Le Compostage et le Tri des Déchets Ménagers : Un Pas Essentiel vers une Gestion Durable

illustration déchets organiques et recyclables

Vous êtes prêt à vous lancer dans l’aventure du compostage domestique et du tri de vos déchets ménagers ? C’est une excellente idée ! Face à l’accroissement constant du poids de nos déchets ménagers, le compostage et le tri à la source des biodéchets s'imposent comme des solutions incontournables. En effet, selon l'ADEME, les déchets organiques représentent 40 à 60% de nos ordures ménagères, et les déchets alimentaires représentent environ un quart du poids total de notre poubelle. Le recyclage des déchets et leur transformation en compost représentent une ressource encore largement sous-exploitée. Mais comment s’y prendre pour trier ses déchets ménagers et réaliser son propre compost maison ? Cet article vous guidera à travers les étapes essentielles et les nombreux avantages de ces pratiques.

Comprendre le Tri des Déchets Ménagers

Le tri des déchets, c’est un peu la base de toute démarche écologique. Il faut savoir dans quelle catégorie de déchets chaque objet doit être jeté.

Les Avantages du Tri des Déchets

Tout d’abord, le tri des déchets permet de réduire le volume de ses poubelles. On réduit d’autant tout ce qui va dans les décharges et les incinérateurs. Ensuite, le tri des déchets permet de récupérer des matériaux qui peuvent être utilisés pour fabriquer de nouvelles choses. Et pour finir, le tri des déchets peut vous faire économiser de l’argent ! En effet, certains produits recyclables peuvent être vendus ou échangés contre des bons d’achat ou des récompenses. Certaines municipalités ont décidé de faire payer le ramassage des ordures ménagères au poids.

infographie avantages tri des déchets

Les Catégories de Déchets à Trier

Pour expliquer simplement, les poubelles de tri sont des contenants spécifiques destinés à chaque type de déchets. Il est important de vous renseigner sur les règles de tri en vigueur dans votre commune et sur les types de poubelles à votre disposition. Voici les principales catégories :

  • Les déchets organiques (ou biodéchets) : il s’agit des déchets qui proviennent de la nourriture (épluchures de légumes, coquilles d’œufs, restes de repas, marc de café, etc.) ou de votre jardin (tontes de gazon, feuilles mortes, brindilles, etc.). La plupart des déchets organiques peuvent être également compostés. Dans la nature, les déchets organiques, entièrement biodégradables et compostables, ne sont pas des déchets : en se décomposant, les feuilles mortes en forêt deviennent de l’humus pour nourrir le sol. À la base même du cycle naturel, nos biodéchets peuvent être transformés en fertilisant naturel renouvelable.
  • Les déchets recyclables : il s’agit des déchets qui peuvent être transformés en matière première pour la fabrication de nouveaux produits. Cela inclut souvent le verre, le plastique, les métaux, le papier et le carton.
  • Les déchets dangereux : il s’agit des déchets qui peuvent être nocifs pour l’environnement ou pour la santé humaine. Ils nécessitent une collecte et un traitement spécifiques (piles, solvants, médicaments, etc.).
  • Les produits synthétiques non biodégradables : verre, plastique, métaux, tissus synthétiques, etc.

Le Contexte Actuel des Biodéchets

À l’heure actuelle, les biodéchets restent très souvent mélangés aux déchets résiduels non triés. En France, la poubelle résiduelle des ménages (tout-venant) contient ainsi un tiers de biodéchets, soit 83 kg / an / habitant·e. En mélange avec les ordures ménagères résiduelles, les biodéchets sont alors envoyés en incinération ou mis en décharge. Au total, 5,5 millions de tonnes de biodéchets finissent chaque année incinérés ou enfouis au lieu d’être compostés et valorisés.

schéma cycle biodéchets

Incinérer des biodéchets est une aberration. Les biodéchets étant majoritairement composés d’eau, leur incinération consomme plus d’énergie qu’elle n’en produit. De plus, l’incinération contribue au changement climatique : pour chaque tonne de déchets incinérée, au moins une tonne de CO2 est émise. Mettre en décharge des biodéchets est extrêmement polluant. Lorsqu’ils sont enfouis, les biodéchets fermentent dans les fosses où leur décomposition ne s’effectue pas dans de bonnes conditions et conduit à d’importantes émissions de méthane, un gaz au pouvoir de réchauffement global entre 25 et 30 fois supérieur à celui du CO2.

