La courge, légume star de l'automne et de l'hiver, se savoure de multiples façons, que ce soit en soupe, en gratin, farcie, ou même crue en salade. Cette grande famille botanique, l'une des plus importantes dans le domaine alimentaire, compte une trentaine d'espèces différentes et offre une richesse nutritionnelle indéniable, étant riche en vitamines A, B, C et en minéraux essentiels. Les courges viennent du continent américain, plus précisément du Mexique, où des archéologues ont retrouvé des traces de courges datant de plusieurs millénaires avant notre ère. À l’époque, elles étaient cultivées par les Aztèques, les Incas et les Mayas. Ensuite, les Indiens cultivaient les courges pour leurs graines puisqu’elles contenaient peu de chair.

Avec 3 à 5 plants bien conduits, vous pouvez remplir la cuisine de butternut, potimarron et courges musquées… et en manger de l’automne jusqu’au printemps. Ce sont des championnes du « rendement tranquille » : peu de plants, de gros fruits, et une conservation excellente pendant tout l’hiver. Cependant, ces cucurbitacées généreuses ne sont pas magiques non plus : il leur faut un sol bien nourri, de la chaleur au bon moment, et quelques règles simples pour éviter les galères classiques (limaces au démarrage, oïdium, fruits qui peinent à grossir).
Espèces et Variétés de Courges : Un Monde de Saveurs et de Formes
Choisir une courge sans se perdre dans la botanique, c'est avant tout partir de vos préférences (goût, texture, recettes) et de vos conditions de culture (chaleur disponible, place au sol, envie de conserver longtemps). Ensuite seulement, il est pertinent de la rattacher à sa grande espèce pour éviter les confusions, comme le fait que la butternut est en réalité une courge musquée.
Côté cuisine et « caractère », voici des repères simples pour vous guider :
- Butternut (dans les Cucurbita moschata) : Sa chair est fine et sucrée, la rendant très polyvalente pour les soupes, purées, ou rôties. Elle offre une bonne conservation si elle est récoltée mûre. La butternut mesure environ 30 cm de long, est de couleur jaune beige et peut peser jusqu’à 2,5 kg.
- Potimarron (dans les Cucurbita maxima) : Caractérisé par une chair dense et un parfum de châtaigne, il est généralement assez tolérant quand l’été n’est pas parfait, ce qui en fait une bonne courge d’automne. Il est orange vif, de forme sphérique et peut mesurer jusqu’à 25 cm de diamètre et peser 3 kg. La particularité du potimarron est qu'il peut également être mangé avec l’écorce.
- Musquées de type Provence / sucrine / longue de Nice (dans les Cucurbita moschata) : Souvent très parfumées, elles sont idéales en gratins et plats « de caractère », mais sont plutôt demandeuses de chaleur et d’une saison suffisamment longue. La musquée de Provence, par exemple, est vert foncé lorsqu’elle n’est pas mûre, et se colore lentement en brun orange clair pendant la maturation. Elle mesure environ 50 cm et pèse 5 kg.
Pour situer le reste, voici les grandes espèces que vous rencontrerez au potager, avec des exemples courants :
- Cucurbita pepo : Cette espèce inclut les courgettes (Black beauty, ronde de Nice, grise d’Alger, Zuboda…), les pâtissons, les citrouilles, les courges à graines nues, les courges spaghetti, et la fameuse Jack O’Lantern. La courge spaghetti est une courge ovale ronde de couleur jaunâtre. Sa chair forme de longues fibres, ressemblant aux spaghettis.
- Cucurbita maxima : On y trouve les potirons (rouge vif d’Étampes, bronzé de Montlhéry, jaune gros de Paris, bleu de Hongrie…), les potimarrons (Red Kuri, Solor…), les courges brodées, la courge de Hubbard, et le giraumon.
- Cucurbita moschata : Elle regroupe les courges musquées (butternut, sucrine, musquée de Provence, longue de Nice…).
- Cucurbita mixta : Représentée par les courges mexicaines.
- Cucurbita ficifolia : La courge de Siam, qui a la particularité de pouvoir se conserver jusqu'à 2 ans.
En clair : si votre été est court ou incertain, les maxima (dont les potimarrons) sont souvent un choix rassurant ; si vous visez le goût et la conservation, les moschata (dont la butternut) sont super… à condition d’avoir assez de chaleur.
