Stratégies complètes de prévention des mauvaises herbes en serre

Les orties, le lierre terrestre ou le pissenlit sont des exemples de plantes sauvages qui représentent un défi important au jardin et, plus spécifiquement, dans les serres. Ces plantes masquent en un temps record les fleurs plantées avec amour ou le potager soigneusement élaboré. Elles s'établissent volontiers là où elles sont précisément indésirables : dans les massifs de fleurs, le potager, et particulièrement dans l'environnement contrôlé d'une serre. Aucun miracle donc qu'elles soient souvent désignées comme « mauvaises herbes » ou « adventices ». Ces intruses entrent en concurrence avec les cultures pour les éléments nutritifs, l’espace et l’eau, risquant ainsi de causer des retards de croissance, d'augmenter le temps de travail durant la récolte, et de favoriser l’apparition de maladies des plantes et d’insectes ravageurs. De plus, dans une serre, les mauvaises herbes peuvent être à l'origine de pucerons dès l'arrivée du printemps. Pour les plants que nous cultivons, souvent originaires de régions différentes de la nôtre et qui doivent s’adapter à la terre et au climat que nous leur imposons, la concurrence avec les mauvaises herbes, qui elles poussent dans leur habitat naturel, est d'autant plus inégale. La clé de la gestion des mauvaises herbes est de connaître leurs cycles de croissance et de planifier en conséquence les outils, le temps et les stratégies. La bonne nouvelle est qu'il existe de nombreuses méthodes durables pour les éviter et les prévenir, compatibles même avec l'agriculture biologique.

Comprendre les adventices : une nouvelle perspective

Les adventices, également appelées « mauvaises herbes » ou « herbes folles », correspondent aux plantes se développant dans des milieux aménagés, comme des champs ou des massifs, sans qu’elles y aient été introduites volontairement. Parmi les plus couramment observées dans les grandes cultures, on trouve des plantes à feuilles larges annuelles (abutilon, morelle, herbe à poux, chou gras, amarante, radis sauvage) et des graminées annuelles (folle avoine, sétaire géante, pied-de-coq, sétaire jaune, sétaire verte), ainsi que des mauvaises herbes vivaces. Au potager, on peut citer le Galinsoga cilié, le liseron des champs, l’ortie ou le mouron des oiseaux.

Pendant longtemps, elles ont été considérées comme purement indésirables pour les productions agricoles. Cependant, une nouvelle approche consiste à se pencher sur des « seuils de nuisibilité », selon l’état des cultures principales et la concentration des adventices. Des recherches ont récemment démontré que les adventices pouvaient parfois être intéressantes pour les cultures et jardins. Lorsqu’elles sont gérées correctement, elles permettent aussi de préserver la biodiversité en milieu agricole et au potager, sans pour autant avoir un impact négatif sur les rendements. Leur présence dans la parcelle peut être intéressante puisqu'elle attire les auxiliaires et participe donc à la biodiversité du milieu. Elles ne causeront pas nécessairement de baisse de rendement, ni n’impacteront la qualité des récoltes. En attirant les auxiliaires et les pollinisateurs, elles peuvent même participer à l’amélioration du sol grâce à leur système racinaire. Il faudra toutefois les surveiller de près pour identifier une éventuelle évolution et ainsi éviter de se laisser submerger.

Les techniques préventives durables

Pour une gestion efficace des mauvaises herbes en serre, l'accent doit être mis sur la prévention. Plusieurs méthodes, souvent complémentaires, peuvent être mises en œuvre pour limiter leur apparition et leur prolifération.

1. Le paillage : une barrière naturelle et nutritive

Le paillage est une méthode précieuse et durable pour prévenir les mauvaises herbes. Il consiste à recouvrir la surface du sol avec une bonne couche de matières organiques ou minérales. Les espaces vides et exposés dans les massifs de fleurs ou au potager sont la porte ouverte aux mauvaises herbes qui ne demandent qu’à s’y installer et à évincer les fleurs et légumes plantés précédemment.

Schéma des différents types de paillage
En étalant un paillis de trois à cinq centimètres d’épaisseur sur le sol, vous laissez peu de chances aux mauvaises herbes de s’établir, car faute de lumière, leurs graines ne pourront pas se développer correctement. Si une plante indésirable arrive néanmoins à se frayer un chemin au travers du paillis, il suffit de l’ôter à la main, car le paillis ne permet pas à ces plantes de bien s’enraciner. De plus, le paillis empêche l’évaporation, ce qui limite la fréquence de l’arrosage et permet de faire des économies en eau.

