
Le paillage est une pratique ancestrale et efficace en jardinage, consistant à recouvrir le sol avec une couche de matériaux divers. Cette technique, loin d'être un simple artifice esthétique, joue un rôle fondamental dans la préservation de la santé des sols et le bien-être des plantes. En effet, la nature elle-même ne connaît presque pas de sol nu, le recouvrant constamment de débris végétaux. Adopter le paillage, c'est s'inspirer de ces mécanismes naturels pour optimiser son jardin.
Les Multiples Bénéfices du Paillage pour le Sol et les Plantes
Les paillages sont réellement pleins d'avantages, c'est un fait. Un paillage réalisé dans les règles de l’art va très fortement limiter la croissance des adventices et autres concurrentes des plantes potagères. Les adventices n’ayant pas accès à la lumière du fait du paillage, elles ne pourront pas pousser. Un sol nu va facilement se créer une « croûte » sous l’effet de la pluie. Le paillage évite ce phénomène pour la simple et bonne raison que la pluie ne tombe pas directement sur le sol, elle est amortie par le paillage. De plus, un paillage retient cette même eau en limitant son évaporation. En effet, grâce au paillage, l’eau reste dans le sol sur une plus longue durée. Dans cet objectif, on peut également ajouter de la terre de diatomée à la démarche et maximiser ainsi la rétention d’eau.

Le paillis permet de s’assurer que vos végétaux auront le nécessaire pour survivre à la saison froide et aux changements de température. Il a également des effets positifs sur la santé des végétaux. Selon le type de paillage et les problèmes rencontrés dans le potager, il est possible de limiter la présence de certains ravageurs. Dans la catégorie microfaune « auxiliaire » : collemboles, protoures, diploures et autres vers de terre n’évoluent jamais sur sol nu. Cette dernière sera gardée dans le sol par le paillage qui sert alors de tampon thermique entre la terre et l’air.
En se décomposant, le paillis se transforme en compost, fournissant plusieurs éléments nutritifs au sol et aux plantes. La croissance des plantes en sera directement influencée. Dans les endroits où il sera mélangé au sol, il sera très bénéfique car il allège le sol. Un sol moins compact permet aux racines des plantes de se développer plus facilement. L’eau sera aussi distribuée dans le sol plus facilement.
Choisir le Bon Matériau de Paillage : Une Question de Nature et de Nuances
Encore faut-il ne pas pailler son sol avec n’importe quoi ! Il existe différentes sortes de paillis dans les centres jardins et même à portée de votre main. Plusieurs composantes peuvent servir de paillis, telles que la paille, le papier journal, le carton, les résidus de tontes de gazon et les feuilles déchiquetées. Les centres jardins, eux, vous présenteront des paillis vendus en vrac ou en sacs.
Les Feuilles Mortes : Une Ressource Précieuse et Abondante

