La terre nue est un état anormal dans la nature. Dans une démarche de jardinage naturel, le jardinier a recours au paillage, aussi appelé mulch ou mulching. Cette technique consiste à recouvrir le sol de matériaux organiques, minéraux ou plastiques dans le but de le nourrir et de le protéger. Ces matériaux sont généralement déposés au pied des plantes dans les massifs. Le paillage d'une haie arbustive naturelle fait partie des méthodes indispensables à mettre en place pour des plantations saines et robustes. Le mulching d'une haie vive peut se faire de diverses manières, et la paille, matière organique fréquemment utilisée, offre de multiples avantages pour le sol.

Les multiples bénéfices du paillage
Le paillage offre de nombreux avantages pour les plantations et la santé du sol. Il est une pratique essentielle pour modifier l'effet du climat local sur le sol, réguler sa température et créer des conditions optimales pour la croissance des végétaux.
Limitation des arrosages
Sur un sol nu, le phénomène d'évaporation est trois fois plus important que sur un sol forestier. Le paillage permet d'absorber l'eau et de maintenir l'humidité du sol, réduisant ainsi considérablement les besoins en arrosage. Le phénomène de transpiration de la plante, deuxième perte d'eau importante, est également accru en été lorsque les températures augmentent. En faisant écran aux pertes d’eau, le paillage réduit donc la fréquence des arrosages. L'eau s'évapore moins grâce au paillis, cette couche de matériau maintient l'humidité de votre sol et protège votre jardin et potager de la déshydratation accélérée par le vent et le soleil.
Prévention des herbes indésirables
Le paillage empêche la lumière d'atteindre la surface du sol, ce qui ne permet pas aux plantes adventices, communément appelées mauvaises herbes, de germer et de se développer. Une couverture suffisamment épaisse limite la lumière au niveau du sol, ce qui a pour résultat que beaucoup d'adventices lèvent moins, et celles qui parviennent à pousser s'arrachent plus facilement, surtout après une pluie. Cette méthode permet d'éviter le désherbage chimique.
Protection contre la battance du sol
Le paillage protège le sol des aléas climatiques et évite ainsi le phénomène de battance, qui est le tassement de la terre sous l'action de la pluie, particulièrement prononcé dans les sols argileux. On évite ainsi la formation d'une croûte imperméable en surface qui empêcherait l'eau des prochaines pluies ou arrosages de s'infiltrer.
Création d'un habitat pour la faune utile
Les matériaux utilisés pour le paillage servent de refuge pour les insectes utiles, souvent attirés par le nectar des fleurs, pendant l'hiver. Un paillis constitue un abri très appréciable pour toute une petite faune du jardin, favorisant la biodiversité.
Amélioration de la structure du sol
En utilisant un paillage organique qui finira par se décomposer en humus, on enrichit le complexe argilo-humique du sol et on en augmente la fertilité. La paille, bien que très carbonée, joue un rôle d'amélioration de la structure du sol sur le long terme. Sur un sol compact, dur, mal texturé de trop d'argile, il est conseillé d'incorporer légèrement le paillage mécaniquement. On peut au passage rajouter des composts plus ou moins grossiers pour relancer plus encore la fertilité physique, biologique et chimique.
Maintien de la propreté des récoltes
Le paillage permet de ne pas laisser les plantations en contact direct avec le sol, évitant ainsi les éclaboussures et gardant les récoltes propres. Cela est particulièrement utile pour les légumes qui reposent sur le sol comme les courges, concombres, melons et fraises.
Amélioration de la croissance et de la santé des végétaux
Le paillage permet d'atténuer les stress ressentis par les plantes. On agit ainsi de façon préventive pour éviter tout trouble de croissance ou sensibilité aux attaques parasitaires. De plus, l'eau transporte les champignons qui se trouvent sur le sol et qui peuvent être néfastes pour les cultures. Le paillage permet d'éviter qu'ils ne soient disséminés sur les plantations.
Stimulation de la vie microbienne du sol
La surface du sol est sujette à des changements réguliers de températures, d'humidité et de concentration en composés organiques. Il est important de conserver ces facteurs les plus constants possible et propices au développement des micro-organismes. En effet, ce sont eux qui rendront les éléments nutritifs, issus des engrais et amendements, disponibles par leur travail de digestion, un processus appelé minéralisation.
