Les légumes-fruits sont très appréciés des petits et des grands. Quoi de mieux que de faire pousser des tomates, des courgettes, des concombres et des haricots verts dans son jardin ? Avec un peu d'expérience et quelques bons conseils, il devient assez simple de réussir ses plantations. Cultiver soi-même des légumes est un très bon moyen d'économiser de l'argent, de passer du temps à l'extérieur, de faire un peu d'exercice et de se procurer des produits frais et délicieux.

1. La planification : la clé d'un potager prospère
Avoir de beaux légumes qui poussent en toutes saisons, c’est le but de nombreux jardiniers. En allongeant vos périodes de cultures, vous profiterez de nombreux avantages comme le fait de réaliser des économies intéressantes ou encore de récolter dans votre jardin des légumes frais tout au long de l’année.
1.1 Choisir l'emplacement idéal
La réussite de votre potager dépend en grande partie de l'emplacement que vous lui allouez. Plusieurs éléments sont à prendre en considération : l’exposition au vent, la distance par rapport aux haies et aux arbres, l’ensoleillement et la proximité des arrivées d'eau.
- Exposition au vent : Évitez les endroits trop exposés au vent, car cela peut endommager les jeunes pousses et assécher le sol.
- Distance par rapport aux arbres et haies : Maintenez de préférence une distance de 1 à 2 m avec les arbres du jardin ou la haie. Cela permet d'éviter la compétition pour les nutriments et la lumière.
- Ensoleillement : Préférez les expositions plutôt au sud ou ouest pour que votre potager puisse bénéficier d’un peu de soleil et qu’il ne soit pas trop humide. Un bon ensoleillement est crucial pour la croissance de la plupart des légumes.
- Proximité des arrivées d'eau : Pensez à placer votre potager proche des arrivées d’eau pour faciliter l’arrosage. Cela vous fera gagner du temps et de l'énergie.
- Proximité de la maison : S’il peut se situer sur un emplacement proche de votre maison, cela sera plus simple pour les récoltes !
1.2 Définir la taille et la structure de votre potager
Une fois l'emplacement choisi, il est essentiel de définir la surface que vous souhaitez cultiver. Gardez en mémoire qu’une grande surface nécessite du temps d’entretien, préférez donc commencer petit et agrandissez la surface cultivée au fil des années.
Vous pouvez planter les légumes simplement dans la terre de votre jardin, dans des carrés surélevés spécialement aménagés pour les recevoir ou dans de grands bacs. Si vous disposez d'un jardin pour les planter, il vous faudra les répartir de manière à ce qu'ils aient tous assez d'espace et de ressources pour croitre. La façon la plus classique d'arranger les légumes est de les planter en lignes. L'espacement entre chaque rangée doit être d'au moins 50 cm pour que vous puissiez vous déplacer entre les légumes sans les abimer.
1.2.1 Dessiner un plan de votre potager
Pas la peine d’être un architecte. Ceci consiste simplement à dessiner la structure de votre potager, les différentes zones pour ne rien oublier. Cela vous facilitera la tâche par la suite.
- Zones de plantation : Prévoyez suffisamment d’espace entre vos zones de plantations pour circuler, n’oubliez pas les chemins. Dessinez des rectangles pour matérialiser chaque parcelle ou des carrés si vous faites des carrés potagers. Sur ce plan, gardez bien en tête les parties les plus ensoleillées et les parties ombragées.
- Supports pour plantes grimpantes : Délimitez l’endroit où vous installerez votre palissade ou votre grillage pour faire grimper haricots, courges…
- Compost : Si vous souhaitez installer un compost, n’oubliez pas de le prévoir sur votre plan.
- Emplacement des légumes : Maintenant que vous savez quelles plantes produire, il est temps de bien placer les légumes sur votre plan en inscrivant leur nom et la quantité. Le choix de leurs emplacements va conditionner la réussite de votre potager. Pour cela, il est essentiel de prendre en compte les demandes spécifiques de chaque espèce (ensoleillement, espacement, demande en eau, période de plantation…) mais aussi de privilégier les associations de légumes également appelé « compagnonnage ». En effet, certains légumes s’aiment et d’autres se nuisent. Pensez également à placer les légumes qui ont besoin de plus de surveillance à proximité de votre habitation.