Il existe de nombreux matériaux à utiliser comme paillage :

  • Paillis de fibres compostées : Idéal pour couvrir les plates-bandes, qu’il s’agisse d’un carré potager ou d’un potager.
  • Copeaux de bois : Les écorces de résineux empêchent la propagation anarchique des mauvaises herbes et donnent simultanément un aspect naturel et élégant. Un bon paillis d'écorces ou de compost bien décomposé est très efficace au pied des rosiers.
  • Paille : Très efficace pour le potager.
  • Tontes de gazon : Une option économique et riche en azote.
  • Graviers, ardoises : Très utiles pour les allées, les massifs ou sous une haie, offrant un aspect plus minéral.

Il est toujours préférable de privilégier les matières naturelles. Le paillis organique se transformera en humus au fil du temps, ce qui contribuera à fertiliser la terre. Il est recommandé d'utiliser du paillis sec, dense et se décomposant lentement.

2. Les plantes couvre-sol : des alliées esthétiques et efficaces

Les couvre-sol sont une méthode particulièrement esthétique pour tenir en respect les mauvaises herbes dans vos massifs de fleurs et peuvent être envisagées pour les serres si l'espace le permet. Ces vivaces sont de vraies championnes quand il s'agit d'étouffer les herbes non désirées en formant un tapis végétal dense qui prive les adventices de lumière et d'espace.

Avant de planter des couvre-sol, il est essentiel d'ôter au préalable toutes les mauvaises herbes, surtout celles à racines pivotantes. Pour former rapidement un épais tapis végétal, n’espacez pas trop les couvre-sol, en respectant cependant l’espacement recommandé pour que les plantes puissent bien se développer. En attendant qu'elles forment un tapis dense, les interstices peuvent être remplis de paillis.

Voici quelques exemples de plantes couvre-sol efficaces :

  • Les orpins : Résistants et nécessitant peu d’entretien, ils forment un tapis dense et fleuri.
  • Les géraniums vivaces : Très rustiques, ils couvrent le sol tout en offrant une floraison généreuse.
  • Le thym rampant : Idéal pour les terrains secs et ensoleillés, il dégage en plus une agréable odeur. Il peut être planté entre les dalles pour les rendre plus vertes sans laisser de place aux adventices.
  • La bugle rampante : Parfaite pour l’ombre, elle forme un tapis dense et coloré.
  • La pervenche : Très couvrante, elle supporte bien l’ombre et empêche la prolifération des adventices.
  • La camomille romaine : Esthétique, elle diffuse aussi un doux parfum.
  • La Sagina subulata : Elle remplace avantageusement la mousse et étouffe les herbes indésirables, pouvant aussi être utilisée entre les dalles.

Au potager, des plantes comme le potiron et les courges, qui se développent sur de grandes surfaces, sont très efficaces pour limiter l’apparition des mauvaises herbes.

3. La santé du gazon : un rempart contre les adventices

Bien que moins pertinent directement pour la culture en serre, la santé du gazon est cruciale dans la gestion globale des adventices aux alentours. Le lierre terrestre, le pissenlit ou l’herbe aux goutteux sont des exemples d’adventices se propageant sur le gazon. Il est possible de les prévenir en fortifiant le gazon régulièrement.

Infographie sur l'entretien du gazon pour prévenir les mauvaises herbes
Voici les étapes clés pour maintenir un gazon dense et hostile aux intrus :

  • Fertilisation régulière : Un gazon bien nourri sera dense et fort, empêchant les adventices de s'établir, car elles se développent encore bien même avec peu de nutriments.
  • Scarification : À l'aide d'un scarificateur, supprimez la mousse, les herbes mortes et autres débris qui s'accumulent à la surface du sol et empêchent l'air, l'eau et les nutriments de pénétrer. Cette opération favorise la repousse d'un gazon dense.
  • Réensemencement : Comblez les espaces dégarnis sans délai en les réensemençant avec un gazon de regarnissage. Semez uniformément à la main ou avec un épandeur, puis passez un rouleau sur le sol avant d'arroser sans excès pour éviter le lessivage.
  • Tonte régulière et à bonne hauteur : Tondez régulièrement, mais surtout pas trop court, c'est-à-dire entre 6 et 8 cm. Une herbe haute freine la germination des autres graines présentes sur le sol (et donc celle des adventices) et ralentit la croissance de la mousse.
  • Arrachage précoce : Pour éviter les pissenlits dans votre gazon, arrachez-les avant qu’ils ne montent en graine.

