Le Pissenlit : Un Alliée Insoupçonné pour un Jardinage Durable

Le pissenlit, ou Taraxacum officinale, est une plante herbacée vivace de la famille des Astéracées, souvent perçue comme une mauvaise herbe indésirable. Cependant, au grand désespoir des adultes qui se désolent devant sa prolifération galopante, la dent-de-lion, son autre nom, se révèle une véritable envahisseuse du jardin, colonisant sans états d’âme pelouse et potager. Heureusement que le pissenlit possède des propriétés médicinales inégalées, sinon son arrêt de mort serait proféré depuis belle lurette ! Loin d’être un simple nuisible, le pissenlit peut devenir un véritable allié pour le jardinier qui sait l’utiliser à bon escient, s’inscrivant ainsi dans une démarche plus large de permaculture et d’agriculture biologique. Il est une des plantes les plus communes d’Europe et son nom latin, Tarahsaqûm, fut énoncé pour la première fois par Ibn Al-Baytar (1197-1248).

Illustration d'un pissenlit en fleur

Identification et Caractéristiques Botaniques du Pissenlit

Le pissenlit est une vivace basse qui arbore une rosette de feuilles fortement dentelées, les fameuses "dents de lion", d'un vert franc. Cette base est surmontée d’une tige creuse d’où s’écoule un liquide blanc laiteux, conférant son surnom de laiteron au pissenlit. La plante peut mesurer jusqu’à 50 cm. Ses feuilles sont à dents de scie de charpentier et ses fleurs sont jaunes. L’inflorescence solitaire, en capitules jaune soleil, laisse place à une fructification plumeuse. Les graines de la fleur montée sont dispersées par le vent. Il est capable de s’autoféconder et de se reproduire par parthénogenèse, produisant une fausse graine qui contient un embryon issu d’une multiplication cellulaire. Le Taraxacum peut également se reproduire par bouturage de ses racines, disposant ainsi de quatre moyens de reproduction.

Comment se dispersent les graines de pissenlit ?

Le pissenlit pousse dans les moindres recoins du jardin : il se plaira autant dans les sols compactés que dans ceux qui sont fraîchement retournés. L’atout-maître du pissenlit réside dans son système racinaire : une longue racine pivotante qui s’enfonce profondément en terre, parfois jusqu’à deux mètres, ce qui est un précieux avantage pour les autres espèces qu’abrite votre jardin.

Schéma du système racinaire profond du pissenlit

Les botanistes dénombrent 60 espèces pour plus de 1200 sous-espèces dans le monde. Pour différencier les Taraxacum, les botanistes ont créé des sections comme, la plus connue, la Ruderalia, qui regroupe les officinales et les communes. Ces espèces possèdent de très légères différences parfois imperceptibles, mais un caractère commun : elles sont diurétiques. Il est important de bien le différencier d'autres plantes similaires pour éviter toute confusion. Le crépis, par exemple, a un cœur de rosette non duveteux et des feuilles qui poussent sur une tige et sont assez arrondies. Le laiteron, quant à lui, a des feuilles piquantes posées sur une tige. Une bonne reconnaissance est impérative, car des confusions avec le séneçon ou la porcelle ont entraîné des intoxications chez les herbivores comme le cheval et le lapin.

Le Pissenlit comme Indicateur et Régénérateur de Sol

Plutôt que de considérer le pissenlit comme l’ennemi, il peut être utile d’y voir un indicateur. Sa présence dans votre jardin peut vous renseigner sur la nature de votre sol. Si les pissenlits deviennent dominants, cela peut indiquer un engorgement en matières organiques d’origine animale, souvent dû à un excès d’épandage de fumier, et un blocage de cette matière organique par le froid. Les sols sont alors compactés, bien qu'ils soient riches en bases (magnésium, potassium et calcium) et en matières organiques. Si l'air ne passe plus à cause de ces compactages, le pissenlit prospère.

Graphique des nutriments apportés par le pissenlit au sol

Cependant, une présence normale de pissenlits signifie que la prairie a un sol varié et riche. Ses racines profondes puisent des nutriments dans les couches inférieures du sol, les rendant accessibles aux autres plantes. En se décomposant, ses feuilles enrichissent la couche superficielle en nutriments, notamment en azote. Il contribue également à aérer les sols compacts en créant des canaux naturels qui facilitent la circulation de l’eau et de l’air. Dans un jardin au sol lourd ou tassé, la présence modérée de pissenlits peut donc être le signe d’un terrain qui cherche à se régénérer.