1.3 Choisir les légumes et leurs variétés
Dresser la liste des plantes que vous souhaitez faire pousser. Faites-le dès que vous avez déterminé quels légumes vous voulez cultiver. Il existe des variétés de légumes qu’on peut récolter au jardin jusqu’en hiver. Pour info, presque chaque espèce de légumes dispose de plusieurs variétés adaptées aux différentes saisons. En effet, vous pouvez trouver de la laitue d’été, de la laitue d’hiver, de la laitue d’automne ou encore de la laitue de printemps. Sans oublier la laitue des 4 saisons.
- Variétés précoces pour le printemps : Vous pouvez opter pour différents types de légumes pour profiter dans votre jardin d’une culture précoce au printemps. Ce sont, notamment : les carottes, les radis, les betteraves, les navets, les petits pois, les laitues, les pommes de terre nouvelles ainsi que les choux pommés et les choux-fleurs. Un peu plus tard pendant cette saison, vous pouvez avoir des tomates, des concombres, des courgettes, des aubergines.
- Légumes d'été : Dès l’arrivée du printemps, vous avez le choix entre plusieurs légumes d’été à récolter.
- Légumes pour l'automne et l'hiver : Sachez qu’il est même possible de laisser certains légumes de votre potager plus longtemps pour les récolter à l’automne. Néanmoins, il faut penser à bien les protéger. Pendant la belle saison, vous pouvez semer dans votre jardin des légumes pour l’automne et l’hiver. Les carottes, la chicorée, les choux et les laitues d’automne constituent un excellent choix au début de l’été. Certaines variétés de carottes plus rustiques doivent être semées en début d’été pour des récoltes hivernales.
Les 4 saisons d’un apprenti jardinier : le repiquage des légumes d’été
En dehors de la sélection de la variété de légumes adaptée, il est également essentiel de bien respecter les périodes appropriées pour le semis de chaque variété de plantes. Quand on parle de laitue d’hiver, cela signifie que ce légume est semé à la fin de l’été à l’automne. Il y a aussi les variétés de carottes courtes qui conviennent très bien pour des récoltes au printemps. Si vous voulez cultiver et récolter des légumes frais toute l’année dans votre jardin potager, il va falloir également un peu d’organisation et d’anticipation. À cet effet, vous devez choisir les espèces et les variétés de légumes à planter en fonction de la période de culture.
Vers la fin de l’hiver, au début du printemps, plantez des variétés de légumes précoces que vous pourrez récolter dans votre jardin le printemps suivant ou en fin d’été. Vous avez le choix entre des carottes courtes, des choux-fleurs hâtifs, des laitues de printemps, des pommes de terre nouvelles ou encore des poireaux d’été, etc. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre jardinerie ou votre revendeur de plants pour bien choisir les espèces et variétés adaptées à la saison de culture. Pensez également à lire les indications généralement prescrites sur les sachets des graines.
2. Préparation du sol : la fondation de votre potager
Pour une bonne levée et une croissance harmonieuse, prenez le temps de bien préparer votre sol avant de semer ou de planter. Commencez par préparer votre sol en amont grâce à un bon bêchage. Lors de ce travail, profitez-en pour enlever tous les cailloux, les racines et les mauvaises herbes. Une bonne aération de la terre est primordiale, car les graines ne lèveront pas ou mal dans un sol trop compact.
2.1 Préparation du sol pour les semis en pleine terre
Les parcelles protégées durant l’hiver par des paillis ou des engrais verts seront moins pénibles à travailler et bien souvent, un léger coup d’aéro-bêche suffit à les aérer.
- Sols avec un paillage ou un engrais vert :
- Retirez le paillage ou fauchez l’engrais, si le gel ne l’a pas détruit, et laissez-le au sol quelques semaines.
- Aérez avec une aéro-bêche.
- Émiettez la terre, à l’aide du croc, pour casser les grosses mottes.
- Ratissez pour obtenir un lit de semence bien fin.
- Sols nus :
- Désherbez la parcelle à l’aide d’une serfouette ou d’une houe.
- Aérez les rangs avec une aéro-bêche.
- Émiettez la terre, à l’aide du croc, pour casser les grosses mottes.
- Amendez la terre avec du compost ou du fumier bien décomposé pour la recharger en nutriments.
- Ratissez pour obtenir un lit de semence bien fin.
