Les légumineuses, avec leur rôle essentiel dans l'écosystème du sol, trouvent une place de choix dans les principes de la permaculture. Au-delà de leur apport nutritionnel pour l'alimentation humaine, des plantes comme le pois chiche et le pois potager sont de véritables alliées pour la fertilité des sols et la biodiversité au jardin. Cet article explore en profondeur ces deux légumineuses, leur culture, leurs particularités et la manière dont elles s'inscrivent dans une démarche de jardinage respectueuse de la nature, s'inspirant des logiques et des valeurs fondamentales de la permaculture.
Le Pois Chiche : Un Cultivar Résilient et Bénéfique
Le pois chiche, scientifiquement connu sous le nom de Cicer arietinum, est une légumineuse appartenant à la famille des Fabacées. Il partage cette appartenance avec d'autres cultures courantes comme le pois, le haricot, la fève, ou encore la luzerne. Cette plante herbacée, qui atteint généralement une hauteur de 50 à 60 cm, fructifie en développant de petites gousses duveteuses. Chacune de ces gousses accueille, la plupart du temps, deux grains. Bien que cette quantité de grains soit moindre comparée à celle que peut contenir une gousse de pois, le pois chiche compense largement par la simplicité de sa culture, sa faible exigence, son excellente résistance aux ravageurs, et bien sûr, son goût unique et apprécié.

Origines, Besoins et Variétés Adaptées
Originaire du bassin méditerranéen, le pois chiche affectionne les environnements chauds et ensoleillés. Il se développe particulièrement bien dans une terre profonde et légère. Dans le domaine de l'agriculture, il est cultivé pour valoriser les terres sèches et siliceuses, notamment dans le sud de la France. Pour ceux qui disposent d'une terre à dominance sableuse, le pois chiche a toutes les chances de s'y épanouir pleinement. Cependant, et contrairement à ce que peuvent suggérer certains sites internet référents en conseil en jardinage, une terre potagère riche et humifère, présentant une texture grumeleuse et favorisée par de bonnes pratiques qui soutiennent un sol vivant, lui conviendra également parfaitement. Le pois chiche est une plante naturellement rustique, capable de résister à des conditions difficiles.
Il existe différentes variétés de pois chiche, dont le type Desi, qui donne des grains plus petits et secs de couleur verte. Parmi les variétés spécifiques, 'Pascia' est une variété haute, pouvant atteindre 60 cm, qui produit des gousses contenant des grains clairs et beiges à maturité. Elle est reconnue pour sa résistance à l'anthracnose, sa bonne résistance à la sécheresse et une résistance moyenne au froid. Une autre variété, 'Twist', est plus trapue et ne dépasse pas les 40 cm. Bien que le pois chiche préfère la chaleur, il peut néanmoins être cultivé dans le Nord de la France, preuve de son adaptabilité.
Culture et Biodynamie
Pour la culture du pois chiche, il est recommandé de semer une graine tous les 10 cm. Il est à noter que certains sites internet peuvent conseiller une approche différente, suggérant de semer en poquet tous les 25 cm et d'éclaircir en ne conservant que le plant le plus robuste de chaque poquet. Pour optimiser la récolte, il est souvent plus avantageux de ne pas suivre ces derniers conseils. Ces distances de semis sont parfois basées sur les densités préconisées en agriculture.
Dans les pratiques de biodynamie, le pois chiche est considéré comme une plante fruit, ou plus précisément encore, une plante grain. De ce fait, il est idéalement semé lors d'un jour fruit ou, spécifiquement, le matin d'un jour grain, lorsque la lune transite devant la constellation du Lion.
Précautions contre les Ravageurs et Maladies
Même si le pois chiche est généralement résistant, une vigilance s'impose face à l'anthracnose. Cette maladie cryptogamique est causée par le champignon Ascochyta rabiei, présent en France. Elle se manifeste par des taches brunes qui apparaissent sur l'ensemble du plant, des tiges aux feuilles et même sur les gousses, pouvant entraîner la mort des plants. Il est crucial de savoir que ce champignon est transmissible par la semence ; il peut se trouver sous forme de pycnides dans les téguments des graines, mais aussi sous forme de spores et de mycélium à leur surface. Au stade plantule, des nécroses peuvent être observées, et les débris végétaux contaminés sont susceptibles d'aggraver la maladie.
