cette phase à basse température, et si l'humidité est suffisante, la matière organique est envahie de micro-organismes mésophiles (bactéries et champignons) qui commencent à fractionner et digérer les débris coriaces, produisant un dégagement important de CO². Cette phase n'est pas nécessaire pour aborder la phase suivante.
- Phase Thermophile (Fermentation Active) : Il s'agit d'une phase de fermentation active où la température au centre du tas doit atteindre au moins 55°/65°. Dans certains composteurs industriels où de l'air est introduit par soufflerie, la température peut atteindre facilement 70°. Si le substrat est riche en matières très putrescibles comme le sucre et l'amidon, la température peut même atteindre 75 à 80° pour des volumes importants (plusieurs m³). L'ajout d'azote minéral (urée ou ammonitrate) ou de matières organiques riches en azote (tonte de pelouse, sang séché, guano) est crucial pour atteindre ces températures élevées. Avant de lancer cette phase, il est recommandé de retirer les vers de terre et les larves de cétoine dorée qui n'apprécient pas les températures supérieures à 35°. Le compost doit être bien aéré, ce qui oblige à le remuer fréquemment. Dans un premier temps, les matières organiques sont décomposées par une armée d'actinomycètes, puis de bactéries thermophiles (essentiellement des archébactéries) et de champignons. Les micro-organismes mésophiles disparaissent durant cette phase. La phase thermophile doit au moins durer un mois, et sera d'autant plus efficace si elle dure plus longtemps par des apports successifs de matières très fermentescibles et d'azote. La destruction de tous les germes pathogènes n'est possible que si tous les éléments du compost subissent une température de 55/65° pendant au moins 15 jours, nécessitant des retournements fréquents pour assurer un traitement homogène.
- Phase de Refroidissement : Quand la température du compost descend en dessous de 35°, une nouvelle phase mésophile prend le relai jusqu'à ce que la température du compost corresponde à la température extérieure. Les auxiliaires utiles (vers de terre, cloportes, etc.) précédemment retirés peuvent être replacés. La flore microbienne mésophile prend rapidement le relai et finit de dégrader les derniers polymères restés intacts. Une partie de l'humus est fabriquée au cours de cette phase par incorporation de l'azote restant dans des molécules complexes. Le contrôle de l'humidité reste important. L'ajout d'un engrais azoté ne produit plus de remontée de température, signe que la phase thermophile est bien terminée. Cette phase de refroidissement proprement dite se prolonge d'une période plus ou moins longue correspondant au travail d'humification d'auxiliaires utiles spécialisés dans la décomposition des matières cellulosiques coriaces, notamment les épigés des cloportes et surtout les larves de cétoine.
- Phase de Maturation : Le produit final est stocké en zone aérée durant au moins 3 mois et va continuer à évoluer. Une partie des éléments comme l'azote, le phosphore, le potassium consommés par la microflore pour son propre développement retourne au compost sous une forme assimilable pour les plantes ou participent à la formation de composés plus complexes. Au cours de cette phase, les matières organiques sont réorganisées en composés plus stables pour former de l'humus. À la fin de cette phase, le compost ne doit comporter aucune matière organique facilement dégradable par les microorganismes. Après épandage, ce compost continue à évoluer pour former de l'humus agricole puis des complexes argilo-humiques. Le pH d'un compost familial peut se situer entre 8 et 9 au début de cette phase.
Préparation et Entretien d'un Compost à Chaud
Pour réussir un compostage à chaud, il est préférable de commencer avec tous les matériaux biodégradables coupés ou hachés préalablement en petits morceaux pour une décomposition uniforme et rapide. Ajouter une bonne quantité de compost déjà prêt à l'emploi peut également accélérer le démarrage.

Un thermomètre à compost est conseillé pour surveiller la température. Si la température descend en dessous de 40°C, il faut retourner et mélanger le compost et ajouter un peu d'eau pour augmenter la quantité d'oxygène et relancer l'activité microbienne. Si, à l'inverse, le compost devient trop chaud, il convient de rajouter de l'eau et des matériaux riches en carbone comme du bois ou du carton. La température dépend toujours des niveaux d'humidité, de la taille des matières organiques et du volume du tas de compost.
