Les plantes grasses ont de plus en plus le vent en poupe ces dernières années dans les jardins. Elles ne demandent pas d’entretien particulier et résistent très bien aux canicules et périodes de sécheresses. Parmi ces végétaux, certains se distinguent par leur port rampant et leur capacité à former des tapis végétaux colorés. Il est essentiel de distinguer le genre Delosperma, souvent qualifié de "pourpier vivace", du véritable pourpier (Portulaca oleracea), une plante annuelle comestible aux propriétés fascinantes.

Le genre Delosperma : le pourpier vivace
Originaire d’Afrique du Sud, le genre des Delosperma que nous allons voir ici est le genre le plus rustique des plantes que l’on pourrait vulgairement apparenter aux Pourpiers ou Ficoides. Certaines autres sont annuelles ou très gélives. Le Pourpier vivace est une plante grasse, c’est à dire qu’on la reconnaît à ses feuilles épaisses, dodues et gorgées d’eau. Elles s’agencent le long de tiges horizontales en prenant l’aspect de petites griffes. Ces feuilles sont persistantes, c’est pour cette raison qu’elles peuvent souffrir en cas de fortes gelées.
Ne nous le cachons pas, Pourpiers vivaces ne veut pas dire qu’ils ont une résistance hors pair au froid. Son port est étalé, ils forment donc assez vite de jolis petits tapis garnis d’une profusion de fleurs, leur principal atout. En effet, de juillet à octobre s’épanouissent à l’aisselle des feuilles, de petites ou moyennes fleurs aux pétales très fins et gracieux. Elles ont la faculté de se fermer une fois la nuit venue, elles se replient sur elles-mêmes pour se rouvrir le lendemain. Ce procédé fonctionne de la même façon avec le soleil, plus il tapera dessus et plus les fleurs seront ouvertes.
Variétés et caractéristiques botaniques
Le genre des Delosperma compte de nombreuses espèces plus ou moins gélives.
- Espèce classique : Présentant la meilleure résistance aux conditions climatiques françaises. Ses grandes fleurs rose fuchsia et fines sont particulièrement abondantes durant l’été.
- Collection récente : Proposant de nombreuses variantes de couleurs, du blanc au rouge en passant par des jaunes, roses et oranges.
- Espèce compacte : Cette espèce est naturellement très compacte et dodue. Il fleurit de couleur jaune avec de petites fleurs imbriquées dans les feuilles.
- Séries hybrides : Une seconde gamme récemment créée issue de belles hybridations. Moins compacts que les ‘jewel of desert’ ils poussent aussi plus vite, avec des fleurs plus grandes et une bonne résistance aux gelées.

