Greffer un Prunier : Techniques, Choix du Porte-Greffe et Alternatives de Multiplication

La multiplication des pruniers par greffage est une technique horticole ancestrale qui permet d'obtenir des arbres fruitiers identiques au greffon choisi, tout en bénéficiant des avantages du porte-greffe. Bien que le bouturage du prunier soit possible, il est souvent voué à l'échec ou ne donne pas les fruits désirés, rendant le greffage la méthode de choix pour les arboriculteurs, qu'ils soient professionnels ou amateurs. Ce processus complexe mais gratifiant assure la reproduction fidèle des variétés souhaitées et améliore la résistance de l'arbre aux maladies et son adaptation au sol.

Schéma de l'anatomie d'une greffe réussie avec cambiums alignés

Pourquoi Greffer un Prunier ? Les Multiples Avantages

La greffe végétale permet de contourner le processus de la pollinisation croisée. La multiplication naturelle par semis, via les noyaux, produit des fruits aux caractéristiques aléatoires à cause de la pollinisation croisée naturelle. Chaque fruit issu d'une fleur pollinisée contient les informations génétiques de deux arbres, ce qui peut donner une variété hybride si la pollinisation se fait entre deux arbres de variétés différentes. Ce n'est pas ce que l'on souhaite quand on cultive une variété précise de prunier, comme un prunier Reine Claude par exemple. La greffe est donc la seule méthode qui permet de reproduire une variété de prunier à l'identique.

Au-delà de la reproduction fidèle, le greffage offre l'opportunité d'améliorer les qualités de l'arbre. Le choix d'un porte-greffe adéquat peut rendre le prunier plus résistant aux maladies, plus tolérant en matière de sol ou de climat, et améliorer sa vigueur. Un prunier greffé sur Myrobolan développe une vigueur importante, tandis qu'un greffage sur Saint-Julien produit un arbre de taille modérée. Les variétés de prunier greffées entrent en production plus rapidement qu'un arbre franc issu de semis, produisant généralement leurs premiers fruits dès la troisième année après plantation. La greffe permet également de conserver toutes les propriétés de l'arbre qui a donné le greffon, garantissant ainsi les qualités gustatives et de production souhaitées.

La Période Idéale pour Greffer un Prunier

La période de greffage varie selon la technique choisie. La plupart des arbres fruitiers se greffent entre la fin de l’hiver et le début du printemps, juste avant la reprise de la végétation. La montée en sève constitue en effet la période idéale pour la reprise d'une greffe et le développement des bourgeons. C'est à cette période que se pratiquent les greffes dites "à œil poussant", comme la greffe à l'anglaise ou en fente. Il est judicieux d'arroser régulièrement le sujet à greffer avant de réaliser ces greffes en sève montante afin que la sève soit abondante, ce qui favorisera une meilleure reprise.

D'autres techniques, à l'image de la greffe en écusson, se pratiquent plutôt avant l'arrivée de l'automne, de fin juillet à début septembre, lorsque l’écorce se décolle facilement de l’aubier. Ces greffes sont dites "à œil dormant", réalisées en fin d’été ou en automne, alors que la sève descend. La meilleure période pour greffer un prunier correspond donc en premier lieu à la méthode que le jardinier préfère utiliser.

jardinage: Ciseaux De Greffage avec 3 Lames type U, type V ,type Ω,

Les Techniques de Greffage du Prunier

La greffe est un exercice technique mais accessible aux jardiniers amateurs, dont le taux de réussite est plus important que le bouturage. Pour le prunier, plusieurs méthodes sont couramment utilisées, chacune adaptée à des situations spécifiques. Il est crucial de choisir systématiquement des sujets sains et vigoureux, tant pour le greffon que pour le porte-greffe, et de veiller à la propreté des outils.

La Greffe en Écusson : La Méthode du Débutant

La greffe en écusson est considérée comme la méthode la plus facile pour débuter. Elle se pratique en été, dès que l'écorce du tronc commence à se désolidariser de l'aubier.Pour la préparer, il faut commencer par arroser le porte-greffe 15 jours à l'avance.Ensuite, sélectionnez un rameau de l'année d'une vingtaine de centimètres. Sur ce rameau, choisissez un bel œil situé à l'aisselle d'une feuille, que vous supprimerez sans couper son pétiole. Préparez l'écusson en réalisant deux entailles de 1,5 cm de chaque côté de l'œil, passant sous l'écorce et en évitant d'entamer le bois. Une fois le greffon prélevé, nettoyez la partie sous l'écusson pour qu'il ne reste pas de fragment de bois.