Pour obtenir un bon compost à la texture épaisse, brun foncé et friable, prêt à être utilisé pour le potager, il faut un bon équilibre entre les déchets organiques verts (riches en azote) et bruns (riches en carbone).
Comment faire du compost de 18 jours en utilisant la méthode de compostage à chaud de Berkeley
Le Rapport Carbone/Azote (C/N)
Pour que le compostage réussisse, les micro-organismes ont besoin à la fois de carbone et d'azote, dans une proportion d'environ 20:1 (C:N). Cela signifie qu'il faut 20 fois plus de carbone que d'azote en fonction de leur composition chimique, mais pas nécessairement 20 à 30 fois plus de matières carbonées que de matières azotées.
- Matières carbonées (brunes, dures et sèches) : Bois, rameaux, feuilles mortes, paille, branches broyées, papier, carton. Elles sont utilisées par les organismes comme source énergétique, qui donnera du CO2 gazeux et de la chaleur. Leur décomposition est lente car elles ne contiennent pas beaucoup d'azote ni d'humidité suffisante.
- Matières azotées (vertes et humides) : Déchets de cuisine, tontes humides, fruits, légumes. Elles sont facilement digérables, les micro-organismes y trouvent sucres et protéines en abondance pour se nourrir, se développer et se reproduire. Elles sont suffisamment humides (parfois avec un taux d'humidité supérieur à 80%). Un excès de matières azotées peut entraîner une substance visqueuse et des odeurs désagréables (processus anaérobiques) car elles ne laissent pas circuler l'air et n'assurent pas bien l'élimination de l'eau excédentaire.
L'art consiste à trouver le bon équilibre : si la matière a trop peu d'azote, le compostage est très lent et peut prendre des années. Et s'il y a trop d'azote, par exemple lorsque la matière est trop fraîche et trop humide, alors le compostage ne démarre pas et le compost peut même pourrir.
L'Emplacement et le Composteur
Le bon emplacement est à l'ombre et à l'abri du vent, car une situation trop chaude le dessèche. Il doit être facilement accessible.Un compost trop grand risque d'être mal aéré et de commencer à pourrir. On peut utiliser des conteneurs (silos à compost, bacs à compost) ou le faire en tas.
Les conteneurs à compost prennent peu d'espace et conviennent bien aux jardins de petite et moyenne taille. Ils existent en divers matériaux comme le bois, le métal ou le plastique. Les composteurs en métal et en plastique sont plus robustes et durables, mais le métal peut libérer des métaux lourds dans le compost. Un composteur en bois a une plus jolie apparence et s'intègre mieux visuellement dans le paysage, mais il doit être non traité et difficilement putrescible (par exemple, le mélèze).
Un composteur idéal doit être :
- Ouvert en bas : Pour que les organismes vivant dans le sol puissent facilement pénétrer dans le compost.
- Aéré : Les parois latérales doivent avoir de nombreuses ouvertures (trous, fentes, interstices) pour éviter la moisissure.
- Facile à remplir : Les parois latérales ne devraient pas dépasser 1 m.
- Pratique : Une ouverture sur l'avant pour retirer facilement le compost.
- Protégé : Idéalement, un couvercle pour le protéger de l'eau de pluie ou des graines de mauvaises herbes. Les composteurs sans couvercle peuvent être recouverts d'une toile à compost non-tissée.
L'idéal est d'avoir au moins deux compartiments à compost afin de pouvoir le retourner aisément, ou même un composteur à trois chambres pour des jardins de taille moyenne : la première chambre pour la mise en place d'un nouveau tas, la deuxième pour retourner le compost, et la troisième pour le stockage du compost fini.
Les Matières à Composter et Celles à Éviter
Absolument tout ce qui est d'origine naturelle (animal ou végétal) se décomposera. Cependant, certains éléments peuvent se révéler problématiques.