Un autre ravageur, plus courant et souvent plus problématique, est la bruche du pois. Cet insecte, un coléoptère, prend un malin plaisir à parasiter les graines, ses larves s'en nourrissant.
Récolte et Consommation
La récolte du pois chiche s'effectue lorsque les gousses et les pois sont bien secs, de préférence par temps sec. L'écossage est ensuite nécessaire, mais cette opération peut s'avérer assez longue, car chaque gousse ne contient qu'un maximum de deux grains.
Avant la récolte des pois chiches secs, il serait dommage de se priver des pois chiches frais. Encore verts, ils peuvent être blanchis et consommés, offrant une saveur délicate et différente.
Récolte et nettoyage du pois chiche
Le Pois Potager : Histoire, Diversité et Alliés du Jardin
Le petit pois, aussi appelé pois potager, est une légumineuse portant le nom latin de Pisum sativum, également membre de la famille des Fabacées. Il est l'un des plus anciens légumes cultivés en Europe et en Asie. Des traces de sa présence remontent à 10 000 ans en Iran, Palestine, Grèce et Suisse. Le pois serait originaire du Proche et du Moyen-Orient, cultivé depuis aussi longtemps que l'orge ou le blé. Les pois secs du Néolithique (Pisum sativum subsp. sativum) étaient déjà rencontrés en France à l'époque de Guillaume le Conquérant. Une évolution a eu lieu durant la Renaissance avec le pois fourrager (Pisum sativum var.).
Le légume frais tel que nous le connaissons aujourd'hui, le petit-pois de Hollande, apparaît au XVIIe siècle. Des figures historiques comme Saint-Simon racontent que l'architecte Jules Hardouin-Mansart en abusait avant même le roi Louis XIV, provoquant la jalousie royale. La mode s'est ensuite répandue, comme en témoigne Madame de Sévigné, décrivant la bonne société se "goinfrant" de petits pois au point de risquer l'indigestion. Antonin Carême, célèbre chef, a même proclamé que les petits pois devaient être "mis au rang des légumes les plus précieux". Pendant la Révolution française, le petit pois se démocratise, étant surnommé "Orgueil des marchés" et figurant même au calendrier révolutionnaire, le 13 prairial étant dédié au petit pois (1er juin).
Il est intéressant de noter que le moine autrichien Gregor Mendel (1822-1884) a utilisé le petit pois pour établir les premières lois de la génétique, soulignant ainsi son importance scientifique.
Biologie et Cycle de Vie
Le pois cultivé est une plante annuelle grimpante, pouvant atteindre de 50 cm à 1 m 20 de long, caractérisée par une tige creuse et cylindrique. Sa pollinisation est particulière, s'effectuant avant que la fleur ne soit complètement épanouie, un phénomène appelé cléistogamie. Les principaux pollinisateurs sont les Mégachiles et les Xylocopes, toutes deux des abeilles solitaires, également connues sous le nom d'abeilles charpentières. Ces espèces d'abeilles solitaires sont les vecteurs de l'hybridation des pois. Des recherches, notamment par l'institut de biotechnologie végétales du Canada, suggèrent que d'autres insectes comme les pucerons, les coccinelles, les bourdons et les moucherons de la famille des Lauxaniidae contribuent également aux croisements entre variétés de Pisum sativum.
Le fruit du pois est la gousse, qui renferme les graines. Sur la gousse, on peut observer le pédoncule floral et les vestiges des pièces florales, ainsi que le reste du style à l'extrémité de la gousse, indiquant un ovaire supère. La durée limite d'utilisation des graines de pois varie généralement entre trois et huit ans, selon la variété. Les racines du pois développent un pivot qui peut pénétrer le sol à une profondeur d'environ 1 mètre. Sur ces racines se trouvent des bactéries nodulaires, capables d'assimiler l'azote de l'air et de le transformer en composés assimilables par la plante, enrichissant ainsi le sol.
