Les plantes engrais sont des alliées précieuses pour enrichir naturellement un potager sans dépendre des produits chimiques. Ces végétaux, riches en azote, phosphore, potasse ou oligo-éléments, nourrissent la terre et stimulent la vie du sol. Qu'il s'agisse d'ortie, de consoude, de pissenlit, de rumex ou encore de camomille, chacune possède des atouts spécifiques qui en font un engrais naturel gratuit, écologique et efficace. Utilisées en compost, en paillage ou en purin, ces plantes fertilisantes améliorent la structure du sol, favorisent l’humification et renforcent la santé des cultures. Comprendre les différents types d'engrais et leur utilisation peut considérablement influencer la santé et la productivité des végétaux.

Les éléments nutritifs essentiels et le rôle des plantes engrais
La plupart des jardiniers connaissent la trilogie NPK. L’azote (N) est nécessaire à la croissance des plantes, le phosphore (P) joue un rôle prépondérant dans le processus de floraison et de nouaison, et la potasse (K) favorise le développement des organes de réserve (racines, tubercules, fruits) ainsi que la bonne maturation des fruits. Mais ces éléments ne sont pas les seuls ; il y a aussi le calcium, le magnésium, le fer, et une multitude d’oligo-éléments jouant tous un rôle dans la santé des plantes.
Les "chimistes" apporteront ces éléments sous forme directement assimilable par les plantes cultivées, c’est-à-dire un engrais chimique NPK. En revanche, les "bio" préféreront favoriser l’humification du sol par des amendements organiques afin de permettre une meilleure minéralisation des éléments qui y sont naturellement présents, ce qui est généralement le cas dans un potager entretenu de manière biologique. Or, toute plante contient des éléments minéraux, de nature et en proportions variables. On peut donc utiliser certaines d’entre elles comme engrais naturels.
La trilogie NPK en détail
L’azote est l’un des macronutriments essentiels à la croissance et au développement de toute culture. Il est naturellement disponible pour le sol sous forme organique et minérale, cette dernière étant essentielle à l’absorption par les plantes. Cependant, les quantités disponibles dans le sol ne sont pas suffisantes pour répondre aux besoins des plantes cultivées, de sorte qu’il faut appliquer un engrais riche en azote. Les engrais azotés fournissent l’élément essentiel au développement des plantes, puisque l’azote fait partie des protéines, des enzymes et de la chlorophylle. Il est donc essentiel dans les processus de synthèse des protéines et de photosynthèse. Ses fonctions comprennent également l’accélération de la division cellulaire et l’élongation des racines. Une plante qui manque d’azote ne sera pas en mesure de mener à bien les processus métaboliques indispensables à son développement. Une carence en azote pour les plantes se manifeste par la chlorose, c’est-à-dire un jaunissement des feuilles. Elle apparaît d’abord sur les feuilles les plus anciennes et, à mesure qu’elle augmente, elle affecte les plus jeunes.
Le phosphore est un nutriment essentiel pour la croissance des plantes, avec une teneur en P2O5 de 0,5 à 1 % de la matière sèche. Il joue un rôle très important dans la photosynthèse, le transport des nutriments, la synthèse et la décomposition des hydrates de carbone, la synthèse des protéines, l’activité des diastases et en tant que transmetteur d’énergie. On le trouve en partie à l’état minéral, mais il forme également des composés organiques phosphorés avec des lipides, des protides et des glucides comme la lécithine ou la phytine. Il s’agit d’un nutriment primaire, ce qui signifie qu’il est couramment déficient dans la production agricole et les cultures, et qu’il est donc nécessaire en quantités relativement importantes. Un apport adéquat en phosphore est nécessaire dans nos cultures afin de favoriser la croissance des plantes et de les aider à se reproduire de manière optimale. Ainsi, une plante ayant la bonne quantité de phosphore poussera vigoureusement et arrivera à maturité plus tôt que les autres plantes qui en sont dépourvues.