4. Créer un lit de sable : une barrière naturelle pour certaines cultures

Planter des fleurs dans le sable peut sembler inhabituel, mais cette technique présente un gros avantage : les plates-bandes sableuses sont une barrière naturelle aux mauvaises herbes. Les adventices s’y propagent moins facilement, car avant qu’elles ne puissent s’enraciner dans la terre de jardin en dessous, les plantations choisies auront eu suffisamment de temps pour s’enraciner, limitant ainsi la prolifération des plantes indésirables. Les adventices pourront ainsi être éliminées très simplement. Toutefois, les lits de sable ne conviennent qu’aux plantes s’accommodant de peu d’eau et de nutriments.

5. Le feutre géotextile et la toile de paillage : des alliés techniques

Pour les allées en gravier, les parterres ou même au potager et sous serre, le feutre géotextile et la toile de paillage sont des solutions efficaces.

  • Le feutre géotextile : Cette membrane perméable permet à l'eau et à l’air de passer, tout en limitant la pousse des mauvaises herbes. On le place sur le sol avant même d'installer le gravier de l'allée afin d'empêcher l'enracinement des adventices, sans altérer la santé du sol.
  • La toile de paillage biodégradable : Elle est toute indiquée pour le potager et les plates-bandes, puisqu'elle se décompose naturellement tout en empêchant les mauvaises herbes de s’installer. Elle est perméable et laisse filtrer l’eau et l’air pour le développement des légumes et plantes, tout en privant les mauvaises herbes de lumière. Facile d’installation, elle demande peu d’entretien.

6. La rotation des cultures : un principe agronomique fondamental

Procéder à la rotation de vos cultures de légumes en y introduisant régulièrement différentes espèces permet de gérer les adventices à moyen et à long terme. Diversifier et allonger la rotation des légumes permet de limiter le retour des mauvaises herbes en raison de cycles culturaux variés, de pratiques agricoles diversifiées et de l’apport d’espèces dites « étouffantes ». Cette méthode va permettre de réguler la quantité de graines et de racines, car le fait de modifier régulièrement les cultures ne permet pas de créer un terrain favorable au développement des adventices. De fil en aiguille, cela va permettre de limiter leur développement et donc, leur propagation. Cela va également éviter d'épuiser les mêmes nutriments présents dans la terre. La rotation des cultures est à utiliser aussi bien en agriculture qu’au jardin et dans les serres.

7. Les couverts végétaux ou engrais verts : double bénéfice pour le sol

Par couverture végétale, on entend le fait d’apporter dans les cultures des plantes qui vont en quelque sorte « étouffer » les mauvaises herbes et recouvrir la terre. De cette façon, ces dernières n’auront plus d’accès à la lumière, aux nutriments et à l’eau. On peut notamment utiliser des légumineuses, ce qui va également participer à fertiliser le sol. Par exemple, le Desmodium uncinatum entre les rangées de maïs va limiter le développement du striga et fixer l’azote par la même occasion. Ces couverts végétaux vont empêcher le développement des mauvaises herbes par effet de compétition (étouffement), d’allélopathie (substances empêchant le développement des graines d’adventices) ou de mulch. Il faudra cependant faire attention à ce que ces techniques n’impactent pas la productivité ou la qualité des récoltes.

C’est également ce que l’on appelle « engrais vert ». Il nettoie les parcelles et votre jardin des mauvaises herbes, tout en participant à rendre la terre plus fertile et à protéger le sol des intempéries et de l’érosion. Des exemples incluent le seigle, la vesce, la phacélie, la moutarde ou encore le sarrasin, qui, grâce à leur croissance rapide, limitent eux aussi les herbes sauvages et améliorent la qualité de la terre.

8. Le travail du sol et les faux-semis : désamorcer la banque de graines

Travailler le sol, en profondeur et en surface, va permettre d’appauvrir le stock semencier d’adventices du champ, mais également de détruire celles déjà levées.