Matières à Privilégier :
- Déchets de cuisine : Épluchures de légumes et de fruits, marc de café, sachets de thé.
- Déchets de jardin : Tontes de pelouse, feuilles mortes, tailles de haies broyées, paille, foin.
- Déchets organiques non alimentaires : Papiers, mouchoirs, boîtes d'œufs et cartons bruns déchiquetés (PQ, sopalin) car composés de cellulose.
- Mousse : Elle peut être ajoutée au compost, mais en veillant à ne pas en mettre trop au risque de déséquilibrer le rapport carbone-azote. Il est conseillé de la mélanger avec d'autres matériaux riches en azote (déchets végétaux de cuisine, herbe fraîchement coupée, fumier).
Matières à Éviter (ou avec précautions) :
- Matières d'origine animale : Longues à composter, susceptibles d'apporter de mauvaises odeurs et peuvent parfois attirer des nuisibles (rongeurs, fouines…). Généralement déconseillées en dehors des grosses installations professionnelles.
- Plantes longues à se décomposer : Le bambou par exemple. Bien que dégradables, elles peuvent être réintégrées dans le prochain tas après tamisage.
- Plantes avec substances fongicides, insecticides et herbicides : Thuya, cyprès. Il ne faut pas du tout en mettre dans le compost. Leurs feuilles et déchets de taille sont d'excellents paillis de longue durée. Les feuilles de noyers sont herbicides et celles de rhubarbes sont insecticides.
- Plantes traitées chimiquement : Les produits de traitements peuvent perturber le fonctionnement biologique du compost, même s'ils finissent par se dégrader. Si les plantes sont traitées en agriculture biologique, les problèmes sont moindres.
- Produits trop encrés : Journal, prospectus, car ils peuvent contenir des produits chimiques.
- Cendres de cigarettes : À proscrire (simple logique).
- Feuilles de certains arbres : Les feuilles des chênes, châtaigniers, peupliers, bouleaux, platanes, hêtres, noisetiers, épicéas et acacias libèrent de l'acide tannique lors de la décomposition et peuvent acidifier le compost. À mettre en petites quantités.
- Peaux de bananes et agrumes du commerce : Peuvent contenir des pesticides et des fongicides. En cas de doute, jetez ces matières organiques dans vos déchets résiduels.
- Fleurs et plantes du commerce : Fréquemment traitées avec des pesticides.
- Excréments : Le fumier de petits animaux et la litière de hamsters, lapins ou oiseaux, les déjections d'animaux carnivores et les excréments humains ne doivent être compostés que si l'on est sûr que les agents pathogènes sont rendus inoffensifs.
- Résidus alimentaires cuits : La viande, la saucisse, le poisson, les huiles comestibles, les os, les pâtes, les coquilles d'œufs crus ne conviennent pas vraiment au compost car ils peuvent attirer des rats et des souris, et propager des salmonelles. Ces résidus doivent aller à la poubelle verte.
- Plantes malades, mauvaises herbes et espèces invasives : Les plantes malades et infestées de parasites et les mauvaises herbes doivent être jetées à la poubelle verte si aucun compostage à chaud n'est possible. Les néobiotes (espèces végétales invasives), comme l'Ambroisie à feuilles d'armoise ou la Berce du Caucase, sont à jeter de préférence avec les déchets résiduels dans votre poubelle classique.
- Papier en grandes quantités : Appartient à la collecte de vieux papiers et non au compost.
Problèmes de Pathogènes et de Moisissures
Certains agents pathogènes sont difficilement neutralisés lors d'un compostage à chaud de résidus végétaux contaminés. Leur élimination est possible si la température est constante dans toute la masse du compost sur plusieurs jours, mais cette situation est rarement atteinte car la température n'est pas homogène dans le compost, surtout sur les bords où il existe une perte calorique.
