Le paillage est une technique incontournable pour tout jardinier souhaitant optimiser la santé et la productivité de son potager. En plus d’être simple à mettre en œuvre, il présente de nombreux avantages pour le sol et les plantes. Le paillage réduit l’évaporation de l’eau, ce qui permet de conserver l’humidité du sol. En couvrant le sol, le paillage empêche la lumière d’atteindre les graines de mauvaises herbes, réduisant ainsi leur germination et leur croissance. Le paillage agit comme une couche isolante, protégeant les racines des plantes contre les variations extrêmes de température. En se décomposant, les matériaux utilisés pour le paillage enrichissent le sol en matière organique, améliorant ainsi sa structure et sa fertilité.

Les bénéfices insoupçonnés de la vie du sol sous le paillis
Les vers de terre, les collemboles et les acariens de sol, essentiels à la décomposition de la matière organique et à l’aération du sol, prospèrent sous le paillis. Ils contribuent à une meilleure santé du sol, le structurant et le rendant plus fertile. Le paillage aide à maintenir la structure du sol en place, empêchant l’érosion causée par le vent et la pluie. Les carabes, par exemple, sont de féroces prédateurs des limaces et d’autres insectes nuisibles. Un paillage organique, varié et équilibré, nourrit le sol sur lequel il est installé. En se décomposant grâce aux bactéries et autres organismes vivants du sol, il devient une source nutritive qui apporte force et saveur aux légumes.
Diversité des matériaux : du paillis de jardin aux fanes de pois
Pour améliorer la structure du sol, il est essentiel de diversifier les sources de paillage : vert (comme les tontes de gazon et les épluchures) et brun (telle que la paille). Parmi les options, citons :
- Foin et paille : pour conserver l’humidité et enrichir le sol en se décomposant.
- Copeaux de bois : pour les zones pérennes comme les parterres de fraises ou les arbustes.
- Écorces de pin : pour les zones nécessitant un paillage durable. Attention ! il peut accentuer l’acidité du sol et sa décomposition est lente.
- Les fanes de pois : au vu des années passées où le fourrage manquait, toute opportunité mérite d’être étudiée. Certains éleveurs les récoltent en foin ou en enrubannage pour en faire un fourrage d’appoint. Dans le potager, ces résidus peuvent également servir de paillis, bien qu'il faille veiller à la propreté (gare à la terre !).

La gestion technique du paillage au quotidien
Le paillage de surface consiste à étaler une couche de matériau de paillage sur le sol autour des plantes. Cette technique implique de couvrir l’ensemble du potager avec du paillage, y compris les allées. Le paillage en lasagnes consiste à alterner des couches de matériaux organiques et de compost directement sur le sol. Avant de semer ou d’installer de jeunes plants, on commence par désherber et ameublir le sol avec une grelinette ou une binette. Ensuite, on installe une couche de compost mûr. Le paillage protège le sol même en l’absence de cultures.
Pour éviter les maladies liées à l'humidité, évitez les éclaboussures en utilisant des oyas ou des bouteilles coupées et retournées en forme d’entonnoirs pour arroser directement au pied des plants sans retirer le paillis. Certaines cultures, comme l’ail, l’oignon et l’échalote n’apprécient pas l’humidité excessive que peut retenir le paillis et risquent de pourrir. Gestion du paillis : on évite un paillis trop épais qui pourrait trop bien abriter les ravageurs.
L'intégration des fanes de pois dans une logique agricole
Récoltés dans le courant de l’été, les pois de conserve laissent derrière eux une quantité plus ou moins importante de fanes. D’autres récoltent également la paille des pois protéagineux. Le rendement oscille entre 1 et 3 t MS/ha. À la récolte, elles se vendent aux alentours de 50 €/t. Ce matin, on andaine les fanes de pois plus ou moins vertes pour garder les feuilles. Cela constitue un fourrage plutôt moyen (entre de la paille et du foin) que l’éleveur peut distribuer. Pour l'agriculteur François Deschère, le pois est une culture qui pousse en 5 mois, il faut veiller à la mettre dans les meilleures conditions. Le pois présente l’avantage d’être un très bon précédent pour les céréales, permettant d'économiser entre 30 et 40 unités d’azote/ha sur le blé suivant.
3 Ploeger à la récolte des pois | Wullen BV
Comparatif des matériaux pour le jardinier avisé
Pour figurer dans une sélection de paillis, chaque matériau doit cocher plusieurs cases : économies d’eau mesurables, réduction des adventices et protection de la vie du sol.
- Paille et foin : l’incontournable économique, idéal pour les cultures gourmandes.
- BRF (bois raméal fragmenté) : nutritif et durable, idéal pour les vivaces. Attention à la « faim d’azote » si le bois est trop frais.
- Tontes de gazon séchées : rapide et disponible, mais à poser en couches fines.
- Chanvre : propre, stable, très couvrant, idéal pour les zones proches de la maison.
- Miscanthus : longévité et propreté exemplaires, idéal pour les aromatiques.
- Feuilles mortes : ressource gratuite et fertile en automne.
Les risques à anticiper : faim d’azote et ravageurs
Tous les petits organismes décomposeurs consomment le carbone et l’azote présents dans les matières consommées. La paille est une matière sèche riche en carbone. Son rapport C/N est élevé (entre 50 et 150). Au-dessus d’un C/N de 20, la décomposition ralentit car l’azote n’est pas en quantité suffisante. Cette richesse en carbone implique qu’il va falloir apporter de l’azote pour aider les organismes à décomposer la paille. Sinon, c’est dans le sol qu’ils iront le chercher. C’est peu problématique en automne, mais beaucoup plus au printemps.

Stratégies pour le potager productif et durable
Pour limiter l’invasion de limaces à venir, on peut dépailler dès les premières journées sèches du printemps et gratouiller la terre en surface. Les œufs de limaces se retrouvent à nu et se dessèchent en partie. Il est plus simple de dépailler pour semer ou planter de jeunes plantules. La paille utilisée en paillage offre de multiples avantages pour notre sol potager, jouant tout autant un rôle protecteur qu’esthétique. Elle sert aussi de base pour faire pousser certaines cultures, comme la pomme de terre, en la posant directement sur un sol ameubli. En fin de compte, choisir un bon paillis, c’est déjà gagner la moitié de la bataille contre la sécheresse. Le reste tient dans la régularité et l’observation attentive de ce qui se passe au pied de vos plantes.