  • Le labour : Cette méthode va profondément enfouir les graines dans la terre et ainsi empêcher leur germination. L’efficacité de cette méthode dépendra du type de mauvaises herbes contre lesquelles vous luttez. Elle sera efficace pour la plupart des graminées et des astéracées, mais elle favorisera, en revanche, le développement des folles avoines, des renouées ou du datura. Il faudra bien connaître votre sol avant de procéder au labour.
  • Le déchaumage : Réaliser un déchaumage tout de suite après la récolte. Cette méthode de travail du sol superficielle va permettre de détruire les adventices et empêcher qu’ils ne refassent des graines.
  • Le faux-semis : Cette technique se complète au binage et consiste en un travail superficiel du sol (à moins de 5 cm de profondeur) réalisé avant les semis, que ce soit pour les cultures agricoles ou au jardin. Le but ici est de provoquer la levée des adventices pour venir les détruire ensuite, avant d’implanter la future culture. Le faux-semis devra être réalisé sur un sol assez frais et bien émietté. Les adventices pourront ensuite être détruites mécaniquement avec des outils, tels qu’une herse de déchaumage, des bêches roulantes, un déchaumeur à disque indépendants, un déchaumeur à train de disques, un cultivateur à dents et disques de nivellement ou encore des vibrodéchaumeurs. La période idéale pour faire un faux-semis sera d’août à fin octobre, mais cela variera selon les mauvaises herbes contre lesquelles vous luttez, et il faudra adapter cette action aux conditions météorologiques et au type de sol. Cette technique est à privilégier pour des sols très infestés. Si plusieurs faux-semis doivent être réalisés, il est recommandé de laisser un intervalle de 2 semaines entre chaque. Pour un fermier occupé, il est essentiel d'éliminer les mauvaises herbes dans les cinq premiers centimètres du sol pour ne pas remonter d'autres graines à la surface.

    Le faux-semis une méthode bio pour limiter les mauvaises herbes

9. L'occultation : priver les mauvaises herbes de lumière

Le désherbage par occultation consiste à installer un film opaque au sol pour lutter contre les mauvaises herbes. La température du sol va alors augmenter quelque peu, et donc favoriser la germination des graines. Un peu comme si elles se trouvaient sous une serre. Une fois les plantules sorties, celles-ci seront détruites car elles ne recevront pas de lumière pour se développer. Cette méthode a pour but d’épuiser le stock semencier. Le sol devra alors être bien préparé, de la même façon que pour faire des semis ou plantations.

Illustration de l'occultation du sol par bâche
Quant au choix du film opaque, il en existe différents types : des toiles de paillage plastique, des films polyéthylène foncés ou encore des bâches d’ensilage. On les choisira en fonction de leurs caractéristiques pour les adapter à la saison, à la nature du sol ou encore aux conditions de pose.

L'utilisation de bâches d'ensilage pour contrôler les mauvaises herbes est une méthode que Jean-Martin Fortier privilégie. Elle consiste à recouvrir les planches récoltées d’une bâche noire opaque. Par la suite, il faut attendre un minimum de trois semaines (deux semaines peuvent suffire en période de grande chaleur) avant de transplanter la prochaine culture.

10. Les cultures intercalaires et le compagnonnage : optimiser l'espace

Il peut être intéressant d’associer à votre culture principale une culture compétitive avec les mauvaises herbes. Ce qui permettra de lutter contre l’envahissement des mauvaises herbes et qui protégera les cultures principales. Par exemple, en Afrique, il est courant pour les agriculteurs de planter des pastèques Égousi ou des citrouilles près du manioc, en guise de cultures intercalaires, pour éviter que ce dernier ne soit envahi d’adventices. Au jardin, on appelle cette technique le compagnonnage. Une autre règle fondamentale est de planter densément afin que les cultures forment une canopée capable d’étouffer les mauvaises herbes. Pour les cultures sous serres, cette méthode peut être moins utilisée car la surface au sol est souvent moins importante. Les cultures et plants sont généralement tous à leur place et ne laissent pas beaucoup d’espace pour des plantes intrusives.

11. Gérer les pâturages : une solution pour les grandes surfaces

Dans certaines cultures pérennes (mangues, avocats, café, cacao…), il est fréquent de faire pâturer des moutons ou des chèvres afin de lutter contre les mauvaises herbes rampantes. Il faudra, ceci dit, penser à mettre en place une protection autour des arbres. Les chèvres ont tendance à s’en prendre à l’écorce du tronc et à la manger. Les bovins quant à eux, préfèrent se nourrir de graminées. Il sera donc intéressant d’alterner le pâturage entre les troupeaux d’ovins/caprins (chèvres, moutons) et de bovins (vaches). Cette méthode est principalement applicable à de grandes surfaces et moins aux serres.