La récolte du pois est souvent laborieuse et traditionnellement effectuée à la main. Le petit pois (Pisum sativum, consommé frais) est un légume riche en glucides, protéines végétales et fibres, avec un profil nutritionnel intéressant par rapport à beaucoup d’autres légumes. De ce fait, il est indispensable pour la bonne santé humaine. Il est utile dans le secteur cardiovasculaire, assure une bonne digestion, garantit la satiété, travaille pour la santé de la peau, des os et des yeux, et apporte une bonne protection cellulaire.
Diversité des Variétés de Pois
Les différentes variétés de pois se classent principalement en deux grandes catégories :
- Les pois à rames : caractérisés par des tiges d'environ 1 à 1,80 m de longueur. Ils nécessitent un support (grillage, tuteurs) sur lequel ils peuvent se fixer grâce à leurs vrilles.
- Les pois nains : mesurent moins de 0,7 m de longueur et sont plus compacts.
Chaque catégorie peut ensuite se subdiviser en :
- Pois mange-tout : variétés (naines ou à rames) cueillies très jeunes, dont les cosses sont presque dépourvues de parchemin (la matière qui les rend coriaces à maturité), permettant de les consommer entières.
- Pois à écosser : peuvent être cueillis au stade du grain tendre ou laissés à se développer jusqu'à ce que les grains deviennent durs et secs.
Il existe également une distinction entre les grains ronds et les grains ridés. En général, les variétés à écosser à grains ronds et lisses sont plus adaptées aux semis précoces, au début du printemps, car elles sont plus tolérantes au froid. Les variétés à grains ridés (les grains secs apparaissent ridés, tandis que les grains immatures ne le sont pas) supportent mieux la chaleur estivale mais sont moins adaptées aux semis précoces ; leurs grains sont souvent plus gros et plus sucrés.
De nombreuses variétés sont disponibles, issues de sélections minutieuses. Les descriptions suivantes, inspirées notamment de Kokopelli et Sativa Rheineau, mettent en lumière cette diversité :
- Alaska early : Très ancienne variété datant de 1881, semable dès octobre pour une production printanière si l'hiver est doux. La plante atteint 1 mètre de haut.
- Capucine : Pois à rames tardif et grimpant, produisant des gousses violettes de 7 à 10 grains.
- Carouby de Maussane : Cosses très larges de 10 cm de long. Les grains verts deviennent grisâtres et roux piquetés de brun à maturité. Les cosses se récoltent à mi-saison avant le plein développement des pois. Très prisée dans le sud de la France.
- Corne de Bélier : Très ancienne variété suisse, très productive et précoce, offrant des gousses larges et légèrement recourbées.
- Flocon de Neige : Origine française probable. Robuste, croissance moyenne, gousses plates et larges après une floraison blanche.
- Frieda Welten : Ancienne variété de pois d’hiver traditionnelle suisse, très vigoureuse, atteignant 2 m de haut. Offre de délicieuses grandes gousses précoces.
- Géant Suisse : Ancienne variété suisse, très vigoureuse, aux fleurs violettes. Produit de larges gousses d'environ 10 cm de long, très tendres. Nécessite un tuteurage (grillage ou branches ramifiées) et peut dépasser 2 m de hauteur.
- Héraut : Variété hâtive donnant des gousses tendres, sans fil. Grains ronds, plante atteignant 140 cm. Originaire du bassin méditerranéen, adapté au climat belge, résistant aux maladies communes. Gousse plate et large, consommée entièrement.
- Norli : Cosses très larges de 7 cm de long, petits grains lisses. Variété précoce à semer en février-mars. Les plantes font 1 mètre de haut. À consommer en pois gourmand ou en grain. Riche en protéines et lipides.
- Rembrandt : Pois mangetout hâtif à croissance moyenne. Productif, grandes gousses larges et sucrées. Fleurs blanches. Hauteur du plant jusqu'à 150 cm. Très ancien, originaire d'Asie mineure.
- Serpette de Malines : Variété de pois à rames à écosser, régionale belge. Atteint 160 cm, mi-hâtive, très productive. Résiste bien au froid et à l'humidité. Grains ronds et sucrés. D'autres variétés de "Serpette" existent, dont une française ("cent pour un") et une anglaise (de M. Laxton, vers 1869).