Les impératifs de culture du Delosperma
L'importance capitale de l'exposition
Soleil, il faut du soleil ! C’est la règle numéro un, absolument indispensable si vous voulez les voir pousser et fleurir abondamment. Choisissez donc un emplacement plein sud, venté ou non, cela n’a que peu d’importance. Le mieux est d’accompagner cette exposition chaude d’un mur à proximité qui reflétera d’autant plus la chaleur et assurera un drainage ainsi qu’une protection pour l’hiver. Le paillage minéral est lui aussi conseillé, la pouzzolane est un très bon choix dans ce cas.
Le drainage du sol
Drainé, absolument ! Après le soleil en exposition, le drainage du sol est un point tout aussi indispensable. L’humidité, surtout hivernale, est l’ennemie numéro un des Pourpiers vivaces. Cela peut ne pas être nécessairement le froid qui les tuera mais bel et bien le pourrissement de leurs racines. Il est donc important de toujours drainer votre sol avec des gravillons fins et du sable. Question pH, l’importance est secondaire comme l’enracinement est superficiel. Avec les caractéristiques évoquées, il tombe sous le sens que la plantation des Delosperma n’est pas conseillée en automne.
Entretien et multiplication
Les deux solutions sont possibles. Ces plantes, au-delà des deux exigences fondamentales évoquées ci-dessus peuvent pousser facilement et partout. Même en pot, respecter le côté drainant du substrat et n’installez jamais de soucoupe en dessous. Pour le matériau, il n’a qu’une faible importance. Seul un arrosage hebdomadaire, s’ils sont plantés en été, est conseillé car ils ne seront pas encore enracinés. La fertilisation est inutile et peut même être nuisible.
Comment bouturer le sedum et mes plantes grasses?
Vous souhaitez multiplier vous-même vos pieds mères ? Rien de plus simple. Les Delosperma, au même titre que les plantes grasses en général, sont des plantes qui se multiplient par bouturage avec un taux de reprise proche des 100 %. Il vous suffit de prélever un bout de tige de 5 cm, dépourvu de fleurs et de le planter en godets dans un mélange spécial cactées. Faites le premier arrosage 2 jours après puis 1 fois par semaine si le substrat est sec et patientez jusqu’à l’enracinement. En seulement 15 jours, vous pouvez avoir un jeune plant prêt à être replanté au jardin.
Le pourpier sauvage (Portulaca oleracea L.)
Le pourpier est une plante herbacée annuelle qui forme des touffes. Il est doté de longues tiges rampantes et est couvert de petites feuilles rondes et grasses d’un vert tendre. Entre juillet et octobre, il se pare de petites fleurs jaunes. On déguste ses feuilles fraîches qui ont une saveur un peu acidulée et épicée. J. Le pourpier (Portulaca oleracea L.) étend ses tiges succulentes, dont les tissus charnus sont riches en eau, au ras du sol à la fin de l’été.
Considéré à tort comme une mauvaise herbe, c’est en fait l’une des plus anciennes plantes potagères. Importé d’Orient par les Romains, puis délaissé au fil du temps, il s’est naturalisé dans nos jardins. Jean-Baptiste de La Quintinie, jardinier de Louis XIV, avait empiriquement pressenti les excellentes propriétés nutritionnelles du pourpier et le considérait comme une “salade de santé”. C’est aussi une plante bio-indicatrice, c’est-à-dire qu’elle renseigne sur la nature du sol. S’il est très présent c’est que le sol est trop compact, il manque d’air et il est carencé en calcium.
Culture et récolte du pourpier potager
On sème le pourpier dès le mois de mars sous abri et à partir de mai en pleine terre. Préalablement, vous aurez préparé le sol, afin que la terre soit bien meuble. Recouvrez à peine les graines et maintenez le substrat humide. Une fois que les plantules atteindront quelques centimètres, éclaircissez pour laisser environ 20 cm entre chaque. De 2 à 3 mois après le semis, le pourpier est prêt à être récolté. Il suffit de couper des pousses qui vous semblent appétissantes !
Arrosez après la récolte pour stimuler l’apparition de nouvelles pousses. Il faut impérativement récolter avant les premières gelées qui rendent le feuillage immangeable. Il convient de manger le pourpier dans la journée ou le lendemain, les feuilles ne se gardent pas très longtemps.

Bienfaits nutritionnels et usages
Doté de propriétés antioxydantes, le pourpier, à la base du fameux “régime crétois”, contribue à la prévention des maladies cardiovasculaires. Il est également diurétique, et donc très intéressant lorsqu’on veut nettoyer un peu son organisme des excès que l’on a pu faire. C’est un excellent aliment pour détoxifier l’organisme. Le pourpier est aussi riche en vitamine E et en minéraux.
Appliqué directement sur la peau, son suc est hydratant, adoucissant, cicatrisant, anti-inflammatoire, assainissant, antibactérien. Il calme les irritations cutanées et favorise la cicatrisation des petites blessures. Mâcher quelques feuilles calmerait l’inflammation des gencives et même les maux de gorge. En tisane, les jeunes feuilles séchées sont diurétiques, dépuratives et calment les irritations digestives.
La biologie du pourpier sauvage
Le pourpier étonne par ses capacités incroyables à surmonter les pires stress dont la sécheresse, la chaleur, le sel et l’ensoleillement. Le pourpier affectionne les cimetières avec leurs micro-déserts en plein soleil. D’emblée, le pourpier sauvage se distingue par son port complètement plaqué au sol (prostré) et ses tiges glabres et lisses, le plus souvent rougeâtres, très ramifiées et étalées de manière rayonnante autour d’un point central.
L’extrême ramification des tiges ne manque pas de surprendre. L’ensemble fait penser à une pieuvre étalée au sol. Le pourpier peut ainsi optimiser la capture de la lumière pour une photosynthèse efficace. L’aspect hautement charnu et le suc laiteux qui s’échappe des tiges cassées ont probablement suscité l’un des noms antiques du pourpier : porcella, petit cochon.
Les premières gelées de l’automne tuent rapidement cette plante gorgée d’eau et sans protection de revêtement de poils : il se comporte donc en annuelle d’été. La germination des graines dépend de deux facteurs critiques : une chaleur importante (de l’ordre de 30°) et encore plus une forte intensité lumineuse. Le pourpier dispose d’un pouvoir de multiplication exceptionnel par ses graines. Mais le pourpier possède une seconde arme de secours : la multiplication végétative par ses tiges charnues. Curieusement pour une telle plante au port plaqué au sol, ses tiges n’émettent pas de racines adventives au niveau des nœuds comme le font nombre de plantes basses couchées, sauf si elles sont cassées ou écrasées. Alors, elles élaborent des racines secondaires y compris sur les fragments séparés et donc de nouveaux pieds se forment, indépendants.