Le potassium est l’un des macronutriments les plus importants, car il remplit des fonctions vitales pour les plantes et les cultures. Il agit dans des processus tels que la photosynthèse, l’activation d’enzymes ou la translocation des plantes. Si une plante contient les bonnes doses de potassium, elle sera plus résistante à la sécheresse ou aux maladies. Le potassium est identifié comme un nutriment incontournable pour la production végétale. En raison de son rôle prépondérant dans la photosynthèse, la respiration et l’activation des enzymes, le potassium influence directement la croissance et la qualité des fruits. Il régule l’absorption du CO2 en modulant l’ouverture des stomates, ces semblants de « bouches » par lesquels la plante procède aux échanges gazeux avec l’atmosphère. Le potassium est responsable de l’activation d’enzymes fondamentales pour les processus chimiques des cellules végétales comme la régulation de l’eau dans les feuilles. Il régule l’absorption d’eau par les racines et améliore la tolérance des plantes aux stress hydriques. Il participe également à la synthèse des protéines et de l’amidon qui font les bonnes récoltes. Il est donc nécessaire de fournir un engrais riche en potassium si l’on veut une croissance continue. Un déficit en potassium produit une chlorose.
Autres macro-éléments et micronutriments
Outre NPK, d'autres macro-éléments comme le calcium et le magnésium sont cruciaux. Le magnésium, constituant de la chlorophylle, est indispensable à la photosynthèse et à la translocation des assimilats carbonés dans les différentes parties de la plante. En cultures en sol, les carences sont rares et sont plutôt liées à des excès de calcium ou de potassium qui limitent son absorption par les racines. Généralement, le magnésium a peu d’influence sur la floraison. Cependant, chez plusieurs plantes ornementales, l’apport de magnésium augmente l’intensité de coloration des fleurs par accroissement des concentrations en anthocyanes, contribuant alors à une meilleure attractivité vis-à-vis des pollinisateurs. Le calcium joue un rôle important dans la division cellulaire et le maintien de l’intégrité des membranes cellulaires. Comme il intervient dans les jeunes organes en formation et qu’il est peu mobile dans la plante, une carence se traduit par une déformation et une nécrose de ces organes. Cela se produit notamment dans les bractées du poinsettia, particulièrement pauvres en calcium comparativement aux feuilles.
Les micronutriments, tels que le zinc, le fer, et le sélénium, ainsi que les antioxydants comme la vitamine C, sont également essentiels. Des carences en ces éléments affectent une grande partie de la population mondiale lorsque l’alimentation n’est pas assez diversifiée, soulignant l'importance de fertiliser les cultures pour améliorer la santé humaine.
Méthodes d'utilisation des plantes engrais
Les plantes engrais peuvent être utilisées de plusieurs manières pour enrichir le sol :
- Intégration au compost : elles peuvent être intégrées au compost pour équilibrer celui-ci et finalement améliorer le sol dans lequel il sera apporté.
- Paillage : ces plantes engrais peuvent également être utilisées en paillage, ce qui contribuera également à la formation d’un humus stable.
- Préparations diverses : on peut enfin les utiliser en préparations diverses (infusion, macération, purin) pour booster la plante ou remédier ponctuellement à une carence.

Les plantes engrais les plus intéressantes
Découvrons quelques plantes engrais parmi les plus intéressantes et leurs propriétés spécifiques.
La Consoude, une plante engrais riche en potasse
La consoude, notamment la consoude de Russie Bocking 14 (Symphytum uplicandum), est particulièrement riche en potasse, un élément nécessaire pour la floraison et la fructification. Elle contient également en quantités non négligeables de l’azote, du phosphore et divers oligo-éléments. Employée en paillage, en arrosage ou en pulvérisation, la consoude constitue donc un engrais organique des plus complets. Toutefois, un excès de potassium est possible, il convient donc de l'utiliser avec modération.
L’Ortie, une plante engrais riche en azote
L’ortie est une plante fertilisante particulièrement riche en azote, utile pour le développement des plantes cultivées. Elle contient également de la potasse (mais beaucoup moins que la consoude) ainsi que des oligo-éléments. On peut en mettre une poignée au fond du trou de plantation (attendre au moins 3 semaines avant de reboucher pour une décomposition correcte), arroser (dilution du purin à 10 %) ou pulvériser sur les plants (dilution à 5 %). Intégrée au compost, tout comme le font les biodynamistes (préparat 504), l’ortie sert d’activateur et favorise ainsi son humification. Mais si l’ortie peut être très utile pour démarrer une culture, et encore plus pour renforcer la vitalité d’une plante mal en point, elle n’est plus très appropriée par la suite (du moins en fertilisant) car elle risque alors de favoriser excessivement son développement, entraînant par là même des déséquilibres. On lui préférera alors la consoude.