- Téléphone : Variété à rames à grains ridés, cosses longues de 11 cm. Grains blancs, plante de 1,20 m de haut.
- Weggis : Très belle variété ancienne, à floraison violette, offrant de nombreuses petites gousses sur des plants grimpants de 1,80 m.
- Douce Provence : Grains lisses, semable dès novembre sous les climats doux (moins adaptée à la Belgique sauf sous tunnel).
- Gloire de Quimper : Naine à grain lisse. Cosses de 7 cm de long, 7 grains. Plante ne dépassant pas 50 cm, fleurs blanches.
- Hâtif d’Annonay : Naine atteignant 40 cm, cosses droites de 2 cm de long.
- Gloriosa : Variété vigoureuse et productive, abondance de gousses contenant des grains ridés à saveur sucrée et fruitée. Supporte les conditions climatiques difficiles.
- Karina : Très ancienne variété, traces en Suisse remontant à 10 000 ans. Cultivé en France depuis le VIIIe siècle, consommé sous forme séchée et concassée avant cuisson.
- Maxigolt : Variété productive mi-tardive, résistante au fusarium (races 1 et 2) et au virus de l’enroulement.
- Merveille de Kelvedon : Ancienne variété anglaise. Grains ridés, maturité précoce. Gousses longues, vert foncé. Plante de 45 cm de haut. Très rustique et productive.
- Pois Rapido : Création récente de Sativa Rheinau (Suisse). Petits grains lisses et très précoces. Résiste mieux au froid, croissance rapide. Fleurs blanches. Grains sucrés, tendres, juteux, fruités et fondants.
- Sénateur : Variété demi-naine à grains ridés, vert foncé. Cosses fines de 10 cm se terminant par une courbe. Plante de 65 cm de haut.
- Sugar lace : Pois mangetout au goût très sucré, bon rendement, gousses sans fil. Résistant au mildiou et au virus de la mosaïque du pois. Peut être cultivé en fin de saison avec un climat frais et humide. Création de Sativa, spécialisée dans les pois résistants aux maladies. Plants nains de 75 cm de haut, produisant moins de feuilles, ce qui concentre l'énergie sur les gousses pour un rendement élevé. Fleurs blanches qui ne coulent pas, meilleure résistance à la chaleur.
Toutes ces semences sont reproductibles, offrant un large choix pour tous les goûts et les moments de semis.

Les Légumineuses en Permaculture : Principes et Applications
L'intégration des pois chiches et des pois potagers dans un jardin en permaculture est une démarche logique et bénéfique, s'alignant sur des principes qui favorisent un environnement sain et productif. La permaculture, en cherchant à cultiver de manière logique, sans détruire l'environnement et sans exploitation animale, accorde une importance capitale à la vie du sol.
Préparation du Sol et Fertilisation Naturelle
Le pois, comme les autres légumineuses, est très peu exigeant en éléments nutritifs. Il apprécie les sols bien ameublis en profondeur. Pour obtenir un sol "souple" sans briser sa structure, l'utilisation d'outils comme la Grelinette ou la Campagnole est préconisée, afin de décompacter et d'aérer le sol sans retourner les horizons. Le pois préfère les terres qui se ressuient vite et se réchauffent assez tôt, l'objectif étant une levée régulière et un enracinement facile, sans un sol sur-travaillé. Il est recommandé de décompacter sur 15 à 25 cm, puis d'émietter uniquement la surface au croc ou au râteau pour former un lit de semences fin.
Étant donné que les légumineuses sont aptes à capter l'azote atmosphérique, les engrais azotés ne sont pas nécessaires. Il est crucial d'éviter les apports frais avant les semis, tels que les fumiers ou composts mal décomposés, car ils peuvent favoriser la prolifération de pucerons. Si un enrichissement est souhaité, il est préférable de l'effectuer sur une culture précédente ou avec de la matière bien mûre. Un apport léger de cendres de bois ou d'un engrais naturel riche en potasse peut soutenir la floraison et la mise en gousse, mais doit être utilisé modérément pour ne pas déséquilibrer le sol.
