En horticulture écologique, le paillis de jardin fait référence à la matière organique, comme les feuilles ou l’herbe coupée, qui est appliquée au sol pour le protéger et lui fournir des nutriments. Le paillage est le processus qui consiste à appliquer une couche de ce paillis de jardin sur le sol. Le paillage aide le sol à retenir l’humidité en l’ombrageant et en agissant comme une couverture. Cela signifie que l’eau peut être stockée plus efficacement dans le sol, celui-ci reste alors meuble et ne s’assèche pas trop rapidement. Le mulching favorise également la croissance des plantes en formant une couche protectrice contre les fortes pluies et les températures froides.

Les fondements du paillage organique et minéral
De nombreuses substances naturelles peuvent être utilisées pour composer le paillage : de l’écorce déchiquetée à la sciure de bois. Vous n’aurez peut-être même pas besoin d’en acheter et découvrirez que vos déchets de jardin habituels offrent tout ce dont vous avez besoin pour commencer votre propre paillage. Le réchauffement de la planète et les restrictions d'eau, conjugués à des pratiques culturales simplifiées et plus écologistes, conduisent tout naturellement le jardinier contemporain à employer les différents paillis.
Quels matériaux employer ? En fait, vous aurez le choix entre de nombreuses sortes de paillis organiques, synthétiques ou minéraux. Les plus couramment employés sont des mulchs dont la composition est organique. Ce sont souvent des déchets recyclés comme les broyats végétaux, les écorces de pin compostées, les feuilles mortes et tontes de gazon, les débris (coques) de cacao, la paillette de lin ou de chanvre (appelée chènevotte), la paille, les aiguilles de pin ou les frondes de fougères.
Version minérale, tournez-vous vers le sable, les gravillons, les galets et toutes autres matières plus ou moins broyées (ardoise pilée) alors que les matières plastiques s'appliquent en voile tendu sur le sol. Certaines sont plus ou moins rapidement biodégradables. Ne négligez pas non plus les toiles tissées, en jute ou autres matières textiles, capables du même coup de retenir efficacement la terre des talus pentus ou les berges d'un plan d'eau.
Techniques de mulching pour la pelouse et le potager
Votre pelouse peut également bénéficier d’une technique de mulching organique. Non seulement tondre en mulching permet de restituer les nutriments naturels à l’herbe, mais il vous fait économiser du temps et des efforts. En effet, il n’est plus nécessaire de ramasser les déchets de coupe dans le bac de ramassage, car une tondeuse mulching broie finement ces déchets et les disperse sur l’herbe. Ainsi, elle combine les trois étapes clés de tout entretien des pelouses : la tonte, l’élimination de l’herbe coupée et la fertilisation.
Une expérience sur le long terme menée à l’Université des ressources naturelles et des sciences de la vie de Vienne a démontré que le paillage apporte des avantages significatifs et stimule la croissance de la pelouse. Le mulching pendant la tonte signifie moins de tassement et de chaume, car l’herbe elle-même peut mieux pousser. Si vous utilisez une tondeuse mulching STIHL, vous n’avez pas besoin de vider le bac de ramassage ni de vous débarrasser de l’herbe coupée. Pour obtenir les meilleurs résultats lors du mulching de votre pelouse, il est important que l’herbe coupée reste à la surface de la pelouse. Veillez à ce que la couche ne soit pas trop épaisse et que l’herbe soit finement broyée et uniformément répartie.
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Pour votre potager, il est préférable d’utiliser un mélange de paillage que vous pouvez appliquer régulièrement. Appliquez-le avec modération : le paillage du potager peut attirer les escargots et les rongeurs. Peu et souvent, c’est la clé. Vous pouvez utiliser une multitude de matériaux et de méthodes pour le paillage du potager qui favoriseront une bonne composition du sol et la croissance de vos plantes. Un « paillage vert » utilise des plantes vivantes pour couvrir le sol et apporter des bienfaits à votre parcelle de légumes.
