Le nourrissement artificiel des abeilles, souvent désigné comme une précaution pour assurer la pérennité des colonies après la récolte de miel, est une pratique apicole dont l'importance ne saurait être sous-estimée. Cette intervention vise à maintenir des provisions suffisantes pour les abeilles, garantissant ainsi la récolte suivante et la survie des colonies, particulièrement dans un contexte où les conditions climatiques peuvent être imprévisibles et les ressources naturelles fluctuantes.

Comprendre le Nourrissement : Un Acte Vital pour la Colonie
Le nourrissement est le fait de fournir aux abeilles des apports nutritifs en complément ou en remplacement des ressources naturelles. Ce processus repose sur le principe de l'hydrolyse, une transformation chimique qui convertit le saccharose du nectar en "sucre inverti", un aliment très proche du miel et essentiel aux abeilles. L'hydrolyse du saccharose s'opère idéalement à une température avoisinant les 20°C ou plus, dans un environnement au pH acide, et fait intervenir l'invertase, une enzyme présente dans le jabot des abeilles. Ces conditions sont primordiales pour optimiser l'efficacité du nourrissement et maintenir l'équilibre de la colonie.
Pourquoi Nourrir les Abeilles ?
Nourrir les abeilles est un acte fondamental pour leur survie, leur santé et leur productivité, d'autant plus face aux défis contemporains tels que les changements climatiques, la raréfaction des ressources florales, le varroa et le frelon asiatique. Le nourrissement permet de :
- Compenser les manques de réserves : La disette, caractérisée par une pénurie de ressources naturelles, est la raison fondamentale la plus fréquente. Un manque de sucres (glucides) est rapidement fatal pour une colonie, ces derniers étant la source d'énergie vitale nécessaire aux déplacements des abeilles et au maintien de la température du nid, essentielle pour le couvain (qui requiert environ 35°C). En revanche, les abeilles peuvent survivre quelques jours ou semaines avec peu ou pas de pollen. Cette distinction établit une hiérarchie d'urgence nutritionnelle : en cas de disette, la priorité absolue est l'apport de glucides pour éviter une mort rapide de la colonie par manque d'énergie. Les réserves de miel peuvent venir à manquer durant l'hiver ou au début du printemps, périodes où les floraisons sont rares ou inexistantes.
- Stimuler la ponte de la reine : C'est un levier puissant pour accroître le nombre d'abeilles, essentiel pour des miellées abondantes ou une meilleure préparation à l'hiver. Cette pratique peut également être appliquée en fin d'été, après la dernière récolte, pour renforcer les colonies avant l'hivernage, assurant ainsi la présence d'abeilles d'hiver robustes et bien préparées.
- Soutenir les colonies faibles ou nouvellement formées : Les essaims naturels ou artificiels nouvellement installés dans une ruche n'ont pas encore eu le temps de constituer des réserves suffisantes et bénéficient d'un apport nutritionnel pour favoriser leur développement et leur établissement. Les colonies affaiblies par des stress externes, comme la pression intense du frelon asiatique, peuvent nécessiter un soutien alimentaire. Dans ces cas extrêmes, un apport de sirop dilué et de pâte protéinée est conseillé pour aider les abeilles à survivre et à poursuivre l'élevage du couvain, malgré la réduction de l'activité de butinage due aux prédateurs. De même, après un traitement sanitaire lourd, tel qu'un transvasement suite à une loque américaine, un nourrissement très léger et limité est parfois nécessaire pour éviter la mort de la colonie, tout en veillant à ne pas favoriser le stockage de spores.
Le débat sur le nourrissement des abeilles !
Types de Nourrissement et Leurs Applications
Le nourrissement se décline en plusieurs types, chacun adapté à une période spécifique du cycle biologique de l'abeille et à des objectifs précis.
1. Nourrissement Spéculatif ou de Stimulation (Printemps)
Ce type de nourrissement, également appelé "biberonnage" ou "nourrissement collectif", se fait au printemps et sert à stimuler la ponte de la reine. On simule le nectar à l'aide d'un sirop léger (1 kg de sucre pour 1 litre d'eau chaude) distribué en petites quantités, idéalement 250 ml par ruche et par jour pendant plusieurs jours. Ce type de nourrissement doit débuter 50 à 60 jours avant le début de la miellée principale pour que les abeilles nées de cette ponte soient prêtes à butiner.
