Le château de Chenonceau, ancré dans le lit du Cher sur des arches aériennes, est l’image même du raffinement. Enjambant le Cher avec grâce, le château de Chenonceau fait partie des plus majestueux châteaux de la Loire. Après Versailles, il demeure le château français le plus visité, témoignant d'une histoire marquée par des femmes de pouvoir, ce qui lui vaut le surnom de « château des Dames ». Véritable « bâtiment paysage », il incarne un juste équilibre entre pierre, eau et végétal. La vraie nature du château, sensible dès le franchissement de la grille d'entrée, ce sont ses jardins.

Les Jardins de Diane de Poitiers : Une symétrie Renaissance
Ce parterre « sur l’eau » (12 000 m2), comme la Renaissance en a beaucoup créé et dont Chenonceau est l’un des fleurons, a bénéficié, à sa conception, de moyens considérables. Le jardin de Diane de Poitiers, d’une superficie de 12 000 mètres carrés, a été commandé par Diane de Poitiers, la maîtresse du roi Henri II. Ce jardin est commandé par la Chancellerie, qui était la maison de l’Intendant de Catherine de Médicis. Il se compose de deux allées perpendiculaires et de deux allées diagonales formant huit grands triangles de pelouse, ornés de volutes courbes d'arbustes santolina.
Les terrasses surélevées, qui protègent le jardin des crues du Cher, sont ornées de vasques et permettent de découvrir des arbustes, ifs, fusains, buis et lauriers-tin qui rythment les dessins des massifs. Les terrasses surélevées du Jardin Diane-de-Poitiers permettent de découvrir un jardin d’agrément de la façade est du château. Orné de rangées d’hibiscus, d’ifs, de buis et lauriers-tin, qui rythment les dessins des massifs, plus d’une centaine d’hibiscus sur tiges y fleurissent en été. Entre ces arbustes, les plates-bandes de fleurs soulignent la géométrie rigoureuse de ce jardin. En 2005, la naissance du nouveau jet d'eau, dans le jardin de Diane, a marqué une étape importante dans l'embellissement des lieux.
Le jardin de Catherine de Médicis : L’élégance italienne
Sur la façade ouest du château, le dessin du jardin Catherine de Médicis repose sur cinq panneaux engazonnés, regroupés autour d’un élégant bassin de forme circulaire et ponctués de boules de buis. Ce jardin de 5 500 mètres carrés reflète la passion de la reine pour le design d'inspiration italienne. Les grands rosiers et la lavande, taillés en formes basses et arrondies, créent des motifs harmonieux. Le jardin offre une vue magnifique sur la façade ouest du château et est relié au Jardin Vert et à l'Orangerie, espaces conçus à l'origine par Bernard Palissy, un célèbre céramiste français. La reine Catherine de Médicis travailla avec passion aux jardins, la mode venant d’Italie.
Le Jardin Vert et le Labyrinthe : Espaces de mémoire
Conçu en 1825 par Lord Seymour pour la comtesse de Villeneuve, le Jardin Vert, parc de style anglais, offre un contraste serein avec les jardins à la française. Le jardin clos est ombragé par une collection d'arbres centenaires, dont des platanes, des cèdres de l'Atlas, un sapin espagnol, un catalpa, un châtaignier, un sapin de Douglas, des séquoias, un robinier, un noyer noir et un splendide chêne vert. En partant de l'Orangerie, les visiteurs peuvent profiter d'une vue sur le jardin vert jusqu'au profil du château. Au XVIe siècle, Catherine de Médicis choisit cet endroit pour y installer sa ménagerie et ses volières.
Situé dans une clairière du parc de 70 hectares, le labyrinthe italien souhaité par Catherine de Médicis, est planté de 2000 ifs, sur plus d’un hectare. Le jardin du labyrinthe, avec son embellissement et sa gloriette habillée d'osier vivant, invite à une déambulation historique.

