Le Géranium herbe-à-Robert (Geranium robertianum) est une plante herbacée annuelle ou bisannuelle de la Famille des Géraniacées (Geraniaceae), très commune dans les régions tempérées de l’hémisphère nord. Cette espèce est une plante sauvage commune. Elle attire l’œil par ses fleurs au rose éclatant ou par la coloration rouge de son feuillage. Elle apprécie les milieux légèrement ombragés et plutôt frais. Le Géranium herbe-à-Robert est une plante facilement reconnaissable grâce à son odeur forte, ses tiges rouges et ses feuilles très découpées. On la trouve souvent dans les endroits ombragés et humides.

Classification et caractéristiques morphologiques
La classification de la plante suit l'ordre des Geraniales Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820 et la famille des Geraniaceae Juss., 1789. Le Géranium herbe-à-Robert est une plante annuelle ou bisannuelle, souvent rougeâtre et velue, avec une odeur fétide. C’est probablement la caractéristique la plus distinctive de cette plante : lorsqu’on froisse ses feuilles, elle dégage une odeur forte et assez désagréable, un peu comme de l’ail. Il mesure généralement entre 10 et 60 centimètres de haut. Les tiges sont souvent ramifiées dès la base, les tiges sont généralement de couleur rougeâtre, glabres ou légèrement velues. Elles présentent une section arrondie et peuvent atteindre une hauteur de 10 à 60 cm.
Les feuilles sont alternes, pétiolées et profondément divisées en lobes étroits et irréguliers, donnant à la plante un aspect découpé et délicat. Les feuilles sont tri-angulaires, très découpées. La coloration des feuilles peut varier du vert clair au vert foncé et elles sont souvent recouvertes de poils glanduleux qui leur confèrent une texture légèrement visqueuse. Le système racinaire est peu profond et fasciculé, composé de nombreuses racines fines. Les fleurs sont actinomorphes (régulières), pentamères (cinq pièces florales de chaque type) et hermaphrodites. Le calice est composé de cinq sépales libres, souvent munis d’une longue arête. La corolle est formée de cinq pétales libres, de couleur rose à pourpre.
Habitat et écologie
Le Géranium herbe-à-Robert préfère les habitats ombragés ou partiellement ombragés avec des sols riches en matière organique et suffisamment humides, bien qu’il soit très adaptable et capable de coloniser divers environnements perturbés. On la retrouve sur nos balcons. Habitat : sentiers de sous-bois ombragés, pieds de murs. On la trouve souvent dans les endroits ombragés et humides. L’herbe à robert est une plante qui pousse lentement. On la rencontre également dans les zones ombragées, près des rochers et des cailloux.