Toutes ces étapes s’effectuent plusieurs semaines avant la date prévue de semis.
2.2 Utilisation du terreau à semis
Le terreau à semis bio est une base essentielle pour réussir ses cultures. Spécialement conçu pour le démarrage des graines, il favorise leur germination et offre des caractéristiques physiques adaptées : rétention d’eau, aération et drainage, densité et granulométrie, quantité de nutriment.
Le terreau à semis se compose de quatre éléments principaux : de la tourbe, de la vermiculite, du compost et de la chaux. Son utilisation est toutefois controversée en raison de la présence de tourbe, extraite de milieux naturels menacés.

3. Techniques de semis : donner vie à vos légumes
Bien qu’il existe autant de méthodes que de jardiniers, certaines règles doivent toutefois être respectées pour faire des semis. Les jardiniers le savent bien, semer est tout un art ! Il faut prévoir la bonne quantité de graines et connaître les besoins de chaque plante en matière de chaleur, de lumière, d’arrosage, de terreau, de contenant…
3.1 Quand semer ? Respecter le calendrier
Suivre le calendrier de semis est indispensable pour obtenir des plants robustes et de beaux légumes. Semer trop tard risque de compromettre l’arrivée à maturité et semer trop tôt peut entraîner l’étiolement des plants. Les variétés possèdent un calendrier de semis pour guider les jardiniers. Cependant, ils peuvent considérablement varier selon les régions et les microclimats de chaque jardin potager.
Lisez bien les instructions qui sont écrites sur l'emballage du produit pour savoir exactement quand les graines doivent être plantées et dans quel type de sol. Il est également conseiller de laisser passer les Saints de Glace (du 11 au 13 mai) pour planter les variétés frileuses.
Vous pouvez également jardiner selon le calendrier lunaire. En effet, la lune influe sur les éléments de la Terre, il y a donc des périodes plus propices pour le jardinage avec les cycles de la lune (montante/descendante, croissante/décroissante) et des types de jours (jour-fleur/jour-feuille/jour-fruit) selon le parcours de la lune dans le ciel.
3.2 Où semer ? Types et techniques de semis
En intérieur, sous une serre, sous un châssis, en godets, en plaque alvéolée, en poquet… tous ces termes peuvent faire tourner la tête et il est parfois difficile de s’y retrouver. Plus simplement, ils définissent le lieu, le type et la technique de semis. Déterminez tout d’abord quel type de semis faire (en terre, en godets…).
3.2.1 Semis en pleine terre (semis direct)
Cette méthode très facile, aussi appelée semis en place, se réalise uniquement avec des plantes rustiques ou dès lors que le sol du potager est suffisamment réchauffé. Il s’effectue dehors directement dans une terre préparée en amont.
3.2.2 Semis sous abri (semis indirect)
Il s’effectue dans un contenant intermédiaire avant d’être repiqué ou mis en terre au potager. Réalisé plus tôt dans la saison et placé sous un abri, il permet de gagner du temps sur le cycle de culture et offre des légumes plus rapidement. Cette méthode, un peu plus contraignante en raison du repiquage, aide toutefois à mieux maîtriser les besoins des jeunes plants et les protège des aléas climatiques ou de l’appétit des limaces. Le semis sous abri, qu’il soit direct ou indirect, se réalise, comme son nom l’indique, sous un abri.
- La plaque alvéolée : Elle se compose d’une multitude de cellules individuelles plus ou moins grandes selon les modèles. Peu encombrante, elle permet de réaliser de nombreux semis sur un espace très réduit et se déplace aisément.
- Les godets ou pots individuels : Plus gros qu’une alvéole de plaque, les godets ou les pots s’emploient pour les plantes dont le besoin en terre est supérieur.
- La caissette : Elle s’utilise pour les semis plus denses et se remplit simplement de terreau.
- Les mini-mottes : Popularisés par le jardinier-maraîcher Eliot Coleman, les mini-mottes ou blocs de terreau se fabriquent à partir d’un presse-motte. Cet appareil offre de petits blocs de terreau individuels, serrés les uns contre les autres, avec une cavité en leur centre pour accueillir les graines. Ils se déposent simplement dans des caissettes.
