L'intégration de la nature dans un environnement urbain ou privé, notamment par la végétalisation de structures rigides comme les poteaux en béton, offre des avantages esthétiques et écologiques indéniables. Habiller un élément structurel permet non seulement d'améliorer la qualité de l'air et de créer des îlots de fraîcheur, mais constitue également un refuge précieux pour la biodiversité locale. La réussite de cette entreprise repose sur une compréhension fine du comportement des plantes grimpantes et des contraintes techniques liées aux supports.

Stratégies de végétalisation directe sur poteaux en béton
Pour habiller un poteau, le plus simple est de planter une grimpante qui peut y grimper sans aide supplémentaire, comme la vigne vierge à trois pointes (Parthenocissus tricuspidata). Elle prospère même dans les sols pauvres et denses et présente un avantage supplémentaire : arrivée en haut du mât, ses pousses ne coloniseront pas les câbles horizontaux. La végétation couvrira uniquement le mât.
Dans le cas des lampadaires, la situation est quelque peu différente : selon les cas, le corps des lampadaires peut être recouvert et enveloppé de pousses vertes. Plus le « col » du lampadaire est fin, moins cela se produit. De plus, des dispositifs anti-grimpants retardent la végétalisation complète, par exemple des capuchons à l'extrémité supérieure d'un mât en béton, qui empêchent les pousses de pousser verticalement et de s'accrocher étroitement. Les barrières anti-grimpantes, comme les capuchons de protection, rendent difficile la croissance verticale et serrée des pousses.
La vigne vierge « Engelmannii » (Parthenocissus quinquefolia « Engelmannii ») pousse de manière similaire, mais est un peu plus habile pour grimper sur les éléments latéraux qui dépassent du poteau, ce qui peut être un inconvénient. Son avantage réside toutefois dans le fait qu'elle forme des rouleaux de feuillage plus épais, plus proches du lierre, et qu'elle convient donc mieux que la « Veitchii » comme lieu de séjour pour les oiseaux.
La « mini-vigne » (variété de Parthenocissus tricuspidata) peut également être envisagée si la hauteur de végétalisation doit être limitée à 3 - 5 m. La vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia), en revanche, est plutôt à exclure, car avec ses vrilles assez longues, elle grimpe malheureusement aussi sur tout ce qui ne doit pas être recouvert de végétation, comme les câbles de haubanage horizontaux, etc.
Le lierre : l'allié incontournable de la biodiversité
Le lierre (Hedera helix) est sans doute la plante la plus précieuse pour végétaliser les poteaux, car il forme des cylindres verts très spacieux et étendus qui sont reconnus par les oiseaux comme des « substituts d'arbres ». Cela résulte de la forme âgée « Arborescens », qui se forme généralement inévitablement après quelques années. Le lierre pousse alors plutôt en buisson et n'est plus collé au mur.
Les plantes grimpantes ou rampantes peuvent également pousser sans support sur des poteaux en treillis. Sur les poteaux lisses, cependant, un support est nécessaire, mais son installation sur des poteaux en béton ou en acier n'est pas facile. C'est pourquoi on utilise souvent des treillis métalliques peu coûteux pour la végétalisation des espaces routiers. Le treillis métallique fixé tout autour n'est parfois installé qu'à mi-hauteur afin de limiter la hauteur de croissance et de laisser libres, par exemple, les câbles de tension des lignes de tramway.
Il est également possible de limiter la hauteur de croissance en choisissant des plantes à croissance plus faible, comme le Menispermum. La société Thomas Brandmeier propose une alternative pour les poteaux : des supports de câbles fixés à l'aide de bandes de tension en acier inoxydable. Il est également possible de fixer les plantes directement au support à l'aide de matériel de fixation (bande Velcro ou bandage).
Comment installer soi-même un treillis métallique pour plantes grimpantes comme les clématites, l...
Gestion des espaces et densification végétale
Il résulte parfois une curiosité : les plantes grimpantes utilisent alors comme support les structures ramifiées d'une plante grimpante qui recouvrait auparavant le poteau. La clématite vitale locale, dont les descendants dispersés par le vent saisissent toutes les occasions qui se présentent pour grimper, est particulièrement prédestinée à cela. Les cheminées ou conduites d'aération de garages de parkings souterrains sont également un très bon réceptacle pour la verdure. Tout ce qui a été précisé pour les poteaux et mâts est aussi valable ici.
