L'horticulture, bien plus qu'une simple culture de plantes, est un domaine en constante évolution, touché par les défis environnementaux, les avancées technologiques et la recherche de solutions durables. La Haute École Nicolas Bruxelles, avec son expertise et son engagement, se positionne comme un acteur majeur dans cette transformation. À travers les parcours d'enseignants-chercheurs et de professionnels passionnés, l'institution incarne une approche holistique, combinant recherche fondamentale, application sur le terrain et formation de pointe.

La recherche au cœur de l'innovation : l'approche de Nicolas Desoignies
Nicolas Desoignies, enseignant-chercheur à la Haute École provinciale de Hainaut-Condorcet, apporte une contribution significative à la phytopathologie et au développement de solutions naturelles. Ingénieur agronome de formation, il a débuté son parcours par une thèse à l’UCLouvain, se spécialisant dans le domaine de la phytopathologie. Cette expertise l'a ensuite mené à un postdoctorat, durant lequel il a exploré un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : le développement de solutions naturelles comme alternatives aux pesticides, notamment via l’utilisation de bactéries. Cette démarche s'inscrit pleinement dans une volonté de proposer des alternatives respectueuses de l'environnement, face aux défis posés par l'utilisation intensive de produits chimiques.
En 2016, la Haute École provinciale de Hainaut-Condorcet lui a offert l'opportunité de devenir enseignant-chercheur et de prendre la direction du laboratoire de culture in vitro. Sous son impulsion, ce laboratoire a été transformé en "Phytopathology Microbial and Molecular Farming Lab", avec l'objectif clair d'y développer la recherche. Cette transformation a marqué un tournant, permettant l'initiation de petits projets qui, avec le temps, ont pris une ampleur beaucoup plus importante. Les activités du laboratoire se déploient autour de trois grandes thématiques, axées sur l'agronomie et les pesticides, démontrant un engagement profond dans la recherche appliquée.
Parmi les projets phares menés par Nicolas Desoignies, on retrouve une étude financée dans le cadre de l’appel "Projets de recherche pour le développement" de l’ARES. Ce projet ambitieux porte sur le développement de la patate douce à chair orange au Bénin. Dans ce pays, la consommation prédominante est celle de patates douces à chair blanche, alors que celles à chair orange ont été identifiées comme un levier potentiel pour lutter contre la malnutrition. La recherche s'articule autour de la phytopathologie et de la production, visant à identifier les variétés de patates douces qui peuvent être valorisées sur ce territoire. Ce projet se distingue par son double aspect : une composante laboratoire rigoureuse et une recherche action participative, impliquant directement les agriculteurs et les fermes écoles. Cette approche collaborative garantit que les solutions développées sont non seulement scientifiquement solides, mais également adaptées aux réalités du terrain et aux besoins des communautés locales.
Deux minutes pour comprendre le développement durable
Un autre projet actuel, financé dans le cadre de l'appel Win2Wal, illustre l'engagement du laboratoire dans la recherche de solutions innovantes. Dans ce cadre, des extraits végétaux sont testés afin de lutter contre la maladie du mildiou de la pomme de terre. En tant que phytopathologue, Nicolas Desoignies a toujours privilégié la recherche appliquée, reconnaissant l'importance de travailler en étroite collaboration avec le terrain. Il souligne d'ailleurs que de nombreuses collaborations ont été fructueuses pour les projets de recherche, permettant de développer son réseau professionnel. Pour l'année 2022, il exprime une grande fierté, puisque sept projets de recherche soumis ont été acceptés. Ce succès lui procure une grande liberté, lui permettant de se consacrer pleinement à l'exécutif et à un pur travail scientifique, sans la pression constante de la recherche de financements.
