La permaculture est bien plus qu’une méthode de jardinage ; c’est une véritable philosophie qui cherche à travailler avec la nature plutôt que contre elle. Dans un contexte de sécheresse, de perte de biodiversité et d’appauvrissement des sols, adopter la permaculture permet de créer un potager productif, écologique et durable. Les principes fondamentaux de la permaculture résident dans l'observation de la nature et l'inspiration de ses mécanismes. Contrairement à l’agriculture intensive, qui appauvrit les sols et nécessite beaucoup d’intrants chimiques, la permaculture recherche l’équilibre naturel. Outre les bénéfices écologiques, un potager en permaculture demande aussi moins d’entretien sur le long terme.

Le sol est la clé de tout potager réussi. En permaculture, on évite de le retourner profondément afin de ne pas détruire la microfaune. La monoculture fragilise les plantes, tandis que la diversité des plantations est encouragée. La gestion de l’eau est un pilier central de cette approche. Prenez le temps d’observer votre terrain : zones ensoleillées, zones d’ombre, orientation, humidité. Les buttes, par exemple, permettent de drainer, d’accumuler l’eau et d’augmenter la fertilité. Un potager en permaculture repose sur l’observation, le respect du sol, la diversité des plantations et la gestion écologique de l’eau. Accessible à tous, ce mode de culture permet de récolter abondamment tout en régénérant la terre et en favorisant la biodiversité. Le labour détruit la structure du sol et la microfaune, c'est pourquoi il est proscrit en permaculture. Même un balcon ou une petite cour peuvent accueillir des bacs de culture en permaculture.
L'Eau, une Ressource Précieuse et Menacée
Dans nos potagers comme dans la société, l’eau a une place centrale dans nos vies. Et pourtant, elle vient parfois à manquer. Les canicules à répétition et les sécheresses à rallonge nous obligent à nous adapter aux aléas climatiques, et plus généralement à la saison estivale. Les sécheresses et le changement climatique sont des réalités de plus en plus évidentes, même si toutes les années ne sont pas concernées. Les restrictions d’eau sont devenues courantes dans de nombreuses régions. D’ici 2050, on estime que 84% des terres agricoles mondiales pourraient souffrir de pénuries d’eau. Il est donc impératif de chercher à économiser cette ressource vitale.

On peut souvent observer par temps caniculaire ce genre de fissures sur les sols argileux. Elles apparaissent lorsque l’eau en surface est complètement évaporée. L’argile se rétracte alors et fend. On estime que dans les décennies à venir, certaines régions pourraient être victimes de fortes irrégularités dans les précipitations estivales. Cela dépend énormément des régions, mais l’augmentation progressive des températures induira forcément une consommation accrue en eau des cultures.
Stratégies d'Économie d'Eau en Permaculture
Si l'on peut faire des économies d’eau et endurcir nos plantes à la sécheresse, les semis eux sont délicats et nécessitent un sol constamment humide. C’est donc dès ce stade qu’il faut se préoccuper de l’eau. Pour économiser de l’eau lors de la germination des semences, quelques gestes simples peuvent faire toute la différence.
Optimisation de l'Arrosage pour les Semis
Utilisez des voiles posés SUR le sol pour maintenir l’humidité pendant les premiers jours de germination. Enlevez-les dès que les plantules sortent. Après la levée des plants en godets, évitez d’arroser directement au sol. Utilisez des soucoupes pour les plants, ce qui permet de conserver l’eau et d’éviter le gaspillage. Lorsque vous semez en pleine terre, évitez de le faire en plein soleil. Utilisez des planches, du voile P17 ou du carton pour limiter l’évaporation de l’eau et réduire la fréquence d’arrosage.
