
Introduction aux Angiospermes
Les Angiospermes, également appelées plantes à fleurs ou Magnoliophytes, sont des plantes vasculaires de la division des Spermatophytes (plantes à graines). Le terme « Angiosperme » signifie « graine dans un récipient » en grec, ce récipient correspondant à l'ovaire qui se transformera en fruit après la fécondation. Ce groupe rassemble des plantes terrestres (Embryophytes) caractérisées par la présence de fleurs, qui sont les structures regroupant les organes reproducteurs et qui donneront les fruits après fécondation. Elles constituent le groupe de plantes terrestres le plus diversifié, avec un nombre d'espèces estimé entre 250 000 et 300 000. Ce succès évolutif est souvent attribué à une innovation majeure : la fleur.
Le taxon le plus basal de l'arbre phylogénétique des Angiospermes est Amborella trichopoda, une plante ligneuse du Pacifique. Cela indique que la lignée évolutive ayant conduit à cette espèce a été la première à se différencier au cours de l'évolution des plantes à fleurs, un processus qui a débuté il y a environ 145 millions d'années, durant le Crétacé. Néanmoins, des découvertes récentes suggèrent que l'ancêtre des Angiospermes pourrait plutôt être un genre de plantes fossiles aquatiques, Archaefructus sp., ayant vécu en Chine vingt millions d'années auparavant et possédant déjà les caractéristiques primitives des plantes à fleurs. Toutefois, d'autres études montrent que d'autres plantes à floraison ont été signalées à cette époque (125 millions d'années), ce qui signifie que l'ancêtre commun de toutes les Angiospermes reste à confirmer.
Les Angiospermes représentent la majorité des espèces végétales terrestres, constituant 90 % à 96 % de la biodiversité végétale en dehors des océans. Leur grande variété biologique se manifeste à travers l'appareil végétatif et l'appareil reproducteur, malgré la constance de l'organisation des gamétophytes et des phénomènes de fécondation.
La Reproduction Asexuée : Une Stratégie de Colonisation Efficace
La reproduction asexuée est un mode de reproduction qui ne fait pas intervenir de cellules sexuelles et se réalise sans fécondation, uniquement par mitose. C'est un clonage de la plante mère en plante fille, produisant des individus génétiquement identiques, c'est-à-dire des clones, et par conséquent, il n'y a pas de diversité génétique. Ce mode de reproduction est une modalité adaptée à la vie fixée des plantes et se réalise beaucoup plus rapidement que la reproduction sexuée, qui repose sur la fécondation et la germination de la graine.
La totipotence des cellules végétales est un phénomène clé dans la reproduction asexuée. Chaque cellule végétale peut donner naissance à n'importe quel autre type de cellules, même si elle était déjà différenciée. Cette capacité particulière à se dédifférencier et à redevenir indifférenciée (embryonnaire) est due à l'effet de certaines hormones végétales. C'est ce phénomène de dédifférenciation qui redonne aux cellules leur totipotence, leur permettant de produire n'importe quel type cellulaire.
Le bouturage et le marcottage sont des exemples de reproduction asexuée qui se font à partir d'un organe de la plante directement dans la terre sans ajout d'hormones extérieures. Des racines se forment à partir de tiges grâce à la dédifférenciation des cellules de tige, qui deviennent méristématiques puis se différencient en cellules de racine. Le mode de reproduction asexué permet à une plante de coloniser très efficacement de nouveaux milieux. Les individus produits sont des clones de la plante mère.
Le Stolon : Une Tige Adventive Répandue
Les plantes dites stolonifères ont une manière bien spécifique de se reproduire sans avoir forcément recours à une multiplication sexuée. Elles produisent des stolons, qui sont des tiges adventives rampantes. D'origine adventive, c'est-à-dire qu'elle se développe à partir d'un organe existant mais à une position atypique, cette tige mince, allongée et souple s'étend à la surface du sol, parfois juste en dessous.
Au fur et à mesure de sa croissance, le stolon forme à intervalles réguliers des bourgeons capables de donner naissance à de nouvelles racines et à des feuilles. C'est cette aptitude à former de nouveaux pieds qui confère au stolon un rôle unique dans la stratégie de colonisation des milieux. Très souvent associé à certaines espèces de plantes vivaces telles que le fraisier ou le chiendent, ce mode de propagation permet à la plante mère d'étendre efficacement son territoire et d'occuper rapidement de nouveaux espaces disponibles sans recourir à une reproduction sexuée classique. Ces nouvelles plantes, reliées au pied-mère, portent un ou plusieurs bourgeons susceptibles de produire une ou plusieurs nouvelles plantes identiques en tous points au pied-mère et capables de s'enraciner dans la périphérie de celui-ci.