L'impact du changement climatique sur les pollinisateurs : le projet CliPS
La recherche à la Haute École Nicolas Bruxelles s'étend également à des problématiques environnementales globales, comme en témoigne le projet CliPS (Climate change and its effects on Pollination Services). Ce vaste projet EOS (FNRS/FWO), mené en collaboration avec l'UMons (Prof. Denis Michez) et l'UGent, s'est déroulé de 2018 à 2021. Son objectif principal est de mieux comprendre l'impact du changement climatique sur les pollinisateurs et les services qu'ils rendent. L'hypothèse centrale du projet est que les communautés de pollinisateurs sont profondément impactées par le climat, tant dans leur composition que dans leur structure. L'augmentation future des températures exercera, à des degrés divers, une pression sur les processus qui déterminent la composition des espèces. Le changement climatique agit à l'échelle régionale, mais interagit également avec les changements d'occupation des sols (LULC - Land Use and Land Cover), notamment les pratiques agricoles et la gestion des paysages.
Le projet CliPS se distingue par son approche intégrative, proposant des nouveautés importantes en combinant le développement de nouveaux modèles. La thèse de doctorat, partie intégrante de ce projet, se concentre sur les schémas et les facteurs à grande échelle qui affectent les abeilles face au changement climatique. Une première partie de cette thèse consiste en l'analyse de données existantes sur la distribution des abeilles sauvages, en se basant sur la Liste Rouge des espèces menacées de l'UICN. Les chercheurs étudient comment la richesse en espèces d'abeilles, la diversité fonctionnelle (c'est-à-dire les traits) et la diversité phylogénétique sont impactées par une série de variables paysagères en Europe. Des analyses géospatiales sont ensuite réalisées pour comparer la distribution des communautés avec le LULC, les régions biogéographiques, ainsi que les facteurs biotiques et abiotiques.
La deuxième et principale partie de la thèse est dédiée à l'étude de la pollinisation des pommes à l'échelle mondiale. Pour ce faire, un réseau de plus de 40 partenaires, situés dans les régions productrices de pommes du monde entier, a été mis en place. Ce réseau représente un total de 200 vergers à échantillonner, comme cela a été fait en 2019. L'objectif initial est d'étudier les schémas des communautés d'abeilles associées aux pommiers, en prenant en compte diverses variables climatiques et (bio)géographiques, telles que la température, le LULC, la végétation, les variétés de pommes et la gestion des cultures. Cette recherche approfondie permettra de mieux comprendre les interactions complexes entre le climat, les pratiques agricoles et la santé des populations de pollinisateurs, fournissant des données essentielles pour l'élaboration de stratégies de conservation et de gestion durable.

De la conception de jardins à la gestion durable : les parcours des professionnels
La Haute École Nicolas Bruxelles forme également des professionnels aux compétences variées, capables de répondre aux défis actuels de l'aménagement paysager et de la gestion environnementale. Un exemple éloquent est le parcours d'un ancien étudiant, initialement jardinier. C’est au cours de cette formation qu’il a découvert la conception de jardins et le dessin de plans. Venant d'un parcours professionnel, il était primordial pour lui de rester ancré dans la réalité du terrain. La formation à la Haute École se distingue par une grande diversité des matières, tout en gardant un lien permanent avec la réalité du métier. Que ce soit l'étude des végétaux ou la connaissance des matériaux, l'ensemble des cours théoriques est articulé autour de projets concrets.
Après l'obtention de son diplôme en 2014, il a poursuivi ses études avec un Master à Gembloux, composé d'une année de passerelle suivie de deux années de spécialisation. Ce cursus lui a permis de réaliser un échange avec l'école de géographie d'Angers et d'effectuer un stage enrichissant sur l'île de la Réunion. Une fois ses études terminées, il a rapidement trouvé un emploi, travaillant sur différents projets à des stades de développement variés. À l’origine passionné par le monde végétal, et plus particulièrement par les grands arbres, d’autres aspects l'ont captivé avec le temps, comme la connaissance des matériaux. Il met un point d'honneur à défendre des valeurs durables, en privilégiant les matériaux locaux ou le réemploi, illustrant une conscience environnementale forte.
Il identifie deux défis majeurs dans son métier. Le premier concerne la mutation accélérée des villes. Il faut comprendre comment le tissu social évolue, anticiper les nouvelles pratiques urbaines et garantir des espaces de qualité face à ces changements. Le second défi est environnemental : avec le réchauffement urbain, il est impératif de créer une canopée pour rafraîchir nos cités. Ces défis soulignent la nécessité d'une approche intégrée et innovante en aménagement paysager, où l'esthétique se conjugue avec la fonctionnalité et la durabilité.
