Pepsi en Indonésie : entre innovation, défis commerciaux et initiatives durables

Logo Pepsi avec des bouteilles et des collations

PepsiCo, un acteur majeur de l'industrie agroalimentaire mondiale, est présent dans plus de 200 pays et territoires. L'entreprise, qui a généré des revenus nets de plus de 66 milliards de dollars en 2014, possède un portefeuille diversifié de marques incluant Frito-Lay, Gatorade, Pepsi-Cola, Quaker et Tropicana. Sa stratégie est axée sur la performance et la croissance durable de la valeur pour les actionnaires, tout en intégrant des pratiques respectueuses de l'environnement et des communautés locales. Récemment, l'entreprise a consolidé sa présence en Indonésie avec l'ouverture d'une nouvelle usine de production, marquant une étape significative dans son expansion et son engagement local.

L'implantation de PepsiCo en Indonésie : une usine pour le marché local

Usine de production de snacks PepsiCo en Indonésie

Une usine de 60 000 mètres carrés a été inaugurée en Indonésie, dédiée à la production des célèbres snacks Lay’s, Cheetos et Doritos. Cette initiative vise à répondre aux goûts spécifiques des consommateurs indonésiens et représente une avancée majeure pour renforcer la présence de PepsiCo dans le pays. La production utilise des matières premières de haute qualité, provenant localement de toute l'Indonésie, ce qui soutient l'économie locale. L'entreprise exprime sa fierté de voir ses produits fabriqués "dari Indonesia untuk Indonesia" (de l'Indonésie pour l'Indonésie).

Le lancement de cette usine a bénéficié du soutien important du gouvernement indonésien, notamment du ministère de l'Investissement, du BPOM (Agence nationale de contrôle des médicaments et des aliments), du ministère de l'Industrie, du ministère de l'Environnement et du gouvernement de Java occidental. Des personnalités importantes ont assisté à l'événement de lancement, telles que Faisol Riza, vice-ministre de l'Industrie, accompagné de directeurs, de Merrijantij Punguan et Dyan Garneta. Étaient également présents Tatang Yuliono, adjoint à la coordination de la distribution commerciale et alimentaire au ministère de la coordination des affaires alimentaires ; Sondang Widya Estikasari, directrice de la supervision de la production d'aliments transformés au BPOM ; Inti Pertiwi Nashwari, directrice des semences horticoles au ministère de l'Agriculture ; Abdul Qodir, directeur de la région III au ministère de l'Investissement et de l'Aval/BKPM ; et Adhi S., ainsi que tous les employés de PepsiCo Indonésie.

Cette démarche s'inscrit dans une stratégie globale de PepsiCo qui vise à offrir un large éventail d'aliments et de boissons, tout en trouvant des moyens innovants de réduire son empreinte écologique et ses coûts d'exploitation. L'entreprise s'engage également à offrir un environnement de travail sécurisé et inclusif pour ses employés à l'échelle mondiale, ainsi qu'à respecter, soutenir et investir dans les communautés locales où elle opère.

Défis commerciaux et dynamiques de marché : l'exemple des négociations dans la grande distribution

Graphique montrant l'évolution des marges commerciales

Les défis commerciaux de PepsiCo, comme ceux de nombreux industriels, sont souvent liés aux négociations avec la grande distribution. La formation du prix d'un produit est un processus complexe. Pour un produit vendu 200 euros au consommateur, il faut retirer 33 euros de TVA. Le distributeur doit ensuite couvrir ses coûts de logistique, de personnel et ses charges, tout en cherchant à dégager une marge. Historiquement, le rapport de force entre les industriels et la grande distribution est déséquilibré, et les négociations peuvent être qualifiées de "musclées". Les distributeurs peuvent par exemple exiger des "demandes financières supplémentaires" sous forme de "fin d'année (BFA) ou de prestations complémentaires". Ces services, souvent négociés entre 4 % et 5 % du chiffre d'affaires, incluent la recherche de l'enseigne, l'exposition en rayon (têtes de gondole), ou la promotion sur internet.