Sur le plan biologique, le développement du stolon est favorisé par des conditions environnementales propices, notamment la présence d'humidité et une surface de sol peu encombrée qui permet une extension aisée de la tige rampante. Le point de contact du stolon avec le sol, riche en tissus méristématiques, induit localement la formation de racines adventives. Quelques jours à quelques semaines suffisent, selon les espèces et les conditions externes, pour qu'un nouveau plant autonome apparaisse, capable de se nourrir et de se développer indépendamment de la plante mère. Cette aptitude à multiplier le nombre d'individus à partir d'un unique organisme mène à des populations végétales denses, souvent génétiquement identiques, que l'on qualifie de clones. Ces véritables clones du pied-mère présentent exactement les mêmes caractéristiques que ce dernier. Ils s'en détacheront naturellement avec le temps, la tige les reliant se désolidarisant d'elle-même lorsque les plantules n'auront plus besoin de son apport nutritif.

Rôles Écologiques et Avantages Évolutifs du Stolon
Le stolon revêt une importance majeure dans le cycle de vie de nombreuses espèces végétales, tant au niveau de la persistance de l'espèce dans un habitat que de sa capacité à conquérir de nouveaux espaces. Il représente un mode de propagation végétative, c'est-à-dire une reproduction asexuée, différent de la reproduction par graines. Cette stratégie permet notamment aux plantes de coloniser rapidement des milieux favorables, de contourner les obstacles liés à la compétition pour la lumière, l'eau ou les nutriments, tout en limitant les risques associés à la germination et à l'établissement des semis. La connexion temporaire entre le pied mère et les nouveaux plants, via le stolon, permet également un transfert momentané de ressources (eau, nutriments), précieux pour l'implantation des plantules jusqu'à ce qu'elles soient capables de subvenir à leurs propres besoins.
Chacune des nouvelles plantules pourra produire à son tour des stolons qui permettront à la plante de gagner peu à peu du terrain en tous sens. Cette technique de reproduction végétative assure ainsi à la plante une meilleure exploitation de l'environnement immédiat et plus de chances de réussite que le semis spontané, notamment en zone hostile, rocheuse ou très pentue. Les tiges reliant la plante-mère à ses plantules sont plus ou moins chargées en nutriments selon la nature du sol dans lequel elles doivent s'implanter. Des études ont réussi à démontrer que si les plantules ont le choix, elles s'enracineront de préférence dans un substrat adapté et fertile. Dans le cas contraire, la plante mère va se modifier (feuilles plus grandes, tige des stolons plus épais) afin de nourrir la plantule plus longtemps, ce qui peut à terme l'épuiser, mais permet la survie de l'espèce par propagation.
Sur le plan évolutif, l'existence des stolons procure un avantage sélectif certain pour les espèces capables d'en produire. Les stolons offrent une flexibilité qui permet aux plantes de s'adapter à des conditions changeantes, en particulier dans des environnements soumis à des perturbations régulières telles que le piétinement, les feux de prairies ou la variation de disponibilité en eau. Dans des habitats instables, la capacité à se régénérer rapidement à partir d'organes souterrains ou rampants offre un gage de pérennité pour l'espèce. Cette dynamique d'expansion et de renouvellement rapide confère ainsi aux plantes stolonifères une résilience remarquable et leur permet de se maintenir durablement dans de nombreux écosystèmes.
Exemples de Plantes Stolonifères et Usages en Agronomie
Le fraisier est, sans doute, la plante la plus célèbre pour ses stolons, visibles au jardin dès le printemps. La plante mère émet de longues tiges rampantes qui s'étendent autour d'elle, chacune prenant racine çà et là pour donner naissance à de jeunes plants. Cette aptitude à la multiplication rapide rend la culture du fraisier très performante et facilite l'établissement de nouvelles plantations sans avoir recours à des semis. De nombreuses autres espèces végétales exploitent le même mécanisme, parmi lesquelles le chiendent, célèbre pour sa vigueur, ou encore plusieurs graminées utilisées dans les gazons. Ces plantes, grâce à leur capacité à se propager par stolons, s'avèrent précieuses pour la stabilisation des sols ou la reconstitution rapide de surfaces végétalisées après des perturbations.