- Fusariose : Les vaisseaux des plantes sont envahis par un champignon du sol (Fusarium oxysporum) très commun, se traduisant par un flétrissement de la plante. Tous les légumes peuvent être atteints. Le fusarium oxysporum serait détruit si une température de 55° dans tout le compost est maintenue pendant 30 minutes avec un taux de survie de seulement 0.001% des propagules. Par précaution, certains jardiniers professionnels évitent de composter à froid les tiges et feuilles flétries.
- Hernie du chou : Cette maladie fongique provoquée par le Plasmodiophora brassicae affecte surtout les cultures de choux. Les choux-fleurs et les brocolis sont particulièrement sensibles.
- Maladie des racines liégeuses : Causée par le champignon tellurique Pyrenochaeta lycopersici qui sévit dans des sols dits « fatigués » ayant reçu des cultures successives de tomates.
- Rhizoctone brun : En principe, les rhizoctones ne devraient pas poser de problème si le compostage est bien mené et surtout si tous les éléments subissent une phase thermophile. L'apport d'azote comme activateur de dégradation sur les résidus de pommes de terre et de betterave est connu pour favoriser la disparition du rhizoctone brun. Cependant, il suffit de quelques restes d'épluchures de pommes de terre, de tomate, de céleri, de chou ou de carottes ayant échappé à une phase thermophile pour que cette infection cryptogamique puisse se propager aux nouvelles cultures.
Les Soil-borne plant pathogenic fungi (SPPF), comme le verticullium et le fusarium, produisent des structures de survie (chlamydospores, sclérotes) très résistantes pouvant survivre plusieurs années dans le sol. Une forte humidité accentuée par de basses températures est souvent responsable d'une infection fongique.
La Mousse dans le Compost et au Jardin
La mousse est souvent considérée comme un envahisseur indésirable, mais elle peut être recyclée à des fins utiles et écologiques. Une terre pauvre en nutriments et une ombre excessive au jardin favorisent sa prolifération, car elle apprécie l'humidité et a besoin de très peu de lumière pour croître. Bien que sa présence ne soit pas nécessairement un problème, les amateurs de pelouses verdoyantes et luxuriantes ne la voient pas d'un très bon œil.

Utiliser la Mousse : Plus Qu'un Simple Déchet
Plusieurs solutions naturelles permettent de se débarrasser de la mousse, qui n'est d'ailleurs pas à jeter, mais à recycler :
- Paillis : La mousse peut être utilisée comme paillis pour les plantes. Elle agit alors comme une couverture respirante pour le sol, empêchant ainsi la perte d'humidité tout en protégeant les racines du froid. Se servir de la mousse du jardin pour pailler les plantes empêche également la prolifération des mauvaises herbes.
- Substrat pour plantes : Riche en nutriments et en eau, elle fournit un milieu de croissance idéal pour les plantes, particulièrement appropriée pour les plantes épiphytes telles que les orchidées.
- Artisanat et décoration : La mousse du jardin est prisée par les fleuristes pour réaliser des compositions florales et autres arrangements floraux. Ce matériau naturel, qui peut tout à fait être peint, se prête à bien des utilisations artisanales.
- Compost : La mousse se décompose lentement, mais elle finit par se décomposer en nutriments intéressants pour nourrir les sols, ce qui en fait un excellent ajout au compost. Il est toutefois conseillé de ne pas ajouter trop de mousse dans le bac, au risque de déséquilibrer le rapport carbone-azote du tas de compost. Pour éviter cela, veillez à mélanger la mousse avec d'autres matériaux riches en azote, tels que des déchets végétaux de cuisine, de l'herbe fraîchement coupée ou du fumier, qui équilibreront les nutriments du compost. Évitez d'ajouter de la mousse traitée avec des produits chimiques ou des herbicides, susceptibles de nuire aux plantes.
- Matériau pour les nids d'oiseaux : La retirer puis la laisser à disposition des oiseaux, qui seront alors ravis de l'utiliser pour construire leur nid de mars à août, période de nidification de la plupart des espèces. Les nids d'oiseaux nécessitent souvent des matériaux naturels malléables et résistants comme la mousse, qui s'avère également très douce.