3.2.3 Techniques spécifiques de semis
- Le semis en ligne : Cette méthode permet de créer un écartement régulier entre les rangs de légumes. Elle facilite l’accès aux plantes et le passage des outils. Le semis en ligne se réalise aussi bien en terre, pour la quasi-totalité des légumes : panais, carottes, betteraves, laitues, chicorées, épinards, fèves, courgettes, radis…, qu’en caissette pour les oignons, les poireaux et les céleris.
- Le semis en poquet : Il consiste à placer, dans un même trou, plusieurs graines ensemble. Cette méthode se pratique dans plusieurs circonstances :
- Les graines sont un peu âgées ou ont naturellement une germination aléatoire. Ce semis maximise les chances d’obtenir au moins un plant viable par poquet. Toutefois, si plusieurs graines germent, il faut éclaircir pour conserver seulement le plant le plus vigoureux.
- Certaines espèces peinent à sortir de terre, notamment dans les terrains argileux, ou se développent mieux lorsqu’elles se tiennent les unes aux autres. Ensemble, elles auront plus de force pour soulever la terre, et ne sont pas éclaircies pour se soutenir entre elles.
- Semez en poquet, aussi bien en terre qu’en godets, les plantes à grosses graines : cucurbitacées (courges, courgettes, melons, pastèques…), fabacées (haricots, pois, fèves…), tournesols, maïs, capucines, ipomées… En pots, ces semis pourront être démarrés plus tôt et installés sous un abri pour prendre de l’avance sur la saison au potager.
- Le semis à la volée : Simple en apparence, cette méthode est toutefois assez technique. Elle consiste à semer à la main, de manière régulière, ni trop dense et ni trop clair, sur une surface définie. Ce geste ancestral, ample et majestueux, demande beaucoup d’entraînement avant de le maîtriser. Il se pratique essentiellement pour les mélanges de fleurs, les mescluns ou encore les engrais verts : phacélie, moutarde, trèfles…
- Préparez bien la parcelle destinée à accueillir les semences.
- Prenez une petite poignée de graines.
- Montez la main semeuse au niveau de la poitrine.
- Dispersez les graines, en pluie, depuis l’épaule opposée à la main semeuse, en arc de cercle vers le côté du buste.
- Tenez-vous bien droit et marchez très régulièrement, en ligne, en répétant ce geste.

3.3 Conseils pour des semis réussis
Réussir à faire germer ses semences demande un peu de méthode, beaucoup de patience et énormément d’attention.
- Température : Prenez connaissance de la température idéale initiant la germination des graines, souvent indiquée par un thermomètre.
- Profondeur de semis : Semez à la profondeur recommandée pour chaque variété. Si la règle générale de semer à une distance de 3 ou 4 fois l’épaisseur de la graine fonctionne souvent, certaines semences nécessitent de la lumière pour germer et doivent simplement se déposer en surface.
- Arrosage : Évitez les risques de fonte des semis avec des arrosages par immersion. Cette méthode humidifie la terre, sans déplacer les graines ou sans mouiller les jeunes pousses.
- Surveillance : Surveillez très régulièrement l’état de vos semis. Pour les réussir, température, humidité et luminosité doivent leur convenir.
- Achat de jeunes plants : Vous pouvez également acheter de jeunes plants que vous pouvez installer plus tardivement dans votre potager et si vous voulez vous assurer que vos légumes gagnent en force très rapidement.
4. Plantation des jeunes pousses
Votre plan est maintenant prêt, vous avez préalablement préparé la terre, vous allez donc pouvoir passer à l’action. Mais pas n’importe quand, il faut respecter les périodes de semis et les périodes de plantation ! Vous allez obligatoirement vous couvrir de terre, au moins partiellement, lorsque vous allez vous occuper de vos légumes.
4.1 Préparation des sillons et trous de plantation
Si vous avez décidé de cultiver vos légumes dans la terre de votre jardin, vous devez utiliser une binette ou un ratissoir pour labourer le sol avant de semer des graines ou planter de jeunes pousses. Vous allez semer les graines ou planter les jeunes pousses dans ces sillons.
Si vous achetez des plants, faites des trous deux fois plus grands que le conteneur des plants et remplissez-les de terre meuble.
4.2 Installation des plants
Suivez bien les instructions qui sont écrites sur les emballages des produits pour répartir les graines ou les jeunes pousses de façon appropriée et les planter à la bonne profondeur. Mettez les plants à la même profondeur qu'ils étaient dans le pot. Compactez légèrement la terre qui recouvre les semences.