La multiplication par stolons est très intéressante pour le jardinier désirant couvrir une zone du jardin de manière naturelle sans pour autant investir dans des centaines de pieds. On peut aussi utiliser la reproduction par stolons pour les plantes ornementales installées en potées, ou pour certaines plantes du potager (fraisiers). Parmi les plantes stolonifères les plus connues, on trouve le fraisier, le chlorophytum (une plante d'intérieur increvable), les bugles rampants (Ajuga reptans) aux beaux épis bleutés, le lierre terrestre (Glechoma hederacea), la violette qui forme des touffes délicatement odorantes, la pervenche (Vinca major) idéale pour couvrir le sol de ses fleurs bleues sous de grands arbres en zone ombragée. On peut également citer la pâquerette des murailles (Erigeron karvinskianus), la potentille de printemps (Potentilla verna) et la saxifrage jaune (Saxifraga aizoides), qui habilleront rapidement un muret ensoleillé ou une rocaille.
De nombreuses plantes dites alpines (adaptées à un milieu rocheux plutôt hostile) sont également stolonifères : l'alchémille de Hoppe (Alchemilla alpigena), la benoîte rampante (Geum reptans) qui pousse entre 2000 et 3000 m d'altitude dans les éboulis, la joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum) ou sa cousine la joubarbe d'Allioni (Sempervivum globiferum s. allionii), la saxifrage paniculée (Saxifraga paniculata). Certaines plantes poussant en zones humides comme l'hépatique, la renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis), la germandrée d'eau (Teucrium scordium), le myosotis queue de scorpion (Myosotis scorpioides) ou le millepertuis des marais sont aussi stolonifères.
En agronomie, la maîtrise des stolons représente un véritable enjeu, tant pour leur potentiel bénéfique que pour la lutte contre certaines espèces envahissantes. Les grandes cultures de fraisiers ou de certaines graminées fourragères profitent de la multiplication rapide permise par les stolons, accélérant ainsi l'occupation de l'espace et l'optimisation des rendements. Toutefois, cette même caractéristique peut poser problème lorsqu'il s'agit de limiter la progression de plantes indésirables comme le chiendent, qui envahit fréquemment les cultures grâce à ses nombreux stolons. Ainsi, les pratiques agricoles et horticoles intègrent des méthodes de contrôle et de gestion adaptées pour favoriser ou limiter l'effet des stolons selon les objectifs recherchés.
Comment multiplier les fraisiers ? Grâce aux stolons !
Multiplication des Plantes à Stolon
Si la plante mère se trouve en pleine terre, il suffit de laisser faire la nature et d'attendre tout simplement que les plantules s'enracinent et donnent des signes de reprise pour les prélever. Il faut alors couper les tiges qui les relient au pied-mère avant de les extraire délicatement du sol avec leur motte et de les replanter en pots individuels ou dans une autre partie du jardin.
Si la plante mère est en pot, il faut attendre qu'elle émette des stolons. Remplissez des petits pots individuels d'un terreau humide "spécial semis" ou d'un mélange composé d'une part de terreau pour 2 parts de sable de rivière très fin. Placez chaque pot sous une plantule produite par le stolon, afin qu'elle s'y enracine. Lorsque le système racinaire est bien établi et que les signes de reprise sont évidents, coupez la tige reliant la plantule au pied-mère et attendez encore un peu avant de l'installer dans un plus grand pot contenant un mélange adapté à l'espèce. Le cas du chlorophytum est un peu particulier, car dès l'apparition de bourgeons de racines sur les plantules, vous pouvez désolidariser ces dernières de la plante-mère et les mettre à raciner dans un récipient rempli d'eau. Il vous suffira ensuite de les replanter dans un pot contenant du bon terreau.
Distinction avec d'Autres Organes de Propagation Végétative
Les plantes disposent de plusieurs stratégies pour assurer leur reproduction végétative, parmi lesquelles le stolon occupe une place spécifique. Bien qu'il se distingue notamment des rhizomes, tubercules ou bulbes, il existe parfois une confusion entre ces différents organes.
Contrairement au stolon, qui est une tige rampante à la surface du sol (ou juste en dessous), le rhizome est une tige souterraine plus ou moins épaisse qui croît horizontalement et produit régulièrement des racines et des pousses aériennes. Les tubercules, tels que ceux de la pomme de terre, constituent des organes de réserve, stockant des nutriments essentiels à la survie de la plante pendant les périodes défavorables. Les bulbes, comme ceux de l'oignon, sont également des organes de réserve constitués de feuilles modifiées.