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Où et comment pailler
Le paillage peut être appliqué partout dans le jardin : au potager, au verger, au pied des jeunes haies et des jeunes arbres et arbustes, dans les massifs de plantes vivaces et annuelles, ainsi que pour les plantes en pot et les jardinières. Pour une haie, le paillage est une étape finale indispensable après la plantation et fait partie des démarches essentielles pour préserver n'importe quelle variété et assurer son bon développement.
Préparation du sol avant le paillage
Avant d'épandre le paillis, la terre doit être parfaitement désherbée. Le paillage n'est pas un désherbant, il permet d'empêcher la pousse des adventices. Les vivaces indésirables comme le chiendent, le pissenlit, le liseron, etc., doivent être éliminées, racines et rhizomes compris. Une fois le sol nettoyé, il faut l'aérer et le niveler si besoin. Il est également recommandé de faire un léger apport de compost avant le paillage.
Épaisseur et entretien du paillis
Le paillage doit être épandu en une couche épaisse, généralement de 2 à 7 cm environ. Pour les feuilles mortes, une couche plus épaisse est possible. Il est crucial de prendre garde à ne pas recouvrir le collet des plantes, qui est le point de séparation entre la tige et les racines.
Le paillage organique se transforme en humus et se décompose progressivement en nourrissant le sol. Il est donc nécessaire de rajouter régulièrement quelques centimètres de paillis pour conserver l'épaisseur initiale. Pour les jeunes plants, on peut commencer par pailler avec une épaisseur de 2 à 3 cm, puis compléter pour atteindre 7 cm après le développement de la plante. Il est préférable d'épandre le mulch sur un sol humide lors des grosses chaleurs estivales. En automne, il faut couvrir le sol après l'avoir rendu plus meuble. Le paillis d'automne a aussi l'avantage de protéger les plantes herbacées du froid.

Conditions idéales pour l'installation
Il est important de ne pas pailler par vent fort car le paillage risque de s'envoler. De même, il ne faut pas installer le paillage sur un sol gelé, car le paillis freine le réchauffement. L'idéal est de pailler lorsqu'il pleut afin de s'assurer que la terre est bien humide. Si vous paillez un terrain encore gelé, ce dernier aura du mal à se réchauffer.
Cas particuliers des toiles de paillage
Pour l'installation d'une toile de paillage, une étape supplémentaire s'ajoute. Après avoir nettoyé, aéré et nivelé le sol, il faudra creuser une tranchée sur chaque côté de la surface, et ce afin de rentrer au moins 20 cm de toile dans le sol pour garantir son maintien.
Les différents types de paillis
De nombreux matériaux, qu'ils soient organiques ou minéraux, peuvent servir de paillis. De façon générale, il est préférable de privilégier les sources locales.
Paillis organiques
Les paillis organiques sont composés d'éléments végétaux. Leur dégradation en humus est plus ou moins rapide, et dépend de la concentration en lignine.
- Pailles de céréales et fougères : La paille, les fougères, les tontes de gazon et les feuilles mortes sont des paillis à durée de vie plus courte, utilisables sur tout type de végétaux. La paille, protectrice, nourricière et facilement accessible, offre de multiples avantages. Elle est souvent retrouvée au pied des courgettes, courges, tomates, fraisiers, jouant un rôle protecteur et esthétique. Elle a une structure très sèche, ligneuse, dure, cassante, carbonée, ce qui en fait une matière durable qui met plus d'une saison à se décomposer. Comptez entre 30 et 60€ la grosse boule de paille. Sous vingt centimètres de paille, la terre est protégée du soleil, du vent, de la pluie trop violente et du froid en hiver. Grâce à sa composition aérée, il y a peu de risques de putréfaction.
- Feuilles mortes, tontes de gazon : Les tontes de gazon, les feuilles mortes, les pailles de céréales, sont des paillis à durée de vie plus courte, utilisables sur tout type de végétaux. Les tontes de gazon sont une nourriture riche pour les cultures. Cependant, en couche trop épaisse, l'air et l'eau circulent mal, ce qui peut entraîner une asphyxie. Il est préférable de les utiliser en fine couche, renouvelée. Les feuilles mortes, abondantes en automne, équilibrent bien un paillage et aident à construire un sol plus stable.
- Broyat de bois et autres résidus : Le bois raméal fragmenté (BRF) couvre efficacement et améliore la structure du sol en se décomposant. Il est également possible de constituer un paillage original et naturel en conservant les coques de noix, noisettes et tous les fruits à coques en général.