Sur le porte-greffe, supprimez les rameaux et les feuilles autour du point où le greffon sera placé. Réalisez une entaille en T dans l'écorce, sans atteindre le bois : une fente horizontale de 2 cm, puis une verticale de 4 cm. Utilisez le plat de votre greffoir pour soulever les bords de l'écorce de l'incision en T et insérez l'écusson dans cette fente, jusqu'au fond. Si un bout d'écusson dépasse de la fente, il faudra le couper proprement. Appuyez ensuite fort sur chaque côté de l'entaille afin d'en chasser l'air. Enfin, ligaturez la greffe en laissant toujours l'œil libre. La réussite de la greffe écusson se vérifie après deux semaines par la chute naturelle du pétiole. Un pétiole qui reste attaché indique généralement un échec du greffage.

La Greffe en Incrustation : Moins Mutilante et Efficace

Cette méthode donne également de bons résultats et est à pratiquer soit à la sortie de l'hiver, soit à la fin de l'été lorsque la sève descend. Son avantage majeur est d'éviter la gommose, une pathologie fréquente chez le prunier.Pour la réaliser, rabattez le porte-greffe à la hauteur souhaitée. Dans l'épaisseur de la coupe, réalisez une entaille en V, large en haut et pointue en bas. Prélevez un greffon de 10 cm sur un rameau fin, pas plus épais qu'un crayon et possédant 3 yeux. Son extrémité inférieure doit être taillée en biseau similaire à celle du porte-greffe. Insérez le greffon dans l'entaille du porte-greffe en forçant légèrement. Ligaturez l'ensemble et mastiquez. La reprise s'annonce après environ 1 mois, moment où la ligature pourra être supprimée.

La Greffe à l'Anglaise Compliquée : Un Bon Taux de Réussite

Plus simple que son nom ne l'indique, cette méthode offre un très bon taux de réussite chez le prunier. Elle peut se réaliser entre le mois de février et la floraison, la meilleure période pour le prunier étant à la sortie des bourgeons.Pour préparer le porte-greffe et le greffon, supprimez les feuilles puis taillez l'extrémité de chacun en biseau suivant la même inclinaison. Réalisez ensuite une entaille verticale dans le porte-greffe et dans le greffon, à proximité du bourgeon. Insérez ensuite le greffon dans les entailles du porte-greffe. Mastiquez la greffe et les coupes pour protéger des infiltrations d'eau et des champignons. La greffe anglaise s'applique lorsque le porte-greffe et le greffon présentent un diamètre similaire, offrant un excellent taux de réussite grâce au contact optimal entre les cambiums.

La Greffe en Demi-Fente : Pour un Bon Démarrage

Cette greffe se réalise généralement en sève descendante, à la fin de l'été, mais il est également possible de la réaliser en fin d'hiver si cela n'a pas été fait avant.Prélevez les greffons en sélectionnant des rameaux bien lignifiés d'une dizaine de centimètres et ôtez-en les feuilles. Rabattez le porte-greffe à la hauteur désirée en donnant à la coupe une légère pente, qui doit être bien nette. À l'aide d'une serpette, entaillez la coupe sur la moitié de son diamètre, sur 5 à 6 cm de hauteur.Préparez le greffon en gardant 3 ou 4 yeux et taillez le bas en biseau sur 2 côtés opposés. Ces biseaux mesurent 4 ou 5 cm et l'un d'eux démarre sur le côté de l'œil le plus bas. Ils se rejoignent tout en bas, sous l'œil.Placez le greffon dans la fente du porte-greffe, l'œil devant se trouver à la jonction, tourné vers l'extérieur. Ligaturez puis mastiquez la greffe pour bien fermer l'ensemble, en laissant l'œil libre.Il faut environ 15 à 20 jours pour que la greffe prenne ; le pétiole tombera à ce moment-là. Il sera alors temps d'ôter les ligatures et de laisser passer l'hiver. Au printemps, l'œil s'activera et le rameau poussera. Lorsqu'il mesurera une vingtaine de centimètres, vous pourrez rabattre la tige restante du porte-greffe à 10 ou 15 cm au-dessus de la greffe. Les greffes de prunier en fente nécessitent une protection soignée avec du mastic pour éviter les infiltrations d'eau.