Un engrais très puissant, efficace, simple et naturel: le purin d’ortie!
Le Pissenlit, une plante engrais riche en potasse, calcium, phosphore
Comme la consoude, le pissenlit présente un puissant système racinaire plongeant. Il sera ainsi apte à puiser des éléments nutritifs en profondeur. Le pissenlit est particulièrement riche en potasse, et en calcium, mais également en phosphore et en divers éléments minéraux. Intégrer le pissenlit au compost enrichira celui-ci de façon significative. D’ailleurs, les biodynamistes l’utilisent ainsi (préparat 506). Il est important d'éviter sa propagation non désirée et de le couper avant la floraison si l'on ne souhaite pas qu'il se ressème.
L’Achillée Millefeuille, une plante engrais riche en potasse et en soufre
L’achillée millefeuille présente une certaine richesse en potasse et en soufre. Incorporée au compost (préparat 502), l’achillée participe à la minéralisation du potassium et du calcium. L’utilisation au jardin d’un tel compost contribue à la formation d’un humus riche en éléments assimilables par les plantes cultivées. Il est recommandé de l'utiliser en complément d'autres plantes pour un équilibre optimal.
La Camomille, une plante engrais riche en calcium
La camomille se distingue par sa teneur en calcium et évite ainsi l’acidification des sols. Intégrée entière ou en jus au compost (préparat 503), elle participe à la décomposition de celui-ci. Son effet étant modéré, il est conseillé de la combiner avec d'autres engrais naturels.
Le Rumex, l’une des plantes engrais parmi les plus complètes
Les jardiniers redoutent cette plante envahissante, mais le rumex n’est pas là par hasard et peut même s’avérer utile. Grâce à ses puissantes racines plongeantes, le rumex est capable de puiser les éléments minéraux (notamment potasse et calcium) en profondeur. Il convient d’arracher la plante entière (donc avec sa racine) avant floraison, puis de la faire sécher au soleil (pour éviter qu'elle ne reparte) avant de l’intégrer au compost qu’il enrichira ainsi de nombreux sels minéraux.
La Valériane, une plante engrais riche en phosphore
Notamment riche en phosphore, favorable à la floraison et à la nouaison, la valériane est également intégrée au compost par les biodynamistes (préparat 507). Ces derniers considèrent qu’elle protégerait aussi le compost un peu comme un manteau. Son usage est principalement en complément pour l'équilibre global du compost.
Types d’engrais et fertilisants
L’entretien des cultures demande de l’attention et des connaissances spécifiques, notamment en ce qui concerne les engrais et les fertilisants. Comprendre les différents types et leur utilisation peut grandement influencer la santé et la productivité des végétaux.

Engrais organiques
Les engrais organiques sont des matériaux naturels dérivés de matières végétales ou animales. Leur utilisation offre de nombreux avantages, notamment l’amélioration de la structure du sol, la rétention d’eau, et la biodiversité microbienne.
- Compost : fabriqué à partir de déchets de cuisine, de pelures de fruits et de légumes, et autres matières organiques décomposées. Le compost améliore la structure du sol et fournit une libération lente des nutriments.
- Fumier : provenant des excréments d’animaux comme les vaches, les chevaux, ou les poules, le fumier est riche en matière organique et en micro-nutriments.
- Engrais vert : plantes spécifiquement cultivées pour être incorporées dans le sol et améliorer sa fertilité. Le semis se réalise souvent en automne, pour un fauchage au printemps. Une fois à maturité, avant qu’elles ne montent en graines, elles sont fauchées et intégrées au sol une fois sèches.