Les distributeurs peuvent également accroître leurs marges en commercialisant des produits sous leurs propres marques (MDD), ce qui crée une concurrence directe avec les marques nationales. Ces MDD, qui représentent parfois la moitié du flux d'affaires des adhérents, peuvent offrir un rapport qualité-prix intéressant pour le consommateur et ont même connu une augmentation plus rapide de leurs prix que les marques nationales, partant souvent de plus bas. La rotation des produits en rayon est un élément déterminant : "si nous mettons une de nos têtes de gondole, nous doublons les ventes".

Ces dynamiques de marché sont exacerbées par la pression des importations. L'argument majeur demeure le prix. Les produits importés, fabriqués dans des pays où les coûts de main-d'œuvre et les normes sont différents, peuvent être proposés à des prix très bas. Par exemple, un four fabriqué en France peut coûter 30 % plus cher à produire qu'au Vietnam, et encore moins cher en Indonésie. Cette situation crée un environnement difficile pour les entreprises françaises, qui sont soumises à des "régulations suffisantes" et à des "coûts économiques et sociaux non comparables" à ceux de certains pays.

La question des marges est cruciale. Une marge de 4 % à 5 % pour un produit vendu 100 euros permet un bénéfice net d'environ 4 euros, ce qui est "faible" et ne permet pas toujours "l'investissement productif". La "guerre des prix" a conduit à une "baisse des prix à la consommation" qui est interdite si elle est "truquée ou dangereuse", mais qui peut mener à une réduction des marges et, à terme, à des difficultés pour les entreprises. Les lois Égalim, visant à encadrer la contractualisation et les promotions, ont tenté de rééquilibrer ce rapport de force, notamment dans le secteur agricole et alimentaire. Cependant, leur application reste un défi, et certains acteurs ont encore recours à des "sanctions" ou des "déréférencements" en cas de désaccord.

Le secteur de l'électroménager est particulièrement touché par cette "pression des importations", étant "l'un des plus délocalisés au monde". Des produits comme des "airfryer proposés à 20 ou 25 euros" peuvent apparaître en magasin, soulevant des questions sur les normes de qualité, notamment avec l'appellation "China Export". Pour des entreprises comme le groupe Brandt, avec une marge "quasiment plus de marge", il est difficile de rester compétitif. La "prévention" et "l'accompagnement social" sont également des enjeux importants pour la "survie économique" des entreprises. La capacité à "absorber un choc conjoncturel, puis de la remettre en marche" est essentielle.

Initiatives durables et engagement social : le programme "Ignite the Light"

Ampoules solaires fabriquées à partir de bouteilles en plastique

Au-delà des aspects commerciaux, Pepsi s'engage également dans des initiatives sociales et durables, comme en témoigne le programme "Ignite the Light". En partenariat avec l'organisme "Liter of Light" et le créateur de mode Nicola Formichetti, Pepsi a lancé un défi mondial pour éclairer ceux qui vivent dans l'obscurité. L'objectif est de "contribuer à faire une différence" et d'offrir des "solutions d'éclairage solaire à faible coût" aux communautés qui en ont besoin, tout en recyclant des bouteilles en plastique.

Lighting up lives | Pepsi Liter of Light

Liter of Light produit des "bouteilles d'éclairage" innovantes, des ampoules à énergie solaire de 55 watts, à "zéro émission de carbone", qui réfractent la lumière du soleil et sont "assez puissantes pour illuminer une maison". Ces solutions d'éclairage écologiquement durables, incluant des solutions d'éclairage pour la nuit et des lampadaires publics, ont déjà été déployées dans plus de 18 pays, dont le Brésil, l'Inde, le Kenya, la Colombie, l'Indonésie, le Mexique, l'Égypte, le Pakistan et les Philippines.

Nicola Formichetti, ambassadeur mondial du défi Pepsi Challenge, a été inspiré par la nature pour créer sa pièce "Ao Dress", une robe architecturale conçue à partir de lumière et de bouteilles de Pepsi. Il a souligné l'importance de la collaboration entre les industries de la mode et de l'art pour "aider les gens privés des besoins humains les plus fondamentaux, comme l'électricité et l'éclairage". Le programme Pepsi Challenge vise à inciter les générations actuelles à "vivre pleinement" et à faire de chaque moment un moment mémorable, tout en soutenant une cause utile.