Précautions : Un nourrissement trop précoce peut entraîner une augmentation significative du couvain, et le nourrissement liquide stimule davantage les butineuses à sortir, ce qui peut les exposer au froid si la météo est défavorable. Il est donc recommandé de ne pratiquer le nourrissement liquide que lorsque les abeilles sortent régulièrement.
2. Nourrissement de Complément (Été, après la récolte)
L'été, après les grandes floraisons, la reine peut ralentir sa ponte en raison de la diminution des ressources naturelles. Des périodes de creux de miellée peuvent survenir, où les apports de nectar et de pollen sont insuffisants. Le nourrissement de complément intervient alors pour soutenir les abeilles entre deux périodes de floraison, assurant un apport continu en sucre. Un sirop dilué (50/50) ou du candi peut être utilisé pour pallier ces manques temporaires. Des apiculteurs dans la Charente ont observé que depuis que l'acacia n'a pas donné, et au vu du temps de ces dernières semaines, toutes les réserves ont été consommées en partie. La ponte est bloquée et certaines colonies n'ont pas évolué depuis un mois par manque de pollen et de nectar. Dans cette situation, le nourrissement de complément est crucial.
3. Nourrissement d'Hivernage (Début de l'Automne)
Ce nourrissement est crucial pour la survie de la colonie durant les mois froids. Il consiste à reconstituer les réserves de la ruche après la récolte de miel, afin que la colonie puisse passer l'hiver dans de bonnes conditions. Cette pratique est généralement effectuée en début d'automne, après la dernière récolte et impérativement avant la mi-octobre. Les jours et les nuits se refroidissant rapidement en octobre, l'ingestion de nourriture par les abeilles ralentit.
Le produit de choix est un sirop concentré (plus de 60% de sucre, souvent 2 kg de sucre pour 1 litre d'eau) ou du candi. La haute concentration du sirop est importante car elle réduit le travail des abeilles, qui doivent abaisser le taux d'humidité de ce sucre à moins de 20% pour le stocker. Il est recommandé de laisser environ 15 kg de miel par ruche pour garantir des réserves suffisantes. Ce nourrissement peut être effectué en 2 à 5 apports de grandes quantités (jusqu'à 2 litres par colonie et par jour).
Un apiculteur a souligné que le nourrissement avec le fondant se fait tout en douceur, contrairement aux 10 à 20 litres de sirop qui bouchent les trous du bas, risquant de remonter dans les hausses. Le fondant vise plutôt à inciter la reine à y pondre.
4. Nourrissement d'Urgence (Hiver)
En hiver, lorsque les températures sont basses et que les abeilles se regroupent en grappe pour se tenir chaud, leur mouvement est très limité. Si les réserves viennent à manquer, un nourrissement d'urgence s'impose pour éviter la famine. Le candi est l'aliment le plus adapté dans ce cas, car sa texture pâteuse et stable ne coule pas et reste consommable même à basse température. Il est placé directement sur les cadres, à proximité de la grappe d'abeilles, pour un accès facile. Un avantage supplémentaire du candi en hiver est sa capacité à aider à abaisser l'humidité de condensation à l'intérieur de la ruche. L'humidité ambiante de la ruche condense et dissout le candi, le rendant ainsi consommable par les abeilles. Cette réduction de l'humidité est particulièrement bénéfique dans les zones humides pour améliorer les conditions d'hivernage et prévenir le développement de moisissures.
Certains apiculteurs se posent la question de nourrir uniquement au fondant à l'avenir, car il ne devrait pas se retrouver dans le miel par rapport au sirop. Bien que le fondant en tant que tel soit plus cher qu'un litre de sirop, lorsque l'on évalue tous les frais liés au sirop (reste de matière sèche, déplacement, main d'œuvre, contenant), la différence de prix n'est pas si grande, et l'effet de stockage brutal du sirop ne se produit pas avec le fondant.