L'ARROSAGE des SEMIS et le BASSINAGE des PLANTS【La formation Potager Coach - chapitre 13】
L'Usage des Bâches pour Retenir l'Humidité
Les bâches d’ensilage peuvent être utilisées pour retenir l’humidité dans le sol. Bien qu’elles puissent ne pas être esthétiquement plaisantes, ni très naturelles, elles sont très efficaces pour économiser l’eau. Ces bâches ne laissant pas passer l’eau, un cycle se crée sous la bâche avec de l’évaporation, qui vient se fixer sous la bâche sous forme de gouttelettes et retombe au sol. Certaines cultures comme les courges ou les patates douces se plaisent très bien sur bâche et ne nécessitent alors que peu d’arrosage. L'ensilage est une pratique agricole où l’on vient faire fermenter un végétal vert dans une bâche étanche pour nourrir les bêtes par la suite. Dès que les bâches sont trop trouées, elles ne peuvent plus servir à l’ensilage et sont envoyées au recyclage. En les récupérant pour le potager, vous prolongez donc la vie de cette bâche que vous pourrez, une fois trop abîmée, réintégrer dans le processus de recyclage. Vous pouvez également utiliser des bâches tissées mais avec ces dernières l’eau s’évapore. Il faudra donc arroser par grosses chaleurs. Vous pouvez camoufler la bâche avec de la tonte fraîche ou du broyat pour un meilleur esthétique. Si vous n’êtes pas convaincu par les bâches, dites-vous qu’elles vous permettent d’économiser beaucoup d’eau et de produire plus. Si, par manque d’arrosage vos cultures produisent peu ou pas, vous devrez alors acheter des légumes du commerce qui ont poussé avec de l’irrigation, et surement aussi des bâches. L’utilisation du plastique en permaculture n’est pas à bannir non plus, d’autant plus qu’ici, il s’agit d’un déchet que l’on va réutiliser avant de le recycler.
L'Arrosage en Profondeur : Une Technique Essentielle
L’arrosage en profondeur est une stratégie efficace pour permettre aux plantes de s’enraciner plus profondément. Enfoncez une bouteille ou un bambou percé dans le sol près des plantes et arrosez directement à l’intérieur pour que l’eau atteigne les racines en profondeur. Pour les courges ou les patates douces qui sont coureuses, pensez également à planter un bâton au pied de chaque plant. Cela vous permettra d’optimiser vos arrosages en apportant de l’eau directement sur les racines. Attention, cette méthode d’arrosage en profondeur n’est pas très intéressante sur des sols très drainants. Privilégiez-la sur des sols argileux ou limoneux.

Les oyas, ou ollas, sont une bonne manière d’arroser en profondeur et d’économiser de l’eau. Ce sont des poteries poreuses qui diffusent lentement l’eau dans le sol. Il suffit de venir les enterrer en amont de la culture entre les légumes. Ces derniers viendront par la suite mettre leurs racines autour de l’oyas pour y puiser de l’eau par capillarité. Les oyas sont une solution d’arrosage low-tech très efficace. Pour concentrer l’eau autour des racines de vos plantes, créez des cuvettes en terre lors de la plantation.
Récupération et Réutilisation de l'Eau Domestique
À chaque douche, le temps que l’eau chauffe, ce sont plusieurs litres d’eau qui sont perdus systématiquement. Une astuce simple consiste à récupérer l’eau de la douche en plaçant une cuvette à vos pieds. C’est toujours plusieurs litres par jour et si tous les membres de votre foyer le font, vous pouvez récupérer plusieurs dizaines de litres d’eau pour vos semis et arrosages quotidiens. Vous pouvez également utiliser l’eau de rinçage pour arroser vos légumes. Chez Olivier Puech, un lavabo est installé dehors pour récupérer directement l’eau de rinçage des légumes.
Création d'une Mare pour la Biodiversité
Installez une mare ! La biodiversité aussi a besoin d’eau pour se rafraîchir. Toute cette faune est nécessaire à un bon équilibre dans les écosystèmes que sont nos jardins. Une mare enrichit le paysage, favorise la présence d'auxiliaires et crée un microclimat plus frais, bénéfique pour l'ensemble du jardin.
Le Paillage : Une Couche Protectrice Vitale
Le paillage est une astuce bien connue en permaculture pour limiter l’évaporation de l’eau du sol. Utilisez des matières organiques comme de la tonte fraîche pour garder l’humidité près des racines de vos plantes. Cette technique est applicable à l’ensemble des plantes du potager et les économies d’eau sont non négligeables. Vous pouvez même venir pailler de nombreux semis qui passeront sans soucis à travers cette couche. Pour des semis veillez à ne pas mettre un paillage trop épais d’un coup mais pour des plantes installées, vous pouvez y aller !