Croisements et Conservation des Graines de Courges
C’est une question qui revient très souvent, et une idée fausse circule beaucoup : vous pouvez cultiver plusieurs variétés de courges dans votre jardin sans « transformer » vos fruits de l’année. Les fruits récoltés seront bien ceux de la variété semée : une butternut ne devient pas une « courge mystère » parce qu’un potimarron pousse à côté.

Le vrai risque concerne les graines que vous voudriez ressemer l’année suivante : elles peuvent être issues d’un croisement et donner des descendants imprévisibles. Il est important de noter que les croisements se font surtout entre variétés d’une même espèce (pepo avec pepo, maxima avec maxima, moschata avec moschata). Augmenter la distance entre les plants ne suffit généralement pas : les pollinisateurs peuvent travailler sur de grandes distances.
Pour limiter la présence de maladies et pour la production de semences, il est essentiel d’éviter tout risque d’hybridation naturelle entre les différentes variétés de courge. Il est conseillé de cultiver une seule variété par espèce - Cucurbita maxima, C. moschata, C. pepo, C. argyrosperma ou C. ficifolia - et de s’assurer que les jardins les plus proches n’en cultivent pas non plus. Si ce n’est pas le cas, pollinisez les fleurs de courge à la main pour conserver la pureté variétale. Il n’y a pas de fécondations croisées possibles, et donc d’hybridations naturelles, entre les différentes espèces de Cucurbita, si ce n’est une probabilité très réduite impliquant Cucurbita argyrosperma.
Si vous voulez conserver des graines fidèles à une variété, il faut isoler des fleurs ou pratiquer une pollinisation contrôlée. Avant la floraison, arrachez tous les plants différents de la description de la variété ou ceux malades. Gardez les fruits les plus conformes à la description de la variété et éliminez les autres. La sélection peut également porter sur la conservation des fruits, un critère souvent apprécié pour les courges. Pour cela, surveillez régulièrement les fruits stockés et éliminez au fil du temps ceux présentant des signes de moisissures. Récoltez les courges destinées à la production de semences le plus tard possible, avant les premières gelées, lorsque le pédoncule devient ligneux. Coupez alors les fruits matures à l’aide d’un sécateur et entreposez-les, le plus longtemps possible, dans un endroit frais et à l’abri avant de les ouvrir pour extraire les semences. Les graines continuent de se former à l’intérieur du fruit, même après sa récolte. Coupez la courge en deux dans le sens de la longueur en veillant à ne pas trop enfoncer la lame du couteau et éviter de sectionner des graines. Séchez immédiatement les semences après leur nettoyage. Pour cela, étalez-les sur un tamis ou une claie et disposez le tout dans un endroit sec et ventilé. Utilisez éventuellement un ventilateur pour accélérer le séchage. Mettez ensuite les graines bien sèches dans un sachet en papier annoté du nom de la variété et de l’année de récolte.
Calendrier de Semis et Plantation : Le Bon Timing
Pour réussir la culture de courges, le vrai secret n’est pas un « truc » compliqué, mais un bon timing. Butternut, potimarron et courges musquées sont généreuses… à condition de démarrer quand la chaleur est vraiment là. Les courges sont très sensibles au froid. En France métropolitaine, on vise donc un calendrier simple : semis au chaud au printemps, puis plantation après les dernières gelées, quand la terre s’est réchauffée. Retenez aussi ceci : mieux vaut semer un peu plus tard dans de bonnes conditions que trop tôt et végéter (ou perdre les plants au premier coup de froid). C’est particulièrement vrai pour les courges musquées (dont la butternut), plus exigeantes en chaleur.

Semis des Courges
Avec une température suffisante (au-dessus de 16 °C), les graines de courges germent en quelques jours, et les plants se développent très vite. C’est pour cela qu’il est rarement utile de semer trop tôt : vous gagnerez plus en démarrant au bon moment qu’en « tirant » des plants qui végètent. Comme vu dans le calendrier, vous avez deux options : semis au chaud en godets, ou semis direct en place quand le sol est bien réchauffé. Les deux fonctionnent, à condition d’adapter à vos conditions (limaces, pluies, sécheresse…).
- Semis au chaud : En général de mi-avril à mi-mai (serre, véranda, intérieur lumineux), pour planter ensuite quand les nuits sont plus douces. Vous pouvez commencer les semis à l'intérieur environ quatre à six semaines avant la date de plantation prévue. Dans de grands godets (10 x 10 cm minimum) de mi-avril à mi-mai.
