Le littoral, interface dynamique entre terre et mer, abrite une flore d'une richesse et d'une résilience remarquables. En Bretagne, le bord de mer est peuplé de plantes littorales, petites et résistantes, qui ont développé des adaptations uniques pour prospérer dans cet environnement souvent hostile. La découverte de cette flore originale, qu'il s'agisse de la lavande de mer, du cakilier maritime ou de la betterave de mer, révèle un écosystème fragile et précieux, constamment soumis aux caprices de la nature et aux pressions humaines. Pour les identifier en chemin, des botanistes passionnés, comme Daniel Philippon de l'association Bretagne Vivante, nous guident à travers cette diversité étonnante, des espèces indigènes aux introduites, parfois envahissantes.
La Résilience Exceptionnelle de la Flore Littorale
La nature ne fait rien au hasard, et la flore du bord de mer en est une illustration parfaite. Pour résister à l’environnement marin, rude et soumis à de forts aléas météorologiques, ces plantes possèdent des caractéristiques originales. Exposées aux vents, au sel omniprésent, et implantées dans un sol souvent sec et très minéral, les espèces maritimes ont développé plusieurs points communs qui témoignent de leur capacité d'adaptation.
Adaptations au Milieu Marin
Ces plantes sont souvent basses ou rampantes, une morphologie qui leur permet de mieux faire face à la force des vents côtiers. Elles se développent fréquemment en petites touffes, offrant une protection mutuelle contre les éléments et contribuant à stabiliser le substrat. Une caractéristique essentielle et souvent visible est la présence de feuilles - et parfois de tiges - épaisses ou grasses. Ces structures charnues leur servent de réserve d’eau, une adaptation cruciale dans des sols souvent drainants et peu propices à une rétention hydrique constante. C'est cette particularité qui leur vaut l'appellation générique de "plantes grasses maritimes" ou "succulentes", bien que toutes les plantes littorales ne soient pas des succulentes au sens strict.

Un Patrimoine Naturel Fragile
Malgré leur robustesse apparente, la flore du bord de mer constitue un patrimoine fragile. Soumise à la pression touristique et souvent malmenée par les activités humaines, elle est le refuge d'un foisonnant monde vivant incluant insectes, escargots et petits crustacés. Ces espèces, souvent très localisées, peuvent disparaître plus rapidement que d’autres plantes de milieux plus communs si elles subissent une pression excessive. Même si toutes ne sont pas classées dans les espèces protégées, elles méritent que des efforts considérables soient faits pour les conserver. L'association Bretagne Vivante, par exemple, œuvre activement à la sensibilisation et à la protection de cette biodiversité unique, comme en témoignent les actions préparées par son antenne Trégor-Goëlo ou les causeries de Daniel Philippon sur la flore littorale, notamment sur le marais maritime. Dans des réserves naturelles régionales, comme le sillon de Talbert à Pleubian, de nombreuses plantes maritimes sont en fleurs en été, illustrant la richesse de cet écosystème qui, par ailleurs, est également menacé par l'introduction d'espèces végétales envahissantes.
Un Panorama des Plantes Maritimes Emblématiques
Sur toute la côte bretonne, on peut observer plusieurs espèces de plantes typiques du bord de mer, chacune avec ses particularités. Si le chou marin ou la salicorne vous sont familiers, il existe une multitude d'autres espèces, dont certaines étonnantes, qui méritent d'être découvertes.
Le Chou Marin (Crambe maritima)
Le Crambe maritima, que l’on trouve sur nos côtes, est une espèce nordique. Malgré ses feuilles ressemblantes, ce n’est pas l’ancêtre du chou cultivé dans les champs. Cette crucifère, aujourd'hui appelée "Brassicacée", est présente en Bretagne, dans la mer Baltique, et sur la côte sud de l’Angleterre. Ses grandes feuilles charnues, souvent glauques, et ses grappes de fleurs blanches en font une présence notable sur les galets et les dunes. Il est essentiel de rappeler son statut d'espèce emblématique et son rôle dans la biodiversité côtière.