Gestion Raisonnée et Avantages pour la Biodiversité

Pour bénéficier des avantages du pissenlit sans qu’il ne devienne envahissant, une gestion raisonnée est nécessaire. Les pissenlits peuvent apparaître dans tout votre jardin et causer des problèmes car leurs racines poussent très vite et leurs graines se propagent facilement. Il est plus facile d’éliminer les pissenlits quand ils sont encore jeunes, pour stopper au plus vite leur propagation. Il est également conseillé de traiter le pissenlit avant leur floraison. Coupez les fleurs avant qu’elles ne se transforment en graines pour limiter la dispersion.

Image d'un enfant soufflant sur un pissenlit

Un gazon envahi de pissenlits aura tendance à être moins esthétique, sauf pour les amoureux de prairies fleuries. Quant aux massifs de fleurs, chaque petite portion de terre laissée à nu est mise à profit par le pissenlit, au détriment des autres espèces. Le pissenlit se ressèmera d’abord aisément grâce à ses akènes plumeux. Ces akènes sont des fruits secs qui apparaissent sur la plante après la floraison, chacun contenant une graine. Lorsque le vent souffle, ils s’envolent par un ensemble de poils appelé pappus, dispersant les graines un peu partout sur de longues distances. Ne tardez jamais à éliminer le pissenlit fleuri (attendez cependant que les pollinisateurs aient eu le temps de visiter les pissenlits), car ensuite les graines s’éparpillent partout. Autre possibilité de multiplication : ses racines longues et pivotantes. Si vous passez un motoculteur sur les racines, chaque fragment éparpillé plus loin créera à son tour de nouveaux pissenlits. C’est la raison pour laquelle un désherbeur manuel ou une gouge (qui permet habituellement de récolter les asperges) s’avèrent les compagnons les plus utiles pour déloger les pissenlits de votre pelouse. Un désherbant à base d’acide acétique ou une pulvérisation d’acide pélargonique s’avèreront bien utiles pour éliminer les feuilles, même s’ils n’auront aucun effet sur la racine. Mais au bout de plusieurs essais, le pissenlit risque vraisemblablement de s’affaiblir. Le meilleur désherbant pour pissenlit est un désherbant biocontrôle. Cela permet au produit d’agir sur la mauvaise herbe par les feuilles. Cependant, il est important de faire attention lors de l’application du produit sur les pissenlits, particulièrement si vos mauvaises herbes se situent dans du gazon.

Le pissenlit sauvage figure parmi les premières fleurs à éclore au printemps. À une période où les ressources alimentaires sont encore rares, il constitue une source essentielle de nectar et de pollen pour les abeilles et de nombreux insectes pollinisateurs. Laisser fleurir quelques pissenlits en avril et en mai permet donc de soutenir la faune utile du jardin. Ces apports précoces favorisent le redémarrage des colonies d’abeilles après l’hiver et participent à la pollinisation des arbres fruitiers et des cultures potagères. Dans un contexte de déclin des insectes, tolérer le pissenlit dans certaines zones peut transformer une pelouse classique en espace plus vivant, sans effort supplémentaire.

Abeille butinant une fleur de pissenlit

Le Purin de Pissenlit : Un Engrais Naturel et Préventif

Le pissenlit, souvent considéré comme l’ennemi juré des jardiniers, cache en réalité de nombreuses vertus pour le potager. Non seulement vous pouvez le manger, mais vous pouvez aussi en faire du purin pour l’utiliser sur vos plantes. Ce purin est issu de la fermentation durant plusieurs jours des différentes parties du pissenlit : racine, tige, feuilles, fleurs. On peut ainsi extraire du pissenlit un liquide riche en potassium, fer, cuivre, éthyne, acide salicylique, soufre. Cet engrais, par sa richesse en potasse et silice, est un excellent stimulateur de croissance naturel et peu agressif pour les plantes. Il est idéal sur les jeunes plantations et les semis repiqués au potager. Il est aussi réputé comme une solution préventive face au mildiou et à l’oïdium, maladies dues à des champignons très courantes sur la vigne et les arbres fruitiers.

Processus de fabrication du purin de pissenlit

Pour faire cette décoction, il vous faut :

  • Une grande bassine en plastique (un seau ou une ancienne poubelle non trouée fera l’affaire) avec un couvercle.
  • 1 kg de pissenlit.
  • 5 L d’eau de pluie.
  • Un couteau ou un mixer.
  • Un bidon opaque avec son bouchon.