L'analyse morphologique et fonctionnelle du stolon met en évidence le rôle déterminant de cette tige rampante pour la multiplication et la mobilité de certaines espèces. Si le stolon ne stocke pas de réserves à proprement parler, il joue un rôle fondamental dans la dissémination spatiale des plantules et dans l'établissement rapide de nouveaux foyers végétatifs.

La Reproduction Sexuée chez les Angiospermes
La reproduction sexuée est assurée chez les Angiospermes par la fleur. Une fleur est issue du développement d'un bourgeon floral terminal ou latéral. Elle est portée par une tige (le pédoncule) insérée à l'aisselle d'une feuille (la bractée), et l'ensemble est relié à un rameau. Les caractères morphologiques, le nombre et les relations entre les pièces florales peuvent varier d'une espèce à l'autre.
Structure de la Fleur
En son centre, entourés des pièces stériles, pétales et sépales, se trouvent les pièces fertiles : le pistil et les étamines.
- Le Calice : Il s'agit de l'ensemble des sépales.
- La Corolle : Elle est formée par l'ensemble des pétales. L'ensemble du calice et de la corolle forme le périanthe. Il arrive que le calice et la corolle soient difficiles à différencier et, dans ce cas, on parle de tépales à la place des pétales et des sépales, et le périanthe est nommé périgone. Le périanthe est un ensemble de pièces florales stériles protégeant les organes reproducteurs.
- L'Androcée : C'est l'appareil reproducteur mâle de la fleur, formé par les étamines. Chaque étamine est constituée d'un filet (partie stérile plus ou moins allongée) à l'extrémité duquel se trouve l'anthère (partie fertile produisant les grains de pollen). Les anthères comportent généralement quatre sacs polliniques (microsporanges) et sont, pour cette raison, qualifiées de tétrasporangiées. Les sacs polliniques sont répartis en deux paires, de part et d'autre du connectif, et s'ouvrent à maturité le long de zones dites de déhiscence pour permettre la dispersion des grains de pollen (renfermant les gamètes mâles). Certains groupes (taxons) d'Angiospermes ont subi une réduction secondaire du nombre de sacs polliniques.
- Le Gynécée : C'est l'appareil reproducteur femelle de la fleur, formé de carpelles renfermant un ou plusieurs ovules. Les carpelles peuvent être libres ou soudés (partiellement ou entièrement). Ils forment le pistil. Certaines fleurs sont hermaphrodites lorsqu'elles contiennent à la fois des étamines et des carpelles.
Le pollen est présent chez tous les Spermatophytes actuels, mais il présente deux particularités propres aux Angiospermes. Tout d'abord, le nombre de cellules est réduit à une cellule végétative (qui formera le tube pollinique) et une ou deux cellules génératives (qui donneront les gamètes mâles). Dans le cas (le plus fréquent) du pollen à deux cellules, le noyau de la cellule générative se divise tardivement, une fois le pollen dispersé et la germination de celui-ci commencée. La seconde particularité du pollen des Angiospermes concerne sa paroi externe appelée exine.
Types de Fleurs et d'Inflorescences
Les Angiospermes peuvent présenter une fleur unique (par exemple, la Tulipe) ou plusieurs fleurs. Ces dernières sont, dans certains cas, dispersées et solitaires, mais plus généralement, elles sont regroupées en ensembles nommés inflorescences.
Il existe plusieurs organisations d'inflorescences :
- Dans un cas, l'axe principal ne porte généralement pas de fleur. Les fleurs sont disposées selon un certain ordre sur cet axe principal qui finit par un bourgeon terminal.
- Dans un autre cas, l'axe principal est terminé par une fleur qui est la première à se différencier. Des axes secondaires peuvent se développer à l'aisselle de bractées, se comportant alors comme l'axe principal.
Les fleurs peuvent être classées en fonction de la position du gynécée par rapport aux autres verticilles :
- Les fleurs hypogynes : le gynécée est inséré au-dessus des autres verticilles (ovaire supère).
- Les fleurs périgynes : chez de nombreuses Rosacées, sépales, pétales et étamines sont soudés en un prolongement du réceptacle appelé hypanthium.
- Les fleurs épigynes : périanthe et androcée sont insérés au-dessus du gynécée (ovaire infère).
