Guide complet : Plantation et entretien des arbres et arbustes

La plantation d’arbres et d’arbustes peut sembler difficile lorsque vous ne l’avez jamais fait. Afin de vous faciliter la tâche, voici quelques conseils pour la planification, la préparation et la plantation. L’arbre est un organisme vivant qui crée sa propre matière organique sous l’action du soleil. L’arbre stocke le carbone de l’air et participe à lutter contre les changements climatiques. Ses racines favorisent l’infiltration de l’eau de pluie alors que le tronc et le houppier accueillent une riche biodiversité (oiseaux, insectes…). Vous disposez d’un jardin qui manque d’arbre ? Voici comment en planter un !

Schéma illustrant les étapes clés de la plantation d'un arbre, du creusement du trou au tuteurage.

Planification et choix des végétaux

Sélectionnez des arbres qui poussent bien dans votre climat et votre sol. Quand vous les choisissez, assurez-vous de respecter la zone de rusticité, car chaque espèce a une tolérance différente aux gelées tardives printanières et précoces d’automne, aux inondations et à la sécheresse. Pour vous conseiller, faites confiance à votre marchand Passion Jardins. Il vous aidera à faire les bons choix qui correspondent à votre milieu et à l’entretien souhaité.

Planter un arbre dans son jardin n'est pas un acte anodin, mais bien une décision qui vous implique sur des dizaines d’années. Suivez nos critères de choix d'un arbre et arbuste d'ornement :

  • Son développement : grand (marronnier, platane, peuplier…) ou petit (aubépine, saule, prunus).
  • Son port : forme pyramidale, fastigiée, ronde, étalée ou pleureuse.
  • Son feuillage : caduc ou persistant.
  • Sa floraison : l’époque, la couleur et l’odeur des fleurs, voire des fruits ne sont pas à négliger.

Un des principes de base du jardinage est de placer la bonne plante au bon endroit. Privilégiez les plantes locales qui seront vigoureuses, adaptées à nos climats, et seront un atout pour les animaux du jardin. Attention, certains arbres fruitiers ont besoin d'un deuxième arbre « pollinisateur » d'une autre variété pour fructifier !

La préparation du sol et des plants

La préparation du sol et la qualité de la terre végétale sont essentielles pour l’avenir et la réussite de la plantation. L’épaisseur de terre végétale doit être d’au moins 0,8 à 1 m avec une bonne rétention en eau et un bon drainage.

Les arbres en contenant peuvent être plantés en tout temps, pourvu que le sol ne soit pas gelé. Conservez-les dans leur contenant jusqu’au moment de la plantation et arrosez-les avant de les planter. Afin de réduire le stress au maximum pour vos arbres, protégez-les durant le transport et gardez-les dans un endroit ombragé jusqu’à la plantation.

Pour les plants en racines nues, il est impératif de les mettre en « jauge » dès la réception afin de conserver la fraîcheur de leurs racines jusqu’à la plantation : les racines exposées à l’air et au soleil se dessèchent et dépérissent. Dans l’idéal, pour constituer une « jauge » installez les plants dans une tranchée rebouchée par du sable ou de la terre.

Photographie montrant une jauge de racines nues avec des plants protégés par de la terre.

Périodes de plantation : le rôle du repos végétatif

Sous notre climat tempéré, les périodes de plantation des végétaux dépendent de la saison, des espèces choisies et du mode de conditionnement de ces dernières. Ces périodes de plantation influencent la reprise des végétaux, c’est-à-dire le moment où les racines et radicelles recommencent à se développer pour alimenter la plante et stabiliser cette dernière dans son nouvel environnement.

La plantation des espèces caduques se fait de l’automne jusqu’au milieu du printemps, la meilleure période étant le début de l’automne pour profiter des pluies. La plantation de novembre à février assure également une reprise rapide au printemps. Pour s’en souvenir, pensez à Catherine en plantant entre les deux Sainte-Catherine (25 novembre et 24 mars).

Les végétaux en mottes ont été élevés en pleine terre. Les conteneurs permettent de conserver de la terre autour des racines, ces dernières ayant poussé à l’intérieur de cette petite motte pendant les premiers mois ou années de leur vie. Comme il y a une petite motte, il est d’usage de dire que ces végétaux peuvent se planter toute l’année. Théoriquement, c’est possible. Toutefois, il vaut mieux éviter la période estivale pour toutes les plantations, malgré la possibilité offerte par le conditionnement en conteneurs.

Guide pratique : les étapes de la plantation

Jardinier débutant ou chevronné, il suffit de vous munir d’une bêche, d’une bâche, d’un arrosoir.