Les étapes de la fabrication sont les suivantes :

  1. Cueillez au jardin, dans votre pelouse, ou sur les bords de chemin de terre les pissenlits. Prélevez-les lorsqu’ils sont en fleurs (et pas encore montés en graines). Essayez d’extraire les racines (et au passage désherbez votre massif de fleurs) qui sont riches en principes actifs.
  2. Débarrassez les racines du pissenlit de la terre.
  3. Hachez menu les pissenlits, feuilles, tiges, fleurs, racines au couteau ou au mixer pour plus d’efficacité. Plus le broyat sera fin, plus vite la fermentation se fera.
  4. Dans le jardin, déposez au fond de la bassine les pissenlits broyés, ajoutez l’eau. Comptez 5L pour 1kg de verdure. Préférez l’eau de pluie à l’eau du robinet. Si vous n’avez à disposition que l’eau du robinet, laissez-la reposer 2 jours avant de l’utiliser afin de diminuer l’effet du chlore.
  5. Refermez la bassine avec un couvercle.
  6. Tous les jours, remuez la préparation. Si vous voyez de petites bulles et de la mousse qui se forme, c’est bon signe : la fermentation est en cours.
  7. Au bout de 7 à 15 jours (selon la température extérieure), la mousse a disparu : il est temps de filtrer la préparation. Vous la conserverez à l’abri de la lumière et de la chaleur dans un bidon opaque.

C’est une fois filtrée et diluée que vous pourrez utiliser votre décoction sur vos plantes. Cette préparation a une double utilisation : stimulateur de croissance et remède préventif contre les maladies cryptogamiques.

Comment se dispersent les graines de pissenlit ?

Utilisation du Purin de Pissenlit

  • Sur les floraisons : Lorsqu'il est administré durant les floraisons, il les encourage et les stimule à former de nouveaux boutons floraux.
  • Sur les plantations : Ajoutez-le dilué (1L de purin dans 5L d’eau) à l’eau d’arrosage de vos jeunes plantations, un arrosage sur trois. Vous pouvez également l’utiliser suite au rempotage d’une plante d’intérieur en arrosage.
  • Sur les tomates : Utilisez toujours dilué (1L pour 5L d’eau). Par sa richesse en potasse, il encourage la floraison des tomates. Ajoutez-le à l’eau d’arrosage des tomates pour stimuler la formation de nouvelles fleurs. Pulvérisée sur les feuilles, cette préparation (toujours diluée à 1L pour 5L d’eau) prévient l’apparition de deux maladies cryptogamiques : le mildiou et l’oïdium sur les plants de tomates.

Association avec d’Autres Purins

Marie les macérations de pissenlit et d’ortie pour profiter des bienfaits de ces deux préparations : stimuler la croissance, renforcer les défenses de la plante, prévenir l’apparition des maladies et l’invasion des insectes nuisibles ! Ne vous privez pas de ce stimulant de croissance pour les légumes du potager ! Il est gratuit et économique et au passage, en récoltant les pissenlits (avec la racine), vous désherberez efficacement votre jardin. Le pissenlit contient plein de produits actifs qui pourront vous aider à activer naturellement la croissance de vos plantes. Il contient du potassium en particulier et d’autres produits actifs comme par exemple de l’acide salicylique. Associé avec du purin de consoude et du purin d’orties, cela donne de très bons résultats pour la croissance de vos plantes.

Diagramme des bienfaits de l'association purin de pissenlit et ortie

Le Pissenlit Comestible et ses Vertus Médicinales

Le pissenlit n’est pas seulement une adventice : c’est aussi une plante comestible. Feuilles, fleurs et racines peuvent être consommées, à condition d’être récoltées dans des zones non traitées. Les jeunes feuilles, moins amères, se dégustent en salade. Elles sont délicieuses avec lardons et toasts. Si vous préférez les cuire (soupe de pissenlit, tarte salée), il existe moult recettes sur les blogs pour vous inspirer. Enfin, cette revue des bienfaits du pissenlit ne serait pas complète sans la gelée de pissenlit, faite à partir des capitules, et le vin de pissenlit (une sorte de liqueur). Tout se mange dans cette magnifique plante tant qu’elle reste jeune. En vieillissant, elle devient amère. On peut utiliser la racine, les feuilles, les boutons floraux et les capitules de fleurs. Les jeunes feuilles sont intéressantes en salades bien qu’il faille retirer l’amertume en les trempant dans de l’eau salée durant 1 heure. Les fleurs, les tiges et les boutons sont utilisables jusqu’en septembre. Il faut dégorger la tige dans de l’eau ou dans du sel. Jusqu’en mars, les pétales sont utilisés en gelée, sirop ou liqueur. Il est possible de les faire infuser. Elles décorent des salades. Les boutons floraux peuvent être trempés dans du vinaigre comme les câpres ou cuisinés au four. La racine récoltée de septembre à mars est coupée en morceaux et mélangée en salade ou cuite. Séchée et rôtie, elle peut remplacer le café.