Une autre petite astuce qui permet de limiter l’arrosage est de pailler vos allées. Dans le cas contraire, l’eau cherchera à s’évaporer par ces zones non paillées. Vous pouvez même choisir de ne pas tondre les allées en été pour économiser de l’eau. Tondre à ras entraîne une repousse rapide et nécessite bien plus d’eau qu’une prairie non tondue ! Mais c’est alors un peu la jungle au potager… À chacun de trouver sa méthode préférée.
Ombrage et Brise-Vent : Protéger les Cultures des Extrêmes
Pendant les périodes de chaleur, ombrer votre potager peut protéger vos cultures et votre sol des températures élevées. Cependant, choisissez des cultures adaptées à l’ombre si nécessaire. Il existe de nombreuses façons d’ombrer le potager : voiles, canisses, draps, arbres. L’ombrage est de plus en plus recherché pour de nombreux végétaux lors des épisodes caniculaires. Bloquer le vent dans votre potager peut également réduire l’évaporation de l’eau. Une haie ou des plantes annuelles peuvent protéger vos cultures des vents desséchants. On dit qu’une haie filtre le vent jusqu’à 7 fois sa hauteur en longueur.
L'Expérience de la "Foodforest" sous les Pins du Var
Sur un terrain dans le centre du Var (France), une petite "foodforest" (forêt alimentaire ou forêt-jardin) est expérimentée depuis l'année 2000, avec des moyens très limités et à petite échelle. Ce projet compte environ 300 arbres et arbustes, plus des vignes, sur un sol argilo-calcaire. La région connaît des gelées en fin de nuit en hiver (-8°C couramment, rarement -12°C) mais pas de gelées tardives. Il s'agit probablement du micro-climat le plus sec et chaud de France en été en journée, avec de fréquents épisodes de violent mistral sec et froid en hiver, et brûlant et desséchant en été. Il n'y a aucune pluie en saison de végétation (sauf en 2000 et 2011), et plusieurs années d'affilée, aucune pluie non plus au printemps. Le cumul annuel des précipitations a chuté à 35 cm certaines années, et un épisode de 12 mois consécutifs sans pluie a été enregistré en 2003-2004. Il n'y a pas d'eau sur le terrain hormis la pluie, mais une trentaine de mètres cubes est stockée facilement l'hiver grâce au toit.
Les fruitiers et fruitiers rares plantés poussent lentement au début si on compare à des vergers irrigués. Mais chaque année, de plus en plus d'arbres sont sevrés, c'est-à-dire qu'ils se passent totalement des ombrières et de l'arrosage, et font leurs premières fleurs et premiers fruits. Les ombrières sont des sacs de jute récupérés à une usine de café et enfilés verticalement sur 2 tuteurs ou fers à béton plantés verticalement de manière à ce que le sac ombre l'arbre par le sud. Le jeune arbre n'est donc touché que par le soleil du matin et du soir. Elles sont installées tout début juin en général et enlevées à l'automne, sauf pour les agrumes, asiminiers et autres espèces forestières de sous-étage qui préfèrent l'ombre toute l'année. C'est un travail conséquent.