- Autres engrais organiques : certains engrais organiques sont à libération rapide, comme le guano et la poudre de sang notamment. Les engrais organiques sont des fertilisants issus de matières vivantes, soit animales comme le fumier, soit végétales comme le compost. Ils sont à la fois des amendements, c’est-à-dire qu’ils améliorent la qualité du sol, et des engrais pour nourrir les plantes. Ce sont donc plutôt des engrais ‘de fond’ ou des engrais d’entretien à libération lente.
Engrais minéraux ou inorganiques
Les engrais minéraux sont produits industriellement et contiennent des nutriments sous forme concentrée. Ces engrais sont souvent utilisés en agriculture pour leurs effets rapides et leur facilité d’utilisation. Les fertilisants minéraux sont composés de minéraux et de roches. Il faut distinguer deux types de fertilisants minéraux : les fertilisants minéraux naturels et les fertilisants minéraux industriels, aussi appelés de manière péjorative « fertilisants chimiques ». Les premiers, naturels, sont issus des roches telles que les calcaires, les argiles et les basaltes. Les seconds sont fabriqués par l’Homme. Un sel nitrique pur par exemple ne se trouve pas à l'état naturel.
- Engrais azotés : contiennent de l’azote sous forme de nitrate d’ammonium, urée, ou sulfate d’ammonium. L’azote favorise la croissance des feuilles et de la plante en général.
- Engrais phosphatés : contiennent du phosphore sous forme de superphosphate simple ou triple et d’autres composés. Le phosphore est essentiel pour le développement des racines et la floraison.
- Engrais potassiques : contiennent du potassium sous forme de chlorure de potassium ou de sulfate de potassium. Le potassium aide à la résistance des plantes contre les maladies et les stress abiotiques comme la sécheresse.
- Engrais minéraux à libération prolongée : ces engrais libèrent leurs nutriments en continu sur une longue période (en règle générale 3 à 6 mois) et accompagnent les facteurs de croissance naturels que sont la chaleur et l’eau. Les plantes reçoivent ainsi en quantités suffisantes les nutriments dont elles ont besoin pendant toute une saison de jardinage.
Engrais spécialisés et fertilisants
- Engrais foliaires : appliqués directement sur les feuilles des plantes. Cette méthode est efficace pour une assimilation rapide des nutriments, surtout lorsque le sol est trop pauvre ou trop compact pour permettre une bonne absorption.
- Engrais mélangés : ces engrais combinent deux ou trois des principaux éléments NPK dans une seule formule. Ils sont conçus pour offrir un équilibre complet de nutriments selon les besoins spécifiques des plantes.
- Engrais à libération contrôlée : fournissent leurs nutriments de manière contrôlée sur une période prolongée. Ils sont enrobés d’une substance qui se décompose lentement dans le sol, libérant ainsi les nutriments progressivement.
- Engrais bio-stimulants : ne sont pas véritablement des engrais, mais plutôt des substances qui augmentent la vigueur des plantes et leur résistance aux stress. Ils incluent des acides aminés, des extraits d’algues, et des mycorhizes.
- Engrais liquides : dissous dans l’eau et appliqués soit par arrosage soit par pulvérisation. Ils sont souvent utilisés pour des applications rapides ou pour des plantes en pot. En complément aux engrais granulaires, les engrais naturels liquides, assimilés directement par le feuillage comme les algues liquides et l’hydrolysat de poisson sont très utiles.
Choisir le bon engrais : facteurs à considérer
Le choix du bon engrais dépend de plusieurs facteurs.
Type de plante
Différentes plantes ont des besoins nutritifs spécifiques. Par exemple, les plantes à fleurs bénéficieront davantage d’engrais riches en phosphore, tandis que les plantes à feuillage seront plus réceptives aux engrais azotés. Les vivaces à fleurs, les rosiers, sont gourmands en phosphore, pour fleurir abondamment. Le gazon, lui, a besoin d’azote tout le temps, comme toutes les plantes à feuillage, mais aussi de phosphore après son semis, afin de bien s’enraciner. Les plantes en pot ont des besoins particulièrement importants, car le volume restreint de terre dans lequel elles sont installées est rapidement dépourvu de tout élément nutritif. Les géraniums et autres fleurs de balcons nécessitent pour bien fleurir un engrais riche en phosphore et surtout en potassium.
