
L'art du bonsaï, bien que souvent associé au Japon, trouve ses racines profondes en Chine. C'est en effet durant la dynastie des Han que les Chinois furent les premiers à cultiver des plantes en pot dans une volonté d'esthétisme, initiant ainsi une pratique qui allait traverser les siècles et les cultures. Plus tard, vers la fin du XIème siècle, diverses influences chinoises, notamment le bouddhisme zen, arrivèrent au Japon. Ce nouvel état d'esprit, qui soufflait alors sur les classes supérieures japonaises, permit aux bonsaïs de s'imposer comme un objet de luxe et une œuvre d'art à part entière.
Aujourd'hui, cet héritage artistique se manifeste de manière spectaculaire dans des lieux dédiés, à l'image du jardin de bonsaïs des Makes. Ce sanctuaire de verdure, niché sur les hauteurs de la ville de St Louis, à plus de 1000m d’altitude, au Sud-Ouest de l’île de la Réunion, est un véritable paradis pour les amateurs d’œuvres d’art grandeur nature, de plantes rares, de moments de calme et de sérénité. C'est un endroit zen où tout semble être en parfait accord, invitant à la contemplation et à l'émerveillement.
Un Écrin de Biodiversité Miniaturisée
Le jardin de bonsaïs des Makes regroupe plus de 200 espèces de bonsaïs dans un cadre très reposant où l’harmonie est une des clés de la beauté de ce que l’on peut admirer. La diversité des spécimens présentés est remarquable. Parmi eux, on trouve des bonsaïs endémiques des Mascareignes, dont différentes sortes de vacoas et de bois de nèfles, témoignant de la richesse botanique locale. Les visiteurs peuvent également observer des bonsaïs à feuilles caduques comme des tamarins d’Inde ou des ficus, offrant un spectacle renouvelé au fil des saisons. Le jardin possède aussi quelques conifères, tels que des genévriers, ajoutant une touche de robustesse et de pérennité à cette collection vivante. Ainsi, plus de 200 sortes de bonsaïs sont réunies dans cet espace, chacune racontant une histoire de patience, de savoir-faire et de respect de la nature.

Pour ceux qui recherchent de beaux endroits à la Réunion, une visite au jardin de bonsaïs des Makes est fortement recommandée. Le meilleur moyen pour s’y rendre et partir admirer la splendeur des bonsaïs est la location de voiture, offrant la liberté de découvrir ce coin de paradis à son rythme.
L'Art du Bonsaï : Une Passion Qui Traverse les Continents
L'engagement envers l'art du bonsaï ne se limite pas aux jardins publics. Il se retrouve également dans le travail passionné d'individus dévoués à cette discipline ancestrale. Joffrey Pardoen, un orfèvre en bonsaïs résidant à Urville (Calvados), en est un exemple éloquent. À 43 ans, cet entrepreneur est un passionné de la culture miniaturisée des arbres en pot, une passion qui remonte à son enfance. Il explique : "Cela remonte à mon enfance. J’avais un beau-père qui adorait tout ce qui touchait à la nature et en particulier à l’aquariophilie. Il m’a transmis le virus."
Bien qu'il ait fallu attendre la trentaine avant qu'il ne s’y engage vraiment, son parcours est jalonné de dévouement. Pendant ses études de paysagiste, il avait bien demandé à travailler sur les bonsaïs, mais les professeurs lui avaient répondu qu’il n’y avait pas la possibilité. C'est son épouse qui l'a poussé à renouer avec les bonsaïs. Son beau-père lui avait déjà donné sa collection d’arbres et il a adhéré ensuite au club d’Ifs en 2016.
L'entretien du bonsaï - Truffaut
Aujourd'hui, Joffrey Pardoen cultive 80 bonsaïs chez lui, à Urville. Cette tâche demande beaucoup d’entretien. Flacon à la main, il rafraîchit en ce début de soirée de mai ses 80 bonsaïs dans son antre urvillais. C'est une tâche à renouveler quotidiennement au printemps et trois fois par jour l’été, soulignant la patience et la rigueur nécessaires à cet art.
Immersion au Pays du Soleil Levant : La Quête de l'Excellence
Le voyage au pays du soleil levant se fera bien plus tard, en 2017, pour son voyage de noces. Au Japon, Joffrey Pardoen a eu la chance de rencontrer sept maîtres Japonais de cet art. Il a notamment sympathisé avec l’un d’entre eux, Toru Suzuki, qui dirige l’exposition Taiken Ten, une exposition nationale de bonsaïs qui a lieu à Kyoto. La greffe a pris entre les deux hommes. Depuis, Joffrey Pardoen y retourne régulièrement. Il est formé comme apprenti, nettoyant le jardin tous les matins, travaillant avec son maître chez les clients et découvrant également de magnifiques jardins privés.

L’apprenti a bien progressé depuis près de 10 ans. Aujourd’hui, il s’apprête à repartir dans l’archipel d’ici quelques jours pour y passer un certificat de stage. Il prépare également avec l’appui de son maître une thèse sur le Goyomatsu, le pin blanc du Japon, démontrant ainsi son engagement profond et sa soif de connaissance.
Partage des Savoirs : La Transmission d'une Tradition
Ces compétences acquises au Japon, Joffrey Pardoen les partage aux 17 membres du Normandie Bonsaï, à Urville. Ils cultivent une variété d'espèces, notamment des chênes, des cèdres, des pins sylvestres ou encore l’Ophiopogon, le muguet japonais. Cette transmission du savoir est essentielle à la pérennité de l'art du bonsaï, un art qui, au-delà de l'esthétisme, enseigne la patience, le respect du vivant et la connexion profonde avec la nature. "Il faut être patient", affirme Joffrey Pardoen, un mantra pour tous ceux qui s'aventurent dans ce monde miniaturisé et pourtant si vaste.