4.3 Identification des plantations
Vous pouvez planter de petits panneaux aux extrémités de chaque sillon ou dans chaque jardinière.

5. L'entretien du potager : soins et protection
Une fois que toutes vos plantations sont en place, vous pouvez regarder pousser vos plantations, mais avant de pouvoir récolter vous devez entretenir et chouchouter votre jardin.
5.1 Arrosage : un geste essentiel
Apportez une bonne quantité d'eau à la terre de votre potager dès que vous avez fini de planter vos légumes. Les légumes ont besoin d'environ 2 à 3 cm d'eau par semaine pour se développer.
- Fréquence : Vérifiez quotidiennement l'humidité du sol de votre potager en plantant un doigt dedans.
- Conditions météorologiques : Limitez l'arrosage si la météo annonce un temps de pluie. Cela peut vous permettre d'économiser de l'eau pendant plusieurs jours, mais ne doit pas vous dispenser de vérifier l'humidité du sol.
- Différence entre jardin et jardinière : Gardez toujours en tête que l'eau est plus rapidement drainée par la terre d'une jardinière que par celle d'un jardin.
5.2 Désherbage : éliminer la concurrence
Vous pouvez inspecter votre potager tous les deux jours pour voir si des plantes indésirables s'y développent. N'attendez pas qu'elles aient trop grandi et pris en vigueur pour les arracher. Plus tôt vous vous y prenez pour les arracher et plus facile est le travail.
5.3 Le paillage : un allié précieux
Qu'elles soient dans un conteneur, sur un parterre surélevé ou à même le sol, les plantes se développeront mieux et produiront plus en utilisant du paillis. Cette technique de jardinage consiste à couvrir le sol autour de vos plantes afin de conserver la fertilité du sol et offrir une meilleure protection de vos légumes en hiver. Vous pouvez faire un paillage aux feuilles mortes, aux tontes de gazon ou encore en toile de paillage tressé. Cette méthode de protection de vos cultures convient particulièrement pour des récoltes précoces au printemps.
5.4 Protection contre les intempéries et le froid
Bien évidemment, vous devez penser à protéger vos cultures des intempéries, notamment des risques de gelées, si vous voulez récolter des légumes en toutes saisons.
- Les serres de jardin : Un outil pratique, la serre de jardin est un abri qui aide à maintenir une température idéale permettant de cultiver sous serre des fruits et légumes en hiver.
- Les châssis : Il s’agit d’une sorte de boîte faite en bois ou en plastique avec un couvercle incliné et transparent pour capter les rayons du soleil. Créant un microclimat comme dans une serre, ce dispositif va limiter les baisses de températures ressenties par les plantes.
- Les cloches : Cet outil est idéal pour garder au sec les plantes qui craignent l’excès d’humidité. Il est aussi très utilisé en hiver et au début du printemps pour protéger les cultures les plus vulnérables du gel et du froid. Elles constituent des outils idéaux pour prolonger la saison de jardinage. Par contre, les cloches présentent à peu près les mêmes contraintes que les châssis. En effet, elles ne laissent pas entrer l’eau de pluie, vous obligeant à des arrosages en toutes saisons.
- Le tunnel de forçage (appelé aussi tunnel nantais) : Le tunnel de forçage est employé au printemps comme en hiver dans votre potager ou dans votre carré potager afin d’accélérer la croissance de vos cultures et de les protéger des intempéries comme du vent, du gel, de la pluie, mais également des maladies et des prédateurs. Cet équipement se démarque par son installation simple et son rangement très pratique.

6. La multiplication végétative : une astuce économique et ludique
Le jardinage est une passion pour de nombreux jardiniers. De nombreux fruits et légumes montrent une forte capacité de multiplication végétative, c’est-à-dire qu’ils peuvent repousser à partir de leurs restes. Il suffit de les consommer et de récupérer leurs épluchures pour en faire pousser de nouveaux, magique non ? Et aussi très économique, et si simple ! D’autant plus simple que parfois ils n’ont même pas besoin de terre… Et en ces temps de restriction, faire pousser ses légumes est une vraie aubaine.
