Les orchidées fascinent par leur diversité biologique et leur esthétique sculpturale. Parmi elles, le genre Cymbidium occupe une place de choix, tant par sa robustesse que par la générosité de sa floraison. Comprendre le fonctionnement de ces plantes, et notamment le rôle crucial de leurs pseudobulbes, est la clé pour réussir leur culture sur le long terme.

Les caractéristiques biologiques du genre Cymbidium
Le genre Cymbidium regroupe une centaine d’espèces originaires d'Asie (de l’Himalaya à la Chine, au Japon et en Indonésie) et d’Australie. Ces plantes présentent des modes de vie variés, étant épiphytes, lithophytes ou terrestres selon leur environnement naturel. En raison de cet habitat diversifié, nous diviserons schématiquement le genre Cymbidium en 4 grands groupes.
Le Cymbidium est une plante sympodiale, robuste, formée de pseudobulbes serrés surmontés de feuilles rubanées, longues et étroites. Les Cymbidium possèdent des racines longues et charnues. Facile à vivre, l’orchidée Cymbidium fait partie des orchidées les plus accessibles. Sa floraison hivernale en grappes colorées égaye la maison pendant des semaines, tandis que son feuillage vert et dense reste décoratif toute l’année.
Le premier hybride a été créé en 1889 par les pépinières britanniques Veitch, qui effectuent un croisement entre le Cymbidium eburneum et le Cymbidium lowianum. Depuis, des milliers de croisements ont été réalisés. On recense aujourd’hui une quarantaine d’espèces de Cymbidiums à l’état sauvage contre des milliers d’hybrides créés. Parmi les variétés les plus populaires, on retrouve le devoniarum, l’eburneum, le rubescens, le bicolor et le tracyanum.
Le rôle vital des pseudobulbes
Les pseudobulbes sont des parties renflées situées entre les racines et les feuilles. Ils sont l'organe de réserve de la plante. Leur fonction est d'être des réserves de nourriture et d'eau pour la plante. Ces orchidées se développent en formant des pseudobulbes successifs.
Il existe différents types de pseudobulbes :
- Ceux qui forment réellement un bulbe plus ou moins rond ou ovale : Odontoglossum, Oncidium, Cymbidium…
- Ceux en forme de cannes : Dendrobium, Cattleya…
Un pseudobulbe ne refleurit pas. Une fois défleuris, les anciens pseudobulbes servent de "garde-manger" aux nouveaux, qui seront en état de fleurir une fois qu'ils seront aussi gros et grands que les anciens. Le cycle de vie d'un pseudobulbe est le suivant : il grossit, fleurit, puis petit à petit va se flétrir et perdre ses feuilles à mesure que les nouveaux se développeront. Avant de tomber, les feuilles vont jaunir/noircir à partir de leurs pointes. C'est normal, il ne faut pas s'en inquiéter.
Lors du développement des nouveaux pseudobulbes, il faut bien veiller à ce qu'ils ne soient pas ombragés par la plante elle-même. Ne pas hésiter à orienter ou tourner le pot afin que les pousses reçoivent bien la lumière.

Exigences de culture et environnement
Les informations sur la culture ne doivent être utilisées qu’à titre indiscatif et doivent être adaptées à votre environnement. Les Cymbidium exigent une grande luminosité et s’accommodent très bien des rayons directs du soleil. La plante peut être installée devant une fenêtre ou une baie vitrée. En cas de faible luminosité, il est possible de l’exposer à une lumière artificielle.
La température est un facteur déterminant : de 0 à 35 °C selon les espèces. Durant la floraison, la température ambiante idéale est de 18 à 20 °C la journée contre 8 à 14 °C la nuit. L’une des particularités de cette orchidée est d’avoir besoin d’écarts de température entre le jour et la nuit pour induire sa floraison. Si vous disposez d’un espace extérieur, sortez le Cymbidium dans votre jardin ou sur votre terrasse entre mai et octobre, en privilégiant un séjour à mi-ombre.
Concernant l'arrosage, le Cymbidium aime l’eau, mais pas les racines qui trempent. L’arrosage doit être contrôlé : 1 fois par semaine au printemps contre 1 fois tous les 15 jours en hiver. Printemps-été, on compte environ 2 arrosages par semaine. Les Cymbidiums ont besoin de matière organique pour accompagner leur croissance rapide. Apportez de l’engrais liquide 1 fois tous les 2 arrosages, entre avril et octobre.
Substrat et rempotage
Le substrat idéal est composé d’écorces de pin + charbon de bois (autre que celui pour barbecue) + gravier ou gros morceaux de pierre de lave. La grande majorité des orchidées se cultive avec un substrat à base d’écorce de pin, souvent mélangé avec du polystyrène, mousse, billes d’argile, brins de sphaigne pour améliorer la rétention de l’humidité. Ne jamais utiliser de terreau pour les orchidées, à l’exception bien sûr des orchidées terrestres comme les Ludisia.

Le rempotage s'effectue tous les deux ou trois ans, entre mars et juin, après la floraison. Si le substrat semble manquer dans le pot ou si ce dernier n’arrive plus à contenir les racines, il est temps de rempoter. Au moment du rempotage, il est possible que les racines collent au pot de fleurs. Dans ce cas, découpez délicatement le pot en plastique avec des ciseaux désinfectés. Puis rempotez votre plante dans un pot un peu plus grand de quelques centimètres.
Il conviendra de supprimer les feuilles sèches, racines mortes et éventuellement un ou deux des plus anciens pseudobulbes qui ont naturellement perdu leurs feuilles. Si on se retrouve avec de grosses potées, il est possible de diviser, mais il faut toujours conserver au moins 3 pseudobulbes à la fois. Après le rempotage, il est conseillé pendant le mois qui suit de brumiser la surface du pot tous les jours, jusqu’à ce que de nouvelles racines apparaissent.
Gestion de la floraison et diagnostic des problèmes
La floraison peut durer plusieurs semaines, puis s’interrompt : c’est normal. Une fois défleurie, on coupe la hampe à la base. Pas de question à se poser, les hampes ne refleuriront pas sur les Cymbidium.
Parmi les problèmes rencontrés, on note :
- Pseudobulbes jeunes, n'ayant jamais fleuri, tout flétris : manque d'eau !
- Pseudobulbes et/ou feuilles jeunes, n'ayant jamais fleuri, jaunissement ou noircissement partant de la base et devenant mous : trop d'eau ! Attention à la pourriture : toujours bien égoutter les pots après bassinage et ne pas laisser d'eau dans les soucoupes.
- Un coup de froid sur la plante qui n'est pas sèche a les mêmes conséquences néfastes.
L'orchidée Cymbidium est résistante aux maladies. Ce sont plutôt les excès d’arrosage qui causent souvent des problèmes en faisant pourrir les racines. Restez attentif aux besoins en eau de votre plante et ne laissez jamais d’eau stagnante dans la coupelle ou le cache-pot. À l’instar de l’orchidée Phalaenopsis, le Cymbidium craint quelques parasites comme les cochenilles farineuses et les pucerons. Le meilleur moyen pour vous en débarrasser de manière naturelle sera de doucher votre plante. Vous pourrez ensuite vaporiser de l’huile de colza sur le feuillage.
🌸 Comment diviser et rempoter une orchidée Cymbidium ?
En respectant ces cycles naturels et en adaptant les apports en eau et en lumière selon les saisons, l'orchidée Cymbidium peut refleurir en intérieur durant plusieurs années. Cette plante, autrefois considérée comme un "scandale du monde" en raison de sa forme atypique, est aujourd'hui une alliée de choix pour une décoration végétale durable et spectaculaire.