Les plantes succulentes, souvent appelées plantes grasses, constituent un groupe fascinant au sein du monde végétal. Adaptées à la vie dans des conditions arides, elles ont développé des mécanismes de survie sophistiqués, stockant l'eau dans leurs tissus charnus. Parmi elles, le Kalanchoe tomentosa, surnommé la « patte de crabe » ou « oreille d'âne », et la robuste joubarbe, occupent une place de choix dans le cœur des jardiniers.

Le Kalanchoe tomentosa : une merveille veloutée
Le Kalanchoe tomentosa est une plante succulente facile d'entretien et très décorative avec ses feuilles duveteuses en forme de pointes. Originaire de Madagascar, elle apprécie la lumière vive et nécessite peu d'arrosage pour prospérer. Le kalanchoé tomenteux développe une ou plusieurs tiges verticales. Les feuilles sont en larges cuillères, allongées, opposées. Feuilles et tiges sont recouvertes d’un épais velours argenté, chatoyant. Étant une plante grasse, Kalanchoe tomentosa montre des tiges épaisses d’environ 0,5 à 1 cm. La plante peut prendre la forme d’un petit arbre, en se dénudant de la base et se lignifiant. Les feuilles sont épaisses elles-aussi.
Les fleurs sont rares en culture à l’intérieur, mais peuvent apparaître en véranda, car Kalanchoe tomentosa fleurit en hiver. Les hampes se développent à partir des bourgeons apicaux. Le kalanchoé tomenteux est facile à réussir en intérieur en situation lumineuse. Cependant, plus l’ensoleillement est important, plus son port sera compact et plus son velours sera dense. Il supporte toutes sortes de substrat, du moment que celui-ci soit assez drainant : donc n’importe quelle terre, à tendance minérale (pas trop de terreau), mélangée avec un peu de sable.
Les arrosages sont réguliers d’avril à octobre, en laissant sécher la terre entre chaque arrosage. En hiver, ils sont suspendus, et la plante est conservée si possible dans une pièce fraîche (entre 4 et 12 °C). Il faut éviter que ce kalanchoé ne fasse de nouvelles feuilles en hiver, car elles seront étiolées et sensibles aux maladies.
Multiplication et variétés du Kalanchoe
Le kalanchoé tomenteux se multiplie facilement par bouture de tiges ou de feuilles. Les boutures sont prélevées sur une plante bien gorgée d’eau, soit après un arrosage au printemps ou en été. Les tiges sont coupées proprement puis maintenues verticales, dans un verre par exemple, sans eau. La bouture de feuille est amusante : une feuille est décollée de la tige et posée (non enterrée) sur la terre légèrement arrosée. Elle ne tarde pas à produire une petite rosette de feuilles ainsi que des racines en dessous.
Il existe une grande diversité au sein de ce genre, incluant 100 à 150 espèces. Parmi les plus remarquables, on trouve :
- Kalanchoe delagoensis, portant de nombreuses plantules sur ses feuilles étroites.
- Kalanchoe beharensis, une grande espèce très velue.
- Kalanchoe blossfeldiana, le Kalanchoé des fleuristes.
- Kalanchoe rhombopilosa, une charmante miniature.
- Kalanchoe marmorata, aux feuilles tesselées.
- Kalanchoe orgyalis, aux feuilles raides et rousses.
- Kalanchoe pumila, petite espèce aux feuilles blanches et fleurs roses.
- Kalanchoe tomentosa ‘Blue Boy’, aux feuilles rosées.
- Kalanchoe tomentosa ‘Chocolate Soldier’, une variation géographique aux longues feuilles allongées, brunâtres.
- Kalanchoe tomentosa ‘Minor’, plante compacte aux petites feuilles.
- Kalanchoe tomentosa ‘Large Form’, aux feuilles plus grandes.
Comment multiplier le kalanchoé | Multiplication du kalanchoé | Comment faire pousser un kalancho...
La Joubarbe : la plante immortelle des toitures
La joubarbe (Sempervivum sp.) est une plante grasse vivace qui est originaire des montagnes d'Europe, plutôt du centre et du sud, et d'Asie. La joubarbe pousse naturellement dans les rocailles où ses fines racines parviennent à s'immiscer dans les anfractuosités pour aller puiser les nutriments et l'eau nécessaires à sa survie. Par ailleurs, son feuillage persistant, charnu, lui permet de stocker l'eau afin de pouvoir passer les périodes de forte sécheresse, comme le font les cactus.
La joubarbe se reconnaît facilement par son port en rosette constituée de feuilles succulentes, acaules, épaisses, pointues, aux bords souvent soyeux, parfois couvertes d'un réseau de fils blancs, insérées de façon serrée, hélicoïdale : elles s’agglutinent les unes à côté des autres, par la naissance de rejets ou nouvelles rosettes, sur des stolons latéraux. En été, des tiges dressées, écailleuses, de 15 à 20 cm de haut portent des cymes paniculées, plates, ramifiées, terminales, formées de fleurs étoilées, aux étamines et pétales délicats, hermaphrodites, blanches, jaunes, rouges, roses ou pourpres.
Histoire et usages de la Joubarbe
Le nom joubarbe vient du mot latin jovis barba qui se traduit par « la barbe de Jupiter ». Elle a été nommée ainsi parce que jusqu’au Moyen Âge, on croyait qu’elle protégeait de la foudre. On la trouvait d’ailleurs énormément sur les toits. On appelle aussi la joubarbe des toits, la plante de la foudre car au moyen-âge, cette végétation était perçue comme une plante qui protégeait de la foudre, à ne surtout pas arracher.
La joubarbe des toits (Sempervivum tectorum), la plus célèbre, est connue pour ses vertus thérapeutiques notamment pour remédier aux cors, grâce à la teneur de ses feuilles en tanins, acides organiques, malique et formique. Mais saviez-vous que les sucs de ses feuilles fraîches soignent tout aussi bien les brûlures, les piqûres d’abeilles, ou encore les hémorroïdes.