La multiplication végétative des plantes permet à certaines d’entre elles de se reproduire sans avoir besoin d’être pollinisées (c’est la reproduction non sexuée). Le nom scientifique en est “biogenèse végétale”. La multiplication végétative donne des végétaux identiques en termes de génétique, ce sont des clones, alors que la reproduction sexuée donne des plantes dont les gènes sont un mélange de ceux de leurs parents. On connaît plusieurs types de multiplication, que l’on utilise beaucoup au jardin : le bouturage et le marcottage, qui sont des modes naturels même si le jardinier s’en sert couramment, et la greffe, uniquement de la main de l’homme celle-ci. Faire pousser ses légumes à partir de restes alimentaires est du bouturage, un petit morceau du légume en question permet de donner naissance à une nouvelle plante.
Le but ici n’est pas forcément d’obtenir la plante entière, car cela peut être long, voire très long, mais d’obtenir au moins une partie de la plante que l’on consomme habituellement. Et cela sans avoir besoin d’aller acheter des graines, ni même souvent sans terreau ! De plus, la multiplication végétative des légumes peut être reproduite à l’infini, cela prend peu de place et ne nécessite même pas un balcon, et c’est très amusant et éducatif pour les enfants. C’est la solution anti-gaspi, zéro déchet et particulièrement économique par excellence ! Suivez nos conseils pour faire pousser des légumes à partir de restes, simplement et facilement.
6.1 Légumes qui repoussent facilement à partir de restes
6.1.1 L'ail
L’ail a vite fait de germer dans la cuisine, ou alors il devient vieux et un peu mou, et du coup moins attirant !
- En terre : Il suffit de le planter dans un pot ou une jardinière pour obtenir rapidement de l’ail vert. Plantez les gousses dans du terreau, à 2 ou 3 cm de profondeur, en ayant soin de les enterrer avec le bout pointu vers le haut. Comblez les trous avec un peu de terreau puis arrosez 1 fois par semaine. Il est conseillé de placer le pot ou la jardinière au soleil. Les germes, devenus tiges, vont s’allonger. Vous pourrez les couper dès lors qu’elles mesurent une dizaine de centimètres tout en veillant à conserver environ 3 cm de tige pour que la pousse continue. La tige est un peu épaisse mais elle est délicieuse une fois détaillée en tranches et sautée avec d’autres légumes, avec une bonne saveur d’ail, en plus doux cependant. Elles finiront cependant par se dessécher au bout de quelques mois, mais c’est le signal de la récolte qui a sonné. Vous pourrez alors récupérer les gousses qui auront formé chacune une nouvelle tête d’ail.
- Dans l'eau puis en terre : Autre option, mettez les gousses dans un fond d’eau, la pointe vers le haut. La gousse ne doit pas être totalement dans l’eau, seulement le fond. Cette eau devra être remplacée tous les 2 jours pour rester propre. Placez le verre dans un endroit lumineux, le bord d’une fenêtre par exemple. Une fois que les tiges mesureront environ 3 cm et que les racines seront sorties, vous pourrez mettre votre ail en terre.
- À savoir : les gousses de l’ail sont des bulbilles, des bourgeons. Elles représentent aujourd’hui la seule manière de faire se reproduire l’ail car les graines de cette alliacées sont devenues infertiles au cours du temps.
6.1.2 L'échalote
Si vous gardez un peu trop longtemps vos échalotes, vous allez les voir germer. Mettez-les dans de l’eau, avec les racines en bas, durant quelques heures, puis mettez-les en pot. Avec des arrosages réguliers et de la lumière vous aurez rapidement de belles tiges d’échalotes que vous pourrez couper au besoin pour agrémenter œufs brouillés, salades, quiches ou soupe. Et quelques mois plus tard, lorsque les feuilles seront sèches, c’est l’échalote en elle-même que vous pourrez récolter.
6.1.3 L'oignon et l'oignon nouveau
Lorsque vous utilisez vos oignons, gardez-en le fond, d’une épaisseur de 3 cm, du côté où se trouvent les racines, dans un fond d’eau. Vous pouvez aussi mettre dans l’eau un oignon entier s’il a germé. En quelques jours, de belles tiges se seront développées que vous pourrez bientôt récolter. Elles s’utilisent comme les tiges d’échalotes ou d’oignon, ciselées dans une tarte aux légumes, dans une vinaigrette, une soupe… Planté en pot dans du terreau, vous patienterez plusieurs mois pour vous régaler de nouveaux oignons, en fin d’été si vous les avez plantés au printemps, au printemps si vous les avez plantés à la fin de l’été.