Le paillage et la gestion de l'acidité du sol
Le paillage du potager avec des copeaux de bois et son impact sur l’acidité désigne une technique essentielle pour protéger et enrichir votre sol tout en maîtrisant la composition chimique du terrain. Il s’agit de recouvrir la terre avec des copeaux issus de différentes essences de bois, afin de limiter l’évaporation de l’eau, d’empêcher la pousse des mauvaises herbes et d’améliorer la structure du sol.
En réalité, tout dépend de la nature des essences utilisées, du mode de décomposition et du pH initial de votre sol. Les copeaux de bois, en se décomposant, libèrent progressivement des composés organiques acides (acides humiques, tanins), qui peuvent influencer l’acidification du sol. L’acidification du sol se produit surtout avec des essences résineuses et sur des sols déjà acides. Le choix entre copeaux de bois résineux ou feuillus est déterminant pour l’équilibre acido-basique de votre potager. Les résineux (pin, sapin, épicéa) sont souvent pointés du doigt pour leur effet acidifiant, tandis que les feuillus (chêne, hêtre, peuplier) sont plus neutres, voire légèrement basiques.

Certains mulch sont considérés comme acidifiants (aiguilles de conifères, écorce de pin maritime, tontes de pelouse,…), en fait cette « acidification » est temporaire. L’acidité d’un sol dépend avant tout de la nature de sa roche mère et ce n’est pas le fait de rajouter un mulch « acide » qui va y changer grand chose sur le long terme. Ces matériaux « acidifiant » sont en fait difficiles à digérer par les bactéries du sol, ce qui peut provoquer une acidification temporaire de celui-ci. On peut néanmoins utiliser ces déchets verts pour mulcher nos parcelles tant qu’on les mélange avec de la matière organique plus facile à digérer.
Stratégies pour optimiser la fertilité et la vie du sol
Bêcher est non seulement inutile, mais surtout destructeur pour la vie du sol. Il faut savoir que plus on s’enfonce dans le sol, moins il y a d’oxygène. Du coup, quand on retourne son sol en le bêchant, c’est un peu comme si on prenait un chat pour le mettre dans l’aquarium du poisson et le poisson pour le mettre dans le panier du chat ! Dans le sol c’est pareil ! Les occupants n’apprécient pas du tout ce déplacement forcé, une bonne partie d’entre eux n’y survivront pas.
Le compost est également considéré et utilisé comme un paillage. Il peut être étalé autour des cultures pour les nourrir progressivement. Une alternative : mettre directement les déchets ménagers sur le sol par exemple auprès des plantes potagères mais aussi au niveau des massifs, recouverts d’un peu de paille ou autre paillage. Pourquoi donc le compostage comme paillage en surface est-il préférable au compostage en tas ? Tout simplement car lors de la dégradation des matières organiques dans le tas de compost, une grande partie du carbone présent initialement dans les matières va être émané vers l’atmosphère, sous la forme de gaz carbonique ou encore de méthane. Lorsque la matière organique est répandue sur le sol et s’y décompose, c’est dans le sol que part ce carbone.
Adaptation des matériaux selon les besoins des cultures
Quand et comment faire du mulch ? Contre le froid : une couche très épaisse d’un matériau aéré formera une couverture très efficace : paille, feuilles mortes, écorces de pin pour les végétaux acidophiles. Contre la chaleur : très bon isolant, la paille est couramment utilisée pour protéger de la déshydratation de nombreuses cultures. Pensez à arroser avant de mettre le paillis et non l’inverse !
Pour les sols argileux, tout ce qui est mulch avec du broyat de bois, riche en carbone, convient pour ce type de sols. En favorisant le développement des micro-organismes dans le sol, ils contribuent à l’amélioration de celui-ci. Les paillettes de lin ont également une influence positive sur ces terres par trop compactes. Pour les sols sableux et/ou pauvres en potassium, pailles et foin offrent du potassium et enrichiront ces sols légers de matières organiques. Pour les sols pauvres en azote, réalisez un mulch avec des fèves de cacao qui sont riches de cet élément.