Étymologie et noms vernaculaires
L’origine du nom Géranium herbe-à-Robert est assez intrigante et a donné lieu à plusieurs interprétations. L’hypothèse la plus répandue est liée à la couleur rougeâtre de la plante, notamment de ses tiges et de ses feuilles. En latin, « ruber » signifie « rouge ». Il est donc possible que le nom « Robert » soit une déformation de « ruber », faisant référence à cette coloration caractéristique. Pendant le Moyen-Âge, cette espèce était désignée par Herba rubea ou Ruberta, où Ruber correspond à « rouge» en latin. L’espèce a alors été nommée Rubertiana.
Une autre théorie associe le nom « Robert » à Saint Robert, premier évêque de Salzbourg. Selon cette version, il aurait été le premier à découvrir les propriétés médicinales de cette plante et à la recommander pour soigner diverses affections. En réalité, il est probable qu’une combinaison de ces deux explications soit la plus proche de la vérité. Au Moyen Âge, la plante était souvent appelée « Herba rubea » ou « Ruberta », en référence à sa couleur rouge. D’autres noms sont également utilisés comme par exemple géranium robert, petit robert, le robert, herbe à l’esquinancie (esquinancie désignait l’angine), géraine robertin, fourchette du diable, persil maringouin. Dans le Nord-pas-de-Calais, « gamba russa » dans le Piémont signifie « jambe rouge », « erba de fogu » en Sardaigne signifie « herbe du feu ». « Clôt-doigt », qui ferme les coupures du doigt, ce nom date du XVIIIème siècle en région du Luberon. Les noms « bec de grue », « bec de cigogne », « bec d’oiseau » sont partagés avec d’autres espèces du genre Géranium et certains Erodium.
Risques de confusion botanique
D’autres espèces présentent des risques de confusion avec le Géranium herbe-à-Robert (Geranium robertianum) :
- Le Géranium pourpre (Geranium purpureum) : il ne s’agit pas d’une espèce à proprement parler, car le Géranium pourpre est une sous-espèce du Géranium herbe-à-Robert (Geranium robertianum subsp. purpureum). Les fleurs du Géranium pourpre sont plus petites que celles de Geranium robertianum, rose-pourpre vif et leurs anthères sont jaunes.
- Le Géranium fluet (Geranium pusillum) : cette caractéristique est bien moins marquée chez le géranium fluet. Ses tiges sont rougeâtres et fragiles, tandis que celles du géranium fluet sont plus fines et velues.
- Le Géranium mou (Geranium molle) : Geranium robertianum est généralement plus rougeâtre et à feuilles plus découpées.
- Le Géranium luisant (Geranium lucidum) se distingue par ses feuilles brillantes et peu velues et moins divisées.
Il est possible de confondre le Geranium robertianum avec deux autres espèces de géranium qui sont uniquement présente en milieu montagnard.
Secrets de producteur pour des géraniums aux couleurs éclatantes
Propriétés médicinales et usages traditionnels
Traditionnellement, le Géranium herbe-à-Robert était réputé pour ses propriétés astringentes et antiseptiques. Il était traditionnellement utilisé pour soigner les petites blessures, les coupures et les écorchures. On l’appliquait en cataplasme sur les plaies pour favoriser leur cicatrisation. Les composés présents dans cette plante lui confèrent des propriétés anti-inflammatoires. Il était utilisé pour soulager les douleurs articulaires, les rhumatismes et les inflammations cutanées. Grâce à ses tanins, le Géranium Robert était utilisé pour traiter les problèmes bucco-dentaires comme les aphtes, les gingivites et les angines. On le préparait en gargarismes ou en bains de bouche.
Avant le Moyen-âge, l’herbe à Robert ne semblait pas être utilisée comme plante médicinale. A la période de la Renaissance, l’utilisation de l’herbe à Robert devient plus importante et en particulier dans les pays germaniques. Au XVIème siècle, elle était recommandée sous forme d’eau distillée contre les hémorragies internes, pour activer la sécrétion urinaire ou encore pour calmer les douleurs lombaires. Au XVIIème siècle, la couleur rouge reflèterait sa particularité à soigner les maladies liées à la circulation du sang.
Composition phytochimique et recherche scientifique
Il a été démontré que les propriétés antioxydantes des plantes sont étroitement liées à la présence de composés phénoliques. L’espèce possède en majeure partie des flavonoïdes, d’autres que les tanins sont prédominants. La richesse en tanins ne concerne pas uniquement le Geranium robertianum mais concerne toute la famille des Geraniaceae. Cette espèce possède également une activité antimicrobienne. Elle permet de réduire les altérations métaboliques et en particulier le diabète de type 2. En effet, le taux de sucre dans le plasma diminue.

Usages modernes et culinaires
Le Géranium herbe-à-Robert est apprécié dans les jardins pour son feuillage décoratif et ses fleurs délicates. La plante est parfois utilisée pour repousser les moustiques et autres insectes nuisibles. En Corse, la plante est positionnée sur les bords de fenêtres. Ainsi, son odeur repousse les insectes. De plus, les fleurs peuvent être utilisées comme garniture dans les salades. La réalisation de cataplasmes appliqués à l’extérieur de l’organisme aide à soulager les rhumatismes. L’utilisation en gargarisme permet de soigner les maux de gorge. Le géranium peut également être utilisé par voie orale grâce à une infusion ou une décoction pour bénéficier de ses propriétés citées précédemment. L’herbe à Robert est également une plante tinctoriale. L’herbe à Robert est riche en protéines et en glucides. Cependant, elle est faible en lipides. Le Géranium herbe-à-Robert n’a pas de toxicité connue, mais n’est pas pertinent sur le plan alimentaire.