Avec un nom français pareil, il ne vous échappera que ses propriétés sont d’abord diurétiques, ce qui lui a valu son surnom de « pisse au lit » dès le XVe siècle en Occident. Mais le pissenlit garde aussi beaucoup d’atouts dans sa manche. En tisane, feuilles et racines de pissenlit ont un effet détox très efficace. Pour ses vertus médicinales, deux parties se récoltent dans le pissenlit : les feuilles et les racines. Elles n’ont pas le même intérêt et ne se récoltent pas au même moment. Les feuilles sont plus riches en molécules actives au printemps, tandis qu’à l’automne ce sont les racines qui seront les plus intéressantes. Elles contiennent des minéraux, de la vitamine K et du bêtacarotène (précurseur de la vitamine D) et un cocktail de vitamines qui donnent un coup de fouet.

De nombreux effets sont associés à ces molécules, dont notamment l’hépatoprotection : elles stimulent la détoxification des toxines, augmentent la production et l’élimination de la bile. Elles permettent également d’augmenter l’appétit, le transit et de déstocker les graisses. Le pissenlit est donc particulièrement indiqué dans le cas de stéatose pour éliminer le gras stocké dans les cellules du foie. On lui reconnaît d’autres vertus notamment pour calmer les inflammations digestives et stimuler le système immunitaire. La présence de vitamine K en fait une aide contre l’anémie.

Infographie des bienfaits médicinaux du pissenlit

Le pissenlit se distribue soit frais lavé (1 plant par lapin par jour, 2 à 3 par brebis par jour) soit en décoction (30 g de plante fraîche hachée pour 75 cl d’eau pour 60 kg par jour, les feuilles sont mises dans l’eau froide, portée à ébullition qui est maintenue 10 minutes). Comme tout principe actif, les plantes ont leurs contre-indications et limites d’utilisation. Les cures de pissenlit au long cours sont déconseillées. Il n’y a pas de bénéfice à espérer d’une cure de plus d’une semaine. Le pissenlit, stimulant l’évacuation biliaire, est contre-indiqué en cas de calculs et d’infestations massives par la petite douve. Du fait de l’effet diurétique, l’accès à de l’eau propre pendant la cure est impérative, la litière peut être plus rapidement dégradée (notamment pour les lapins de clapiers) et doit être renouvelée plus fréquemment. Pour compenser les effets d’une ration trop énergétique, une cure de plantes cholérétiques (stimulent le foie) et cholagogues (éliminent la bile) tel que les feuilles d’artichaut, les graines de chardon marie ou les feuilles de pissenlit est possible. De nombreux aliments complémentaires contiennent ce type de plante, mais une cure de pissenlit est également envisageable. Les autres herbivores (chevaux et lapins) peuvent également être concernés par ce trouble.

Comment se dispersent les graines de pissenlit ?

Le Pissenlit dans la Biodynamie et ses Secrets Chimiques

Le pissenlit s’utilise en biodynamie. Il est une des plantes retenues par la biodynamie dans les préparations à utiliser dans le compost, notamment. Cette plante porte le n°506 en termes de préparation. Les fleurs de pissenlit récoltées seront placées dans un mésentère de bovin qui lui sert de protection. Ces boules sont enfermées dans des pots en argile peu cuite et non vernissée, dans le sol durant l’hiver. Au printemps, après l’équinoxe, les pots sont déterrés, les mésentères sont sortis des pots. La matière noirâtre et humique, résultat de la décomposition des fleurs de pissenlit, donne une odeur agréable. À l’instar de Culpeper, la biodynamie indique que le pissenlit, sa couleur jaune et sa préparation sont influencées par les forces issues de la sphère de Jupiter. L’étain, la silice, l’érable et la lumière sont aussi reliés à Jupiter or le pissenlit est au moins composé d’acide silicique et n’ouvre ses fleurs qu’en pleine lumière solaire entre 9h et 15h. Pour Steiner, il faut que la silice qui se trouve dans le cosmos soit attirée vers le sol. Seule la préparation du pissenlit peut se permettre de le faire.