- Compost et engrais verts : Le compost constitue une excellente couverture, protectrice et nourricière. Sa couleur sombre aide aussi au réchauffement du sol. En revanche, il bloque mal les adventices à lui seul et il faut en avoir suffisamment. Les engrais verts ont également une vocation de paillage. Les composts jeunes, les fanes de légumes ou les engrais verts en fin de cycle se décomposent vite et apportent une nourriture rapidement disponible.
Remarques importantes :
- Ne pas utiliser les aiguilles de pins, les feuilles des arbustes persistants et des thuyas qui se dégradent difficilement.
- Attention également aux écorces de pin qui acidifient le sol. Il faut les utiliser pour les massifs de plantes de terre de bruyère.
- Les matières très "vertes" (riches en azote) nourrissent vite, mais se décomposent rapidement. Les matières plus "brunes" (riches en carbone) protègent longtemps et construisent un humus plus stable, mais demandent davantage de temps.
Paillis minéraux
Ces paillages ne sont pas biodégradables et possèdent donc une durée de vie infinie. Ils contribuent au réchauffement du sol et sont particulièrement conseillés pour les plantes qui aiment la chaleur, comme les plantes de rocailles.
- Pouzzolane : Un des paillis couramment employé est la Pouzzolane, une roche constituée de projections volcaniques riches en silice. Elle possède une structure alvéolaire qui est un bon isolant thermique.
- Autres matériaux minéraux : Les billes d'argiles, ardoises concassées, débris de poteries sont également utilisés. Comme pour les paillis organiques, il ne faut pas oublier de conserver certains déchets de l'alimentation comme les coquilles d'huîtres ou de moules, pour un effet maritime garanti ! Le paillage minéral se compose d'éléments tels que des morceaux de briques, d'ardoise, de marbre ou encore de billes d'argile. De manière générale, ce genre de mulch est davantage recommandé pour les plantes xérophiles, c'est-à-dire des plantes adaptées aux milieux secs et qui nécessitent un sol bien drainé et beaucoup de chaleur. Pour une haie, le paillage uniquement minéral n'est donc pas recommandé. Toutefois, si l'on souhaite avant tout réaliser un paillage décoratif, on peut tout à fait poser un paillage organique dans un premier temps, puis rajouter un paillis minéral comme un paillage d'ardoise par-dessus.
Paillis plastiques ou textiles
Ils s'appliquent en toiles tendues sur le sol. Les films plastiques sont plus ou moins biodégradables et peuvent être inesthétiques. Les toiles tissées, en jute ou autres matières textiles, ont aussi comme utilité de retenir efficacement la terre des talus pentus ou les berges d'un plan d'eau. Il existe deux types de toiles : la toile tissée, composée en polypropylène pour une épaisseur plus importante, et la toile de paille de jute, de fibre de coco ou de chanvre. Très solide, elle possède l'avantage d'être biodégradable et de nourrir le sol en profondeur. Des rouleaux de paillage naturel biodégradable (feutres de jute/chanvre) sont pratiques pour les grandes haies. Le carton étouffe très bien les adventices, apporte surtout du carbone en se décomposant, et se combine idéalement avec un paillage organique par-dessus.

La paille en détail : avantages, inconvénients et astuces
La paille est un résidu de grandes cultures de céréales et se trouve souvent à des prix fort accessibles. Elle est constituée des tiges sèches de diverses céréales cultivées pour leurs grains et de celles de quelques légumineuses. Il ne faut pas confondre la paille et le foin. Le foin provient de la fauche de pâtures ou de prairies naturelles avec des plantes sauvages diverses, et a une composition bien différente de la paille, pouvant contenir des résidus de graines si on le fauche tardivement.
Avantages spécifiques de la paille
- Accessibilité et coût : La paille présente l'énorme avantage d'être très bon marché et accessible à la plupart des budgets. 2€ la botte de 25 kilos est un prix courant, et avec une botte, on peut déjà pailler une bonne dizaine de mètres carrés. Elle se trouve majoritairement chez les agriculteurs.
- Isolation thermique : La paille est un des meilleurs isolants biosourcés du point de vue performances thermiques et écologiques. Elle protège les plantes du froid car c'est un bon isolant. Contrairement à ce que l'on pense, sa résistance au feu et aux rongeurs, une fois enduite, est excellente.