Le Panicaut Maritime (Eryngium maritimum)
Le panicaut maritime, avec ses feuilles épineuses et grisées, est une plante vivace d'une beauté singulière. Cette espèce est plutôt méditerranéenne, mais on la rencontre également sur la côte bretonne. Ses belles fleurs bleues épanouies en été en font une plante reconnaissable entre toutes. Le chardon bleu, comme on le nomme parfois en raison de son apparence, est en réalité de la famille des ombellifères (ou Apiacées), tout comme la criste marine ou la carotte sauvage, et n'est pas un vrai chardon. C’est le refuge de beaucoup d’insectes, tels que les papillons et les guêpes de sable, qui y trouvent de quoi butiner, ainsi que de petits mollusques. Le panicaut maritime est aussi le symbole du Conservatoire du littoral, soulignant son importance écologique.

La Salicorne (Salicornia europaea)
La salicorne (Salicornia europaea) est probablement l’une des plantes halophiles les plus connues et appréciées. C’est une plante très commune et abondante, typique des marais maritimes. Sa forme est grasse et épaisse, ramifiée et parfois légèrement pyramidale, se composant d’articles plus longs que larges. Sa couleur varie du vert au rougeâtre, avec parfois des nuances orangées, et on trouve en Bretagne six espèces annuelles et une seule vivace. En cuisine, la salicorne est extrêmement polyvalente. Elle est idéale en condiment et peut même être un aliment principal. Elle peut être mise en conserve dans du vinaigre comme des cornichons, ajoutée à des salades pour un croquant salé, ou utilisée pour accompagner des plats de poisson, comme des haricots. Sa consistance croquante et juteuse en fait un excellent ajout aux préparations culinaires variées. Cependant, comme l’obione, la salicorne est riche en acide oxalique, ce qui doit être pris en compte pour les personnes souffrant de problèmes rénaux ou ostéo-articulaires.

La Lavande de Mer (Limonium spp.)
La lavande de mer, qui aime les milieux prés-salés, n'est pas une plante rare pour peu que le milieu lui convienne. On en trouve par exemple au sillon du Talbert, ou près du moulin du Birlot sur l’île de Bréhat. Ses délicates fleurs et son parfum discret en font une plante agréable à découvrir lors des balades maritimes.
Le Coquelicot de Mer ou Pavot Cornu (Glaucium flavum)
Le coquelicot de mer, aussi appelé pavot cornu, se distingue par ses belles fleurs jaunes et ses étonnantes feuilles dentelées. Cette plante pousse sur le sable, en haut des plages ou sur les dunes. Comme tous les coquelicots, elle est toxique et doit être observée avec prudence.

La Bette Maritime (Beta vulgaris subsp. maritima)
La betterave, ou bette maritime, aime le goémon d’épave et s’installe sur les falaises ou le haut des plages de sable ou de galets. C'est une plante commune que l’on reconnaît à ses feuilles charnues et luisantes, ainsi qu'à ses fleurs et fruits formant des épis distincts.

L’Obione Portulacoides (Halimione portulacoides)
L’Obione portulacoides pousse en touffe et se révèle une vraie forêt à insectes et crustacés. Elle cohabite avec une petite algue que l’on ne trouve pas ailleurs. Ses feuilles sont épaisses et elliptiques, d’une belle couleur argentée, et ses petites fleurs jaunâtres. Les fruits de l’obione sont roussâtres, ajoutant une touche de couleur à ce végétal aux teintes douces. Les feuilles de l’obione peuvent être cuisinées de nombreuses façons. Elles sont très agréables à manger, à la fois acidulées et très salées. Elles peuvent être préparées comme des épinards, ajoutées à des salades pour une touche salée et croquante, utilisées pour préparer des sauces, ou encore conservées au vinaigre ou lacto-fermentées. C’est une plante polyvalente qui se prête bien à différents types de préparations culinaires. Il convient de noter que, comme la plupart des plantes de la famille des Amaranthaceae, l’obione contient de l’acide oxalique, ce qui la rend déconseillée pour les personnes souffrant de problèmes rénaux ou ostéo-articulaires.