- Semis direct en place : Plutôt de mi-mai à début juin, si votre sol se réchauffe vite et si vous pouvez protéger les jeunes plantules (limaces, froid tardif). Semez 3 graines par poquets distants de 1 m (variétés non coureuses) à 2 m (variétés coureuses) en tout sens. Il est possible de semer la graine de courge directement en mai lorsque le sol est réchauffé. La graine est déposée dans le trou de la bâche et enfoncée de 2-3 cm ou recouverte de compost. Cet itinéraire est plus rapide et permet une meilleure implantation mais plus risqué (prédation, température trop froide, enherbement…). Il est conseillé d’avoir entre 1/3 et 2/3 de la surface en plantation pour sécuriser la culture.
Ensuite, adaptez selon votre situation : en climat doux (ou en bord de mer), vous pouvez parfois avancer un peu ; en altitude ou en zones à gelées tardives, il vaut mieux décaler. Et si vous êtes dans un secteur où septembre refroidit vite, anticipez : les variétés tardives auront besoin d’un démarrage bien calé. Les semis de courge germent généralement en 5 à 10 jours dans de bonnes conditions. Pour prévenir les pertes après la plantation, il est recommandé de mettre en route une deuxième petite série de semis espacée de 2 semaines.
Un petit geste qui change tout au semis : les courges n’aiment pas trop qu’on tripote leurs racines. L’idée est donc de faire simple et propre dès le départ. Semez dans des godets suffisamment grands, et évitez de rempoter : vous plantez ensuite avec une motte intacte. En semis direct, gardez après la levée le plant le plus vigoureux (éliminez les autres, ou s’ils sont jolis, repiquez-les éventuellement ailleurs). En semis direct, une protection contre les limaces (qui peuvent dévorer une jeune plantule en une nuit…) est préconisée : fougères ou cendres de bois autour du semis. Les jeunes plants de courges, tout juste sortis de terre, étant très appréciés des limaces, et les pluies fréquentes, il est préférable de semer en pépinière (vers la mi-avril) et les planter déjà bien développés à la mi-mai (en faisant éventuellement quelques « rattrapages » avec des semis directement en pleine terre). Mais comme toujours, vous devez prendre en compte vos propres conditions de culture. Par exemple, en climat sec, des semis directs peuvent tout à fait être envisagés… à condition de ne pas laisser les plantules se faire croquer au démarrage.
Plantation des Courges
Les plants semés au chaud se plantent en pleine terre (ou sur buttes lasagnes) à partir de la mi-mai, quand les nuits sont redevenues douces et que la terre s’est bien réchauffée. À ce stade, une plantation soignée vous évite 15 jours de « bouderie » au potager.
CULTIVER LE BUTTERNUT (semis jusqu'à la récolte)
- Préparez des trous de plantation de la hauteur de vos godets (si la terre est un peu dure au fond du trou, ameublissez-la pour aider le développement initial des racines).
- Mélangez un peu de compost bien mûr à la terre extraite.
- Placez le plant, avec sa motte, au fond du trou, en veillant à ce que le dessus de la motte soit au même niveau que le sol (contrairement aux tomates, il ne faut pas enterrer le plant).
- Comblez le trou de plantation avec votre mélange de terre et de compost. Tassez légèrement à la main autour du plant.
- Arrosez copieusement après la plantation puis paillez : vous limiterez les corvées d’arrosage, vous économiserez de l’eau, et les fruits seront moins en contact direct avec la terre (ce qui évite de les abîmer).
Astuce : éviter le « coup de froid » après plantation Une courge qui prend une nuit trop fraîche juste après la mise en place peut stagner. Rien de dramatique, mais on peut l’éviter facilement. Acclimatez les plants 3 à 5 jours avant plantation (sorties progressives en journée, rentrés la nuit). En cas de nuits annoncées fraîches, protégez temporairement avec une cloche ou un voile.
Dernier point : ne serrez pas trop vos plants « par peur de manquer de place ». Les courges ont besoin d’air et de lumière, et l’espacement fait une vraie différence sur la vigueur et la santé du feuillage.