Illustration des différentes coupes pour la greffe en fente et en incrustation

Le Matériel Essentiel pour la Greffe

Un greffoir bien affûté constitue l'outil principal pour réussir des greffes de prunier. La netteté de la coupe favorise la cicatrisation et limite les risques d'infection. Le mastic à greffer protège les plaies contre les infiltrations d'eau et les champignons ; les produits à base de résines naturelles comme le Lac Balsam restent souples plusieurs mois. Le ruban adhésif souple remplace avantageusement le raphia traditionnel pour la ligature. Les ligatures de greffe peuvent être formées de divers matériaux, le raphia une fois humidifié et les flexibandes étant les plus couramment utilisés. Une fois installées, les ligatures sont généralement mastiquées afin d'étanchéifier les plaies.

Les greffons se prélèvent sur des rameaux de l'année bien aoûtés. Pour les greffes de printemps, la récolte s'effectue en automne après la chute des feuilles. La greffe directe évite les contraintes de conservation, cette méthode consistant à prélever et greffer immédiatement les rameaux sur l'arbre.

Surveillance et Erreurs à Éviter

La greffe du prunier nécessite une surveillance attentive les premières semaines. Il faut éviter de toucher la zone greffée pendant deux à trois semaines pour ne pas perturber la cicatrisation. Les rejets sauvages qui apparaissent à la base du porte-greffe doivent être supprimés régulièrement, car ces gourmands épuisent l'arbre et compromettent le développement du greffon. La reprise se manifeste généralement au printemps suivant par le débourrement des bourgeons.

L'erreur la plus fréquente est le greffage d'espèces incompatibles. Un prunier ne peut pas être greffé sur un cerisier, ni sur des arbres à pépins comme les pommiers et poiriers. Un greffoir mal affûté compromet la qualité de la coupe et réduit les chances de réussite. La négligence de l'étanchéité expose la greffe aux infiltrations d'eau et aux infections fongiques.

Le Choix Crucial du Porte-Greffe pour le Prunier

Le choix du bon porte-greffe est la première étape d'une greffe du prunier réussie. Un porte-greffe doit être issu d'un arbre de la même famille et/ou du même genre que l'arbre que l'on souhaite greffer. Pour un prunier, il faut impérativement choisir un prunus. La greffe consiste à unir deux végétaux en juxtaposant leurs cambiums respectifs, cette fine couche placée entre l'écorce et l'aubier où se produit la croissance cellulaire. Pour cela, les deux végétaux doivent être compatibles. Le prunier se greffe sur d'autres pruniers, mais la greffe peut fonctionner avec d'autres espèces bien choisies. Par contre, la greffe du prunier sur abricotier, merisier, pommier est impossible.

Le porte-greffe influe sur de nombreux aspects de l'arbre fruitier : sa vitesse de croissance, sa mise à fruit, sa productivité, et il peut offrir une résistance à des maladies. Le meilleur porte-greffe pour un prunier sera donc adapté au type de sol et au climat, limitera les traitements contre les pathogènes grâce à sa résistance, et sa prospection racinaire réduira les besoins en eau et en fertilisants.

Les Porte-Greffes Courants pour le Prunier :

  • Le Myrobolan : Très vigoureux, il est couramment choisi comme porte-greffe de prunier en demi-tige et de basse-tige. Assez polyvalent en termes de sol, il se plaît dans les sols un peu "compliqués" : argileux, collants, lourds et humides, calcaires, très légers, sableux et pauvres. Il est plutôt utilisé dans les régions à climat doux car il peut craindre le gel et tolère mal les grandes sécheresses. Il a tendance à émettre une grande quantité de rejets. La mise à fruit est rapide et il est compatible avec tous les pruniers, affichant une bonne résistance face aux pourridiés. Les boutures de prunier myrobolan sont souvent choisies comme porte-greffe car elles sont opérationnelles plus rapidement que par semis.

