Avez-vous déjà entendu parler des buttes de culture en permaculture ? Elles offrent une manière unique de cultiver, en maximisant l’espace et la fertilité du sol. Apprenez les étapes clés pour construire votre butte de culture grâce à ce petit guide. Une butte de permaculture, c’est un monticule de terre, un tumulus ingénieusement aménagé pour la culture. Sa hauteur, forme, bordure et composition interne sont adaptées pour chaque projet et jardinier. Vous créez ainsi un support de culture idéal, un petit écosystème à part entière.

Fondements et philosophie de la butte
La création d’une butte à pour finalité de reproduire la décomposition naturelle créer dans les sols de la forêt. C’est une méthode qui respecte la faune du sol, et favorise grandement la diversité de son sol. Tout à fait en accord avec les principes de la permaculture. Contrairement à l’agriculture industrielle actuelle qui retourne la terre et tue une majorité des organismes (micro-organismes, insectes,…) vivants en son sein. En plus de ses fongicides qu’elle diffuse en grande quantité. Emilia HAZELIP, sa conceptrice, a développé l’« agriculture synergique » dans une démarche naturelle holistique.
La permaculture (signifie = culture permanente), est un concept créé dans les années 1970 en Australie par Bill Mollison et David Holmgren. C’est avant tout une philosophie qui repose sur trois principes éthiques : prendre soin de la Terre, prendre soin de l’Homme et partager équitablement les ressources. La culture sur butte consiste à cultiver des plantes sur un support surélevé. Les végétaux vont alors pousser sur un empilement de couches de végétaux compostables. Sa forme et sa composition varient en fonction de chaque jardinier.
Typologie des buttes : du simple monticule à l'écosystème complexe
Les buttes sont souvent élaborées à partir de matériaux locaux, comme le bois, le carton, ou des déchets organiques (résidus de tonte, déchets de cuisine, branches d’arbres). En imitant le processus naturel de décomposition des sols forestiers, cette technique de permaculture favorise la biodiversité et la santé du sol.
La planche surélevée
La planche surélevée, d’une hauteur modeste de 15 à 20 cm, est un support de culture idéal pour démarrer en permaculture. Constituée de fumier composté, de tonte de gazon, de terre et le tout coiffé d’un paillage protecteur. Elle offre un milieu propice à la croissance des plantes. Sa structure surélevée facilite l’entretien et la gestion des cultures, tout en assurant une bonne aération et un drainage efficace du sol.
La butte maraîchère
Le monticule de la butte maraîchère, d’environ 30 cm de hauteur, est une réalisation courante dans les jardins en permaculture. Elle est constituée de terre, généralement prélevée des allées entre les buttes, enrichies par divers éléments nutritifs.
La technique Hugelkultur
Innovante et écologique, la butte hugelkultur (création de Sepp Holzer) intègre du bois en décomposition pour une terre exceptionnellement riche en nutriments. La création commence par une fosse peu profonde, remplie de rondins de bois et de branchages. Cette base est ensuite recouverte de couches alternées de matières humides et sèches, et finalement de terre et de paillage. Sepp HOLZER, pionnier autrichien de la permaculture, rend cette pratique populaire et a une vision sur le long terme de l’utilisation de la butte en jardin potager. Elle est fertile jusqu’à 10 ans minimum !
La butte sandwich de Robert Moretz
Son inventeur, Robert MOREZ, prône une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Il a passé sa vie à la défense du vivant. Ce permaculteur popularise cette technique de la butte sandwich qui est fertile pour au minimum 5 ans. Elle fournit principalement du carbone (broyat forestier, bois, branchages, feuilles sèches…) et de l’azote (fumier, compost, crottin, déchets verts…).
La culture en lasagne
Comme son nom l’indique, la butte en lasagne est une succession de couches diverses. Une première couche est constituée de cartons, recouverts d’une couche de fumier. La troisième couche accueille des déchets verts comme les restes de tonte, des adventices ou des feuillages verts. Elle est recouverte par une couche carbonée, composée de paille, de copeaux de bois ou de foin. Par-dessus, la cinquième couche mélange les déchets verts et bruns précédemment cités. Enfin, une couche de terre composée de compost, de sable et de terre de jardin à parts égales.
Réaliser une culture en butte ou en lasagne en 3 minutes #lasagne #butte #permaculture
Analyse technique : avantages et précautions
L’un des avantages de la culture sur butte est de favoriser un bon drainage. En effet, cette couche supplémentaire est idéalement composée pour favoriser le ruissellement des eaux. La plupart des plantes potagères n’apprécient pas un sol avec de l’eau stagnante, c’est donc un avantage de former un substrat drainé. La plupart des plantes apprécient un sol souple pour s’enraciner facilement. C’est d’autant plus le cas pour les graines et les jeunes plants du potager. Cette couche de sol offre une belle profondeur supplémentaire de sol meuble, idéale pour l’enracinement.
