L’œil de paon est l’une des maladies les plus fréquentes chez l’olivier. Elle est aussi connue sous le nom de Tavelure de l’olivier. C’est une maladie cryptogamique qui est causée par le champignon Cycloconium oleaginum. Cette maladie de l’olivier est connue dans tous les pays oléicoles depuis fort longtemps et ses répercussions sur les récoltes peuvent être très graves. L'Œil de Paon est une maladie cryptogamique spécifique à l’olivier, provoquée par un champignon, elle est très facile à reconnaitre. Bien que le laurier-rose soit une plante aux besoins distincts, la confusion avec les maladies de l'olivier survient parfois en raison de la ressemblance visuelle du feuillage, mais il est crucial de noter que le développement du Cycloconium oleaginum est strictement lié à l'écosystème de l'Olea europaea.

Identification et symptômes cliniques de l’affection
Les feuilles sont les organes les plus affectés par cette pathologie. La maladie est reconnaissable de par ses petites taches en cercles concentriques provoquant la chute des feuilles. En effet, sur les feuilles on voit apparaitre plusieurs cercles au contour noir et au centre marron-jaune. Ces cercles mesurent de 2 à 10 mm de diamètre. Les tâches se couvrent de spores et prennent alors une coloration brun noirâtre. Après dissémination des spores, une couche d’air s’établit entre la cuticule attaquée et les tissus sous-jacents ; la tache prend une teinte blanchâtre.
La partie supérieure reste indemne, les feuilles atteintes tombent à la moindre secousse. Les feuilles présentent des petites taches brunes et circulaires, le feuillage devient jaune et tombe. Les olives peuvent également présenter des taches. Le champignon bloque la photosynthèse et provoque la chute prématurée des feuilles. On estime généralement que les dégâts sont sensibles dès que cette chute affecte plus de 30 % du feuillage.
Dynamique biologique et conditions de propagation
Le champignon se développe lorsque les températures sont de l’ordre de 16-20 °C avec une hygrométrie de 80-85 %. Ainsi, le printemps et l’automne sont les périodes les plus propices pour le développement de ce champignon. L’humidité est un terrain propice à son développement. Entraînées par le vent et la pluie, les conidies se déposent sur les organes sains de la plante. Dans des conditions favorables d’humidité et de température (12 à 15 °C), ces conidies émettent des spores appelées « zoospores ». À une température supérieure ou égale à 25 °C, l'activité du champignon est ralentie, voire stoppée.
La conservation de la maladie d’une année à l’autre a lieu par l’intermédiaire des feuilles peu atteintes à la fin du printemps. Il est impératif de comprendre que le cycle de vie du pathogène dépend étroitement de la persistance de ces feuilles infectées au sol ou sur l'arbre.

Stratégies de prévention et bonnes pratiques culturales
Il ne faut jamais oublier l'adage qui précise qu'il vaut toujours mieux prévenir que guérir. Des bonnes conditions de culture et une bonne prévention évitent bien souvent des attaques virulentes. La terre doit être bien aérée et drainée pour faciliter la circulation de l’air et éviter la stagnation de l’eau. Un autre principe à avoir en tête est qu'il faut toujours désinfecter le matériel de jardinage en cas de soins sur des plantes atteintes pour ne pas contaminer les autres.
La gestion de l'hygiène au pied de l'arbre est capitale. Il est important de ratisser les feuilles tombées sous l’olivier et les brûler, car ces débris végétaux constituent le réservoir principal de l'inoculum pour la saison suivante. L'aération de la frondaison par une taille adaptée permet également de réduire l'humidité ambiante au sein de l'arbre, limitant ainsi les zones de stagnation propices aux zoospores.
Protocoles de traitement et gestion des foyers infectieux
Concernant la lutte phytosanitaire, il est essentiel de souligner qu'il n'y a pas de lutte possible qu'elle soit biologique ou chimique, au sens d'une éradication totale une fois le champignon installé. On peut tenter dès les premiers symptômes des pulvérisations de bouillie bordelaise ou d’un fongicide à base de cuivre mais c’est sans grande garantie. Un arbre trop atteint doit être détruit.
Les traitements préventifs restent la méthode la plus fiable. Effectuer des traitements à base de Bouillie Bordelaise au mois de mars et au mois d’octobre est recommandé. Il faut se référer scrupuleusement à la notice du fabricant pour le dosage. De plus, effectuer régulièrement, pendant la période de végétation, des pulvérisations de décoction de prêle peut aider à renforcer les défenses naturelles de l'arbre.
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Considérations sur la sensibilité variétale et l'environnement
Toutes les espèces et variétés d’oliviers sont considérées comme des végétaux sensibles. La variabilité de la résistance dépend souvent de la vigueur de l'arbre et de son exposition. Dans les zones où l'hygrométrie est naturellement élevée, comme les vallées encaissées ou les zones littorales très humides, la pression de la maladie est constante. L'observation régulière du feuillage est le meilleur outil de diagnostic. Dès l'apparition des premiers cercles concentriques, une intervention rapide sur les parties les plus touchées peut permettre de limiter l'expansion du Cycloconium oleaginum avant qu'il ne bloque totalement la fonction chlorophyllienne.
L'impact physiologique sur l'arbre est cumulatif. Une défoliation répétée chaque année finit par affaiblir les réserves carbonées de l'olivier, réduisant ainsi la production de fleurs et, par extension, le rendement en huile. La gestion de l'œil de paon s'inscrit donc dans une stratégie globale de maintenance de la santé de l'oliveraie sur le long terme, où la prévention, l'observation et l'hygiène culturale priment sur toute volonté de traitement curatif intensif.