La Criste Marine (Crithmum maritimum)
La Crithmum maritimum, aux feuilles grasses et charnues, est une ombellifère qui forme de petits buissons et fleurit en juillet et août avec ses fleurs d’un jaune verdâtre. On retrouve la criste marine sur tout le littoral, aussi bien sur les falaises que sur les cordons de galets, les dunes ou les rochers. En milieu favorable, elle peut se multiplier autant par ses stolons que par ses graines. Au printemps, elle se dote de délicates fleurs blanches.

La Soude Maritime (Suaeda maritima)
La soude maritime (Suaeda maritima) est une plante annuelle souvent de couleur vert glauque, mais qui peut prendre des teintes rougeâtres. Ses feuilles sont semi-cylindriques, avec une face arrondie et une face plate, et elles sont assez pointues à l’extrémité. Cette plante est similaire à la salicorne en termes de consistance et de saveur, ce qui en fait un excellent substitut ou complément. Elle peut être utilisée dans les salades, les sauces ou comme accompagnement pour divers plats, offrant une excellente option pour ajouter une texture croquante et une saveur salée aux recettes. Cependant, comme les autres plantes halophytes mentionnées, la soude maritime contient de l’acide oxalique.
Les Griffes de Sorcière (Carpobrotus) : Une Beauté Envahissante
Parmi la diversité des plantes grasses maritimes, certaines ont été introduites et ont, par la suite, montré un caractère invasif préoccupant pour la biodiversité locale. C'est le cas des fameuses "Griffes de sorcière", appartenant au genre Carpobrotus.
Origines et Propagation d'une Espèce Importée
Originaire d'Afrique du Sud, plus précisément de la région du Cap, les Carpobrotus ont été introduites en Amérique et en Europe vers la fin du XVIIe siècle. Leur attrait initial résidait dans leurs qualités ornementales. Par la suite, de multiples introductions par l'homme, tant pour l'ornementation que pour la stabilisation des remblais autour des constructions comme les forts, fortins et ports, ont propagé cette espèce sur pratiquement tout le littoral métropolitain de la France. Elles sont aujourd'hui présentes essentiellement sur le littoral méditerranéen, mais également sur le littoral atlantique, depuis l'Irlande jusqu'au Portugal. Cette plante est apparue en Corse vers la deuxième moitié du XIXe siècle, avec une première signalisation en 1877, où les populations se sont approprié cette espèce introduite et naturalisée, lui donnant un nom à consonance locale.
Caractéristiques Botaniques et Morphologiques
Les griffes de sorcière sont des plantes grasses qui colonisent presque tous les milieux littoraux, tels que les dunes de plages, les rochers de bords de mer et les falaises. Elles nécessitent un bon ensoleillement pour prospérer. Il s'agit d'une plante rampante qui possède des feuilles charnues et succulentes.
Deux espèces principales sont souvent mentionnées, Carpobrotus acinaciformis et Carpobrotus edulis, avec des différences morphologiques subtiles mais distinctes :
- Carpobrotus acinaciformis : Ses feuilles sont opposées, lancéolées et de forme triangulaire. Elles mesurent près de 5 à 8 cm et sont incurvées vers l'intérieur comme un sabre (falciforme). La section triangulaire de ces feuilles, de 10 à 18 mm, rappelle un triangle isocèle (deux côtés égaux). La taille de cette section diminue au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la tige, et elle est pointue à l'extrémité du limbe. Les feuilles sont de couleur verte, vert-jaune, voire rouge suivant les conditions environnementales. Les tiges peuvent mesurer plusieurs mètres et sont de couleur rouge brun. Les feuilles sont séparées par des entre-nœuds courts (plus de 4 cm généralement). La coupe d'une jeune feuille montre nettement la forme d'un triangle isocèle, confirmant l'espèce.
- Carpobrotus edulis : Cette espèce a des feuilles de couleur vert plus ou moins foncé, qui sont plus longues avec une section plus fine. La forme triangulaire de ses feuilles ressemble à un triangle équilatéral (trois côtés égaux).
Une troisième espèce, Carpobrotus glaucescens, native d'Australie, est également mentionnée. Ses feuilles triangulaires ont des angles moins saillants que celles de C. edulis et C. acinaciformis.