Il existe des divergences d'opinion sur la vitesse de décomposition de la mousse dans le compost. Certains estiment qu'elle ne se décompose pas vite (2 ans minimum), voire qu'elle ne se composte pas du tout et qu'elle peut rester présente pendant des siècles, tandis que d'autres affirment qu'elle se décompose, mais très lentement. En présence de bestioles, la mousse pourrait être réduite en poussières.
Le Compost comme Source d'Énergie
L'utilisation du compost comme source d'énergie de chauffage ne date pas d'hier et est de plus en plus adoptée pour ses avantages écologiques. La valorisation des déchets pour en faire une source d'énergie semble sur le papier une excellente idée. Le compost, quand il est mis en contact avec certaines bactéries et champignons, se dégrade et libère au cours de ce processus une chaleur qu'il est possible d'utiliser comme ressource.
Chauffage au Compost : Une Méthode Simple
Une fois le compost prêt (environ 4 à 6 mois, ou plus rapidement avec l'ajout de purin d'orties ou de crottin animal), il suffit de faire passer sous le couvercle (ou la bâche) du tas un tuyau dans lequel passe de l'eau, et celle-ci sera immédiatement chauffée. Pour une efficacité maximale, il est nécessaire d'avoir des quantités importantes de déchets.

Les Excréments : Une Source d'Énergie Sous-Exploitée
Les excréments sont en effet une source d'énergie très prometteuse. Les scientifiques estiment que nos déjections, en se décomposant, produiraient 60% de méthane, que l'on pourrait utiliser afin de créer du biogaz. Ce biogaz pourrait, s'il était exploité, dépasser la valeur actuelle du gaz naturel. L'autre avantage des excréments en tant que matière première : une fois séchés et carbonisés, la matière que l'on obtient pourrait servir à remplacer le charbon dans les chaudières, permettant à des personnes sans accès au gaz d'en profiter tout en minimisant les impacts environnementaux. Ce genre de projets est déjà mis en place en France et dans le reste de l'Europe, comme à Strasbourg où la communauté urbaine valorise les déchets des stations de traitement d'eaux usées pour créer du biogaz et alimenter 5 000 foyers, ou à Stockholm où toute la flotte de bus urbaine est alimentée par ce type de biogaz.
Le Compostage : Une Approche Globale et Personnalisée
Le compostage est une pratique fondamentale pour une gestion durable des déchets organiques et un enrichissement des sols. L'homme est seul maître à bord de son compost. Il est essentiel d'adapter les pratiques aux ressources en apports azotés (fruits, légumes, tontes humides) et carbonés (broyat, feuilles mortes, cartons, tontes sèches). Il faut faire des expériences, observer ce qui convient ou non à son compost et, si nécessaire, faire appel à des guides ou maîtres composteurs de sa région.

Le compost est prêt lorsqu'il sent la terre forestière, l'humus et s'effrite facilement. Il peut être mûr au bout de 5 à 6 mois au printemps/été ou 9 à 12 mois en automne/hiver s'il est bien isolé et retourné régulièrement. Il peut être incorporé au pied des plantes ou dans les trous de plantation, en veillant à ne pas l'enterrer mais à l'incorporer de façon superficielle. Il est également possible d'utiliser le compost avant la fin de la maturation en tant que paillage.
Lorsque le compost est prêt, il reste toujours quelques fragments non décomposés. Il est possible de les récupérer en tamisant le compost et de les réincorporer dans le prochain tas de compost. Une simple caisse en plastique trouée peut faire office de tamis pour des quantités familiales.

En résumé, la compréhension des différentes phases du compostage, l'équilibre des apports en carbone et azote, la gestion de l'humidité et de l'aération, ainsi que la vigilance face aux pathogènes sont les clés d'un compostage réussi, qu'il soit destiné à enrichir le sol ou à servir de source d'énergie.