  • Le Saint-Julien : Un peu moins vigoureux que le myrobolan, il est préféré pour les basses-tiges et les gobelets. Il se développera bien en sol compact et humide, peu profond car il a des racines traçantes, et il tolère très bien les sols calcaires. Par contre, il redoute la sécheresse et est assez drageonnant. Sa mise à fruit est assez rapide mais il donne un fruitier moyennement productif. Le 'Saint-Julien' 655-2 est également de vigueur moyenne, et il donne un fruitier très productif avec une mise à fruit rapide.

  • Le Mariana : Le plus polyvalent, il s'adapte à tout type de sol et à tout climat entre froid et tempéré, tout en préférant les sols siliceux et frais. Il est peu drageonnant et est adapté aux basses-tiges et aux gobelets. De mise à fruit assez rapide, il est vigoureux et compatible avec tous les pruniers excepté 'Althan'.

  • Le Brompton : De grande vigueur, il s'accorde aux demi-tiges et aux gobelets. Il se plaît en sols frais et légers et il tolère bien le gel. Sa mise à fruit est rapide, mais il est sensible aux viroses.

  • Le Prunier 'Ackerman' : Très rustique, il donne des fruits de bon calibre.

  • 'Ishtara' : Un très bon porte-greffe qui ne drageonne pas et supporte tous les sols. Sa mise à fruit est rapide, il est très compatible et très productif. De vigueur moyenne, il est adapté aux basses-tiges et gobelets.

  • Le GF 43 (obtention INRA) : Assez couramment utilisé car résistant aux viroses. Il n'aime pas la sécheresse. De très grande vigueur, il est sélectionné pour des formes en demi-tiges en tout sol excepté les sols secs. La mise à fruit est lente.

  • Le Damas noir : De faible vigueur, pour pruniers en basse-tige ou en gobelet. Il aime les sols frais et argileux, redoute la sécheresse et sa mise à fruit est rapide.

  • Le Jaspi : Porte-greffe de faible vigueur pour prunier en basse-tige et gobelet. Aimant les terrains lourds, il supporte bien le calcaire. Sa mise à fruit est rapide et il est très productif. Il offre un bon ancrage au sol et ne drageonne pas.

  • Le franc de prunier (issu de semis) : Un noyau de prune planté en terre peut donner un sujet très vigoureux, idéal comme porte-greffe pour tige ou demi-tige. Ce porte-greffe est parfait pour les sols peu fertiles et sableux, bien que peu exigeant. La mise à fruit est lente, voire très lente, et il est sensible au chancre.

  • Les pruniers sauvages : De bons porte-greffe car bien adaptés à leur environnement. Le prunier sauvage constitue un porte-greffe rustique particulièrement adapté aux sols difficiles.

  • L'hybride d'amandier et de pêcher (GF 677) : Porte-greffe de grande à moyenne vigueur appréciant les sols légers, argilo-calcaires. Sa mise à fruit est assez rapide, mais il est préférable d'éviter de l'utiliser pour greffer un prunier domestique.

  • Le franc d'amandier : Peut être utilisé pour greffer un prunier dans un sol sec et calcaire.

Tableau récapitulatif des compatibilités entre porte-greffes et variétés de Prunus

Il est toujours possible de greffer un sujet sur un autre de la même espèce. Il est cependant possible de greffer un abricotier sur un prunier, voire un pêcher ou un amandier. Le prunier sauvage est pour ce type de greffe un bon candidat, on peut également choisir un myrobolan pour l'abricotier, le Damas ou le Saint-Julien pour le pêcher. Les abricots greffés sur prunier gagnent en résistance au gel printanier et fructifient plus précocement. Certaines variétés de cerises comme le cerisier feutré ou le cerisier nanking se greffent avec succès sur prunier. Les greffes multiples permettent de créer un arbre-verger miniature portant plusieurs espèces.

Autres Méthodes de Multiplication du Prunier

Bien que le greffage soit la méthode privilégiée pour reproduire fidèlement un prunier, d'autres techniques existent, chacune avec ses avantages et inconvénients.