Type de sol
L’analyse du sol est cruciale pour déterminer quels nutriments sont déjà présents et quels éléments sont nécessaires. Un sol argileux, par exemple, requiert souvent des ajustements différents comparé à un sol sableux. Les amendements, minéraux basiques et organiques, exercent une action sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol. Ils agissent lentement. Leur apport est réfléchi car ils agiront pendant tout le cycle de culture et parfois même durant plusieurs années.
Objectifs de croissance
Les objectifs jouent également un rôle important dans le choix de l’engrais. Recherche-t-on une croissance rapide, une floraison abondante, ou une amélioration à long terme de la qualité du sol ? Une fertilisation régulière est l’alpha et l’oméga d’une bonne croissance. Les nutriments contenus dans les engrais stimulent la croissance végétale et renforcent les défenses immunitaires des plantes contre les ravageurs et les maladies.
Conditions climatiques
Les conditions climatiques influencent l’efficacité des différents types d’engrais. Par temps chaud et sec, les engrais à libération lente peuvent être préférés pour éviter la sur-fertilisation. L’été, quand il fait très chaud, il est recommandé d'arroser abondamment les plantes avant de les fertiliser.
Application des engrais : meilleures pratiques
L'application correcte des engrais est essentielle pour garantir que les nutriments atteignent les racines de la plante et pour éviter les problèmes.
Dosage
Il est impératif de toujours respecter les recommandations de dosage indiquées sur l’emballage du produit. Un surdosage peut entraîner une brûlure des racines et l’accumulation de sels toxiques. Inversement, une trop faible quantité d’engrais ralentit la croissance et réduit l’abondance de la récolte. Les plantes et particulièrement les légumes se partagent en trois catégories : celles à faible, moyen et fort besoin nutritif. La plupart des herbes aromatiques, ainsi que les petits pois et les radis, figurent au nombre des plantes à faible besoin nutritif. Les plantes à besoin nutritif moyen demandent un peu plus de nourriture, ce sont les fraises, les choux-raves et les carottes. Les plantes gourmandes avec les plus forts besoins nutritifs sont les tomates, concombres, courges et choux.
Moment de l’application
Appliquez les engrais au moment opportun, souvent au début du cycle de croissance pour maximiser l’absorption des nutriments. Évitez d’engraisser pendant les périodes de repos végétatif. Règle essentielle pour l’apport de nutriments : fertiliser uniquement pendant la phase de croissance ! En particulier les vivaces et les fruits et légumes qui, sinon, forment de nouvelles tiges ce qui les rend particulièrement sensibles au gel. Il est donc préférable d’arrêter la fertilisation à mi-août, puis d’utiliser exclusivement des engrais d’automne à forte teneur en potassium pour les arbustes et les vivaces. Le meilleur moment de la journée est tôt le matin ou le soir.
Méthode d’application
Pour les engrais solides, incorporez-les légèrement dans le sol. Pour les engrais liquides, assurez-vous d’une distribution uniforme sans excès. Les engrais liquides pénètrent rapidement dans le sol et leur action est donc très rapide. Les plantes supportent mieux les apports d’engrais liquides faibles et fréquents. Pour la pulvérisation foliaire, on préfère utiliser des surfactants pour réduire les doses nécessaires. Les fertilisants solides sont quant à eux mélangés dans le terreau en proportion définie par le cultivateur ou le programme de culture du fabricant.
Fréquence
La fréquence d’application dépend du type d’engrais utilisé. Les engrais à libération contrôlée peuvent nécessiter seulement une ou deux applications par an, tandis que les engrais liquides peuvent être appliqués plus fréquemment.