Floraison, Fructification et Stratégies de Reproduction
Le Carpobrotus est un végétal autotrophe qui élabore sa matière organique par photosynthèse à partir de gaz carbonique et d'eau, grâce à la chlorophylle de ses pigments qui capte la lumière solaire. La floraison débute au printemps et se poursuit jusqu'au début de l'automne. Les fleurs sont terminales et solitaires, mesurant de 5 à 12 cm de diamètre.
- Fleurs de C. acinaciformis : Elles sont franchement pourpres, chaque fleur possédant de nombreux pétales, et les sépales sont sub-égaux. Le centre de la fleur, portant les étamines et le pistil, est de couleur jaune.
- Fleurs de C. edulis : Elles sont de couleur jaune, voire rose pâle, et ses sépales sont inégaux. On peut aussi les distinguer par le nombre de carpelles : la fleur de C. edulis porte moins de 12 carpelles, tandis que celle de C. acinaciformis porte plus de 12 stigmates et carpelles.
La pollinisation des fleurs femelles est assurée par les insectes (entomogamie), le pollen des fleurs mâles étant véhiculé par des abeilles, bourdons, coléoptères comme les cétoines, papillons, etc. Ces coléoptères phytophages sont malgré tout des pollinisateurs. Les fleurs peuvent également être auto-fécondes. La pollinisation aboutit à la formation de graines engluées dans un mucilage collant à l'intérieur d'un fruit de 2 cm en forme de figue. Un fruit de C. acinaciformis peut contenir de 650 à 750 graines. La fleur puis le fruit sont au bout de la tige, le fruit de la même couleur que la plante est difficile à observer sans y prêter vraiment attention.
Les Carpobrotus, toutes espèces confondues, ont un fort pouvoir de reproduction, à la fois sexuée et asexuée. Le bouturage est facile : chaque morceau de plante peut produire des racines, et chaque nœud permet l'émission de nouvelles pousses. Une forme végétative, grâce aux stolons, permet à la plante de s'étendre rapidement, colonisant de larges surfaces.

Dissémination et Impact Écologique
La dissémination des graines est un facteur clé de leur expansion. Les fruits, comestibles et riches en sucre, protéines et eau, sont ingérés par une multitude d'animaux vertébrés tels que les lapins et les rats. Le passage par le système digestif des animaux (endozoochorie) augmente les capacités germinatives des graines. Sur l'île d'Hyères, le transport des graines par les fourmis moissonneuses Messor barbarus a également été mis en évidence. La dissémination par les animaux qui consomment les fruits peut atteindre jusqu'à 150 mètres.
Les tapis que forment ces plantes ont un impact écologique significatif. Il a été démontré qu'ils induisent une baisse de la biodiversité de 35 % et jusqu'à 60 % dans les zones étudiées. C. acinaciformis est moins fréquent et moins invasif que C. edulis, mais leur capacité à couvrir de grandes surfaces en très peu de temps représente une menace sérieuse pour les écosystèmes littoraux indigènes.
Plant@e : Dans le secret des plantes : La griffe de sorcière
Identification et Hybridation : Un Défi
L'identification précise des différentes espèces de Carpobrotus peut s'avérer complexe, notamment en raison des hybridations fréquentes entre C. acinaciformis et C. edulis. Ces hybridations ont été mises en évidence sur les îles d'Hyères par des études scientifiques (Suechs et al. 2001, 2004a). Pour les distinguer, au-delà des couleurs de fleurs (pourpre pour C. acinaciformis, jaune/rose pâle pour C. edulis), l'observation de la section transversale des feuilles est cruciale : un triangle isocèle pour C. acinaciformis et un triangle équilatéral pour C. edulis. Le nombre de graines dans les fruits coupés en deux peut également aider, C. edulis présentant généralement plus de graines que C. acinaciformis.

