L'entretien d'un espace vert, qu'il s'agisse d'une pelouse, d'un potager ou de massifs ornementaux, demande une compréhension fine des besoins physiologiques des végétaux. Avec le réchauffement climatique, les périodes de canicule et les restrictions d'eau deviennent des réalités récurrentes. Il est donc indispensable d'adopter des stratégies d'arrosage réfléchies pour préserver la santé de vos plantations tout en optimisant cette ressource précieuse.

Les fondamentaux de l'hydratation végétale
En été, la chaleur peut vite devenir suffocante. Tous en souffrent, même la végétation. Celle-ci a également besoin d’être hydratée. Si vous voulez conserver vos massifs ou vos potagers en bonne santé, il est indispensable de les arroser, précisément en été. Vous ne savez pas comment vous y prendre ? Effectivement, penser qu’il faut arroser ses plantes uniquement durant la période des grosses chaleurs est une erreur. Souvenez-vous qu’il faut arroser votre potager et vos plantes lorsqu’il ne pleut pas. Un arrosage est donc recommandé, même au printemps.
Le moment de l’arrosage dépend aussi du type de végétal que vous avez dans votre jardin. Les plantes vertes et les massifs, par exemple, sont à arroser le soir ou le matin. Lorsque l’on possède un jardin ou un potager, il est important de connaître le besoin en eau de chaque espèce. Il peut s’agir de plantes exigeant beaucoup d’eau ou de plantes dites « sèches ». Du côté des légumes, il existe aussi quelques préférences. Vous plantez des légumes avec une surface foliaire particulièrement développée (salades, courges, aubergines, etc.) ? Ceux-ci ont besoin de beaucoup d’eau.
Le piège de l'eau trop froide : un choc thermique à éviter
Il ne viendrait à personne de verser de l’eau bouillante dans son potager. Mais, ce que l’on sait moins, c’est que l’eau très froide peut, elle aussi, créer un stress chez vos plantes. L’eau excessivement froide pompée depuis un puits, un forage ou une citerne non tempérée, crée un choc thermique pour les tissus de la plante, aggravant le stress hydrique déjà vécu par la plante. Les racines les plus fines peuvent ne pas y résister. La plante doit dépenser de l’énergie pour les reconstituer et offre moins de rendement.
Certaines plantes (tomates, aubergines, piments…) y sont très sensibles. Leurs racines sont particulièrement sensibles aux températures extrêmes. L’eau froide peut ralentir et même arrêter leur croissance, affaiblissant ainsi votre plante et la rendant plus vulnérable aux maladies. De plus, l’eau froide nuit à la décomposition des nutriments organiques dans le sol, ce qui réduit la quantité d’éléments nutritifs pour vos plantes. Le bon réflexe consiste à laisser tiédir l’eau dans un bac de réserve exposé au soleil avant toute irrigation.
Stratégies d'arrosage pour le gazon
Avec des thermostats affichant plus de 35 degrés, la chaleur continue de s’installer chaque été en France. Restriction d’arrosage à part, une pelouse « installée », depuis plusieurs années, ne nécessite pas un arrosage régulier. Ses racines sont profondément ancrées dans le sol et permettent au gazon de résister à de fortes rayons du soleil. La pelouse va jaunir, mais va reverdir dès que les températures baissent.
Une pelouse a un métabolisme intelligent. Pour résister à la chaleur, ce dernier ralentit et son système de transpiration s’arrête. Arroser son gazon n’a donc aucun intérêt vu que l’eau ne sera pas absorbée. Si la pelouse est « jeune », donc fraîchement plantée, il est impératif de l’arroser régulièrement. Très sensible au manque d’eau, elle ne survivra pas sans un arrosage régulier. Si l’on souhaite conserver sa « jeune » pelouse ou conserver une pelouse verte même en été, nous vous conseillons de l’arroser régulièrement, mais uniquement lorsque la terre en surface est sèche.
Une fois les épisodes de forte chaleur passés, votre jardin aura changé. En effet, la pelouse aura changé de couleur, passant du vert au jaunâtre avec certainement quelques mauvaises herbes. La bonne nouvelle : votre pelouse n’est pas morte, mais simplement en état de dormance. Cet état est un très bon moyen pour le gazon de survivre à la chaleur. Dans ce cas, une fois que la période de canicule aura cessé, il faudra arroser la pelouse brûlée matin et soir avec une pluie fine.