Le Cycle Biologique Annuel de l'Abeille et le Nourrissement
Le cycle biologique annuel de l'abeille se déroule en cinq phases distinctes, chacune ayant des implications importantes pour l'apiculteur et pour les colonies.
Phase Hivernale (Janvier/Février)
La reine reprend la ponte en janvier/février. La colonie est alors constituée d'abeilles d'hiver, qui ont une longue durée de vie. Lors de journées favorables, les abeilles profitent de l'occasion pour effectuer un vol de propreté. Cependant, leur activité est généralement réduite durant cette phase, car la flore n'offre quasiment aucune ressource. C'est durant cette période qu'un nourrissement d'urgence au candi peut s'avérer nécessaire si les provisions sont insuffisantes.
Phase d'Expansion (Mars/Avril)
Cette phase s'étend de mars à avril. L'effectif de l'essaim s'accroît. Pour l'apiculteur, c'est le moment de procéder à la première ouverture des ruches pour évaluer l'état de la colonie (maladies, présence d'une reine, réfection). Si les températures le permettent (supérieures à 20°C pendant 3 jours consécutifs), l'apiculteur peut effectuer sa visite de printemps. La reine accroît la ponte, mais celle-ci sera perturbée si la ruche est ouverte par temps froid, risquant de refroidir le couvain. Les colonies se développent très vite, nécessitant une surveillance attentive pour les diviser ou agrandir les cadres. Le nourrissement de stimulation (biberonnage) est approprié à cette période.
Phase Vernale (Début Mai à Fin Juin)
C'est le temps de la miellée de printemps. Le poids des ruches peut augmenter considérablement en raison de l'abondance du pollen. En début de phase vernale, les dernières abeilles d'hiver meurent, mais beaucoup de jeunes abeilles naissent également à cette période, et les butineuses sont beaucoup plus importantes. Si plus de la moitié des cadres sont pleins de miel, il faut agrandir. Une colonie peut récolter entre 1 et 10 kg par jour, il est donc crucial de s'assurer qu'il y a toujours de la place. La surveillance de l'essaimage est également importante, la plupart des essaimages se produisant entre mi-avril et fin juin. Si les hausses sont remplies aux trois quarts, n'hésitez pas à ajouter une hausse.
Phase Estivale (Fin Juin à Fin Juillet/Début Août)
C'est la période de la miellée d'été. Lorsque les conditions météorologiques sont bonnes, le poids des ruches augmente considérablement. Après le solstice d'été, la colonie entre dans une phase de régression : la ponte de la reine diminue et le couvain régresse, même si l'activité des abeilles reste intense. La récolte de miel suit logiquement ce mouvement. C'est à la fin de cette période qu'il faut commencer à évaluer les besoins en nourrissement de complément, surtout si des miellées comme celle de l'acacia n'ont pas donné.
Phase de Préparation à l'Hivernage (Fin Juillet à Fin Octobre)
Cette période s'étend de fin juillet à fin octobre. Au début de cette phase, les mâles de la colonie sont expulsés ou tués. Les abeilles réduisent leur activité et leur ferveur est moindre. En général, le poids des ruches commence à diminuer, même si la flore peut encore offrir quelques apports (lierre ou phacélie, par exemple). La plus grande partie du pollen sera stockée dans les rayons, servant pour l'élevage du premier couvain au printemps.
C'est une période essentielle pour la préparation des colonies à la prochaine saison. Après avoir fait lécher les cadres de miel (sur les colonies ou en plein air à bonne distance du rucher pour éviter le pillage), les hausses doivent être stockées à l'abri de l'humidité, des rongeurs et de la fausse teigne. La meilleure façon est de les empiler à l'extérieur et à l'ombre en cheminée d'une dizaine, afin que l'air puisse circuler aisément.
La priorité est au traitement de la varroase, car à ce stade du cycle biologique annuel, le taux d'infestation est maximum alors que la ponte de la reine est très ralentie. Le couvain est alors très infesté, et les abeilles qui en émergent ne sont pas de la meilleure qualité pour affronter l'hiver. Favoriser la naissance d'abeilles saines et nombreuses est le gage d'une bonne sortie d'hivernage.
