L’engagement public ne se mesure pas toujours aux discours prononcés dans les enceintes officielles ; il se révèle souvent dans la proximité, le terrain et la gestion quotidienne des fragilités humaines. À Colmar, la figure de Nathalie Prunier incarne cette approche singulière de la fonction d’élue, où les responsabilités politiques s’effacent devant une volonté pragmatique de construction et de recherche de solutions concrètes pour les citoyens les plus vulnérables. En tant qu’adjointe au maire en charge de la solidarité depuis 2020, elle a su transformer son expérience personnelle en un moteur d’action publique, privilégiant le contact direct avec le Centre communal d’action sociale (CCAS) plutôt que les ors de la mairie.

Une trajectoire marquée par l’expérience humaine
Le parcours de Nathalie Prunier, âgée de 56 ans, est intimement lié à son histoire personnelle. Après une carrière dédiée à l’Éducation nationale, où elle occupait un poste de secrétaire au Centre d’information et d’orientation (CIO), elle a fait le choix de prendre sa retraite de manière anticipée. Ce virage n’était pas seulement une décision administrative, mais une orientation de vie dictée par des impératifs familiaux profonds. Deux facteurs principaux sont entrés en ligne de compte : « J’avais fait le tour de mes fonctions », raconte-t-elle, tout en précisant qu’elle a pu partir plus tôt en raison de la maladie de son fils, David, aujourd’hui âgé de 36 ans.
Le fils, David, n’est jamais absent des choix de Nathalie Prunier. Diagnostiqué schizophrène à l’adolescence, il a nécessité une attention constante de la part de sa mère, qui se rappelle du « tsunami » qu’elle a vécu à l’annonce de la pathologie. Bien qu’il aille bien aujourd’hui, il a toujours besoin d’une présence affective soutenue. Ce drame personnel a agi comme un tournant décisif dans sa vie, l’amenant à s’investir progressivement dans le milieu associatif avant de basculer vers la sphère politique locale. Pour elle, le terme « politique » ne sied d’ailleurs pas vraiment à sa vision des choses. « Même si j’adhère à un parti, je ne suis pas une femme politique, martèle-t-elle, je suis dans la construction, la recherche de solutions ».
Le CCAS : Le quartier général de la solidarité
Si le confort de la mairie est une réalité institutionnelle, Nathalie Prunier préfère les locaux plus modestes du centre communal d’action sociale (CCAS), situés rue Étroite à Colmar. C’est là qu’elle passe désormais le plus clair de ses journées, au plus près des réalités sociales de la commune. Cette immersion quotidienne lui permet de garder une vision claire des besoins des habitants et d’intervenir directement sur les dossiers complexes liés aux précarités.
Son approche est celle d’une médiatrice qui cherche avant tout à « permettre aux familles d’entrer dans les structures hospitalières » ou sociales, en levant les barrières administratives et psychologiques. Cette posture de proximité n’est pas une simple façade ; elle est le prolongement d’une vie tournée vers l’autre. Lorsqu’elle évoque ses distinctions ou ses accomplissements, elle reste fidèle à son tempérament : « Je suis hyper émue et fière de cette distinction, mais je n’ai pas l’impression d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire. » Cette humilité est la marque de fabrique d’une femme qui refuse de se mettre en avant, préférant mettre en lumière les parcours de vie et les besoins des familles qu'elle accompagne.