Le Compostage Domestique : Un Atout pour l'Environnement et le Portefeuille

Le compostage est un procédé de fermentation et de transformation des déchets organiques grâce à la présence d’oxygène. Il permet l’obtention d’une matière fertilisante stabilisée et riche en humus : le compost. Reprenant une vieille habitude rurale, le « compost » au fond du jardin est un procédé de dégradation biologique de matières organiques. Autonomes, ces micro-organismes ont seulement besoin d’eau et d’air pour agir.

Compost ► On reprend les bases pour avoir le plus beau compost

Les Bonnes Raisons de Composter

Les bonnes raisons de faire du compostage sont nombreuses. C’est gratuit et ça fait faire des économies ! Vous donnez une seconde vie à vos déchets et vous produisez votre propre engrais. Donc pas besoin d’en acheter, qui plus est chimique. Vous pouvez avoir une subvention pour acquérir votre composteur maison. Cela réduit notre impact carbone : moins de poubelles donc moins de pollution liée au transport de nos déchets. Moins de déchets dans nos décharges et donc moins de production de méthane. Prendre soin de ses plantes avec le compost. C’est une pratique accessible facilement au plus grand nombre : tout le monde a à sa disposition des solutions adaptées pour faire du compostage chez soi. Le compostage domestique est facile à partir du moment où on a les bonnes informations. Il y a quelques règles simples à respecter.

Choisir son Système de Compostage

Choisir un composteur est la première étape importante pour passer à l’action et pour vous permettre de produire votre tout premier compost maison. Il existe des composteurs pour tous types de logement : les composteurs de jardin, les composteurs de balcon ou encore les composteurs d'appartement.

  • Le lombricompostage pour les balcons ou appartements : cette technique consiste à composter les déchets dans des bacs grâce à des lombrics.
  • Le compostage en tas pour les grands jardins : il s’agit de regrouper les déchets organiques à même le sol dans un endroit à l’abri du vent et à l’ombre.
  • Le bac à compost pour les plus petits espaces : cette pratique nécessite l’utilisation d’un composteur, appelé aussi bac à compost ou à silo. L’avantage est que le bac protège des aléas climatiques et des animaux et qu’il n’encombre pas trop.
  • Composteur maison : il suffit de se procurer quatre palettes en bois non traité, de les placer debout en carré et de les relier les unes aux autres avec du fil de fer.

Certaines collectivités distribuent des composteurs individuels ou des seaux à biodéchets.

Quels Déchets Composter ?

En récupérant certains déchets de cuisine et en les mélangeant à tes déchets de jardin, tu peux fabriquer ton propre compost qui servira d’engrais pour ton jardin. Tu vas ainsi réduire le poids de ta poubelle et éviter que ces déchets soient incinérés ! Les déchets de cuisine et les déchets de jardin sont composés de matière organique biodégradable.

  • Les déchets de cuisine : épluchures, légumes et fruits abîmés (crus ou cuits), coquilles d’œuf ou d’huître broyées en poudre, thé, marc de café. À composter en respectant les consignes indiquées sur le composteur : os et restes de viande, arrêtes et peaux de poisson, fruits de mer, coquillages et coquilles d'œuf, coques et noyaux de fruits. Vous pouvez les broyer au préalable pour faciliter le compostage. En cas de quantités importantes, en mettre seulement une partie dans le compost. En petites quantités, les coquilles d’huîtres peuvent être ajoutées au compost, de préférence broyées pour faciliter leur dégradation.
  • Les déchets de jardin : mauvaises herbes sans graines, petites branches, brindilles, paille, feuilles mortes, fleurs et plantes fanées, litières de rongeurs herbivores (lapin, hamster). Et en petite quantité : tontes de gazon, tailles de haie. Si vous avez une grosse quantité de tonte de gazon, ne la mettez pas en une fois dans votre composteur.

Vous remplissez votre composteur avec : 50% de déchets humides (fruits et légumes abîmés, épluchures, thé, café, tontes de gazon…) pour fournir de l’eau et de la nourriture aux micro-organismes. 50 % de déchets secs (carton, feuilles mortes, paille, branchettes et brindilles, serviettes en papier …) pour aérer le compost.