Les feuilles, une excellente ressource. En ce moment, ne jetez pas vos feuilles mortes. Proposez même à vos voisins de récupérer les leurs. Étalez ces feuilles dans les massifs. Elles protègent vos plantes du froid, se décomposent et nourrissent le sol. S’il vous en reste, faites-en un tas quelque part dans votre jardin. Remuez de temps à autre. En 18 mois environ, vous obtiendrez un terreau d’une qualité exceptionnelle pour vos plantations. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle en ce moment. Utilisez-les, ainsi que vos déchets de taille de bois blanc, pour couvrir le sol et le nourrir.
Le Broyat de Bois : Un Amendement Naturel à Composer avec Soin
Le broyat de bois blancs. Le paillage fait maison avec du broyat de branches ou de tiges d’arbres est également très performant. Il s’agit de récupérer les déchets de taille des haies et de les broyer. Attention, il ne faut pas utiliser n’importe quel bois, précise Amélie Tura de la pépinière Atelier du Végétal, en Dordogne : "L'idéal, c'est d'utiliser du bouleau, du noisetier, de l'érable, du charme… Vous pouvez aussi utiliser des déchets de taille d'arbuste comme le chalef (Eleagnus) qu'on n'arrête pas de tailler tellement il pousse vite !". Bouleau, charme, noisetier… Ces bois blancs sont une matière idéale pour fabriquer du broyat.
Les Tanins : Une Mise en Garde Cruciale
Trois bois doivent être utilisés en petite quantité : conifères, châtaignier et chêne. Les deux derniers contiennent beaucoup de tanins qui inhibent la croissance des plantes. Amélie Tura, pépiniériste à Bergerac, en Dordogne, précise : "Dans un broyat, il ne faut pas mettre plus de 20 à 25% de déchets de pin, de chêne et de châtaignier."
Le développement de la plante : croissance et organogenèse chez les végétaux
La question de l'incidence du tanin contenu dans les copeaux de chêne sur les plantes est légitime. Ignorant déjà si le tanin est miscible à l'eau, je me disais que par l'arrosage, le tanin qui en sortirait des copeaux de chêne, serait concentré, donc pourrait brûler les plantes ou jouer un rôle quelconque néfaste aux plantes. Parce que sur le mixed-border que je vais réaliser, il y aura 5 ou 7 cm d'épaisseur de copeaux de chêne sur 120 m de long. Donc à chaque arrosage ou pluie, de l'eau va percoler à travers les copeaux de chêne entraînant un peu des tanins qui vont stériliser la terre sous-jacente. L'action du tanin sur la plante affecterait la photosynthèse via le Magnésium. Cependant, une clarification est nécessaire : le tanin n'a pas à ma connaissance d'action directe sur le magnésium. La précaution reste donc de limiter les bois riches en tanins.
Le Bois Raméal Fragmenté (BRF) : Un Allié de la Vie du Sol
Le bois raméal fragmenté (ou encore « BRF », qui est le terme couramment utilisé dans mon milieu) est un paillis fait de branches broyées de feuillus de bois durs. Il est composé à 100 % de petits rameaux déchiquetés, ce qui crée un humus qui stimule la vie et la santé du sol. Sa durée de vie est de 1 à 3 ans.
Le Paillis Forestier : Un Mélange Équilibré
Le paillis forestier est un mélange de rameaux de branches broyées de feuillus et de conifères. Il est de couleur brune et possède une odeur agréable qui ressemble à celle des sous-bois. Sa texture est plus fine que celle du BRF. Sa teneur en matière organique contribue à la production d’humus. On l’utilise pour couvrir le sol au pied des arbres et des haies et dans les plates-bandes. Le paillis forestier fait partie de la catégorie de paillis à décomposition rapide.
Le Paillis de Cèdre : Esthétique et Répulsif
Ce paillis est uniquement composé de cèdre : écorce, cœur de bois et paille de cèdre. On le distingue facilement par ses couleurs uniformes de rouge, brun, noir ou naturel (beige). Ce paillis est très odorant : il permet donc de repousser certains insectes indésirables. Il est généralement utilisé pour recouvrir le sol au pied des arbres, des arbustes, des haies ou pour des sentiers. Il est suggéré de remettre une couche de paillis au moins aux 2 ans pour s’assurer de toujours conserver une bonne épaisseur. Il est fortement déconseillé pour les potagers car il est considéré trop acide. En cela, par exemple, le thuya pose même un véritable problème de retraitement dans les centres de tri.
La Paille de Lin (Paillette) : Finesse et Esthétisme
La paille de lin, également appelée « paillette » parce que bien plus fine, est très appréciée pour son côté esthétique. Mais cela veut également dire qu’il faut pouvoir, dans sa tenue de jardin ou d’exploitation, pouvoir se le permettre.
Les Copeaux de Bois Généralistes : Attention à la Provenance
Hello à tous ! Je compte utiliser des copeaux de bois comme paille dans mon jardin : qu'en pensez-vous ? À priori, tout dépend de la nature du bois, et par exemple si le bois a été traité ou non. Pour le paillage, on peut sans doute taper dans la végétation à grandes feuilles qu'il y a aux alentours de chez soi. On utilise ici le bois parce que sinon c'est brûlé donc ne vaut pas grand-chose, mais n'importe quelle végétation en mélange convient bien. En plus, le paillage même non broyé va, à mon avis, se décomposer rapidement. Moi, j'utilise les copeaux de bois au printemps autour des plantes qui sont le plus sensibles aux limaces ! Des écosse de fèves de cacao, j'ai jamais pensé à ça….
Mise en Place et Entretien du Paillage

Arrosez bien votre paillage lors de son installation pour éviter qu’il ne s’envole et pour faire en sorte qu’il commence à participer de la vie du sol. Une fois un minimum humidifié, elles tiendront au sol sans problème. S’il faut faire attention à ne pas étouffer vos jeunes plants avec votre paillis, vous pouvez aussi en rajouter au fur et à mesure. Garder l’eau dans le sol est une bonne chose… mais pas trop.
Proverbe Français : On voit la paille dans l’œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien. Ce dicton nous rappelle l'importance de la vigilance et de l'équilibre, même dans une pratique aussi bénéfique que le paillage.
Le Paillage : Une Pratique Non Obligatoire mais Fortement Recommandée
Par contre, gardez en tête qu’il n’est pas obligatoire de mettre du paillis. Plusieurs propriétaires n’en utilisent pas et mentionnent que leur aménagement se porte bien. Cependant, il est important de noter qu'aucune de mes clients ne terminent leur projet sans paillis. Cette observation souligne l'efficacité perçue et les avantages concrets que de nombreux professionnels et jardiniers expérimentés attribuent au paillage pour la réussite et la durabilité des aménagements paysagers.