La diversité floristique (herbacées) et faunistique (insectes, oiseaux…) a explosé et continue de croître depuis qu’on a cessé toute fauche, et le sol s'améliore grâce à cet enherbement pérenne non fauché. Le feutrage total par plateaux de tallage des graminées qui recouvrait initialement toutes les parcelles ouvertes (chaque année depuis des décennies, le terrain était fauché aux pires moments, c’est-à-dire printemps et début d'été) a quasiment disparu. Dans une bonne partie des parcelles, les graminées ne sont et ne seront jamais plus concurrentielles. Les arbres n'ont pas de maladie. Les premières années, les poiriers avaient la rouille, et les pommiers étaient de véritables "HLM à pucerons/fourmis" ! Tout cela a disparu : ces dernières préfèrent maintenant élever leurs pucerons sur les "genêts" (spartiers à tiges de jonc), chardons, scabieuses maritimes et autres espèces sauvages. La végétation spontanée a été laissée pousser dans les parcelles, incluant une multitude d'herbacées et sous-arbrisseaux divers, ainsi que clématite flammette, chèvre-feuille, ciste cotonneux, lentisque, cade, pin d'Alep, chênes vert et pubescent, érable de Montpellier, nerprun alaterne, filaires, troène, viorne tin, églantier, aubépine. Seuls les pruneliers et les ronces, encore trop présents tant qu’il y aura trop de lumière, s'avèrent non conviviaux pour les humains. On les arrache à la main, surtout les ronces, en début d'hiver avant qu'elles ne se marcottent, ce qui est finalement le plus efficace et le plus rapide. On les roule et les dépose au pied des jeunes fruitiers par-dessus le mulch.
Le mulch permet aux micro-organismes de fabriquer rapidement un sol structuré et fertile, qui nourrit parfaitement les systèmes racinaires et retient bien l'humidité. Le mulch bloque aussi l'évaporation, à condition qu'il soit épais, dans ce cas, d'au moins 20 cm, idéalement 30 cm, et largement répandu autour du pied du jeune arbre (1 mètre de diamètre ne suffit pas). L'arrosage est réduit au minimum pour les premiers étés (par arbre : 80 à 200 litres une fois par été, rarement deux pour les espèces les plus délicates). L'ombre a permis de doubler la durée de la saison de végétation : en plein soleil, les feuilles des jeunes arbres stoppent la photosynthèse tout début juin. S'il pleut en septembre (ce qui n'arrive plus depuis plusieurs années), une nouvelle génération de feuilles peut pousser à l’automne dès que la lumière est moins violente. Au total, l'arbre aura poussé durant 2 à 3 mois maximum, malgré l'humidité et la qualité du sol sous le mulch. À l'ombre, en revanche, les feuilles ne bloquent pas la photosynthèse de tout l'été et l'arbre pousse d'avril à fin septembre au moins, soit 2 fois plus longtemps.
Le mulch déposé au pied des arbres a été voulu comme un pur mulch le plus pérenne possible, et non pas comme du BRF ou du compostage en surface. Il a donc été déposé sur le sol sans mélanger ni griffer pour ne pas induire de décomposition. Cela a amélioré le sol d'une manière qui dépasse largement tout ce qu'on aurait pu attendre d'une si grossière imitation de la litière forestière (couleur, odeur, perméabilité, structure, macrofaune…). Ce "mulch pérenne" a finalement duré plusieurs années dans ce climat, ce qui était l’objectif.
L'ARROSAGE des SEMIS et le BASSINAGE des PLANTS【La formation Potager Coach - chapitre 13】
Jusqu'à maintenant, pour les arbres de pépinière, ce qui a fait la différence, c'est le cocktail "ombrer/mulcher/rabattre à 3 yeux à la plantation". En effet, les premières années, cette méthode n'était pas appliquée. Les arbres de pépinière étaient arrosés, et c'est tout. L'été 2003, les 300 fruitiers de pépinière sont morts, sauf 4 ou 5. Après avoir replanté à l'automne 2003 et appliqué la méthode ombre/mulch/rabattre, les arbres vivent et s'autonomisent. En revanche, ce fameux été 2003, aucun des arbres issus de semis directement en place n'est mort (amandiers, pistachiers et pruniers essentiellement), alors qu'ils n'ont jamais eu d'arrosage. Ce n'est pas l'espèce qui fait la différence, c'est le semis direct. Depuis, il a été constamment constaté, dans les tropiques comme ici, que la façon de loin la plus efficace d'installer des arbres est le semis direct. Et c'est plus rapide. Comme il est possible de greffer des arbres de toute taille, si la variété issue du semis direct s'avère inintéressante à terme, on pourra toujours la greffer en place.