L'engagement d'Adalia 2.0 et le rôle de Jean-Nicolas Arnould
Au sein de structures comme Adalia 2.0, des personnalités différentes se côtoient, chacune avec leur parcours, leurs connaissances, leurs compétences propres et leurs passions respectives. Leur objectif commun est de s’activer pour répondre aux missions de la structure dans laquelle ils évoluent. Jean-Nicolas Arnould, un autre professionnel issu de cette mouvance, s’occupe de la mise en place du catalogue de formations pour les professionnels des espaces verts. Son parcours illustre la diversité des opportunités offertes après une formation en agronomie.
Jean-Nicolas a obtenu un bachelier en Agronomie - section Techniques et gestion horticoles à Gembloux. Après une première expérience dans le monde de l’industrie qui ne le satisfaisait pas vraiment, il a rapidement été engagé à la Ferme Nos Pilifs ASBL. Cette entreprise de travail adapté, située à Bruxelles, a pour mission de proposer des emplois utiles, rémunérateurs et valorisants à 145 travailleurs en situation de handicap et à une quarantaine de salariés qui encadrent ces travailleurs hors du commun. Le travail se fait autour des thématiques de l’alimentation durable et de l’éco-jardinage, faisant cohabiter plusieurs métiers.

Poussé par l’envie de changements, plus que probablement initiée par la formation d’Éco-conseiller suivie l’année précédente, et le désir de plus d'espaces, il a décidé de quitter Bruxelles pour s’installer à Ottignies, en bordure du Bois de Lauzelle. En février 2016, il a rejoint l’équipe du Pôle Wallon de Gestion Différenciée (ancien Adalia 2.0). Avec son collègue Thibaut, ils étaient "Facilitateurs Zéro Phyto", œuvrant pour la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires.
En parallèle de son travail chez Adalia 2.0, Jean-Nicolas a eu la chance de développer deux passions en tant qu’indépendant. En tant qu’apiculteur, il gère actuellement une vingtaine de ruches qui lui permettent de produire chaque année un délicieux miel. Il organise également régulièrement, en saison, des animations autour de ses ruches, que ce soit en entreprises, lors de team buildings, d’événements divers ou de manière plus récurrente. Ces moments privilégiés incluent des collaborations avec certains hôpitaux et structures sociales. À côté de cela, il accompagne certaines entreprises dans leurs projets de végétalisation durable et favorable à la biodiversité, démontrant un engagement concret pour l'environnement.
Chez Adalia 2.0, Jean-Nicolas est en charge de la mise en place et du suivi des formations pour les professionnels, au niveau des administrations communales, des provinces et des indépendants. En 2023, près de 500 agents ont été formés tout au long de l’année. Il existe une base récurrente de formations qui reviennent d’année en année, complétée par de nouvelles thématiques développées selon les besoins et la demande des communes, entre autres. Des formations comptent également pour des points phytolicence ou sont valorisables pour l’évolution de carrière, assurant un programme varié et en constante évolution.
Deux minutes pour comprendre le développement durable
Ce métier exige des compétences et des connaissances spécifiques. Il demande notamment pas mal de rigueur, de la patience face à la lenteur administrative rencontrée et une bonne organisation. L'empathie est également une qualité essentielle, car en dehors des aspects de mise en place qui se font au bureau, il y a beaucoup de contacts humains. Jean-Nicolas trouve cela très gratifiant de se rendre compte que leurs formations participent à l’évolution des techniques et des connaissances des agents communaux. Il participe d'ailleurs à la plupart des formations pour accueillir les participants et introduire les intervenants.
Parmi les difficultés rencontrées dans ses missions, il cite actuellement la nécessité de moderniser les processus internes d’automatisation des inscriptions, afin d'optimiser le temps de gestion. Malgré ces défis, il apprécie énormément le côté humain de l’équipe et la variété enrichissante des compétences de ses collègues. Il aime le côté motivant des nouveaux projets et la collaboration qui unit l'équipe. Son parcours illustre parfaitement la manière dont la formation et l'engagement professionnel peuvent contribuer à des initiatives significatives en faveur de l'environnement et du développement durable.