Les Règles d'Or du Compostage

Le compostage domestique est facile à partir du moment où on a les bonnes informations. Il y a quelques règles simples à respecter :

  • Varier les déchets : Il faut bien mélanger les déchets entre eux. Associez, aux déchets ménagers, des branches, feuilles mortes ou tout autre verdure. Variez les déchets de façon à mélanger les déchets humides et secs.
  • Brasser régulièrement : Brasser régulièrement pour améliorer l’aération de votre compost. Tu mélanges ensuite régulièrement les déchets pour faire circuler l’air, sinon les micro-organismes sont asphyxiés.
  • Humidité : Autonomes, ces micro-organismes ont seulement besoin d’eau et d’air pour agir.

Quand le Compost est Prêt ?

On reconnaît un compost mûr lorsque les déchets ne sont plus reconnaissables et les vers rouges peu nombreux. Un compost mûr est sans odeur, de couleur foncée et grumeleux. Ce résultat s’obtient au bout d’une durée de 6 mois environ. Lorsque le compost est prêt, il devient un amendement parfait pour le jardin et le potager. Les périodes les plus propices à l’utiliser du compost sont l’automne et le printemps car c’est quand les vers sont le plus actifs, mais il est tout à fait possible d’en utiliser tout au long de l’année.

Comment Utiliser le Compost ?

Composter ses déchets permet de produire son propre amendement et nourrir son jardin. Le compost est un élément essentiel à la fertilité d’un sol.

  • En paillage : au pied des arbres et arbustes. Couvrir le sol avec un compost le protège de l’érosion et garde l’humidité.
  • En amendement organique : dans les pots ou jardinières. Dans le potager. Peu importe ! Si vous disposez d'un jardin ou d'un jardin partagé à proximité, le compost est un fertilisant, il contribue notamment à maintenir la bonne santé du sol.

La Généralisation du Tri à la Source des Biodéchets

Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets (déchets alimentaires et déchets verts) est généralisé. Cela signifie que citoyen·nes et professionnel·les doivent ainsi pouvoir séparer leurs déchets organiques du reste des ordures ménagères.

Le Rôle des Citoyens et des Collectivités

Pour ce qui est des citoyen·nes, ils et elles sont libres de mettre en place une solution dans leur foyer (composteur, lombricomposteur), mais la loi ne les y oblige pas. Les collectivités sont en première ligne pour permettre la généralisation du tri à la source des biodéchets au 1er janvier 2024. C’est en effet à elles de proposer à leurs habitant·es des solutions adaptées aux différentes typologies d’habitat, et dimensionnées au nombre et à la densité de population. L’État, de son côté, doit lui aussi endosser pleinement son rôle, en accompagnant concrètement les collectivités dans ce déploiement via des soutiens financiers d’ampleur.

La Gestion des Biodéchets des Professionnels

Au 31 décembre 2023, l’obligation concerne l’ensemble des professionnel·les produisant des biodéchets. Ils et elles peuvent faire appel à des prestataires privés, ou gérer directement sur site leurs biodéchets, voire demander à leur collectivité si elle a pris des dispositions pour les biodéchets des professionnel·les - sachant que la collectivité n’y est pas obligée, mais peut proposer des solutions aux petits producteurs de biodéchets dans le cadre du service public de gestion des déchets.

Valorisation des Biodéchets : Compostage Industriel et Méthanisation

Les biodéchets collectés par la collectivité sont envoyés en compostage industriel ou dans des méthaniseurs.

Compostage Industriel

Le compostage consiste en une dégradation des matières organiques, à travers une montée en température. Il est dit “industriel” lorsque le site de compostage traite plusieurs tonnes de biodéchets par an, par opposition au compostage de proximité, mais le processus reste le même. Ce processus permet d’aboutir à un compost riche en azote et en carbone, qui constitue un très bon amendement pour les sols. Le compost stabilisé sur une plateforme de compostage industriel peut ainsi retourner au sol agricole, dans le respect des normes applicables, et réduira la dépendance des agriculteurs aux engrais chimiques. Dans certaines collectivités, une partie du compost produit est parfois aussi donnée ou vendue aux habitants du territoire qui en font la demande.