Pour accélérer les choses, il aurait fallu dès le début insister sur la canopée. Sous les pins d'Alep qui recouvrent une grande partie de la France méditerranéenne, c'est moins urgent car tout y pousse bien ; leur ombre est idéale et ils jouent parfaitement leur rôle de pionnier et d'aggradeur du sol, accélérant la croissance des espèces au-dessous d'eux. Les pins (Pinus spp.), contrairement aux sapins et épicéas (Abies spp.), sont des espèces d'arbres pionnières compagnes, moyen de "faire pousser l'ombre (ou le parasol)", ainsi que la fertilité, un climat plus humide et une bonne résilience du système. Si la diversité d'espèces est grande, la densité peut aller jusqu'à 2 m en tous sens entre 2 arbres de production, et n'a quasiment pas de limite pour les pionniers compagnons. Il serait encore mieux de faire pousser le parasol au même endroit que l'arbre de production : on sème au même endroit les unes contre les autres quelques graines de pionniers et quelques-unes du fruitier par exemple, ces dernières au nord des premières (hémisphère nord). Les pionniers feront un parasol (et des tuteurs de signalisation/protection) croissant spontanément au-dessus du fruitier tout en le fertilisant. L'important dans tout ça, c'est que les pionniers ombrent les fruitiers et autres arbres de production (tout en les fertilisant).
Ces fruitiers issus de semis directement en place mettront à fruit tardivement et produiront très longtemps et beaucoup. Ils constituent le capital de plus faible input et d'output maximum. Mais il est toujours bon de garder une grande proportion non greffée jusqu'à la mise à fruit, car finalement, la majorité des fruitiers est assez fidèle au type. Les arbres greffés directement en place mettront à fruit plus tôt et vivront moins longtemps que ceux non greffés. Ces arbres mettront à fruit très tôt et mourront très vite, surtout ceux qui sont greffés, et encore plus ceux qui sont greffés non sur franc. Ces derniers devront d'ailleurs être taillés régulièrement. Globalement, il aura fallu les planter le plus tôt possible en octobre ou novembre, les rabattre très bas à la plantation, les mulcher, les ombrer s'ils ne sont pas sous une canopée préexistante, les arroser 1 à 3 fois par été les premiers étés, donc avoir stocké de l'eau. C'est le capital à très gros input et très bas output.
Par ailleurs, il serait tout intérêt à greffer les sauvageons directement en place : la plupart des variétés de fruitiers classiques, mais aussi de sorbes domestiques, cornouilles, jujubes, azéroles, nèfles d'Allemagne, pistaches, chênes à glands doux. Et, très important, il faudrait aussi profiter des arbrisseaux, arbustes et jeunes arbres spontanés pour massivement semer directement en place, bien à l'ombre sous leurs branches côté nord, des fruitiers, des arbres à bois… et éventuellement aussi des arbres compagnons/fertilitaires. Elles poussent spontanément. Si on se contente de les favoriser, on a un input quasi nul. Or, on redécouvre aujourd'hui à quel point elles sont plus nutritives que les plantes domestiques. On insiste classiquement à tort sur le contenu des aliments en calories, hydrates de carbone, lipides, protides, en oubliant que le plus important reste les micro-nutriments (oligo-éléments, vitamines, sels minéraux, enzymes, en général catalyseurs du métabolisme, ainsi que les micro-organismes naturellement présents au bas des plantes…). Quoiqu'il en soit, les plantes sauvages, et notamment les parties chlorophylliennes, jeunes pousses, fleurs, bourgeons…, mais aussi lichens, nostoc, sont d'une grande valeur.
Gérer les Spécificités d'un Terrain sous les Pins
Sous les pins, un milieu ouvert ni cultivé, ni fauché, ni pâturé peut être créé, ce qui est hélas rare et pourtant si facile à générer. En effet, on trouve généralement soit des milieux fermés, soit des milieux labourés, fauchés ou pâturés. Si on le désire, on empêche très facilement le milieu de se refermer, essentiellement en "tirant" (surtout ne pas couper !) les semis spontanés d'arbres et arbustes tant qu'ils sont jeunes, et bien sûr les ronces à l'automne. Résultat : les plateaux de tallage des graminées se sont considérablement réduits. Du coup, ce sont maintenant les autres familles botaniques qui dominent, avec une véritable explosion de la diversité. Entre autres une incroyable diversité de salades sauvages et plantes comestibles excellentes et hautement nutritives, quasiment tout le long de l'année. Et de médicinales et autres plantes utiles… Voilà donc un système de "non-culture" de haute valeur pour un input très faible.