6.1.4 Le poireau
Le poireau peut longtemps fournir du vert de poireau si vous en plantez la base (la partie blanche) avec ses racines dans de l’eau. Ne le coupez pas trop court, il est important de laisser quelques centimètres sinon rien ne poussera. Pour bien le maintenir en place, transpercez-le avec une pique en bois, seule la partie que va faire des racines doit être dans l’eau. Il vous faudra par contre changer l’eau tous les 2 jours et rincer le bas du poireau toutes les semaines. Mais quoi que vous fassiez, isolez le poireau en train de repousser, son odeur est assez forte !
6.1.5 La citronnelle
Gardez quelques tiges de citronnelle et mettez-les dans un verre d’eau, au soleil. Vous n'êtes pas obligé de les mettre entières, vous pouvez en prélever quelques centimètres à l’extrémité. Elles doivent être bien vertes et encore fermes. La tige va produire des racines et repousser. Laissez-la atteindre une trentaine de centimètres avant d’en prélever. Elle continuera de pousser de cette manière mais vous pouvez aussi la planter dans un pot une fois que les racines seront développées. Cette plante aromatique exotique a une saveur très parfumée, légèrement citronnée, qui accompagne à merveille le riz, les légumes.
6.1.6 Le gingembre
Certes il vous faudra attendre entre 8 et 10 mois pour pouvoir récolter une nouvelle racine de gingembre. Néanmoins, le gingembre est capable de repousser à partir d’une petite partie de sa racine. Vous l’enterrerez dans un pot rempli de terreau que vous maintiendrez dans un endroit assez sombre. Vous pourrez également surélever le pot et garder de l’eau dans la soucoupe car le gingembre aime les atmosphères humides.
6.1.7 Le céleri-branche
Un pro de la repousse ! Vous garderez son cœur pour le placer dans un fond d’eau, une nouvelle branche ne tardera pas à se former, ainsi que des racines. Ce sera le moment de l’installer dans un pot et de l’arroser régulièrement.
6.1.8 La laitue, romaine et autres salades
La laitue peut repousser à partir de son trognon de 5 cm environ que vous placerez dans un verre d’eau, dans un endroit lumineux. L’eau doit arriver à peu près au milieu du trognon et rester à ce niveau. Il faudra environ 10 à 15 jours pour que le trognon de laitue émette des racines et de nouvelles feuilles. Attendez quelques jours avant de commencer la récolte, pour que votre laitue puisse se renforcer. Vous pourrez garder votre laitue dans l’eau ou bien la mettre dans un pot ou une jardinière et prélever des feuilles selon vos besoins. Vous ferez de même pour la romaine et autres salades.
6.1.9 Le chou chinois
Comme la laitue, il repart de son cœur pour créer de nouvelles feuilles. Prévoyez de changer l’eau régulièrement.
6.1.10 Le fenouil
Le fenouil montre très rapidement des jeunes pousses, et même si ce n’est pas le cas, conservez son cœur et placez-le dans un fond d’eau, dans un endroit lumineux. De nouvelles tiges vont se former.
6.1.11 La pomme de terre
Un seul morceau de pomme de terre peut vous donner plusieurs pommes de terre, d’ailleurs il était d’usage de couper en 4 les pommes de terre dans les champs pour économiser les semences. Même leurs épluchures ont ce pouvoir, si elles sont assez épaisses au niveau des yeux. Transpercez votre morceau de pomme de terre avec un cure-dent, afin de le maintenir à moitié immergé dans un verre d’eau. Une fois racines et feuilles apparues, installez le tubercule dans un grand pot, dans un sac de terreau ou encore dans une tour à pomme de terre.
6.1.12 La carotte, la betterave, le navet
Encore un légume qui peut en former un autre à partir d’un rien. Récupérez le fond d’une carotte, la partie d’où sortaient les fanes, avec une petite épaisseur de chair. Placez ce morceau de carotte dans un peu d’eau, dans un endroit lumineux. Changer l’eau régulièrement, il faut qu’elle soit toujours claire. Racines et feuilles ne tarderont pas à pousser, vous pourrez prélever des fanes au besoin pour améliorer vos soupes. L’installation en pot est possible.