Erreurs classiques à éviter lors de l'irrigation
Découvrez les erreurs classiques à éviter afin d’adopter les bons réflexes et d’utiliser moins d’eau :
- Arroser trop tard dans la journée : Arroser en pleine chaleur, soit sur les coups de midi ou dans l’après-midi, n’est vraiment pas une bonne idée. Du fait de la forte chaleur, l’évaporation est au plus haut et une grosse partie de l’eau s’évapore avant même de toucher le sol. Chez les feuilles couvertes de poils en particulier, on observe un effet loupe qui entraîne des brûlures du feuillage.
- Arroser le soir tard : Arroser trop tard le soir n’est pas non plus recommandé : l’eau stagne toute la nuit et attire des limaces et des escargots qui font des ravages. Les maladies fongiques (mildiou, oïdium…) sont aussi favorisées.
- Arroser par le haut : L’arrosage par aspersion est déconseillé pour l’arrosage du potager, des massifs ou du verger car l’humidité persiste sur le feuillage favorisant la propagation des champignons. Le bon réflexe consiste à arroser directement au pied des plantes ou de faire passer un tuyau goutte-à-goutte.
- Arroser en petites quantités superficielles : Des arrosages courts et fréquents ne servent à rien car l’eau ne pénètre pas suffisamment dans le sol. La plante développe des racines superficielles plus exposées au réchauffement du sol et à la sécheresse, qui meurent rapidement. Essayez d’humidifier le sol entre 10 et 30 cm de profondeur.
Comment installer un arrosage goutte à goutte ?
Optimisation de la gestion de l'eau et entretien du sol
Le binage régulier des sols permet de casser la croûte à la surface de la terre et donc à l’eau de mieux s’infiltrer. Un geste facile à réaliser avec une binette ou une serfouette à manche long pour épargner son dos ! Le paillage, installé en couche épaisse, maintient la fraîcheur au pied. Préférez les paillis végétaux aux paillis minéraux, ces derniers conservant la chaleur. Un sol nu absorbe un maximum de chaleur qui entraîne l’évaporation presque totale de l’eau du sol. Les racines absorbantes et les organismes du sol surchauffent et meurent.
Entretien de Jardin vous conseille de ne pas tondre votre pelouse durant une forte chaleur. En effet, même si ce geste améliore l’esthétique de votre jardin, il ne protège pas votre gazon des températures et de la sécheresse. Autrement dit, une pelouse qui est trop courte ne peut pas se protéger. Il est recommandé de laisser une hauteur de 8 à 9 cm, cela préservera votre pelouse de la chaleur et l’évaporation de l’eau sera moins importante.
L'importance de l'adaptation au climat
Avec les changements climatiques, il est plus que probable que les périodes caniculaires soient de plus en plus fréquentes. Ainsi, il est essentiel d’avoir les bons gestes envers nos plantes et nos jardins pour mieux prévenir ces épisodes. La récupération de l’eau de pluie paraît un incontournable. Du système aérien au système enterré en passant par les récupérateurs souples, de nombreuses solutions sont possibles à choisir en fonction de vos besoins en eau, de votre capacité de récupération et de votre budget.

Le choix des plantes ornementales et potagères qui viendront orner le jardin du futur est réellement en question. Tournez-vous vers des végétaux moins gourmands en eau qu’ils s’agissent de vivaces ou d’arbustes, de légumes ou de fleurs. Choisissez des variétés adaptées de gazon ou mieux encore préférez des couvre-sols xérophytes et des prairies fleuries à une pelouse classique. Enfin, l’acceptation fera partie de la gestion de la canicule. Nous avons vu quand et comment arroser. Mais alors qu’il est recommandé de favoriser les plantes résistantes à la chaleur et à la sécheresse, vous devez également faire des choix surtout lors de restriction d’eau. Vous privilégierez alors les vivaces au détriment des annuelles, éphémères par essence. Le nourricier par rapport à l’ornemental. Vous apporterez autant d’attention que possible à votre jardin tout en vous pliant aux restrictions d’eau et aux assauts de Dame Nature.