L'âge de la reine est primordial, et celles de plus de deux ans doivent être remplacées. La technique consiste à chercher et supprimer la reine à renouveler, puis, après un orphelinage de 24 à 36 heures, introduire une nouvelle jeune reine en ponte dans une cage avec candi, sans accompagnatrices, sur la tête des cadres au-dessus du nid à couvain.
Tout en relançant la ponte pour accroître le bataillon des abeilles d'hiver, il faut commencer à renforcer les provisions d'hivernage si elles ne sont pas suffisantes. 12 à 15 kg seront nécessaires après le 1er novembre pour atteindre sans encombre la floraison des merisiers. Seule la pesée totale permet d'apprécier avec exactitude l'état des provisions. Le nourrissement dans ce cas doit être massif avec un sirop concentré, et l'appoint peut être réalisé tardivement pour atteindre environ un poids total de 34 kg.
Lors de la visite de mise en hivernage, les colonies doivent être recentrées si besoin pour accéder aux provisions des deux côtés. Les colonies peu nombreuses doivent être partitionnées pour les isoler dans un espace plus restreint. Le transvasement en ruchette peut aussi convenir. Les colonies trop faibles ou orphelines seront éliminées et réunies aux ruches voisines. Dans ces conditions, les colonies pourront attendre le traitement hivernal à l'acide oxalique, qui ne sera appliqué que pendant la période sans couvain, généralement en décembre.

Choisir le Bon Aliment de Nourrissement
La qualité de l'aliment de nourrissement est cruciale. Le sirop de sucre inverti est l'aliment le plus proche du miel dont les abeilles ont besoin, mais d'autres options existent.
Le Sirop
Les sirops sont des mélanges d'eau et de sucre, dont la concentration varie en fonction de l'objectif du nourrissement.
- Sirop léger (1:1 sucre/eau) : Utilisé pour la stimulation au printemps ou pour le nourrissement de complément en été. Il simule un apport de nectar et encourage la ponte.
- Sirop concentré (2:1 sucre/eau ou plus) : Utilisé pour le nourrissement d'hivernage. Sa haute concentration réduit le travail des abeilles pour le stocker.
La composition du sirop est proche de celle du miel, ce qui le rend difficilement détectable lors des analyses, à condition de faire preuve de raison et de donner juste ce qu'il faut au moment approprié. Un apiculteur a mentionné que l'on peut retrouver du sirop d'agave avec des moyens spécifiques. Cependant, l'apiculture qui consiste à faire du "remplissage-vidage" est une pratique connue depuis longtemps, mais nourrir les ruches lorsque les provisions manquent est acceptable, au-delà, cela peut être considéré comme malhonnête.
Le Candi (Fondant)
Le candi est une pâte de sucre solide ou semi-solide, particulièrement adaptée pour le nourrissement d'urgence en hiver ou pour un nourrissement doux.
- Avantages : Il est consommé lentement, ne risque pas de remonter dans les hausses (contrairement au sirop en grande quantité), et aide à gérer l'humidité dans la ruche en hiver. Il est facile à placer sur les cadres.
- Inconvénients : Il est généralement plus cher que le sirop. Cependant, en considérant les frais liés au sirop (matière sèche restante, déplacement, main d'œuvre, contenant), la différence de prix finale n'est pas si grande.
Le Miel
Le miel est l'aliment idéal pour les abeilles, mais son utilisation pour le nourrissement est limitée en apiculture professionnelle pour des raisons de rentabilité. Lorsqu'il est utilisé, il doit provenir de colonies saines pour éviter la propagation de maladies. Un apiculteur a partagé sa pratique de prendre du miel dans certaines colonies bien pourvues pour le redistribuer à celles qui en manquent, une approche qui s'inscrit dans une logique plus respectueuse des besoins naturels des abeilles.
Erreurs Courantes à Éviter
Le surnourrissement est l'une des erreurs les plus fréquemment commises par les débutants. Par crainte que leurs abeilles ne passent pas l'hiver, ils leur laissent une dose élevée de repas. Or, les abeilles stockent simplement l'excès. Un taux de HMF (hydroxyméthylfurfural) devient extrêmement élevé dans le miel lorsque la nourriture des abeilles en contient ou lorsque la température est trop élevée. Or, selon la réglementation, un miel sain ne devrait pas en contenir plus de 40 mg/kg.