Dans une approche permacole, le sol doit être couvert le plus possible durant l’année. Cela lui permet d’être plus vivant, de conserver sa fraîcheur et sa disponibilité en éléments nutritifs. Pour cela, il est conseillé de le remplir de cultures nourricières. À défaut d’ensemencer toutes les zones de culture, un paillage quelconque peut être ajouté. Néanmoins, une couverture vivante est généralement plus productive qu’un potager simplement paillé. Les racines des légumineuses, en se décomposant, libèrent l'azote fixé, enrichissant ainsi le sol pour les cultures suivantes. Cette contribution est cruciale pour la santé et la fertilité du sol à long terme.
Semis et Timing Stratégique
Les pois, résistants à de faibles gelées, peuvent être semés tôt dans la saison. En climat méditerranéen, les semis sont possibles d'octobre à janvier. Dans les régions à climat doux (océanique et sud de la France), ils peuvent être semés de la mi-février jusqu'à fin avril, en évitant les semis plus tardifs à cause de la sécheresse. Dans les autres régions, la période de semis s'étend de mars à avril. Pour échelonner les récoltes, il est judicieux d'espacer les semis de 10 à 15 jours. Un voile peut sécuriser la levée des semis très précoces.
Les petits pois se sèment en place à une profondeur de 2 à 3 cm. Les lignes sont espacées de 35 cm pour les variétés naines et de 60 cm pour celles à rames, avec un écartement de 2 à 3 cm sur la ligne. Le trempage des graines n'est pas obligatoire, mais peut accélérer et homogénéiser la levée si le sol est sec ou frais. Il doit être bref (6 à 12 heures) pour éviter l'asphyxie.
Rotation des Cultures et Associations Bénéfiques
La rotation des cultures est une pratique clé en permaculture, et un délai de 5 ans entre deux cultures de pois au même endroit est une bonne règle, surtout si des maladies du sol ont été observées. Cela aide à prévenir l'épuisement du sol et la propagation des maladies comme la fusariose.
Le pois s'associe favorablement avec de nombreuses autres plantes. Les carottes, les navets, les radis, les pommes de terre ou encore les concombres apprécient généralement son voisinage. Le pois occupe le terrain assez tôt et s'intègre bien dans un potager où l'on cherche à enchaîner les cultures sans laisser de "trous". Les associations de cultures, ou compagnonnage, permettent de protéger les plantes des nuisibles et d’augmenter les récoltes sans l’utilisation d’engrais chimiques ou de pesticides.
On lit souvent que les alliacées (ail, oignons, poireaux, échalotes) seraient préjudiciables aux pois. Cependant, cette règle est à prendre comme un repère plutôt qu'un interdit absolu, car les résultats peuvent varier selon le sol, le climat et les variétés. Une expérimentation personnelle est souvent la meilleure approche pour valider ces associations. Par exemple, les pois peuvent repousser les doryphores, qui sont friands des pommes de terre.
Il est recommandé d'associer des légumes qui se protègent mutuellement. La combinaison emblématique des "Trois Sœurs" (maïs, courges, haricots) est un excellent exemple. Le maïs sert de tuteur naturel aux haricots grimpants, ces derniers, en tant que légumineuses, captent l'azote atmosphérique et enrichissent la terre. La courge, quant à elle, offre de l'ombre et couvre le sol, limitant la pousse des adventices. Toutefois, le timing est crucial : il faut semer le maïs et attendre un mois avant de semer les haricots pour qu'ils ne le gênent pas.
Entretien et Protections Naturelles
Les petits pois n’aiment pas l’excès d’eau ; une terre détrempée en continu ralentit souvent la germination et fragilise les jeunes plants. En revanche, si le temps est très sec, il faut maintenir le sol légèrement humide par des arrosages jusqu’à la levée. Une fois la culture établie, les besoins en eau sont modérés, surtout avec un bon paillage.
Dès la levée des plants, un binage léger est bénéfique pour casser la croûte de surface et limiter les adventices. Le buttage, lorsque les plantules atteignent 15 cm, stabilise les tiges et encourage un enracinement solide. Pour les variétés à rames, les supports (branches ramifiées ou grillage) doivent être installés tôt, idéalement dès le semis, pour ne pas endommager les racines.