Le nombre de carpelles est variable d'une espèce à l'autre. Les carpelles peuvent aussi se souder entre eux et former un ovaire unique (ovaire syncarpé). Les fleurs « en étoile », présentant un axe central de symétrie, donc à symétrie radiale, sont les fleurs actinomorphes.
Formule et Diagramme Floral
La formule florale utilise des lettres pour désigner la nature des pièces florales : S pour sépales, P pour pétales, E pour étamines, C pour carpelle, et T pour tépales. Les chiffres indiquent le nombre de pièces florales. Par exemple, la Tulipe, actinomorphe, présente 6 tépales, 6 étamines et 3 carpelles soudés avec un ovaire supère. (2C) indique 2 carpelles soudés. Chez les monocotylédones, le nombre de pièces florales est souvent un multiple de 3.
Le diagramme floral représente la symétrie et l'agencement des pièces florales. Si la symétrie est axiale (fleur actinomorphe), les différents verticilles sont représentés par des cercles. Si la symétrie est bilatérale (fleur zygomorphe), les pièces florales des différents verticilles sont placées sur des ellipses. Les étamines sont représentées au niveau des anthères par un « B ». L'appartenance à un même verticille peut être matérialisée par des pointillés.

La Pollinisation et la Fécondation
Les étamines renferment dans leurs anthères les grains de pollen contenant les gamètes mâles. Le pistil renferme dans l'ovaire les ovules, gamète femelle. Le pollen d'une fleur peut parfois féconder ses propres ovules, il s'agit alors d'une autofécondation. Ce mode de reproduction n'assure pas de réelle diversité génétique. La majorité des fleurs vont privilégier la fécondation avec d'autres fleurs, la fécondation croisée, garante de diversité génétique.
La pollinisation, c'est-à-dire le transport du pollen, peut se faire de différentes manières :
- Par le vent (pollinisation anémophile).
- Par les animaux (pollinisation entomophile), notamment les insectes, les oiseaux, ou les chiroptères, qui y trouvent un abri, de la nourriture (nectar, pollen).
La pollinisation par les animaux repose sur une collaboration entre des animaux pollinisateurs et la plante. La plante présente des structures attractives pour l'animal pollinisateur telles que la couleur, la présence de nectar, la production de molécules odorantes, et des organisations facilitant le dépôt du pollen sur l'animal venu butiner : formes et ornementations du pollen, structures mobiles. Parallèlement, les animaux présentent des structures adaptées à la collecte du pollen : trompe allongée du papillon, bec allongé du colibri. Lorsqu'un pollinisateur et une fleur sont adaptés l'un à l'autre, on parle de co-adaptation. La fleur peut, par exemple, ressembler à une abeille ou une guêpe femelle pour attirer les pollinisateurs.
Une fois le grain de pollen déposé sur le stigmate du pistil de la fleur de la même espèce, il se prolonge vers l'ovaire et dépose dans l'ovule le gamète mâle. La fusion des deux gamètes, la fécondation, aboutit à la formation d'un embryon. L'ovule se transforme alors en graine contenant l'embryon et des réserves. Ces réserves (amidon, lipides, protides) s'accumulent dans la graine pour préparer la future germination.
La Formation du Fruit et la Dissémination des Graines
Après la fécondation, le pistil de la fleur se transforme en fruit : la paroi de l'ovaire forme généralement la paroi du fruit et chaque ovule fécondé devient une graine. Les pétales, les sépales et les étamines flétrissent, ne laissant plus que le fruit (ovaire transformé et sa graine).
La dissémination des graines est cruciale pour la survie et l'expansion de l'espèce. Elle peut se faire de diverses manières :
- Les fruits charnus colorés, riches en sucre, sont ingérés par les animaux, qui dispersent ensuite les graines (zoochorie).
- Certaines plantes projettent elles-mêmes leurs graines autour d'elles par une rupture brutale du fruit puis projection des graines (autochorie).
- Les graines et/ou fruits déplacés par les animaux possèdent des structures ornementées ou collantes pour s'accrocher sur le corps des animaux, comme c'est le cas pour la Bardane ou la carotte (épizoochorie).
La graine contient l'embryon d'une future plante protégé par une enveloppe résistante, le tégument, entourée de réserves abondantes. L'embryon débutera sa germination et sa croissance en utilisant ces molécules de réserve préalablement accumulées dans la plante mère avant sa dissémination. Puis, lorsque la plantule sera sortie de terre et les feuilles suffisamment nombreuses pour assurer la photosynthèse, alors la plante deviendra autotrophe pour poursuivre son développement.
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