  1. Faites tremper la motte : Munissez-vous d’un récipient étanche plus grand que le pot et remplissez-le d’eau. Plongez le pot dans le récipient et maintenez-le dans l’eau jusqu’à ce qu’aucune bulle d’air ne sorte plus.
  2. Creusez un trou : Faites un trou d’un diamètre 2 à 3 fois plus large et une fois et demi plus profond que le pot. Si le sol est engazonné, décapez la surface pour éliminer l'herbe et les racines. Le fond doit être ameubli. Ameublissez la terre en bêchant avec la fourche au fond des trous pour favoriser la pénétration de l’eau en profondeur et pour aérer le sol.
  3. Dépotez : Sortez la plante de son pot. Une fois la plante dégagée, démêlez les racines en grattant la motte à l’aide d’une petite pelle de jardin ou d’un couteau à bout rond. Ainsi les racines ne tourneront pas en rond et vous pourrez les étaler dans le trou. Il arrive que les plantes soient restées trop longtemps dans leur pot : les racines qui cherchent à s’étendre tournent alors en rond et forment une galette emmêlée appelée « chignon ». Il faut le supprimer avant la plantation pour éviter que les racines continuent de tourner.
  4. Plantez : Installez votre plante dans le trou en étalant ses racines au maximum. Le collet (point de jonction entre les racines et le tronc) doit se situer à minimum 5 centimètres au-dessus du niveau du sol (utilisez le manche de votre bêche pour vérifier) : si vous l’enterrez, l’arbre risque de pourrir et de mourir.
  5. Tassez et fertilisez : Tassez la terre fermement, de préférence avec les mains pour ne pas trop la compacter. Incorporez une bonne couche de compost à la terre de surface, ou tout simplement de l'engrais en granulés d'origine naturelle.
  6. Arrosez : Versez deux arrosoirs d’eau, pour que la terre adhère bien aux racines, même par temps humide.

Planter un arbre fruitier

Soins post-plantation et entretien

Une fois le plant installé, le paillage est essentiel pendant les deux à trois premières années pour un développement optimal. Le paillage permet d’éviter la repousse des herbes et conserve l’humidité du sol en évitant l’évaporation. Le paillage doit être impérativement naturel et biodégradable : copeaux de bois, paille, paille de lin, feuilles mortes.

Si votre plant est à la portée des lapins, chevreuils ou lièvres, il sera nécessaire de protéger vos jeunes pieds avec, par exemple, des manchons de protection en papier biodégradable.

Dans la mesure du possible, nous vous conseillons de laisser évoluer vos arbres librement : le mieux est de ne rien faire car toute taille est une agression qui fragilise l’arbre ! Néanmoins une taille est parfois nécessaire au bout de plusieurs années, notamment pour les plantations de voisinage ou proches des voiries. Pour cela, la taille devra toujours se faire en dehors de la période de reproduction des oiseaux (qui a lieu d’avril à fin juillet), au risque de perturber ou de détruire les nichées d’oiseaux.

Spécificités selon le type de végétation

Les rosiers et arbustes acidophiles

Pour les rosiers achetés en racines nues, il faut maintenir ces dernières humides et les praliner avant la plantation. Pour les arbustes acidophiles (rhododendrons, azalées), assurez-vous au préalable que votre sol offre des conditions favorables : elles exigent un sol acide pour prospérer. Si vous habitez une région où le sol est à tendance calcaire, installez plutôt vos plantes acidophiles dans une belle poterie.

Les plantes grimpantes

Choisissez un support en fonction de votre plante : en effet, toutes les plantes ne sont pas capables de s’agripper seules : elles devront alors être attachées. Pour une clématite, faites un monticule au fond du trou en créant une pente pour soutenir la motte qui doit être couchée en biais, les racines orientées à l’opposé du mur.

Diagramme comparatif montrant la différence entre un bambou traçant et un bambou cespiteux pour le choix de plantation.

Les bambous

Choisissez d’abord le type de bambous que vous souhaitez planter : les bambous « traçants » dont les rhizomes colonisent facilement la surface, ou les bambous « cespiteux » (comme les Fargesia) dont les racines forment une touffe qui s’étale très peu. Si vous voulez les maîtriser, limitez leur développement en installant une barrière anti-rhizomes.

Considérations environnementales et réglementaires

En limite de propriété, vérifiez que vous respectez la réglementation départementale ou communale concernant les distances de plantation de voisinage. Veillez également à vérifier auprès de votre mairie que l’emplacement choisi est compatible avec le Plan Local d'Urbanisme (PLU).

En milieu (semi) naturel, assurez-vous que le site ne présente pas un intérêt botanique que la plantation mettrait en danger : c’est le cas des pelouses calcaires dont la flore originale (orchidées…) se développe sur les terrains à roche quasi-apparente (calcaire ou sable) ou encore les landes à bruyères.

S’il est vrai qu’un arbre contribue à la captation carbone et donc à la lutte contre le réchauffement climatique, la démarche peut également avoir des conséquences néfastes si elle est mal pratiquée. Introduite en masse dans les années 1950 afin de lutter contre l’érosion des sols, l’eucalyptus, par exemple, joue en défaveur de son environnement et des communautés locales dans certaines régions en raison de son inflammabilité.

Les principaux composants du sol sont le sable, le limon et l'argile. En règle générale, la plupart des plantes préfèrent un « juste milieu » avec une teneur en sable et en argile dans des proportions similaires. Toutefois, si un sol contient beaucoup d'argile et peu de sable, on parle de sols lourds ; si la proportion de sable est dominante, on parle de sols légers. Attention : la valeur du pH du sol est également déterminante. La plupart des plantes du jardin préféreront une terre dont le pH est compris entre 5,5 et 6,5.

L’eau stagnante constitue un défi majeur pour les plantes en bac. En effet, leur espace étant limité, il est facile de trop les arroser par inadvertance. Une couche de drainage composée de granules hydro déposée dans le fond du bac préviendra efficacement la stagnation de l’eau et la pourriture des racines.

Enfin, n'oubliez jamais que l’aménagement de jardin est ainsi plus opportun au moment le plus propice pour les plantes. La plantation de végétaux est un investissement à long terme qui, lorsqu'il est bien réalisé, transforme durablement votre environnement immédiat tout en offrant un refuge précieux à la faune locale.

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