Usages Traditionnels et Précautions
En Afrique, le fruit de la Griffe de sorcière est utilisé cru ou cuit pour faire des confitures ou des jus de fruits. Les fruits de C. acinaciformis sont comestibles, consommés par les animaux et peuvent l'être également par l'homme. Ils se mangent crus ou cuits en confiture. Ces fruits ont une saveur aigrelette et possèdent des propriétés laxatives, il est donc recommandé de les consommer avec modération. Le jus de ses feuilles permet de soulager les dérangements intestinaux et les crampes d'estomac. En gargarisme, il apaise les maux de gorge. Enfin, en application externe, il a la vertu de calmer les brûlures ou les coups de soleil. Bien que la Griffe de sorcière soit utile et décorative, elle est considérée comme envahissante dans de nombreux pays.
Gestion et Efforts d'Éradication
En raison de son caractère invasif, des campagnes d'arrachage des griffes de sorcière sont régulièrement organisées dans certaines régions. Ces opérations sont souvent longues, coûteuses et doivent fréquemment être réalisées à la main. Les racines de la plante, qui se développent à chaque nœud, rendent l'arrachage manuel particulièrement exigeant, comme l'illustrent les photos de sites réhabilités. Sur ces griffes de sorcière arrachées suite à une campagne de réhabilitation de site naturel, on voit bien les racines de la plante à chaque nœud. Des études de suivi de l'éradication ont été menées, par exemple sur l'île de Porquerolles, pour évaluer la résilience de la flore indigène après ces interventions.
Concevoir un Jardin Résistant en Bord de Mer
Les jardins de bord de mer présentent des défis particuliers avec leurs vents violents, leurs embruns salés et leurs sols souvent sableux et pauvres. Cependant, la sélection judicieuse de plantes adaptées permet de créer un jardin résistant et coloré toute l'année, en s'inspirant de la résilience de la flore littorale naturelle.

Défis Spécifiques du Littoral
L'environnement côtier impose des contraintes uniques : les vents forts peuvent dessécher les plantes et causer des dommages physiques, les embruns salés peuvent brûler les feuilles sensibles, et les sols sableux manquent souvent de nutriments et retiennent mal l'eau. Il est crucial d'en tenir compte lors de la conception et de l'aménagement.
Sélection de Plantes Adaptées
Pour réussir un jardin en bord de mer, il convient de privilégier des espèces naturellement résistantes à ces conditions.
Arbustes et Haies Brise-Vent
Les arbustes sont essentiels pour créer une structure et offrir une protection contre le vent et le sel.
- Le Pittosporum figure parmi les arbustes les plus adaptés au bord de mer grâce à son feuillage persistant épais et brillant. Cette plante résiste parfaitement aux embruns tout en offrant une floraison parfumée au printemps qui rappelle la fleur d’oranger.
- L’Éléagnus présente un feuillage argenté particulièrement décoratif qui protège naturellement du vent salé. Cet arbuste à croissance rapide demande peu d’entretien et produit des fruits décoratifs en automne.
- Le Tamaris développe un port gracieux avec son feuillage léger et sa floraison rose en plumet. Cette plante de jardin supporte parfaitement les sols sableux et les embruns.
- La Griselinia forme des haies denses et élégantes avec son feuillage vert tendre brillant. Cette plante s’adapte aussi bien aux terrasses qu’aux massifs de pleine terre. Pour les jeunes plants, il convient d’installer des tuteurs solides et des brise-vents temporaires durant les premières années.

Vivaces et Graminées pour Sols Difficiles
Ces plantes apportent de la couleur et de la texture aux massifs.
- La Lavande constitue une plante emblématique des jardins de bord de mer avec son parfum méditerranéen. Cette fleur parfumée attire les pollinisateurs tout en demandant très peu d’eau.
- La Fétuque offre un feuillage bleu, vert ou argenté qui résiste parfaitement à la sécheresse et aux expositions au soleil intense. Cette graminée pousse aussi bien en pot qu’en pleine terre et demande un entretien minimal.
- L’Oyat des Dunes joue un rôle fondamental dans la fixation des sols sableux grâce à son système racinaire développé. Cette plante vivace ralentit l’érosion côtière tout en supportant parfaitement la sécheresse.
- Le Gazon d’Espagne forme de petits coussins denses avec une floraison en boules roses, rouges ou blanches au printemps. Cette plante apprécie particulièrement les sols pauvres et l’exposition au soleil direct.