Partenariats et actions concrètes : Le cas de l’association APPUIS
L’une des facettes les plus visibles de l’action de Nathalie Prunier réside dans sa capacité à fédérer les énergies autour d’initiatives locales. Récemment, cet engagement s’est concrétisé par une collaboration étroite avec l’association APPUIS, une structure dédiée à l’accompagnement social. Dans ce cadre, Monsieur Straumann, Maire de Colmar, était entouré de Monsieur Verbesselt, Directeur du dispositif Enfance et Parentalité représentant la Direction de l’association APPUIS, de Madame Emilie Tasler, assistante sociale, de Monsieur Michel Naegelen, Coordinateur du DIH, de Madame Nathalie Prunier, adjointe au maire, ainsi que de Madame Halyna et de sa fille Alina, bénéficiaires du DIH.
Cette rencontre a été l’occasion de formaliser un geste de solidarité significatif : le don de 150 tickets d’entrée à la base nautique de Colmar-Houssen. Ce don n’est pas seulement un cadeau matériel, c’est une opportunité pour les familles et les enfants défavorisés du service DIH de Colmar de vivre une expérience estivale inoubliable. Grâce à ce soutien, ces familles peuvent profiter d’activités récréatives en plein air, favorisant ainsi leur bien-être en cette période de vacances. La base nautique, avec ses installations de qualité et sa variété d’activités aquatiques, devient alors un espace de répit et de détente nécessaire.
Un lieu, des histoires à Colmar (3/4)
L’impact psychologique et social des loisirs partagés
L’importance de ce type d’initiative va bien au-delà de la simple distraction. Pour des familles en situation de précarité, le stress quotidien est omniprésent. L’accès aux loisirs, souvent considéré comme accessoire, est pourtant un vecteur essentiel de santé mentale et de cohésion sociale. En permettant à ces familles de se retrouver dans un cadre extérieur à leur quotidien, la municipalité de Colmar et l’association APPUIS contribuent à renforcer les liens familiaux.
Comme l’exprime l’association dans ses remerciements, « c’est avec une immense gratitude que nous souhaitons exprimer nos remerciements les plus sincères au Maire de Colmar, Monsieur Éric Straumann, ainsi qu’à son adjointe en charge de la solidarité, Madame Nathalie Prunier, pour leur généreux don de 150 tickets d’entrée ». Ces moments de loisirs sont perçus comme un répit bien mérité. Ce geste de solidarité témoigne de l’engagement de la municipalité de Colmar envers les causes sociales et de son soutien aux initiatives locales visant à rejoindre leurs valeurs et leur cause : « promouvoir l’humain ».
La philosophie de l’accompagnement : « Promouvoir l’humain »
La cause « promouvoir l’humain », portée par des associations comme APPUIS, trouve un écho particulier dans l’action de Nathalie Prunier. Son expérience de la maladie, avec tout ce qu’elle comporte d’épreuves et de solitude, l’a rendue particulièrement sensible aux parcours de ceux qui sont en marge. En refusant le formalisme politique classique, elle privilégie une approche où l’écoute précède la décision.
Elle n’est pas une élue qui observe les problèmes de haut ; elle est celle qui descend dans la rue, qui fréquente les bureaux du CCAS et qui tisse des liens avec les travailleurs sociaux comme Emilie Tasler ou les coordinateurs comme Michel Naegelen. Cette collaboration interprofessionnelle est le socle sur lequel repose la réussite des dispositifs d’aide à Colmar. En intégrant les bénéficiaires, comme Madame Halyna et sa jeune fille Alina, dans la réflexion et dans les moments de célébration, elle humanise l’action municipale.

Défis et perspectives de la solidarité locale
Le travail de Nathalie Prunier au sein du CCAS de Colmar pose une question fondamentale sur la place des aidants et des proches dans la sphère publique. En apportant son vécu de mère d’un enfant handicapé dans ses fonctions d’adjointe, elle modifie la perception de la gestion sociale. Elle ne traite pas des dossiers, elle traite des situations humaines. Cette subtile nuance est ce qui fait la force de son mandat depuis 2020.
Les défis restent immenses, notamment dans un contexte économique où les précarités se multiplient, mais la méthode Prunier, basée sur la proximité et l’humilité, offre un modèle de résilience. En s’appuyant sur des structures comme le DIH (Dispositif d’Intégration et d’Hébergement) et en encourageant des partenariats privés ou publics pour favoriser l’accès aux loisirs ou aux soins, elle démontre que la solidarité ne peut être une compétence isolée. Elle exige une chaîne de solidarité où chaque maillon, de l’élu au travailleur social, en passant par le citoyen, joue un rôle actif dans la construction d’un environnement plus inclusif.
Chaque ticket distribué, chaque rencontre facilitée, chaque famille soutenue représente une brique de plus dans l’édifice de cette solidarité colmarienne qu’elle appelle de ses vœux. Loin des projecteurs, Nathalie Prunier continue de travailler rue Étroite, convaincue que c’est dans la simplicité des gestes et la sincérité des échanges que se trouve la véritable essence de l’engagement public. Ce n’est pas une quête de reconnaissance, mais une volonté d’être utile, une manière de transformer son propre parcours en un levier d’action pour le bien commun.
Dans cet écosystème complexe, l’adjointe aux affaires sociales joue un rôle de facilitatrice. Elle fait le lien entre les besoins exprimés sur le terrain et les capacités de réponse de la mairie. Sa capacité à comprendre, par l’expérience, ce que signifie la vulnérabilité, lui confère une légitimité particulière aux yeux des professionnels du secteur social. Elle sait que, derrière chaque chiffre ou chaque statistique du CCAS, il y a des visages, des histoires de vie et des besoins qui ne peuvent attendre les délais administratifs. Cette urgence de l’humain est le moteur de sa présence quotidienne, loin des bureaux feutrés de l’hôtel de ville, au plus près de ceux qui en ont le plus besoin.
Enfin, l’engagement de Nathalie Prunier souligne une tendance croissante dans la gestion des politiques sociales locales : la nécessité de décloisonner les services. En associant des partenaires tels que l’association APPUIS, elle crée des ponts entre les institutions et le tissu associatif. Ces synergies permettent une réactivité accrue et une meilleure couverture des besoins, qu’il s’agisse d’accès à la culture, au sport, ou tout simplement à des moments de détente en famille, essentiels pour briser l’isolement social. L’action de solidarité, telle qu’elle est menée à Colmar, devient alors une démarche globale, intégrée et profondément ancrée dans les réalités de la cité.
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