Le paillage est un allié précieux une fois que les plants sont suffisamment développés. Il stabilise l’humidité, limite les herbes indésirables et réduit le besoin d'arrosage. Il faut cependant attendre que les plants soient robustes, car un paillage trop précoce peut offrir un abri aux limaces et autres "gourmands".
Récolte et nettoyage du pois chiche
Gérer les Ravageurs et Maladies en Permaculture
La permaculture vise à créer un équilibre naturel pour gérer les ravageurs et maladies, plutôt que de les éradiquer. Les oiseaux, comme les merles, raffolent des jeunes pousses de pois. Pour les protéger, des branchages peuvent être posés sur les semis pour gêner l'atterrissage, ou un filet de protection bien plaqué au sol peut être utilisé.
De nombreux insectes, tels que le puceron vert, la sitone (qui fait des encoches circulaires sur les feuilles), la cécidomyie, la tordeuse (dont la chenille mange les graines dans les cosses) et la noctuelle défoliatrice (dont la chenille dévore les feuilles), peuvent attaquer les pois. L'objectif n'est pas d'atteindre un "zéro insecte", mais d'éviter des attaques massives. La prévention est essentielle : un semis au bon moment, une croissance régulière de la plante et un potager vivant qui héberge des auxiliaires sont fondamentaux.
Il est important de préserver des zones "sauvages" autour et au sein du potager. La rotation des cultures sur 5 ans, un semis précoce, l'évitement des fumures riches en azote (qui rendent les tissus plus tendres et attractifs pour les pucerons), et la diversification des cultures sont autant de stratégies pour limiter les attaques. En cas d'attaque, l'observation des coccinelles, syrphes et chrysopes (insectes auxiliaires) est primordiale, car ils peuvent réguler naturellement les populations de nuisibles. Une pulvérisation douce à base d'infusion de tanaisie ou d'absinthe peut être utilisée si nécessaire.
Les maladies cryptogamiques, comme la fusariose et l'oïdium, surviennent souvent lorsque les plantes subissent des stress répétés (sol trop humide, chaleur brutale, sécheresse, culture tardive). Une rotation régulière, une levée homogène et un arrosage mesuré sont de très bonnes protections. La fusariose, causée par divers champignons, se manifeste par un jaunissement et un flétrissement rapide. Pour s'en prémunir, il faut semer tôt dans un sol meuble, respecter les rotations, choisir des variétés résistantes et brûler les plantes atteintes. L'oïdium, sensible à la chaleur, peut être évité en ne semant pas trop tard, en assurant un bon espacement et une croissance régulière.
La Vision Permacole au Quotidien
Dans un contexte de permaculture, la flexibilité et l'expérimentation sont encouragées. L'approche personnelle du jardinage, qui cherche à concilier les principes de la permaculture avec, par exemple, la création de "terra preta" (incorporation de charbon de bois au sol), illustre cette adaptabilité. Il ne s'agit pas de reproduire fidèlement la terra preta tropicale en France, mais d'appliquer ses principes d'amélioration de la qualité du terreau et du sol sur le long terme.
Les défis liés à la cohabitation avec des visions différentes du jardinage (comme un jardin "à la française" très ordonné) peuvent être gérés par la mise en place de limites physiques ou l'expérimentation de solutions créatives. Par exemple, la protection des jeunes pousses contre les limaces par des abris à hérissons ou l'utilisation de paillage de branches broyées témoignent d'une recherche constante d'alternatives naturelles.
La maximisation de la photosynthèse est un objectif central : occuper toute la surface disponible avec des feuilles situées à différents étages. Cela implique de jouer sur l'utilisation de l'espace en hauteur et sur le temps, avec des successions de cultures. Par exemple, planter des radis avant que les tomates ne prennent toute la place, puis du basilic, et enfin des navets ou des laitues. Les légumineuses, avec leur capacité à fixer l'azote, sont des alliées indispensables pour nourrir le sol dans ces systèmes intensifs.
Il est important de ne pas se sentir coupable si toutes les règles ne peuvent pas être appliquées à la lettre. L'esprit de la permaculture réside dans la logique, l'observation et l'adaptation à son environnement et à ses moyens, qu'il s'agisse de créer des associations complexes ou de gérer un petit potager avec des contraintes.

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