Arbres et Succulentes Ornementales
Pour la verticalité et l'exotisme, certaines espèces peuvent être envisagées.
- L’Eucalyptus présente un feuillage persistant très odorant qui résiste bien aux conditions maritimes. Cet arbre pousse rapidement et certaines variétés restent de petite taille en formant des buissons de 4 mètres maximum.
- L’Albizia développe un feuillage découpé élégant et une floraison en pompons colorés durant l’été. Cette plante attire les abeilles et les papillons tout en demandant peu d’entretien.
- Le Cocotier représente l’arbre emblématique des régions tropicales littorales. Dans les climats tempérés, il convient de le cultiver en pot pour le protéger durant l’hiver.
- L’Aloe développe un feuillage en rosette colorée avec des vertus médicinales reconnues. Cette plante grasse convient particulièrement au littoral méditerranéen où elle peut rester en extérieur toute l’année.
- La Crassula présente une grande variété de formes et de tailles avec un feuillage persistant charnu. Cette plante en pot demande très peu d’eau et s’intègre parfaitement dans les rocailles méditerranéennes.
- L’Euphorbe compte environ 2300 espèces aux formes très variées. Ces plantes à croissance rapide poussent pratiquement partout mais restent sensibles à l’humidité hivernale.
Conseils de Plantation et d'Entretien
Pour assurer le succès de votre jardin côtier, quelques principes d'entretien sont à respecter. Il est préférable de planter ces végétaux au printemps pour leur laisser le temps de s’enraciner avant l’hiver. La préparation du sol est cruciale et consiste à améliorer le drainage en ajoutant du sable grossier si nécessaire. L’arrosage doit rester modéré car ces plantes supportent naturellement la sécheresse. Il suffit d’arroser copieusement mais peu fréquemment pour encourager l’enracinement profond. La taille s’effectue généralement après la floraison pour maintenir un port compact. Il convient de supprimer les branches mortes ou abîmées par les tempêtes.
Aménagements et Design Paysager
Les massifs réussis associent des plantes de différentes hauteurs pour créer du volume. Il est recommandé de placer les arbustes à feuillage persistant en arrière-plan et les vivaces colorées au premier plan. Les haies brise-vent se composent d’arbustes résistants plantés en quinconce. Le mélange d’espèces à feuillage persistant et à floraison étalée garantit un aspect décoratif toute l’année. Les potées fleuries permettent de cultiver des espèces plus fragiles en les déplaçant selon les saisons. Il convient de choisir des contenants lourds et stables pour résister aux vents. L’exposition au soleil convient à la plupart des plantes de bord de mer.
Potager et Jardinières en Bord de Mer
Un potager reste possible en choisissant des légumes résistants au sel comme les épinards de mer, les choux et les artichauts. Les jardinières peuvent accueillir des espèces adaptées, comme la Griffe de sorcière (Carpobrotus) qui, malgré son caractère envahissant en milieu naturel, peut être cultivée en pot dans un environnement contrôlé pour ses qualités décoratives et ses usages traditionnels. Elle est peu rustique et ne supporte pas les températures en dessous de 4°C. La culture en pleine terre doit donc être réservée aux régions douces et chaudes. Il lui faut un sol pauvre, sableux, humifère et bien drainé. Comme on la trouve souvent près des côtes, la Griffe de sorcière supporte sans problème l’air et le sel marin. En pot ou en pleine terre, il faut préparer un lit drainant, un mélange de terre de jardin, de terreau et de sable à parts égales. Après avoir disposé le lit drainant et une couche du mélange, il faut déposer la plante. Ensuite, il faut refermer et tasser le substrat autour du plant, puis arroser sans inonder le collet. La Griffe de sorcière n’a pas besoin de beaucoup d’entretien et est très économe en eau. Il suffit d’arroser quand la terre est sèche et de privilégier un arrosage à la reprise de la végétation, soit en avril-mai. Elle peut être attaquée par des escargots, qu'il faudra ôter à la main, et par les cochenilles farineuses.