- Aération et absence de fermentation : Puisqu'elle est une matière sèche à la base, la paille ne menace pas de fermenter, ni même de monter en température. Elle est aérée, laisse passer l'eau et freine très bien les "mauvaises herbes".
- Esthétique : Le tapis de paille apporte de jolies nuances dorées dans un jardin ou un potager.
- Amélioration de la structure du sol à long terme : La paille, bien que nourrissant peu sur le court terme, participe à la formation d'un humus stable et améliore durablement la terre.
Inconvénients et précautions avec la paille
- Faim d'azote : La paille est très carbonée, ce qui signifie qu'elle contient des molécules complexes, difficiles à décomposer. Son rapport C/N tourne autour de 100. Sa décomposition sollicite fortement la vie du sol et peut entraîner une faim d'azote, particulièrement si le sol est pauvre. Ce phénomène s'estompe avec le temps et peut même devenir bénéficiaire une fois la paille décomposée à moitié. Pour contrecarrer cette éventuelle faim d'azote, il faut compléter les apports de paille avec des matières plus humides, azotées, cellulosiques, comme l'urine, le sang séché, la tonte, les résidus de cuisine, les restes de cultures ou des paillages végétaux verts et tendres.
- Risque de ravageurs : La paille peut devenir un hôtel quatre étoiles pour les rongeurs et un refuge pour les limaces. La diversité biologique va se démultiplier et avec elle, les limaces ! Pour limiter cette invasion de limaces, on peut dépailler dès les premières journées sèches du printemps et gratouiller la terre en surface. Les œufs de limaces se retrouvent à nu et se dessèchent en partie.
- Difficulté de semis : Il est plus simple de dépailler pour semer ou planter de jeunes plantules. Les jeunes semis sont plus convoités par les ravageurs et peuvent avoir du mal à percer une épaisse couche de paillis.
- Résidus de pesticides : La paille provenant principalement de l'agriculture peut contenir des résidus de traitements chimiques. Pour les plus sceptiques, il est possible de trouver de la paille bio auprès de céréaliers bio, ou de stocker la paille quelques semaines ou mois, sachant que les résidus éventuels de pesticides se dégradent avec le temps.
Quand et comment utiliser la paille
- Au potager : La paille est souvent retrouvée au pied des courgettes, courges, tomates, fraisiers. Pour les cultures gourmandes, on peut utilement étaler, avant la couche de paille, un peu de compost mûr.
- Enfouissement : En enfouissant la paille, on augmente plus encore le phénomène de faim d'azote. Il faut opérer cet apport à l'automne, loin des mises en culture. Si l'on souhaite une bonification encore plus rapide de tout ce carbone, il ne faut pas hésiter à ajouter un apport azoté.
- Combinaison avec d'autres paillis : Pour un apport plus équilibré, la paille peut être mélangée avec du compost, du fumier composté, des matières vertes à tendance azotée (tontes de pelouse, déchets de cuisine, coupes de végétaux ressources comme la consoude ou les orties).
- Culture de champignons : Il est possible de produire des champignons en même temps que l'on paille le jardin avec de la paille, notamment les strophaires, plus communément appelés "Cèpes de paille". Pour cela, il suffit d'acheter du mycélium de King Stropharia et d'inséminer le paillage en suivant les instructions du vendeur.

Paillage des haies spécifiques
Le paillage est particulièrement recommandé pour certaines variétés de haies, notamment pendant les premières années de leur vie, pour les protéger et favoriser une croissance saine.
Haie de bambou
Lors des premières années, le paillage d'une haie en bambou est indispensable. Le bambou étant une plante exotique, il est important de recréer le plus possible ses conditions d'origine, et un bon paillage y contribue grandement.
Haie de charme
Tout comme le bambou, les haies de charme sont particulièrement sensibles au gel. Afin d'offrir des conditions propices à une croissance saine de la haie de charme, on peut rajouter de l'engrais lors des 2 ou 3 premières années de sa vie. Le paillage est utile pour ce type de haie qui apprécie d'avoir le pied bien au frais.
Photinia
Durant la première année de vie du photinia, il peut s'avérer utile d'installer un tuteur pour le fortifier en cas de vents trop violents. Un paillage aidera à stabiliser l'humidité du sol.