Le Bouturage : Une Option Moins Fiable pour les Pruniers Fruitiers

La bouture est une méthode classique et courante pour multiplier les végétaux, aussi bien utilisée par les professionnels que par les amateurs. Elle est néanmoins nettement moins courante lorsqu’il s’agit d’arbres fruitiers, car souvent vouée à l’échec ou ne donnant pas les fruits désirés. Pour le prunier, la bouture n’est pas le meilleur moyen pour obtenir des fruits identiques à ceux que donnent l’arbre d’origine. Les pruniers ajoutent une certaine difficulté de reprise aux résultats hétérogènes et aux fruits généralement plus petits. Les boutures peuvent par contre être utilisées comme porte-greffe, qui seront opérationnels plus rapidement que par semis. Par exemple, les boutures de prunier myrobolan sont souvent choisies comme porte-greffe.

Le prunier reste difficile à bouturer, c’est pourquoi les méthodes utilisées sortent un peu de l’ordinaire. Au pire, vous aurez tout un tas de porte-greffes.

Bouture sur bois sec : Un prunier peut être bouturé "sur bois sec" durant l'hiver voire en automne, mais la réussite n’est pas assurée, les Prunus étant plutôt difficiles à bouturer. Le résultat va beaucoup dépendre de la variété choisie, certaines ne reprendront jamais, d'autres difficilement. Il faudra durant l'hiver prélever des jeunes rameaux ligneux de 5 à 6 mm de diamètre dont les feuilles seront ensuite ôtées. Découpez ces rameaux en morceaux d'une vingtaine de centimètres de longueur, en réalisant une coupe en biseau autour d'un œil. Réalisez des bottes de boutures que vous stockerez au pied d'un mur exposé au nord, enterrés aux 3/4 dans une jauge de sable et de terreau. Dans les régions froides, un châssis froid les protégera des températures trop basses. Au printemps, les boutures de prunier devraient avoir émis des racines. Vous pourrez alors les placer en pépinière, dans un substrat léger. Le système racinaire de la bouture peut parfois être un peu fragile, mais les résultats peuvent être bons et vous permettre d'obtenir de nombreux porte-greffes. Pour un prunier SPR ("Sur Propres racines"), il faudra attendre environ 10 ans pour la première récolte. La vigueur du prunier obtenu dépendra de la vigueur de la variété bouturée.

Quelques astuces pour favoriser l'enracinement des boutures :

  • Les planter en biais ou horizontalement, la présence de plusieurs bourgeons sur la partie enterrée va multiplier le nombre de zones où chaque bouture pourra émettre des racines. De plus, la partie restant à l'air étant plus petite, elle court moins de risque de se dessécher.
  • Prélever des rameaux de 2 ans plus riches en sève.

Bouture sous garrot : Cette technique s'applique pour des boutures réalisées au début de l'été, à partir de rameaux de l'année semi-aoûtés. Une semaine avant de prélever une bouture, appliquez un garrot (un fil de fer de faible section) au-dessous d'un bourgeon foliaire. Cela va permettre de stocker à cet endroit de l'auxine, une hormone de croissance, pour un enracinement plus facile (l'auxine descend vers la base du végétal grâce à la sève descendante, dont les canaux sont plus proches de l'écorce que ceux de la sève brute). Après la semaine, prélevez la bouture en coupant juste en-dessous du garrot, puis plus précisément entre le garrot et le bourgeon. Vous tremperez ensuite la base de la tige dans de l'hormone de bouturage avant de supprimer la moitié des feuilles et de placer la bouture plantée de 5 cm dans un substrat de bouturage, à l'étouffée sous une cloche. Vous garderez le pot en pleine lumière mais en le protégeant du soleil direct. Le repiquage des pruniers dans des pots individuels pourra avoir lieu 3 semaines plus tard environ. Vous les garderez encore une semaine dans le même environnement.

L'Auto-Bouturage ou Affranchissement

Connu pour être assez réfractaire au bouturage, le prunier peut cependant être affranchi, ce qui est une forme de bouturage réalisée par l'arbre lui-même. Pour ce faire, il faut planter un scion de prunier en enterrant le point de greffe. Le but est de faire émettre des racines au prunier. Une fois qu'il sera autonome, le porte-greffe dépérira et le prunier vivra désormais sur son propre système racinaire.