schéma fonctionnement compostage industriel

Méthanisation

La méthanisation est une technique de dégradation des matières organiques, en milieu anaérobie, c’est-à-dire sans oxygène, contrairement au compostage. Elle produit à la fois un biogaz, principalement composé d’un mélange de méthane et de C02, et du digestat, produit humide et stabilisé, qui peut être déposé sur les sols, mais ne contient pas tous les nutriments du compost, puisqu’on en a notamment extrait le méthane. Le digestat est parfois lui-même composté pour un retour au sol de meilleure qualité. La méthanisation permet de valoriser certains déchets organiques qui ne peuvent pas l’être autrement, comme les déchets de l’industrie agro-alimentaire ou les huiles usagées. Le biogaz peut être injecté dans les réseaux de gaz et ainsi se substituer au gaz fossile ou servir à produire de l'électricité (injectée dans le réseau électrique) ou servir de carburant pour des véhicules. Suite à la production du biogaz, un résidu (appelé digestat) reste disponible pour les agriculteurs.

schéma fonctionnement méthanisation

Au niveau local, l’arbitrage entre ces deux solutions dépend des spécificités du territoire, notamment la proximité de réseaux de gaz auxquels se raccorder, ainsi que des déchets organiques produits localement par l’agro-industrie. Zero Waste France recommande de privilégier les méthodes permettant de massifier le traitement des biodéchets à l’échelle la plus locale possible.

Au-delà du Compostage : Lutter contre le Gaspillage Alimentaire

Le poids du gaspillage alimentaire est considérable. Au total, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont gaspillées chaque année en France selon l’Ademe. Outre le gaspillage de ressources naturelles qu’il constitue, le gaspillage alimentaire émet à l’échelle mondiale autant de gaz à effet de serre qu’un pays dont le niveau d’activité se situerait en troisième position mondiale, juste après celui de la Chine et des USA, notamment en raison de l’énergie nécessaire à la production, la transformation ou encore le transport des marchandises périssables.

Le gaspillage alimentaire a lieu à tous les stades de la chaîne de production alimentaire. Il est très visible dans les poubelles des ménages, mais contrairement aux idées reçues, l’essentiel du gaspillage se fait en amont de l’assiette. La lutte contre le gaspillage alimentaire est avant tout un problème lié à l’amont et au système de production alimentaire, fondé sur une offre constante et surabondante.

Depuis 2016, des mesures nationales ont été votées pour lutter contre le gaspillage alimentaire en bout de chaîne, avec notamment l’interdiction de détruire les invendus. Zero Waste France interroge ainsi les limites de ces mesures, qui ne touchent pas au système de production alimentaire global, premier responsable du gaspillage alimentaire. L’association demande à l’État d’engager une évaluation des actions menées en vue d’atteindre en 2025 les objectifs de réduction de 50% du gaspillage alimentaire votés dans la loi AGEC. Il est essentiel d’amplifier les efforts à tous les niveaux de la chaîne de production alimentaire. Conservez vos restes dans des boîtes hermétiques pour les manger le lendemain.

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Réduire les Déchets Verts à la Source

En 2013, les déchets verts (ou déchets de jardin) produits par les ménages et par les collectivités représentaient 7 millions de tonnes, soit un peu plus de 105 kg par an et par habitant·e selon l’Ademe. En majorité déjà triés à la source via des collectes en porte à porte ou des apports en déchèterie, les déchets verts retournent en grande partie au sol.

L’enjeu pour les collectivités est à la fois de capter ces déchets verts restants, et de réduire la production de ces déchets verts à la source : composés à 60% de tonte de pelouse (une estimation du Réseau Compost Citoyen), ils pourraient directement et simplement nourrir les sols dans les jardins des particuliers. Il en est de même pour les tailles de haies ou de branchages, qui peuvent retourner au sol directement dans les jardins sous forme de broyat dans un compost domestique, ou en tant que paillage. Comme le souligne le Réseau Compost Citoyen, réutiliser les déchets verts au jardin permet de diminuer les arrosages, d’éviter les allers-retours à la déchèterie, et de limiter l’emploi d’engrais et herbicides. De plus en plus de collectivités sensibilisent et forment leurs habitant·es à la gestion de proximité de ces déchets verts, ou proposent des outils (prêt ou location de broyeurs…) pour permettre cette gestion directement chez soi.

Pour aller plus loin dans votre réflexion nous vous conseillons le site de référence les-composteurs.fr. Vous y trouverez tous les derniers conseils ainsi que des guides pas à pas et des critiques sur les meilleurs modèles du marché. Toutes les informations utiles pour les débutants et les expérimentés sont disponibles et documentées.

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