Le chou de Bruxelles, joyau méconnu du potager, est une plante fascinante qui demande autant de patience que de savoir-faire. Ceux qui veulent cultiver leurs propres choux de Bruxelles doivent faire preuve de patience, car il faut en effet un certain temps avant de pouvoir récolter les premiers choux de Bruxelles. Issu d’un croisement réalisé au 17ème siècle par les maraîchers de Saint-Gilles, à proximité de Bruxelles, le chou de Bruxelles est une variété hybride sélectionnée à partir du chou de Milan. Cultivé à la verticale, il permettait un gain de place, une meilleure résistance au froid et un rendement accru. Cette innovation est survenue après la construction de la seconde enceinte de la ville, qui avait repoussé les cultures maraîchères hors des murs de la capitale Belge.
Morphologie et caractéristiques botaniques
Plante bisannuelle cultivée comme une annuelle, le chou de Bruxelles développe une tige verticale pouvant atteindre 1 mètre de haut, parsemée de dizaines de petits choux de 2 à 4 cm de diamètre. Le chou de Bruxelles est une variété de Brassica oleracea qui a la particularité de former de petites pommes sur une tige robuste terminée par une touffe de grandes feuilles. Ces "pommes" ont la grosseur d'une noix et sont en fait des bourgeons latents. Si on les laisse sur le plant, ils donneront naissance à des ramifications florifères. Chaque pied renferme entre 20 et 80 petits choux, selon la variété. Le chou de Bruxelles appartient à la famille des brassicacées, qui rassemble les nombreuses espèces de chou, mais aussi les navets, le colza, la moutarde, le cresson, etc.

Les exigences pédoclimatiques et la préparation du sol
Le chou de Bruxelles exige une bonne structure de sol. Il doit ainsi être profond, bien drainé, riche en matière organique. C’est pourquoi un travail du sol profond est essentiel pour assurer un bon enracinement. Travaillez la terre en profondeur avec la technique du bêchage droit (sans la retourner), suivi d'un coup de croc. Les choux de Bruxelles apprécient un sol frais et profond, à tendance argileuse. Un sol lourd, riche en humus et argileux est idéal. Avant le semis, enrichissez le sol avec du compost. L’idéal étant un sol amendé à l’automne précédent.
Il est important de rappeler que le chou de Bruxelles est une culture sensible aux carences en Bore. En matière de fertilisation, le chou de Bruxelles est une culture exigeante, notamment en azote et en potasse. Nous conseillons les apports suivants, à ajuster selon l’analyse de votre sol en amont de la culture : l'azote (N) à 230 unités/ha, le phosphore (P) entre 150 à 200 unités/ha et la potasse (K) entre 200 à 350 unités/ha. En agriculture biologique, l’amendement organique type compost ou fumier mûr doit être apporté en amont, idéalement durant l’automne. Évitez les sols trop riches en azote qui accélèrent la croissance des pommes, ce qui pourrait donner des pommes pas assez resserrées.
Semis et calendrier cultural
Les choux de Bruxelles peuvent être semés à l'avance à partir du mois d'avril. Veillez à ce que le sol soit humide mais aussi bien aéré afin d'éviter la formation de moisissures. Les plants ne doivent pas être trop chauds. Dès que les plantes ont développé des feuilles de germination, vous pouvez les repiquer à la bonne distance de plantation. Bien entendu, vous pouvez également semer directement dans le jardin à partir du mois de mai. Semer à une profondeur d'environ 0,5 cm avec le même espacement entre les rangs.
Pour bien définir votre calendrier cultural, le choix des variétés est primordial. En climat tempéré, les plantations se font de mi-avril à début juin, pour planifier les récoltes de septembre à décembre. Pour les créneaux plus précoces ou plus tardifs, il existe des variétés adaptées aux jours longs ou à cycle plus court.