Les Succulentes Comestibles : au-delà de l'ornement
Avez-vous déjà pensé à cultiver des plantes succulentes dans votre jardin, et qui plus est, des variétés que vous pouvez manger ? Les plantes succulentes sont souvent associées à un entretien facile, mais saviez-vous qu’un certain nombre d’entre elles s’avèrent également comestibles ?
- L’apténie cordée (Aptenia cordifolia) : Originaire d’Afrique du Sud, vous pourrez récolter ses jeunes feuilles et pousses, qui ont une saveur légèrement salée et peuvent être ajoutées aux salades ou consommées crues en garniture.
- L’aloès : Son gel intérieur est non seulement bon pour les brûlures et les soins de la peau, mais il peut également être consommé.
- L’origan cubain (Plectranthus amboinicus) : Ses feuilles charnues peuvent être utilisées de manière similaire à l’origan commun, bien que son goût soit un peu plus fort et plus sucré. L’origan cubain est également connu pour ses propriétés antibactériennes et antivirales.
- Le pourpier (Portulaca oleracea) : Riche en acides gras oméga-3, en vitamines A et C, et en minéraux comme le magnésium, le pourpier est un super aliment.
- Le figuier de Barbarie (Opuntia) : Les fruits, appelés « figues de Barbarie », profitent d’une saveur douce et peuvent être consommés frais ou transformés en jus. Les jeunes raquettes, également connues sous le nom de « nopales, » peuvent également être cuisinées. Riche en fibres, vitamines et minéraux, le figuier de Barbarie est également réputé pour ses propriétés antioxydantes.
- L’orpin de Morgan (Sedum morganianum) : Cette plante originaire du Mexique est souvent cultivée pour son aspect décoratif, mais ses feuilles sont également comestibles.
Le Kalanchoe daigremontiana : une curiosité biologique
Le Kalanchoe daigremontiana, parfois nommé « Bryophyllum », fait partie de la vaste famille des Crassulacées. Cette plante succulente vivace est originaire du Sud-Ouest de Madagascar, ce qui explique sa faible rusticité et son emploi courant comme plante d'intérieur. Souvent acquis pour sa floraison particulière, brillante et à l'aspect cireux, cette plante est aussi remarquable pour son feuillage très ornemental, vert marbré de brun/mauve, dont les bords dentelés sont couverts de minuscules plantules qui lui ont valu le nom de « Mother of Thousands » (mère de milliers).
Pourvu qu’elles requièrent les mêmes conditions de culture, vous pouvez associer sans souci le Kalanchoe daigremontiana à d’autres plantes dans un même pot. Son port érigé permet de le disposer en fond de décor, avec pour écrin de plus petits sujets de plantes succulentes, aux feuillages panachés, retombants, comme certains Hoyas, ou translucides comme les petits Haworthias cuspidata.

Principes de culture pour les plantes grasses
La culture des plantes grasses, qu'il s'agisse de Kalanchoe ou de la joubarbe, repose sur quelques principes fondamentaux. La plantation des joubarbes se fait essentiellement au printemps et en automne. Les joubarbes ne demandent quasiment aucun entretien. Supprimez les rosettes desséchées et enlevez les éléments abîmés éventuellement. La joubarbe se cultive dans les rocailles, sur les murets de pierres sèches, en pot, ou sur les toits végétalisés, dès lors que l'exposition sera ensoleillée.
Concernant le Kalanchoe daigremontiana, choisissez un emplacement très lumineux, à l'abri des courants d'air froids et arrosez de façon très modérée en laissant sécher presque complètement le mélange entre deux arrosages. En automne, pour induire la formation des boutons floraux, faites un apport d'engrais riche en potasse (K) tous les quinze jours, toujours après un arrosage pour ne pas brûler les racines. Ne laissez jamais un pot de K. daigremontiana baigner dans une coupelle remplie d'eau, vous lui assureriez une mort rapide.
Au printemps, il est possible de rempoter votre Kalanchoe dans un substrat léger mais humifère composé de sable de rivière et de terreau du commerce. La joubarbe, quant à elle, supporte très bien les sols pauvres, caillouteux et secs à condition qu’elle bénéficie d’un maximum de soleil et de lumière. Côté entretien, qu’elle soit en pot ou en pleine terre, la joubarbe ne se taille pas et peut très bien supporter de longues périodes sans eau. A contrario, elle nécessite quand même certains soins pour lutter contre le froid hivernal. Elle aura notamment besoin d’un engrais spécial cactées, une fois au printemps et une fois à l’automne. Pour sa conservation, la joubarbe a besoin d’être bien protégée contre les vents violents.

Ces plantes, par leur diversité et leur résilience, offrent aux amateurs de jardinage un terrain d'exploration infini, que ce soit pour agrémenter un intérieur avec le velours du Kalanchoe ou pour structurer un jardin de rocaille avec la géométrie parfaite de la joubarbe. Leur capacité à survivre là où d'autres échouent, alliée à leurs vertus parfois insoupçonnées, en fait des alliées précieuses pour tout environnement.