L’Atelier Floral et le Potager des Fleurs
Le château abrite, depuis plus de 20 ans, un Atelier Floral unique en France. Deux fleuristes, dont le responsable, Meilleur Ouvrier de France, y officient chaque jour de l’année, avec à leur disposition un Potager des Fleurs de plus d’un hectare. Le Potager des Fleurs est incontournable dans la visite des jardins. La ferme, superbe ensemble de bâtiments du XVIe siècle, comprenant les Ecuries de Catherine de Médicis, ouvre sur le Potager. Alain Roger, son équipe de jardiniers et Marjolaine Vaucelles, responsable de l'atelier floral du château, ont décidé de le consacrer aux légumes décoratifs, tels que des blettes rouges géantes et des spectaculaires courges aux différents tons de vert.
Tous ces légumes sont harmonieusement mêlés aux fleurs, dans les somptueux bouquets de Chenonceau, présentés dans chacune des pièces du château à toutes les saisons et renouvelés deux fois par semaine. Des fleurs étonnantes, tubéreuses et agapanthes sont aussi cultivées, à côté de rares fraisiers à fleurs roses. Le Potager et le jardin des fleurs à couper ont été entièrement restructurés. Des cages à oiseaux géantes, en châtaignier, rythment les allées du potager depuis le printemps.
Une gestion horticole d’exception
Les plantations, renouvelées au printemps et en été, nécessitent la mise en place de 130 000 plants de fleurs, cultivés sur le domaine. Le jardin des fleurs est organisé en douze carrés bordés de pommiers et de rosiers Reine Élisabeth. Les jardiniers du domaine y cultivent une centaine de variétés de fleurs à couper, dont des roses, des pivoines et des dahlias. Deux anciennes serres permettent la culture de bulbes tels que la jacinthe, l'amaryllis, le narcisse et la tulipe, ainsi que la plantation de semis. Au cours de la visite, les promeneurs peuvent aussi découvrir une collection de plus de 400 rosiers, de nombreuses variétés de légumes et de plantes.
Un domaine riche en histoire et en innovations
Chenonceau a la chance de posséder, dès sa création, une structure très forte de plateformes entourées d’eau. Elle est restée vierge de modifications fondamentales, formant ainsi un ensemble exceptionnel et témoin de l’époque de sa création. Le XVIe siècle fut, en particulier pour le tracé des jardins, un siècle d’une innovation inouïe. Le domaine de Chenonceau s’est enrichi d’un nouveau jardin Hommage à Russell Page, auteur des planches originales qui ont directement inspiré cette création et au sculpteur François Xavier Lalanne, qui a su charmer la faune… Tous deux se répondent, dans ce nouveau jardin d’une grande poésie.
Le château possède une collection muséale de peintures de grands maîtres, tels Murillo, Tintoret, Nicolas Poussin, Le Corrège, Rubens, le Primatice, « Les Trois Grâces » de Van Loo, ainsi qu’un remarquable ensemble de Tapisseries des Flandres du XVIe siècle. Précurseur en de nombreux domaines, Chenonceau est seul à proposer une visite vidéo guidée avec iPod, en 11 langues, dont le mandarin. L’application gratuite, « Découvrir Chenonceau », vous donnera toutes les informations sur votre prochaine visite.

Pour ceux qui souhaitent prolonger l'expérience, la promenade nocturne, mise en musique par le maître du classicisme italien Arcangelo Corelli et en lumière par l'entreprise Bideau, permet de découvrir autrement les jardins. Les jardins architecturés, tous remarquables, jardins de Diane de Poitiers, de Catherine de Médicis et labyrinthe, véritables jardins de mémoire, font résonner l'histoire du château. Ils sont entretenus quotidiennement et aménagés en permanence, garantissant que chaque visite soit une immersion dans un patrimoine vivant, où chaque hibiscus, chaque rosier et chaque allée raconte une page de la Renaissance française.
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