Entretien et soins des plants
Lorsque le plant atteint le stade de 3 ou 4 feuilles, repiquez-le avec un écartement en tous sens de l'ordre de 60 cm. Pralinez les racines des plants, écartez de 60 cm sur le même rang, d'1 mètre entre les rangs. Dans une terre richement amendée à l'automne, formez un trou, apportez-y du compost si la préparation n'a pas été faite à l'automne. Enterrez le plant jusqu'aux feuilles. Rebouchez, formez une cuvette et arrosez généreusement.
Les choux de Bruxelles ont besoin de beaucoup d'eau. Pour éviter que le sol ne se dessèche trop rapidement, vous pouvez le recouvrir d'un paillis. Un binage et un désherbage réguliers permettent de maintenir le sol bien aéré. Les binages réguliers et le buttage favorisent un bon ancrage et limitent l’enherbement. Si le vent les couche en automne ou en hiver, buttez les pieds ou tuteurez-les.
Il y a deux écoles : ceux qui pincent la tête et les autres ! En effet, les dernières variétés obtenues ne nécessitent plus le pinçage de la tête, composé de feuilles, pour un bon développement des pommes. Toutefois, c’est une pratique encore répandue qui selon certains, boosterait le développement des pommes ; elle permet surtout d’avoir une récolte groupée, si on le souhaite.
Gestion des ravageurs et maladies
Les choux ne sont pas épargnés par les ravageurs et les maladies ! Si le chou de Bruxelles est une variété robuste, il peut toutefois être touché par plusieurs agresseurs. La hernie du chou est une maladie fongique qui provoque des déformations et des gonflements des racines. La rotation des cultures et l’amélioration du drainage du sol sont des mesures préventives efficaces. Le mildiou, un champignon qui cause le jaunissement et le flétrissement des feuilles, se développe principalement à cause de l’humidité. La prévention passe par un bon drainage du sol et des traitements préventifs à base de cuivre.
Les altises, de petits coléoptères qui perforent les feuilles, peuvent être limitées par un paillage ou un voile anti-insectes. Les pucerons peuvent s’attaquer aux jeunes pousses, affaiblissant les plants. Au niveau des rotations en champ, le chou de Bruxelles succède aisément aux légumineuses (fixation d’azote). Il faut toutefois éviter les précédents crucifères (brassicacées) pour limiter les risques de maladies du sol (hernie du chou, sclérotinia, etc.). Attendez 7 ans avant de cultiver à nouveau des choux de Bruxelles sur la parcelle.
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Période de récolte et conservation
Les choux de Bruxelles peuvent être récoltés de novembre à mars environ, en fonction de la variété et de la date à laquelle ils ont été semés. Ils sont mûrs lorsqu'ils ont à peu près la taille d'une noix et qu'ils sont encore fermes. Les choux de Bruxelles sont plus savoureux lorsque le gel est passé au-dessus d'eux. Cependant, il est important de ne pas les retirer de la plante gelés. Le chou de Bruxelles est un légume qui se récolte en hiver et qui apprécie particulièrement les gelées. Les températures négatives aident la plante à offrir de belles couleurs et un goût unique.
Les choux de Bruxelles sont récoltés manuellement ou mécaniquement, selon les surfaces. La récolte se fait au stade de pommes bien fermes, en partant du bas de la tige vers le haut. La conservation, quant à elle, se fait en chambre froide (0 à 1 °C, humidité > 95 %), durant 3 à 4 semaines. Au réfrigérateur, ils se conservent jusqu'à 8 jours. Lavez-les, mais ne coupez pas le pédoncule. Les choux de Bruxelles peuvent également être congelés après avoir été blanchis.
Valeurs nutritionnelles et usages culinaires
Les choux de Bruxelles sont très sains et particulièrement riches en vitamine C. Ils sont également riches en vitamines A et B, en acide folique et en plusieurs types de minéraux. Très léger, le chou de Bruxelles favorise le transit intestinal en raison de sa cellulose. Pour que le chou de Bruxelles soit plus digeste, pensez à le cuire dans deux eaux.
Les gestes du cuisinier sont simples : coupez le petit trognon de chaque pomme. Faites une petite croix au couteau pointu à la base pour faciliter la cuisson. Faites-les cuire avec des graines de cumin, de coriandre ou des baies de genièvre. Dans certaines recettes, on y ajoute du curcuma. Le grand chef Passard les fait cuire dans la bière blanche et les sert avec une purée de pommes de terre.

Variétés adaptées aux différents besoins
Pour une production de choux de Bruxelles adaptée à vos contraintes, voici quelques exemples issus de la gamme VOLTZ Maraîchage :
- MARTE F1 : Plantée entre mai et juin, c’est une variété mi-haute au cycle de 131 jours, à récolter à partir de septembre jusqu’au mois d’octobre. Variété productive avec une bonne tenue au champ.
- MARTINUS F1 : Produit des choux de gros calibres vert foncé et très homogènes.
- IGOR F1 : Notre valeur sûre se sème de début avril à fin mai. Sa bonne tenue au froid allié à un cycle de 200 jours, lui permettent d’être cultivé entre octobre et janvier.
- FRIVOLE GREEN F1 & FRIVOLE RED F1 : Ces deux variétés mi-hautes, en forme de rosettes, se récoltent entre décembre et février avec un cycle plantation récoltes de 200 à 240 jours.
- AUTUMN STAR F1 : Croisement entre les choux de Bruxelles et le chou frisé britannique (Kalettes®), elle développe de belles feuilles ouvertes et ondulées vertes et violettes parfaites pour la diversification.
- CHRISTMAS ROSE F1 : Cette variété aux feuilles ouvertes, ondulées et aux couleurs vertes et violettes se sème au mois de mai et se destine parfaitement à une récolte de novembre à janvier.
- Sanda : Variété demi-précoce, à pommes serrées, vert foncé se cueillant facilement. Bonne résistance au froid.
- Jade cross hybride F1 : Très rustique, supporte les climats vigoureux. Pommes rondes, fermes et bien vertes. Très productive.
- Davlin F1 : Cultivar robuste vert avec des pommes lisses.
- De Rosny : Petite variété qui ne dépasse pas 70 cm de haut, rustique et productive.
- De Groningue : Cultivar rustique qui supporte un sol lourd.