Fertilisation et Entretien du Sol pour une Culture de Courges Réussie
Les courges sont des plantes gourmandes : pour donner de beaux fruits (butternut, potimarron, musquées…), elles ont besoin d’un sol riche en humus et bien « vivant ». L’idéal, c’est donc d’anticiper la fertilisation plutôt que d’essayer de rattraper au dernier moment. La courge est une culture gourmande donc, si elle ne succède pas à une prairie, elle nécessite un apport de compost végétal, de fumier animal, etc.

Préparation du Sol
- À l’automne précédent (plutôt qu’au printemps juste avant la culture, pour limiter les risques sanitaires), enrichissez la terre avec du fumier bien pailleux.
- Recouvrez ensuite ce fumier de paille, de foin, de BRF ou de feuilles mortes. Vous aurez ainsi constitué une zone de culture parfaite pour accueillir vos courges au printemps suivant.
- Autre très bonne option : cultiver les courges sur un vieux tas de compost, ou encore sur vos buttes-lasagnes. Les courges poussent mieux dans un endroit en plein soleil.
- Et si vous n’avez pas pu préparer la zone à l’automne, vous pouvez compenser au moment de la plantation : mélangez une bonne pelletée de compost mûr à la terre du trou de plantation. C’est simple, efficace, et ça nourrit sans « brûler » le jeune plant.
- Les courges supportent bien les sols un peu lourds et avec une bonne capacité de rétention en eau.
- Pour que la courge reçoive suffisamment d’éléments nutritifs, vous pouvez ajouter Bonheur du jardin Hauert dans le trou de plantation. Après environ la moitié de la période de culture, nous recommandons une fertilisation complémentaire.
Arrosage des Courges
Les courges contiennent pas moins de 95% d’eau, alors évidemment cet élément va être le point-clé de leur développement tout au long de la culture. Arrosez modérément, mais régulièrement. Un arrosage hebdomadaire des courges est le minimum, mais vous devrez peut-être doubler la fréquence en cas d’épisode de sécheresse. L’arrosage s’effectue au pied des plants pour limiter l’apparition de maladies. Ne versez pas l’eau directement sur les feuilles, car elles sont sensibles à l’oïdium.
La courge n’est pas très exigeante en eau sauf au démarrage si le sol est vraiment sec, la culture sur bâche permettant de limiter l’évaporation. Une irrigation en période de canicule lorsque les feuilles s’effondrent permet d’augmenter significativement le rendement. La courge est plutôt cultivée sur bâche : sur bâche tissée, qui a l’avantage d’être perméable ou sur bâche d’ensilage, moins chère et gardant plus de chaleur tout en maintenant le sol humide plus longtemps. Bien sûr, pour éviter la corvée d’arrosage, vous pouvez installer du paillage au pied de la plante. À la pose, optez pour une épaisseur d’au moins 7 centimètres qui va limiter l’évaporation de l’eau due au rayonnement du soleil.
Gestion des Nutriments et Tailles
Attention aux excès d’azote : Sur-fertiliser, surtout avec des apports très azotés, n’aide pas forcément à récolter plus. Vous risquez d’obtenir surtout une végétation énorme, au détriment de la mise à fruits. Une sève trop abondante peut aussi attirer davantage de ravageurs comme les pucerons. Si votre terre n’est pas assez riche, apportez un engrais utilisable en agriculture bio (l’engrais naturel liquide spécial tomates est idéal en apport hebdomadaire) afin de favoriser la maturation des fruits. Apportez régulièrement du compost bien décomposé ou des extraits fermentés de plantes, à la surface du sol, pour favoriser le développement des courges. En cours de culture, vous pouvez enfin soutenir la plante avec quelques traitements à base de consoude (en apports raisonnables), pour accompagner la vigueur et la fructification. Cela peut aussi favoriser la fructification. Appliquez des engrais riches en azote uniquement en début de culture et de manière raisonnée.
Bien que cela ne soit pas obligatoire, les plants de courges à gros fruits peuvent être taillés afin d’obtenir une production plus précoce et des fruits de bonne taille. Pincez les courges pour stimuler le développement des fruits. Bien que cela ne soit pas obligatoire, pincez les plants de courges à gros fruits dès que les plantes portent 3 vraies feuilles. Pour augmenter les chances d’obtenir des fruits plus gros, vous pouvez éclaircir ceux qui sont en surnombre. Selon la variété, un plant de courge produit 4 à 5 fruits. Si vous voulez de gros fruits, réduisez la fructification à 2 fruits. Pour ce faire, coupez continuellement les jeunes pousses de fruits.