Il est important de noter que le nourrissement doit être fait pour maintenir un minimum de nourriture, pas pour "blinder le corps". Il s'agit de maintenir les bêtes dans des conditions "humaines", comme on paierait à manger à quelqu'un qui meurt de faim.
Stratégies Apicoles et Gestion des Colonies
L'apiculture moderne est confrontée à de nombreux défis. La gestion des colonies doit s'adapter aux conditions fluctuantes, comme l'ont expérimenté des apiculteurs de l'Ile de France avec des ruches Dadant 10 et 12C. Même avec ces modèles, ils ont dû déhausser pour nourrir, et certains remérages naturels se sont soldés par des colonies bourdonneuses, soulignant l'importance de garder des reines de 2 et 3 ans en Mini+.
Certains apiculteurs s'éloignent d'une logique purement productiviste pour privilégier la résilience naturelle des colonies. Ils ne nourrissent pas et ce depuis plusieurs mois, sauf quelques cas isolés, estimant que leurs colonies ont ce qu'il faut de miel et de pollen, avec juste ce qu'il faut d'abeilles pour des ronds de couvain sur 3 ou 4 cadres, les rendant "inoxydables en terme de disette".
La diversité des colonies est également une stratégie. En ayant des colonies hétérogènes, avec des caractéristiques différentes, l'apiculteur peut mieux s'adapter aux années qui ne se ressemblent pas, certaines colonies compensant les faiblesses d'autres. Les colonies gèrent alors naturellement leurs besoins en fonction de la saison, même si elles ponctionnent plus ou moins sévèrement dans ce qui aurait pu être récolté. Pour certains, l'apiculture est un loisir, pas une question de rendement, ce qui permet d'adopter des approches plus flexibles.
La question de la récolte en cas de "faim" des ruches après la miellée est pertinente. Outre le fait que le prix du nourrissement n'est pas le même que celui du miel, il est impossible de prévoir les conditions climatiques futures. Quand on transhume, on est bien obligé de récolter avant d'emmener les abeilles sur les miellées suivantes. Cependant, il est essentiel de laisser suffisamment de miel dans le corps de la ruche. Dans les ruches Dadant, le stock de miel peut être estimé à plusieurs kilos. Un apiculteur a mentionné une consommation journalière équivalente à 8 kilos de matière sèche par mois, ce qu'il a qualifié d'énorme, se demandant de quelle apiculture il s'agissait, comparant cela aux vaches gavées aux tourteaux.
La préparation des cires de cadres, la pose des pains de candi sur le trou de nourrissement du couvre-cadres, la surveillance des provisions, la construction de cadres, l'enlèvement des réducteurs d'entrée, la mise en place d'abreuvoirs (les abeilles ayant besoin de beaucoup boire pour faire la bouillie larvaire) et l'ajout d'une hausse sur les colonies très fortes si nécessaire sont toutes des tâches à considérer à différentes périodes de l'année.
En fin de compte, le rôle de l'apiculteur est de s'assurer de la bonne santé des colonies. Tout ce qui se passe au rucher vise désormais à préparer les colonies pour la prochaine saison. C'est une période essentielle où tout se joue, et les préparatifs d'après la récolte déterminent en partie la saison à venir. Les colonies fortes hivernent le mieux. Un essaim faible ne pourra pas passer un hiver rigoureux dans une grande caisse, car les abeilles n'auront pas la capacité de chauffer une si grande "maison" et pourront mourir de froid même si la nourriture est abondante. Trop engourdies, elles ne se déplaceront pas pour se nourrir et mourront de faim.
Dans les ruches pastorales Dadant 10 cadres, en dessous de 25 kg au 15 février, un complément de provisions est nécessaire pour atteindre les premières entrées de nectar. Lors de la mise en hivernage, toutes les conditions réunies détermineront le futur des colonies. C'est donc de ces préparatifs d'après la récolte que dépend en partie la saison à venir.