6.1.13 La coriandre et le basilic
Plutôt que de jeter les tiges de ces herbes aromatiques, gardez une ou 2 feuilles à l’extrémité des plus grandes (10 cm minimum), et mettez-les dans un verre d’eau. Changez l’eau tous les 2 jours jusqu’à ce que les racines se forment. Vous pourrez alors planter basilic ou coriandre en pot, au soleil.
6.1.14 La menthe
Comme les herbes aromatiques précédentes, la menthe repousse facilement à partir d’une tige, et il est aussi nécessaire de lui garder quelques feuilles au sommet. Dès que les racines mesurent 4 à 5 cm, plantez votre menthe dans un petit pot.
6.1.15 Les champignons de Paris
C’est leur queue que vous allez utiliser pour faire repousser des champignons, pour une fois vous vous garderez de les manger. En tout cas gardez en au moins un peu, que vous allez mixer et mélanger à du marc de café, un peu de terreau et un peu de compost. Versez ce mélange dans un bac que vous allez installer dans un endroit sombre, relativement frais, et si possible humide. Vous pulvériserez la surface tous les jours. Le mycélium contenu dans les morceaux de champignons va faire naître de nouveaux petits champignons. Leur culture n’est pas des plus évidentes, des tests seront certainement nécessaires pour parvenir à un résultat, mais quelle satisfaction alors !
6.1.16 L'ananas
Plutôt que de jeter les pelures de l’ananas, gardez précieusement le haut que vous avez coupé avec les feuilles. Celles-ci doivent être encore bien vertes, si elles sont sèches ça ne marchera pas. L’ananas ne doit pas non plus être trop mûr, alors si c’est ainsi que vous le préférez, coupez la partie feuillue et placez le reste au réfrigérateur, emballé dans un papier film. Placez ce morceau d’ananas, feuilles en haut, dans un fond d’eau, à la lumière. Les feuilles ne doivent pas être immergées. Au bout d’1 mois environ, les feuilles vont se dessécher, mais elles seront remplacées par de nouvelles petites feuilles. En même temps, la base se garnira de racines. Vous pourrez alors planter votre ananas dans un pot après l’avoir débarrassé de ses feuilles sèches. Il vous faudra le rempoter au fur et à mesure de sa croissance. Un fruit finira par se former, après environ 3 ans de patience et si les conditions lui conviennent. Au pire vous aurez une belle plante d’appartement !
6.2 Les lentilles : une exception notable
Certes il ne s’agit pas ici de multiplication végétative, car la lentille est elle-même une graine, donc issue d’une reproduction sexuée. Elle fait cependant partie de ces aliments que l’on a dans le placard et que l’on peut faire repousser si l’on n’a pas cuisiné la totalité du sachet. Cela ne concerne que les lentilles blondes ou vertes, les lentilles corail ne pourront pas germer car débarrassées de leur peau. Et privilégiez des lentilles bio. Faites tremper vos lentilles dans un verre d’eau pendant environ 12 heures puis mettez-les sur du coton ou un carré de mousseline humide, dans un contenant fermé opaque, que vous placerez dans un endroit sombre le temps de la germination. Celle-ci va prendre 5 à 6 jours. Durant cette phase, vous les rincerez tous les jours. Ensuite vous enlèverez le couvercle et vous mettrez le récipient à la lumière (pas en plein soleil !) le temps que les jeunes pousses se développent. Pensez à humidifier régulièrement. Ces pousses de lentilles peuvent être parsemées sur un plat ou bien être cuites.
Les 4 saisons d’un apprenti jardinier : le repiquage des légumes d’été
7. La récolte : le fruit de votre travail
Vous devez les récolter lorsqu'ils sont mûrs. Dès que vous remarquez des signes qui montrent que certains de vos légumes arrivent à maturité, visitez votre potager au moins une fois par jour pour récolter ceux qui doivent l'être.
Éviter de faire des déchets est une gageure pour beaucoup, et heureusement les astuces sont nombreuses pour y parvenir. Faire pousser des légumes à partir de restes chez soi en est un parfait exemple, et d’une efficacité redoutable. L’autre atout de cette technique est d’être économique, et aussi amusant ! Même pas besoin de sortir de chez soi pour avoir des feuilles de salade, un peu de céleri, des herbes aromatiques, et ce tellement simplement.