Espacement et Palissage : Optimiser l'Espace du Potager
La distance, c’est le sujet qui fâche… parce qu’on a tous envie de « caser un plant de plus ». Mais sur la culture de courges, l’espacement joue sur tout : vigueur, facilité d’arrosage, aération (donc oïdium), et taille des fruits. Une courge à l’étroit fait beaucoup de feuilles… et vous complique la vie. Le repère le plus simple est de distinguer variétés non coureuses (port plus compact) et variétés coureuses (longues tiges qui s’étalent). Et, en général, les grosses courges demandent plus d’espace que les petites. Un plant de courge prend énormément de surface au sol.

Distances de Plantation
- Courges non coureuses : espacez en moyenne de 1 m à 1,20 m en tous sens.
- Courges coureuses : visez plutôt 1,50 m à 2 m en tous sens (parfois davantage pour les très vigoureuses).
- En règle générale, il faut compter 1,5 x 1,5 m d’espace par plante. Laissez 2 à 3 mètres entre chaque plant et entre chaque rangée. Il est important de laisser suffisamment d'espace entre les plants de courge pour qu'ils se développent correctement.
Repères pratiques pour les courges les plus courantes
Sans chercher la précision au centimètre près, ces repères évitent les erreurs classiques.
- Butternut (courge musquée) : coureuse, visez plutôt 1,50 m à 2 m.
- Potimarron : généralement coureur, visez plutôt 1,50 m à 2 m.
- Potiron / grosses maxima : prévoyez large, souvent 2 m (voire plus) si la variété est très vigoureuse.
Si vous cultivez sur un sol très riche (tas de compost, zone fortement amendée) et que vous arrosez bien, les plants peuvent devenir encore plus volumineux : dans ce cas, ne réduisez pas les distances, au contraire. Mettez en place toutes les pratiques pour favoriser une bonne circulation de l’air entre vos plants : exposition bien ensoleillée, plants bien espacés et paillés, etc.
Palisser les Courges : Gagner de la Place
Si votre surface potagère est limitée, palisser une culture de courges représente un vrai gain de place. Vous pouvez faire grimper certaines courges sur des treilles (en bois, treille de chantier en fer, ou grillage solide par exemple). Vous gagnez de la place au sol, l’arrosage devient plus simple, et les fruits sont moins en contact avec l’humidité du terrain. Les courges coureuses développent des vrilles capables de s’accrocher sur de nombreux supports. Ainsi, ces plantes apprécient d’être cultivées en hauteur et de pouvoir grimper. Utilisez des supports tels que des grillages, des treillis, ou encore des pergolas.
Le principe est simple : vous guidez la tige principale sur le support au fur et à mesure de la croissance, sans la casser. Et vous évitez de tout serrer au pied : même palissée, une courge a besoin d’air et de lumière.
- Installez un support très solide avant que la plante ne soit trop développée.
- Accompagnez la végétation en attachant souplement la tige (lien souple, raphia, bande de tissu).
- Surveillez la prise au vent : mieux vaut quelques attaches bien placées qu’un plant qui se décroche au premier coup de bourrasque. Ancrez alors solidement les supports, car certaines variétés ont des fruits très lourds.
- Pour faire grimper une courge sur un support, plantez fermement dans le sol juste à côté d’un des poquets trois tuteurs, et attachez-les à la cime pour créer un tipi.
Attention au poids des fruits : Pour les courges de bon gabarit (et même avec des potimarrons ou des butternut), le pédoncule peut rompre sous le poids si le fruit pend dans le vide. Soutenez les fruits avec un « hamac » (filet, toile, vieux sac à pommes de terre) solidement attaché au support. Prévoyez ce soutien assez tôt, quand le fruit est encore petit : c’est plus facile et vous évitez un accident bête.
Dernier conseil : si vous débutez, commencez par palisser une ou deux courges seulement. Vous verrez rapidement quelles variétés se prêtent le mieux à l’exercice dans vos conditions.
Associations et Protection des Courges au Potager
La courge est une plante à fort développement. De ce fait, les associations avec d’autres plantes sont parfois difficiles à mettre en place : la végétation de la courge peut vite étouffer les cultures voisines… surtout si on a été un peu optimiste sur les distances. Cela dit, tout n’est pas interdit. L’idée est simplement de choisir des partenaires qui supportent la concurrence, ou qui profitent d’un autre « étage » de culture.