Au potager, pas le choix, il faut pouvoir déambuler entre les rangs pour cultiver et récolter les légumes. Cela induit un certain tassement du sol qui n’a pas lieu avec la butte de culture. L’action de retourner le sol à la bêche est de plus en plus controversée. En effet, cela va perturber la vie microbienne du sol, particulièrement riche sur la première couche de la terre.
Cependant, il est important de souligner que la butte peut se dessécher rapidement si elle manque de paillage. De plus, la matière organique est enfouie, alors que dans la nature la formation d’humus se fait en présence d’oxygène. On parle alors d’inversion des couches, qui serait défavorable pour obtenir un sol de qualité. Toutefois, elle permet une meilleure gestion des déchets verts. La culture sur butte ne doit pas être systématique mais réfléchie en fonction de chaque contexte. L’avantage de drainer le sol deviendra un inconvénient dans les extérieurs caractérisés par un sol sec. Dans le sud de la France, mieux vaut éviter la culture sur butte car l’évaporation est plus importante. Il en va de même pour les espaces soumis aux vents forts.
Mise en œuvre pratique et entretien
Pour construire une butte en permaculture, vous aurez besoin d’outils simples tels qu’une grelinette, un bionneur, et une brouette. Privilégiez les outils durables et respectueux de l’environnement pour minimiser votre impact écologique. Surtout, la construction d’une butte en permaculture demande un peu de sueur.
Préparation et dimensions
Pour réaliser une « butte sandwich », on creuse le sol sur environ 30 cm en récupérant la bonne terre végétale de surface pour une utilisation ultérieure. On comble le maximum de trous d’air dans cette couche avec du bois broyé ou du BRF. Pour bénéficier d’une bonne surface de culture, une largeur d’1 m à 1,20 m est conseillée. Au-delà, vous risquez d’avoir du mal à jardiner sur la partie supérieure. Quant aux allées entre les buttes, on peut choisir de les faire étroites, ce qui permettra de travailler à califourchon sur une planche posée entre deux buttes, ou de les espacer d’une cinquantaine de centimètres afin de pouvoir se mettre à genoux.

Entretien annuel
Une butte de permaculture a généralement une durée de vie de quelques années. Elle se tasse progressivement, nécessitant un entretien régulier. Il est conseillé de la pailler et de la refaçonner annuellement pour maintenir sa fertilité, sa structure et donc sa durée de vie. Le paillis (mulch en anglais) empêche les herbes non désirées de pousser, maintient l’humidité du sol et enrichit la terre. Vous n’aurez plus besoin d’engrais et de désherbants chimiques.
Gestion des plantations
Dans une butte de permaculture, privilégiez des plantes vivaces résistantes telles que les plantes légumineuses (comme pois, haricot, lentilles…), le romarin, l’aneth, le thym, la ciboulette et les fraisiers. Pensez à la rotation des cultures sur quatre ans pour maintenir la fertilité et la santé de votre butte. La présence du couvre-sol rend le semis assez délicat. Aussi, il est souvent plus facile au début de repiquer des plants préparés en pépinière. On aura aussi de bons résultats avec des semis de grosses graines (haricots, fèves), dont la plantule, assez solide, peut traverser sans peine une couverture de 5 voire 10 cm.
Vers une approche holistique du jardin
Le jardinage n’est pas sans conséquence sur le dos du jardinier qui courbe l’échine ! La culture sur butte est une prise de conscience dans notre rapport au traitement du sol et de la nature. Au contraire du jardinier qui chaque année remet sa terre à nu et la travaille avant de semer, le permaculteur cherche à éviter toute dépense d’énergie inutile, par souci écologique, mais aussi par volonté de laisser faire le plus possible la nature, de co-créer le jardin avec elle. Il laisse sa butte en place, presque toujours recouverte de paille ou de végétaux, comme le sol dans la nature qui est recouvert d’herbe et de feuilles mortes. On recrée du sol.
La butte de permaculture est un espace riche, vivant, productif, équilibré et donc plus résistant aux aléas climatiques. Les combinaisons végétales y sont favorisées afin de recréer des petits écosystèmes. C’est un mode de culture durable qui repose sur des principes ancestraux comme ce qui existait par exemple il y a des millénaires au Mexique pour la culture du maïs. La Milpa était une technique Maya de culture qui consistait à associer le maïs à la courge et au haricot grimpant sans épuiser le sol. À l’échelle de votre jardin, une butte de permaculture apportera un nouveau milieu pour la faune et la flore sauvages tout en étant productive et auto-fertile. Alors, si votre terrain s’y prête, tentez l’expérience, abandonnez les rangées de légumes traditionnelles et optez pour la butte de permaculture.
tags: #plan #de #butte #de #permaculture