Impacts de la fertilisation sur l'environnement et la sécurité alimentaire
La population mondiale va continuer de croître et devrait dépasser les 9,6 milliards de personnes en 2050 (ONU, 2013). La sécurité alimentaire est définie par une alimentation suffisante en quantité, sûre et suffisamment nutritive, permettant une vie saine et active (FAO, 2009). Dans les cinquante dernières années, la population a plus que doublé et la production céréalière a triplé à 2,5 milliards de tonnes (FAO, 2016). Sans l’utilisation d’engrais azotés, la récolte mondiale n’atteindrait que 50% de ce niveau (Erisman et al, 2008). L’agriculture biologique se présente comme une alternative, mais elle s’accompagne d’une baisse de productivité pour des cultures importantes comme blés, orges, colza, et plus généralement de coûts de production plus élevés. L’azote constitue un facteur limitant important en agriculture biologique, car les fertilisants organiques utilisés n’ont pas la même efficacité que les engrais azotés minéraux qui ne sont pas autorisés. C’est pourquoi l’exploration d’autres voies comme l’agriculture raisonnée ou l’agro-écologie est essentielle.
Le raisonnement de la fertilisation a pour objectif de tirer parti du progrès continu apporté par l’amélioration des variétés en mettant l’accent sur l’efficacité de tous les apports d’éléments nutritifs (engrais, produits organiques résiduaires). À l’échelle de l’Europe, l’amélioration de 0,3% par an de la productivité des grandes cultures serait nécessaire pour compenser la baisse de la surface agricole et accroître la sécurité alimentaire calculée en termes de surfaces à partir de la balance d’importations et d’exportations de l’Europe (Von Witzke, 2010).

Qualité des aliments et santé humaine
La fertilisation s’intéresse à la quinzaine d’éléments minéraux qui sont indispensables aux plantes et contribue également à la valeur nutritionnelle des aliments pour l’homme et les animaux. Une nutrition équilibrée de la plante dans tous les éléments minéraux produit des aliments de bonne valeur nutritive et de haute qualité organoleptique. Des carences dans un des éléments se traduisent par une qualité dégradée et une diminution de rendement. Des symptômes de carence révèlent les troubles physiologiques subis par les plantes, appelés aussi maladies de carence.
L’apport d’azote augmente à la fois la quantité et la teneur en protéines chez les céréales. Le soufre entre aussi dans la composition de trois acides aminés essentiels qui jouent un rôle dans la synthèse et la conformation des protéines. Chez le blé, la composition en protéines tout autant que sa teneur sont responsables de la valeur boulangère pour la production des pains. Le calcium, le magnésium et le potassium sont présents sous leur forme minérale dans la plante et sont aussi indispensables à l’homme. Chez la plante, ils favorisent la résistance aux stress physiques (sécheresse, gel, chaleur) et aux attaques de certains agresseurs. Le potassium et le magnésium favorisent aussi le transfert et l'accumulation des sucres vers les organes récoltés. Ainsi, la fertilisation potassique et magnésienne améliore la teneur en sucres des betteraves, la teneur en amidon des pommes de terre et le degré alcoolique des vendanges.
Fertilité et vie du sol
Le sol abrite une intense activité biologique marquée par une grande biodiversité des organismes qui y vivent et interagissent avec la croissance des plantes. La fertilité du sol résulte d’une action de l’homme par ses pratiques agricoles en interaction avec le climat. Les plantes laissent au sol après récolte des racines, des tiges et des feuilles qui constituent une source de matière organique (MO) pour les organismes vivants du sol qui s’en nourrissent. La MO est en partie décomposée puis minéralisée alors que l’autre partie est transformée en humus stable, constituant important de la fertilité du sol. La MO constitue une nourriture pour la vie du sol. Elle favorise une structure motteuse et aérée et accroît la réserve utile en eau. Enfin, la MO accroît la capacité d’échange cationique.
Une idée fausse largement répandue est que les engrais minéraux entraînent une diminution du stock de MO des sols, ce qui tient à la confusion avec le rôle du système de cultures. Un système qui ne restitue pas au sol assez de matière organique issue de la photosynthèse entraîne une diminution du stock de matières organiques. Les engrais contribuent à augmenter la production végétale, mais il faut laisser au sol une part de résidus suffisante pour nourrir la vie du sol. L’effet favorable des amendements organiques et minéraux basiques sur la fertilité et la vie du sol peut être mesuré par des indicateurs tels que la quantité de biomasse microbienne vivante ou l’activité des micro-organismes (respiration, minéralisation, nitrification) mesurés après un apport.