Les Bonnes Associations
- Évitez d’installer juste à côté des courges des cultures faibles.
- Les légumes suivants sont de bons voisins pour la courge : haricots à rames, petits pois, maïs. Le maïs est certes également très gourmand, mais il s’enracine profondément. Les courges développent leurs racines plutôt en surface. C’est pourquoi les deux plantes ne se gênent pas. Radis blanc, oignon, colrave.
- La courge convient également parfaitement à la culture associée. Le classique est la combinaison avec du maïs et des haricots. Cette combinaison est connue depuis des millénaires. Les Mayas la pratiquaient déjà ; on l’appelle aussi la culture milpa (ou culture des 3 sœurs). Le maïs sert de tuteur à la courge et aux haricots, les haricots fournissent de l’azote au sol grâce aux bactéries appelées rhizobiums, et la courge protège la terre du dessèchement grâce à ses grandes feuilles.
- Installez, en début de saison, des plantes à cycle rapide pour optimiser l’espace de vos cultures : laitue, roquette, cresson, radis, etc.
- Toutes les fleurs mellifères - comme la bourrache, la phacélie, le souci, le tournesol, etc. - sont bénéfiques pour attirer les pollinisateurs.
Protection contre les Ravageurs et Maladies
Les courges peuvent être touchées par les punaises de la courge, les pucerons, ou encore les limaces en début de culture. Les maladies cryptogamiques comme le mildiou ou l’oïdium peuvent également affecter les plantes, particulièrement en fin de saison.
CULTIVER LE BUTTERNUT (semis jusqu'à la récolte)
Lutte contre l'Oïdium
L'oïdium, aussi appelée la “maladie du blanc”, est une maladie causée par certains types de champignons. L’Oïdium se développe par temps humide et chaud et se matérialise par l’apparition d’une poudre blanche sur les feuilles, les fruits ou la tige des plantes. Les jeunes feuillages seront généralement touchés en premier. Ce champignon entraîne un jaunissement et un assèchement de la plante qui finira par mourir si rien n’est entrepris.
Pour limiter la présence de maladies :
- Choisissez des variétés résistantes ou précoces.
- Arrosez les plants directement au niveau du sol, sans toucher les feuilles.
- Appliquez des engrais riches en azote uniquement en début de culture et de manière raisonnée.
- Mettez en place toutes les pratiques pour favoriser une bonne circulation de l’air entre vos plants : exposition bien ensoleillée, plants bien espacés et paillés, etc.
Lutte contre les Limaces et Escargots
La courge craint les escargots et les limaces, qui ont beaux être lents mais sont très gourmands. Ils mangent les jeunes plants sortis de terre et faciles à atteindre pour eux.
- Déversez de la cendre de bois ou du marc de café autour du pied.
- Disposez des coquilles d’œufs brisées en petits morceaux.
- Paillez les pieds de vos plants (si tant est qu’ils aient besoin d’un sol humide).
- Installez des cagettes retournées ou des tuiles en dessous des courges pour les protéger de l’humidité du sol, ainsi que des gastéropodes, et éviter qu’elles pourrissent avant leur récolte.
Lutte contre les Pucerons
Grand classique du potager, la courge craint aussi les pucerons ! Petits insectes gloutons aux couleurs variées (blancs, verts, noirs, jaunes, etc.), ils s’attaquent aux plantes en leur suçant la sève. Avant de traiter les plantes avec une solution naturelle, faites fonctionner votre écosystème en vous appuyant sur les prédateurs du puceron : coccinelle et larve de coccinelle, punaises, etc. Construisez-leur un hôtel à insectes pour les attirer !
Pour des solutions naturelles :
- Mélangez trois cuillères à soupe de savon noir dans un litre d’eau chaude, laissez refroidir et pulvérisez.
- Hachez un kg d’orties ou de consoude et faites macérer dans 10 l d’eau. À utiliser dans les 48h.
- Pilez 3 gousses d’ail pour un litre d’eau. Mélangez le tout et laissez macérer pendant 24h. Faites bouillir la solution pendant 20 minutes puis laissez refroidir.