Pour les plantes méditerranéennes ou qui ont besoin de chaleur, le mulch minéral est le plus adapté car il emmagasine la chaleur du soleil. Il limite également la corvée de désherbage ! Pouzzolane, ardoise (pour les plantes acidophiles), billes d’argile, galets, gravier conviennent parfaitement. Pour le potager, le mulch de paillettes de lin et de chanvre y est très à sa place. Les déchets de tonte, riches en azote, sont très utiles après la plantation, ils sont renouvelés régulièrement, en couche épaisse autour des légumes qui restent longtemps en place, en fine couche autour des légumes à croissance rapide.
Prévenir les risques et assurer la durabilité
Lors du choix du type de paillis à employer, il convient de prendre conscience de certaines limitations. Il faut être conscient que le paillage s’utilise pour éviter au sol de se refroidir, pour éviter au sol de trop s’échauffer et à l’eau des arrosages ou des précipitations de s’évaporer. Donc l’été, l’automne et l’hiver sont des saisons de paillage. Il en est autrement du printemps. À cette saison, un sol paillé se réchauffera plus lentement, et ce d’autant plus s’il s’agit d’une terre lourde et compacte.
L'acidité des écorces de pin, idéales pour couvrir des massifs de plantes dites "de terre de bruyère", est préjudiciable à de nombreuses plantes et en particulier aux rosiers. Elles doivent toujours avoir été préalablement compostées plusieurs mois durant. La sciure de bois est déconseillée à cause des tanins qu'elle libère dans de nombreux cas. Ces deux matières ligneuses sont à proscrire en sous-bois lorsque la présence d'armillaire est patente. En effet, elles contribueraient à sa propagation galopante.
Quant aux tontes de gazon, il est important de les apporter par petites couches successives, après les avoir fait sécher afin d'éviter toute fermentation intempestive. Évitez d’ailleurs dans tous les cas de pailler trop près du collet des plantes (la partie qui se situe entre le système racinaire et les parties aériennes), vos cultures seraient trop vulnérables face à ce type de maladies. Si vous ne pouvez pas attendre que l’herbe sèche, étalez-la en fines couches successives mais n’étalez surtout pas une couche épaisse d’herbe humide ! La fermentation formerait une masse gluante et nauséabonde qui ne serait pas bénéfique pour les plantes.
L'importance de la gestion de l'eau et de la structure du sol
Le paillage protège le sol et les racines des plantes des agressions du climat, des pluies qui le tassent et le rendent imperméable à l’eau comme à l’air. Il le stabilise, limitant l’érosion, et protège également toute la vie qui se trouve à la surface du sol et dans ses premiers centimètres. Il en maintient l’humidité. Les paillis organiques se décomposant à la longue, il est important de les renouveler régulièrement. Incorporez-les au sol avant d'en apporter une nouvelle couche d'entretien.
En cas de sécheresse prolongée, il faudra quand même arroser malgré la présence du mulch. Or, si on arrose sur le mulch, c’est celui-ci qui va se gorger d’eau et non le sol. Il faut donc arroser sous le paillis, surtout si celui-ci est épais. Soit on soulève le mulch pour arroser en-dessous, soit on « plante » l’embout de l’arrosoir dans le mulch jusqu’à ce qu’il soit en contact avec la terre, soit on bricole un système d’arrosage en profondeur, comme par exemple un tuyau d’arrosage percé que l’on fait serpenter sous le mulch. Afin de ne pas détruire le merveilleux travail effectué par les ouvriers du sol, on ne va évidemment pas piétiner les parterres que l’on a mulché. On va donc créer des allées de circulation ou installer des « pose pieds » au sein des parterres afin de ne pas tasser inutilement le sol en marchant dessus.
L’usage de paillages permet d’éviter les problèmes de phytotoxicité induits par les désherbants chimiques sur jeunes vergers. Par rapport au désherbage mécanique, cette technique permet d’arriver à un rendement équivalent. L’utilisation du BRF peut provoquer le phénomène de faim d’azote pendant 1 à 2 ans, mais cela n’a effet que sur quelques centimètres en profondeur et ne dure que quelques semaines. Toutes ces pratiques, bien qu'exigeantes en termes de planification, assurent une fertilité durable et une résilience accrue de votre écosystème jardinier face aux aléas climatiques. Ce qui vient du jardin retourne au jardin !
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