Symbolique du pissenlit en biodynamie

Selon les données chimiques connues, la plante contient principalement 40% d’inuline et 18% de fructose surtout au printemps. Sa tige contient un latex avec divers dérivés triterpéniques pentacycliques dont le taraxastérol, le taraxérol, le pseudotaraxastérol, des stérols et des principes amers que l’on nomme lactones. Dans les feuilles, la chimie isole des flavonoïdes, des vitamines C et B. Pour le potager, le pissenlit apporte de l’acide silicique, 4,5% de potassium dans la plante et 2,5% dans la racine et de l’éthylène (maturité des fruits), 1% de mucilage. Le pissenlit apporte 5 fois plus de protéines, 8 fois plus de vitamine C et 2 fois plus de potassium, de magnésium et de phosphore que dans la laitue pommée. La force de la silice s’annonce par la présence des colorants jaunes de la plante (xanthophylle) qui sont parents de la vitamine A. Ces éléments sont harmonieusement liés à des processus potassiques.

Comment se dispersent les graines de pissenlit ?

Certains légumes se développent mieux s’ils reçoivent une tisane de pissenlit. Pour que le « fruit » du chou-rave, par exemple, soit ferme et non ligneux en faisant un apport de tisane de pissenlit. C’est vrai pour la plupart des choux bien que les effets les plus visibles se retrouvent chez le chou-rave. Cette affirmation est faite par Maria Thun qui a testé cet apport de tisane de pissenlit pendant plusieurs années dans son potager. Il en est de même pour le blé d’hiver, l’avoine et le blé de printemps. Cette tisane doit évidemment être pulvérisée en jour racine pour le chou-rave et en jour fruit pour les blés.

Cultiver le Pissenlit et Autres Usages

Si vous n’avez pas de pissenlit, cela serait très étonnant, il est possible de les cultiver. Il se sème au printemps après tout risque de gelées. Il est possible de les semer en automne mais au moins 6 semaines avant les premières gelées. Faites le geste du semeur puis vous recouvrez les graines de 5 mm de terre. Le pissenlit a besoin de 20 à 30°C pour germer. Son sol de prédilection est d’être riche, profond et frais. Les jeunes feuilles sont récoltées pour en faire des salades. Le pissenlit est pollinisé par les insectes. Il peut se croiser avec d’autres espèces et donc est à cultiver à 1 km de distance en cas de cohabitation entre deux variétés. Le latex du pissenlit a pour effet de repousser les limaces et les escargots, qui se contentent de manger les vieilles feuilles un peu pourries du dessous. Par contre, les lapins, les vaches ou les chevaux en raffolent. Le pissenlit est une plante hôte pour divers insectes. Les abeilles et les mouches sont friandes de son nectar. Les papillons de nuit comme le Sphinx du pissenlit Amata phegea se reposent sur le pissenlit.

Le pissenlit a un goût de chicorée. Les fleurs ont une saveur sucrée de miel. Le pissenlit soigne les engorgements du foie quand il y a des excès de nourriture. Il lutte aussi contre les calculs biliaires. Selon une étude menée par Siyaram Pandey, professeur de l’université de Windsor au Canada, les racines de pissenlit seraient très efficaces et pourraient remplacer la chimiothérapie.

La plante a également été explorée pour des usages industriels. La production de latex pour remplacer le caoutchouc a été tentée par les Russes au XXe siècle, puis abandonnée. Au début du XXIe siècle, les Allemands ont réussi à éliminer l’enzyme responsable de la coagulation du latex (par polymérisation rapide) grâce à une manipulation génétique. Le pissenlit est aussi une plante tinctoriale : le latex blanc s’écoulant de la tige pourrait donner du blanc en teinturerie, mais donne en réalité du brun. Les fleurs ne donnent pas une couleur jaune intense, mais plutôt un vert très pâle après de nombreuses décoctions, voire un vert plus intense en ajoutant du bicarbonate. Pour obtenir du jaune, il faut se rabattre sur d'autres plantes comme le Pastel des Teinturiers (Isatis tinctoria) ou le safran (Crocus sativus).

Diversité des usages du pissenlit

Cette plante est considérée comme une adventice, c’est-à-dire une mauvaise herbe, pour les mauvaises langues. Et pourtant, elle est très riche tant dans ses principes actifs que dans sa vitalité au potager. Plante vivace, elle communique avec toutes les plantes qui l’entourent grâce à la présence du mycélium, dans le sol. Le pissenlit est en lien avec les forces cosmiques et telluriques de la Nature plus que toutes autres plantes, grâce à la présence de silice. Sa racine de 2 m de profondeur a probablement le même effet que les arbres qui remontent les minéraux et les partagent à ses voisines. La littérature, les contes, l’imagerie populaire, les guérisseurs, les oracles, les rebouteux, utilisent le pissenlit et donnent un nombre impressionnant de textes sur cette plante.

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