Haie de troène
Une haie de troène se révèle être un excellent coupe-vent et en période de floraison, il offre des fleurs splendides qui égayeront le jardin. Un paillage au pied du troène va permettre de garder l'humidité suffisante et le maintiendra en forme tout l'été. Pour ce qui est du type de paillis, il est préférable d'utiliser des branches broyées en vert réparties sur une couche de 3 à 5 cm. Très nutritif, ce type de paillage représente un excellent apport en sels minéraux.
Haie de hêtre
L'idéal pour booster la croissance d'une haie de hêtre est de la tailler une à deux fois par année, une fois au mois de juin et une deuxième fois au mois d'août. Après la taille, on peut poser du compost dans le sol afin d'améliorer sa croissance. Avant la plantation de la haie de hêtre, il est conseillé de pailler le sol avec des feuilles mortes, des tontes de gazon ou du compost vert. L'arrosage est important, surtout les premières années de vie de la haie.

Conseils pour un paillage réussi
Le paillage est l'un des gestes les plus utiles au potager. Bien choisi et mis en place au bon moment, il permet de couvrir le sol, de limiter les arrosages, de freiner les herbes indésirables et d’améliorer peu à peu la fertilité de la terre. Cependant, pailler ne consiste pas simplement à étaler un peu de matière organique entre les légumes. Selon la saison, le type de sol, les cultures en place et les matériaux disponibles, le résultat peut être excellent ou franchement décevant.
Choix du paillis en fonction du contexte
Le "meilleur paillis" n'est pas une recette universelle ; il dépend d'abord de ce que l'on a sous la main, du climat, du sol et des cultures à protéger. Une règle simple aide beaucoup : les matières très "vertes" (riches en azote) nourrissent vite, mais se décomposent rapidement. Les matières plus "brunes" (riches en carbone) protègent longtemps et construisent un humus plus stable, mais demandent davantage de temps.
- Sol lourd et humide : Privilégier des matériaux aérés (paille, fougères) et éviter les couches épaisses de matières fines.
- Sol léger et sec : On peut pailler plus épais, y compris avec des matières plus fines, en restant vigilant sur l'aération.
- Jeunes plants au printemps : Démarrer léger, et épaissir quand la culture est bien installée.
Alternance et mélange des paillis
Il peut être utile de mélanger et/ou alterner les différents paillis pour équilibrer les apports et éviter des excès nuisibles tels que : l'accumulation de bois, qui se dégrade lentement et est peu nourrissant ; l'acidification des sols due à l'épandage régulier de résidus de conifères ; la dégradation trop rapide de résidus riches en eau et fins (tontes de gazon) ; l'entretien ou la propagation de maladies, dus à l'utilisation sur place (ou sur des plantes de la même espèce) de débris de végétaux malades.
Au printemps, on trouve plus facilement des matériaux verts : tontes, tailles, orties, feuilles de consoude, résidus végétaux divers. Ils se décomposent en quelques semaines et libèrent rapidement des éléments nutritifs. À l'automne, on dispose plus facilement de matériaux bruns : feuilles mortes, branchages, paille. Avec ces apports, la terre se transforme peu à peu en humus stable, ce qui rend le sol plus souple, plus vivant et plus fertile d'année en année.
Vigilance et adaptation
- Limaces et rongeurs : Un paillis peut devenir contre-productif sur certaines cultures fragiles, surtout en période humide, en servant de refuge aux limaces ou aux rongeurs. Il est préférable d'éviter de pailler trop tôt autour des jeunes salades, choux et autres plants encore peu développés. Il faut également surveiller les semis directs et les légumes racines, plus exposés aux dégâts discrets mais bien réels.
- Réchauffement du sol : Un sol couvert se réchauffe plus lentement au printemps. Sur une terre déjà froide, lourde ou gorgée d'eau, un paillage mis en place trop tôt peut donc retarder les plantations et les semis. Au potager, il est généralement plus judicieux d'attendre que la terre se soit un peu réchauffée avant d'installer une couverture plus épaisse.
Solutions alternatives au paillage classique
Plutôt que de chercher absolument à pailler, on peut ensemencer toute la surface du potager avec des semis divers. C'est le concept de couvert végétal ou de paillage vivant. Rien ne vaut des racines de plantes vivantes pour entretenir la porosité et la fertilité d'un sol. Les engrais verts peuvent être utilisés comme paillage vivant.