Les jardinières peuvent également être fixées à des poteaux, par exemple à des lampadaires. Certains fabricants proposent des « doubles coques » spécialement conçues pour la végétalisation des poteaux, avec réservoir d'eau, etc.
Concernant la distance entre deux plantes grimpantes, il n'a pas vraiment de sens de parler de hauteur et de largeur pour une grimpante, car ces mesures sont indicatives. Dans le cas d'une glycine ou un pied de vigne, un support un peu plus grand est préférable car ces plantes aiment courir un peu plus loin. Si votre objectif est de végétaliser un mur ou encore un grillage avec des plantes grimpantes pour le cacher et donc le recouvrir totalement, il est conseillé de planter en terre un pied de plante grimpante tous les 2 mètres environ.
Pour recouvrir un mur, vous pouvez mixer des variétés différentes, mais il est recommandé de se concentrer sur des grimpantes qui n'ont pas besoin de support. Des variétés de grimpantes qui s'accrochent toutes seules sur les murs comme l'hortensia grimpant, le lierre panaché ou encore la vigne vierge sont idéales.
Adaptabilité et entretien des structures végétales
Les dimensions d'une plante grimpante plantée en pot sont très différentes d'une grimpante plantée en pleine terre dans le jardin. Plus une plante a de la place pour faire des racines, plus elle fera de longues tiges. Inversement, moins il y a de racines en profondeur, moins il y aura de feuillage.
Entremêler deux plantes grimpantes de la même variété est une excellente pratique. Au lieu de se focaliser uniquement sur la dimension des plantes, il convient de se poser la question de la dimension des treillis. Les plantes grimpantes se taillent très bien. Vous pouvez très bien palisser une grimpante sur un support plus large que haut ou plus haut que large.
Si vous voulez quelque chose de plus fleuri, vous pouvez entourer votre poteau d'un treillis type « fil à poulailler » et planter à son pied n'importe quelle grimpante fleurie, annuelle (pois de senteur, ipomées) ou vivace (chèvrefeuille, clématite, rosier grimpant). Choisissez bien votre variété en fonction de la hauteur maximale souhaitée. Si c'est pour couvrir un poteau de 2 m, n'y mettez pas une clématite montana, par exemple, mais choisissez une variété à développement plus restreint.

Pour conserver une jolie plante dans le temps, qui remplira pleinement ses fonctions de rafraîchissement, d'amélioration de la qualité de l'air et de lieu de refuge de biodiversité, l'entretien reste nécessaire pour régénérer la plante (éviter que les pieds des grimpantes se dégarnissent), stimuler le couvert végétal et la floraison. Taillez en hiver les tiges en ne laissant que deux yeux à partir du point de départ de la tige. Rabattez en hiver de manière conséquente.
Conception de structures autoportantes : le tunnel gourmand
Le jardin est un lieu d'expression créative, même pour les non-bricoleurs. La création de structures comme un tunnel gourmand peut se faire avec des matériaux simples comme les fers à béton. Leur nombre dépendra de la longueur que vous souhaitez donner à votre tunnel en sachant que les arches ne doivent pas être trop espacées (1 m à 1,50 m).
L'opération la plus délicate est de courber les fers à béton sans les plier. Positionnez le fer à béton le long d'un support (rail, mur, bordure) et maintenez-le sur un tiers de sa longueur. Prenez ensuite le fer du côté non maintenu et courbez-le en rapprochant l'extrémité libre de celle bloquée. Une fois formés, enfoncez les fers à +/- 60 cm dans le sol.
L'ossature étant en place, renforcez les arches en les habillant avec du treillis soudé (type grillage de maçonnerie). Fixez provisoirement vos treillis en les attachant avec du fin fil de fer sans serrer. Il ne faut pas les fixer dès la base du tunnel car celle-ci doit rester bien dégagée et accessible pour pouvoir tailler vos arbustes fruitiers. De même pour le dessus de la structure, vous pouvez y poser un treillis supplémentaire ou tendre des fils. Si vous avez opté pour une structure fine et donc plus souple, il vaut mieux installer des tendeurs aux arches bordant votre tunnel pour éviter qu'il ne s'affaisse en son centre.