Prévention des pollutions environnementales
La gestion de la fertilisation est un facteur clé de la réussite d’une culture. Blocages, carences et excès sont déterminants quand il s’agit de récoltes de qualité.
Qualité des eaux
La qualité des eaux doit être protégée pour ses nombreux usages (eau potable, eaux de baignade, milieux naturels). L’azote et le phosphore sont les principaux éléments nutritifs qui contrôlent la prolifération des plantes aquatiques et des algues. En excès dans les eaux de surface, ils sont à l’origine de l’eutrophisation. L’azote, le phosphore ainsi que les autres éléments nutritifs sont présents dans nos eaux usées et dans les effluents d’élevage, ainsi que dans toute matière d’origine organique et dans les engrais apportés au sol.
L’azote apporté au sol, quelle que soit son origine, va être en partie transformé en nitrate qui circule avec l’eau du sol. Le nitrate est la forme d’azote que les plantes préfèrent, elles l’absorbent rapidement lorsqu’elles sont en croissance active. Lorsque la quantité d’azote minéral dépasse la capacité d’absorption de la culture, il y a un risque d’entraînement en profondeur avec l’eau du sol. Le cheminement du nitrate vers le cours d’eau est plus rapide par ruissellement que par infiltration dans la nappe.
Le phosphore est fortement retenu par le sol. Seulement 0,1% du phosphore total d’un sol se trouve à l’état dissous dans la solution du sol. L’eau en excès qui s’infiltre vers les nappes n’entraîne que très peu de phosphore. L’érosion, par contre, arrache des particules de terre ou MES (matière en suspension) sur lesquelles du phosphore est fixé. La quantité de phosphore entraînée par l’érosion est faible, de l’ordre de 400 grammes de P par hectare et par an (soit 1 kg de P2O5). Cependant, les phénomènes exceptionnels tels que coulées boueuses ou inondations entraînent ponctuellement des quantités plus importantes. D’autres éléments présents dans les sols peuvent être entraînés vers les eaux comme le sulfate, élément aussi mobile que le nitrate, le calcium, le magnésium et le potassium : éléments bien retenus par le sol mais qui peuvent sous forme dissoute être aussi lixiviés. Ces éléments ne semblent pas avoir un rôle dans l’eutrophisation.
Qualité de l'air
Améliorer la qualité de l’air est reconnu comme un enjeu de santé publique. L’agriculture est en partie à l’origine de la pollution aux particules fines. Cependant, il existe des marges de progrès importantes pour limiter l’émission de poussières ou particules primaires et pour réduire la volatilisation. Les particules contribuent à l’aggravation des pathologies respiratoires et des maladies cardiaques. Les plus fines (PM 10 et PM 2,5 pour « particulate matter » de taille < à 10 ou < à 2,5 microns) atteignent les bronches et les alvéoles pulmonaires. Le travail du sol, les opérations de récolte et les élevages sont les sources principales d’émissions de poussières en agriculture. Pour l’éviter, les engrais granulés sont tamisés, dépoussiérés et dans certains cas traités avec un anti-poussière avant d’être livrés aux agriculteurs.
Les principaux polluants gazeux conduisant à la formation de particules fines sont les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), l’ammoniac (NH3) et les composés organiques volatils (COV). L’agriculture contribue peu à l’émission des NOx et du SO2 qui sont produits par le trafic routier et le chauffage urbain, mais elle est à l’origine de 97% de l’ammoniac émis. La réduction des pertes dues à la volatilisation entraîne une amélioration de l’efficacité des apports azotés d’origine organique ou minérale. La France a signé la convention internationale de réduction des émissions de polluants atmosphériques transfrontaliers et particulièrement le protocole de Göteborg sur l’émission d’ammoniac. Des engagements de réduction des émissions nationales en 2020 et 2030 sont prévus dans la réglementation européenne NEC pour National Emission Ceilings.
En même temps, la fertilisation organique fournit une part élevée de recyclage : un tiers de l’azote total, la moitié du phosphore et deux tiers du potassium sont apportés au sol principalement par les effluents d’élevage (Observatoire national ANPEA).

tags: #nom #de #plantes #fertilisation