La Plantation des Rejets (Drageons)

Il est possible de récupérer les drageons, ou rejets, d'un prunier, mais ceux-ci proviennent obligatoirement du porte-greffe. Vous obtiendrez donc un arbre (que vous pourrez utiliser comme porte-greffe) mais pas le prunier qui vous donne de si bons fruits, car son point de greffe est bien plus haut. Les plants pris de terre étaient-ils reliés à une plus grosse racine (plus grosse que le tronc des plants) ? Si oui, il y a de fortes chances que ce soient des drageons, qui donneront les fruits du porte-greffe et pas de la greffe. S'ils sont issus de noyaux, ils seront plus proches du greffon dans ce cas.

Le prélèvement sera effectué de préférence en automne. Dégagez bien la racine pour avoir accès au départ du rejet puis dégagez également sous ce départ. Coupez ensuite au sécateur pour séparer le rejet du pied-mère en veillant à ne pas abîmer ses radicelles. Vous pourrez effectuer tout de suite la greffe et planter vos futurs pruniers si le porte-greffe mesure plus de 5 mm de diamètre, sinon il vous faudra le planter et attendre qu'il ait grossi pour placer les greffons. Cette méthode pour obtenir des porte-greffes a cependant un inconvénient majeur : les rejets possédant les caractéristiques de leurs parents, vos porte-greffes seront eux aussi drageonnants.

Le Semis de Noyaux de Prunes

Les pruniers botaniques et les pruniers sauvages peuvent être multipliés par semis : les quetsches, les Damas noirs, les prunes d’Agen, les petites mirabelles, les reines-claudes vertes. Par contre, tous ceux qui sont issus d'hybridations ou de sélections, les auto-stériles, ne donneront pas de "clones". Et même les botaniques, des mirabelles par exemple, ne donneront que rarement un fruitier identique car l'individu généré possédera le code génétique de ses deux parents. Néanmoins, il est important de noter qu'un arbre né d'un noyau est différent d'un autre, même si la différence peut être faible, à cause d'une part de mutation dans la multiplication par semis. Pour ce qui est de la fructification, une bouture ou un drageon donne plus tôt qu'un sujet de semis, mais est moins résistant du fait qu'il ne possède pas de pivot (racine principale). Mais pour les fruitiers entretenus, ce n'est pas forcément un souci. Lorsque les plants ont été plantés, il était possible de voir comment étaient les racines. S'il y avait un pivot, c'est du semis, sinon il y a de fortes chances pour que ce soit plutôt des drageons.

Cependant, le semis peut être intéressant car le prunier ainsi obtenu va avoir un système racinaire fort, bien développé, et une meilleure adaptation au terroir et au climat.

Greffage et Défis Climatiques

Le greffage des arbres fruitiers ne se limite pas à l'amélioration de la productivité ; il s'érige également comme une solution potentielle face aux changements climatiques. Les conditions environnementales évoluent, et il devient crucial d'adapter les cultures fruitières aux nouvelles réalités climatiques. C'est ici que les choix stratégiques de porte-greffes résistants entrent en jeu.

En utilisant des porte-greffes adaptés aux stress climatiques, comme la sécheresse ou le changement de température, les arboriculteurs peuvent améliorer la résilience de leurs cultures. Cela permet également d'assurer une production continue malgré les aléas environnementaux. Des recherches en cours se concentrent sur l'amélioration des porte-greffes pour les rendre plus performants dans des conditions de stress. En alliant techniques de sélection modernes et pratiques traditionnelles de greffage, les arboriculteurs peuvent s'ériger en premiers acteurs face aux défis climatiques de demain.

Carte mondiale des zones climatiques et leur impact sur le choix des porte-greffes

Le greffage est une technique complexe mais essentielle pour optimiser la production d'arbres fruitiers. En comprenant les subtilités de la compatibilité entre les porte-greffes et les greffons, ainsi que l'importance de la sélection des variétés, les professionnels peuvent améliorer à la fois la santé de leurs arbres et leur adaptation aux nouvelles conditions environnementales. La recherche et l'innovation continuent de dessiner un futur prometteur pour cette pratique ancestrale, permettant d'affronter les défis de notre époque.

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