Cette initiative illustre la mission de PepsiCo de "Donner un sens à la performance" en offrant un "rendement financier supérieur" tout en assurant une "croissance durable de valeur pour les actionnaires". Cela se traduit par une "réduction de notre empreinte écologique et de nos coûts d'exploitation", un "environnement de travail sécuritaire et inclusif" et un "investissement dans les communautés locales".

La promotion "Number Fever" aux Philippines : une campagne aux conséquences imprévues

Bouteilles de Pepsi avec le numéro 349

L'histoire de Pepsi est également marquée par des campagnes promotionnelles à fort impact, parfois avec des conséquences inattendues. L'exemple de la promotion "Number Fever" aux Philippines en 1992 est particulièrement édifiant. Pour contrer les ventes de Coca-Cola, Pepsi a lancé une loterie où les consommateurs pouvaient gagner des prix, dont un million de pesos, en trouvant une combinaison de trois chiffres sous les bouchons des bouteilles.

La promotion, initialement prévue pour se terminer le 8 mai, a été prolongée de cinq semaines en raison de son succès sans précédent. Les ventes mensuelles de Pepsi aux Philippines ont bondi de 10 à 14 millions de dollars, et la part de marché est passée de 19,4 % à 24,9 %. Les usines tournaient à plein régime, doublant la production habituelle. Le pays était en effervescence, avec des incidents allant du vol de bouchon gagnant à des assassinats liés à des disputes sur des bouchons.

Lighting up lives | Pepsi Liter of Light

Le 25 mai 1992, le numéro gagnant annoncé était le 349. Des milliers de personnes ont alors réalisé qu'elles détenaient des bouchons gagnants. Cependant, une erreur dans le concours avait créé non pas un, mais 600 000 gagnants. La société a d'abord tenté de modifier le numéro gagnant, ce qui a semé la confusion et provoqué la colère de la foule. Des manifestations ont éclaté devant l'usine d'embouteillage de Pepsi à Quezon City, dégénérant en émeutes, avec des jets de pierres sur le bâtiment et des camions Pepsi flanqués de gardes armés.

Face à l'ampleur de la situation, Pepsi a proposé d'offrir 600 pesos aux détenteurs du bouchon 349. Les dirigeants avaient estimé que cela coûterait environ 6 millions de dollars si la moitié des 600 000 bouchons étaient réclamés. L'erreur a été attribuée à une mauvaise désignation du numéro 349 comme gagnant lors de la prolongation du concours, alors qu'il était censé être non gagnant dans la promotion originale. Pepsi a alors déclaré que les bouchons de l'extension avaient un code de sécurité différent et que les prix ne seraient pas honorés.

Cette explication n'a pas apaisé la colère des manifestants. Vicente del Fierro, un prêtre, a pris la tête d'un mouvement anti-Pepsi, la "Coalition 349", et a entamé des actions en justice. Le chaos a continué, avec des pneus brûlés, des spéculateurs achetant des bouchons gagnants, et des attaques aux cocktails Molotov contre les usines et les camions de livraison de Pepsi. En janvier 1993, Pepsi a été condamné à une amende de 150 000 pesos pour avoir dévié de la campagne promotionnelle approuvée par le gouvernement.

La situation a malheureusement fait des victimes. En février, une explosion causée par une bombe artisanale a tué une institutrice et une fillette de 5 ans près d'un camion de livraison Pepsi. Le mois suivant, une grenade lancée dans une usine Pepsi a tué trois employés. Les procès contre Pepsi se sont multipliés. En février 1994, un tribunal de première instance a condamné Pepsi à verser plus d'un million de pesos à un étudiant en médecine. Malgré les efforts pour porter l'affaire devant les tribunaux américains, un tribunal de New York a rejeté la demande, estimant que la cause devait être entendue aux Philippines. Ce n'est qu'en 2006 qu'un tribunal philippin a conclu que Pepsi n'avait pas été négligente et n'était pas responsable des dommages.

Cette épisode a mis en lumière les risques et les complexités des promotions de grande envergure, ainsi que l'importance d'une communication claire et d'une gestion rigoureuse des campagnes pour éviter des crises majeures et leurs conséquences humaines et financières.

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