- Mélangez 2 cuillères à soupe de savon noir et deux cuillères à soupe d’huile dans un litre d’eau tiède.
Récolte et Conservation des Courges : Profiter Longtemps
Vous vous demandez sans doute quand récolter vos courges après tous ces mois de culture. En octobre, les lianes commencent à sécher et les fruits apparaissent une fois les feuilles disparues. C'est à ce moment qu'il est temps de s’en occuper, pour se régaler tout l’hiver ! La récolte est finalement une étape très importante, notamment pour garantir une bonne conservation.

Quand Récolter ?
La grande majorité des variétés de courge se récoltent à maturité complète avant les premières gelées. Elles se cueillent, pour la consommation directe ou pour la conservation, lorsque les fruits arborent leur couleur définitive, que leur peau se ternit et s’épaissit, et que le pédoncule se lignifie. Le pédoncule est la petite tige qui relie le fruit au plant. Au fil de la maturité, ce pédoncule va petit à petit sécher et durcir, se lignifier.
- En octobre, les lianes commencent à sécher et les fruits apparaissent une fois les feuilles disparues.
- Le meilleur stade de récolte est lorsque le pédoncule est encore légèrement vert, les fruits d’une couleur vive et le taux de sucre au plus haut (possible d’utiliser un réfractomètre pour suivre et mesurer le brix). Une récolte trop précoce engendrera une mauvaise conservation, mais il faut récolter avant les gelées.
- Pour savoir quand récolter vos courges, le plus simple est de taper doucement sur les fruits. S’ils renvoient un son creux, c’est qu’ils sont prêts à être récoltés.
- Une courge mûre se reconnaît à sa tige dure, sèche et de couleur brune. En outre, une structure réticulée se forme autour de la peau extérieure à la base de la tige. Les courges sont mûres lorsque leur peau est dure et résistante aux ongles. La couleur peut également changer, passant d'une teinte plus claire à une teinte plus foncée.
- Pour les fruits de grande taille, vous pouvez également les tapoter : quand la courge est mûre, elle sonne creux.
- Dans les régions froides, implanter les courges le plus tôt possible, tout en évitant les dernières gelées, pour que la maturation des courges soit complète. Il est alors recommandé d’utiliser des protections.
- Laissez les fruits le plus longtemps possible sur la plante pour que leur goût s’épanouisse au maximum.
Comment Récolter ?
- Utilisez alors un couteau ou un sécateur pour couper le pédoncule à environ 1 cm du fruit.
- Pour récolter vos courges, coupez-les délicatement avec un couteau ou des sécateurs lorsque le fruit est sec et la tige est encore verte.
- La récolte se fait manuellement, lorsque le feuillage est fané (généralement fin août - début septembre), idéalement par temps sec et ensoleillé.
Conservation
Après la récolte, vous pouvez faire sécher vos courges quelques jours/semaines, avant de les stocker dans un lieu tempéré et sec. Nous le faisons sous notre serre ACD, mais un autre lieu sec et chaud en journée peut suffire. Après une bonne semaine avec un peu de luminosité, les pédoncules étaient bien secs. On a pu ensuite rentrer les courges directement dans la maison. Si vous disposez d’un garage où la température est assez stable, n’hésitez pas à les y mettre. Une chambre non chauffée peut faire l’affaire également.
- La durée de conservation des courges s’étend de 3 mois à 1 an en fonction des variétés. La courge de Siam quant à elle peut se garder jusqu’à 2 ans.
- Les courges peuvent être stockées dans un endroit frais et sec avec une bonne circulation de l'air. Gardez-les à l'abri de la lumière directe du soleil pour éviter qu'elles ne pourrissent rapidement.
- Avant de stocker les citrouilles, laissez-les dehors une dizaine de jours pour bien les sécher. Une fois cette étape terminée, stockez les courges dans un local frais et bien ventilé, à une température d’environ 7-10°C.
- Il est nécessaire d’avoir un déshumidificateur au début de la période de stockage, car c’est à cette période que les pédoncules rendent l’eau.
- Vérifiez régulièrement la présence de courges malades et éliminez-les.
- Glissez une ardoise ou des briques pour surélever la courge et lui éviter l’humidité du sol et la voracité des limaces.
En respectant ces précautions, il est relativement facile de cultiver et de conserver des courges dans son potager, vous assurant ainsi une source de délices culinaires de l'automne au printemps.