Cependant, certaines pionnières sont difficiles à établir, notamment les crucifères comme le pastel des teinturiers, la passerage drave ou la diplotaxe fausse-roquette. La bourrache a eu du mal à s'installer. Pas de mauve, de chénopode, d'amaranthe, ni de pourpier spontanés. Il a fallu mettre un peu le sol à nu par endroits pour accélérer l'arrivée de ces savoureux marqueurs des sols très dégradés.
Questions sur la Gérance des Sols Acides sous les Pins
Les pins peuvent rendre le sol acide. L'idée de chauler une partie pour comparer le résultat est pertinente. Concernant le chaulage, on utilise de préférence de la chaux ou de la craie. Il est préférable de chauler au printemps, lorsque le sol est en préparation. Selon Wikipédia, il ne faut pas chauler sur du fumier ou du lisier, ni épandre des engrais de ferme sur de la chaux, car cela déclenche une réaction chimique qui volatilise l’azote ammoniacal des engrais de ferme. Il est donc préférable de le faire au printemps quand les crottins seront compostés, mais est-ce bon de le faire juste avant de lancer une culture ? Si le terrain est vraiment acide, des compléments pour équilibrer pourraient être nécessaires.
Sous des pins en plein sud, on peut trouver le Cèpe de Bordeaux dans l'écosystème. Il est envisageable que de la vigne puisse pousser sur des pins pas trop volumineux ou étêtés si elle a un peu de lumière. Dans une pinède pas trop dense, sous un climat comme la Belgique, on voit assez rapidement apparaître des saules marsaults, noisettiers, pruniers, bouleaux, sureaux. Les apports d'eau (et de neige) sont tout à fait profitables, et laisser les souches peut être bénéfique.
Techniques d'Aménagement en Forêt de Pins
Le relevé de couronne est un très bon moyen pour que les pionniers puissent germer et pousser dans cette forêt de pins. Avec du bon équipement, cela peut aller très vite. Il existe du matériel professionnel, coûteux mais durable et efficace, comme les scies japonaises.
Sur une petite parcelle de pin dans les Cévennes, sur un terrain assez pentu, une approche consiste à abattre les pins petit à petit. Sous les pins existants, on trouvait déjà du châtaignier, quelques jeunes merisiers et quelques petits chênes. Une technique consiste à utiliser les troncs des pins abattus pour les placer perpendiculairement à la pente. En prenant des tronçons de 3m, on les déplace (en tirant fort ou avec une grosse barre à mine) pour créer des terrasses. On remplit en amont de tous les déchets verts plus de la terre reprise au-dessus là où le tronc suivant sera placé. Ces aménagements contribuent à la rétention d'eau et à la création de zones cultivables.
L'Engagement pour la Résilience Globale
À l’échelle globale, des décisions politiques sont essentielles pour résoudre le problème de la sécheresse. Il est intéressant de voter pour des politiques environnementales responsables et de soutenir les collectivités qui subventionnent les solutions de récupération d’eau. Sans eau, c’est toute la faune et la flore qui peinent. À titre d’exemple, la ville d’Elne dans les Pyrénées-Orientales se démène pour enrayer ce phénomène. Ces dernières années, le déficit de pluie de la commune est important, avec 150 mm d’eau en 2022 contre 600 mm en moyenne les années précédentes. La mairie s’est emparée d’un concept créé en Chine pour lutter contre les inondations et augmenter le stock d’eau dans les sols : les villes éponges. Le principe : installer des revêtements perméables afin que l’eau ne ravine pas, planter des arbres et débiter une partie des centres-villes. C’est un exemple que de nombreuses communes devraient être amenées à suivre. À l’échelle de nos jardins, nous pouvons également faire notre part pour économiser de l’eau et contribuer à cette résilience collective.
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