12. Prévoir les semis au bon moment : donner l'avantage aux cultures

Au moment de faire les semis, il est essentiel de tenir compte des conditions les plus favorables à leur développement. Ainsi, ils pourront mieux faire concurrence avec les adventices. Il faudra donc gérer de manière adéquate la succession des cultures, la date des semis, mais également l’espacement des plants.

Les méthodes de désherbage naturel et mécanique

Même avec une excellente stratégie préventive, quelques mauvaises herbes parviendront inévitablement à pointer le bout de leur nez. Il est alors crucial d’intervenir rapidement pour les éliminer.

1. Le désherbage manuel et le binage : la précision et la régularité

Le désherbage manuel, à l’aide d’une binette, d’un couteau désherbeur ou d’une gouge d’asperge, est une méthode respectueuse de l’environnement et particulièrement adaptée aux petits espaces, comme une serre où l'espace peut être restreint. Cette opération doit être effectuée régulièrement, car les adventices se développent vite. Il est essentiel de bien retirer aussi les éventuels résidus de racines autour des plantations, qui pourraient rapidement repousser. Plus les mauvaises herbes sont jeunes (stade cotylédon ou moins de deux feuilles), plus elles sont faciles à supprimer rapidement et facilement avec des outils. La gestion des mauvaises herbes doit être une priorité, et bloquer du temps de désherbage dans chacune de vos tâches hebdomadaires est une bonne pratique.

Outils de désherbage manuel (binette, couteau désherbeur)
Le sarclage, qui consiste à couper ou à arracher manuellement les herbes indésirables, peut être réalisé. Ces dernières peuvent être compostées ou laissées sur le sol pour servir d’engrais verts (à condition qu'elles ne soient pas déjà montées en graine).

2. Le désherbage thermique : le choc pour éliminer

Le désherbage thermique a pour but de provoquer un choc de température qui brûle la racine des plantes à éradiquer. Ainsi, elles ne peuvent plus repousser. Il existe des techniques au gaz ou à l’électricité, mais une manière encore plus facile de procéder consiste à réutiliser l’eau de la cuisson des pâtes ou du riz, par exemple, à condition qu'elle ne soit pas salée, car le sel modifie la nature du sol. Cette technique est particulièrement utile sur les sentiers, dans les allées et entre les dalles. Notez que 3 à 5 passages annuels sont nécessaires, car ils éliminent seulement les parties aériennes des adventices sans toucher aux racines.

3. Le désherbage par brossage : pour les surfaces dures

Le brossage est utilisé sur les pavés et dallages pour supprimer les plantules. Employez ici une brosse à poils durs et frottez vigoureusement le sol avec.

4. La motobineuse : pour les plus grands espaces

La motobineuse est une machine qui permet de tondre facilement les mauvaises herbes. Facile à utiliser (si vous prenez un petit modèle), elle permet de nettoyer efficacement un jardin car elle se faufile entre les buissons et les plants. Le petit plus de la motobineuse est qu'elle peut aussi être utilisée pour le binage de la terre. Cependant, l’utilisation de la motobineuse pour désherber votre serre peut être compliquée selon la taille de son ouverture ainsi que sa surface intérieure.

Erreurs à éviter et bonnes pratiques

Pour une gestion durable des mauvaises herbes, il est important d'éviter certaines erreurs courantes et d'adopter des pratiques rigoureuses.

Éviter les désherbants chimiques

Le désherbage chimique, par l'utilisation d'herbicides ou pesticides, est une méthode répandue mais controversée. Ces produits chimiques constituent un danger pour l’Homme et pour l’environnement. Une mauvaise application ou une utilisation en excès peut d’ailleurs causer d’importants dommages aux récoltes. On retrouve notamment la présence de pesticides dans les eaux de surface et les eaux souterraines. Des alternatives naturelles et biologiques existent et sont à privilégier.

Remèdes maison controversés

Le vinaigre, le sel ou la soude sont trois produits ménagers qui sont toujours cités comme moyens de lutte alternatifs contre les mauvaises herbes. Toutefois, leur utilisation est déconseillée et parfois même interdite, notamment parce que le sel modifie la nature du sol.

L'importance de l'anticipation

Plus les mauvaises herbes sont grosses, plus elles font compétition à vos cultures pour les ressources comme l’eau, les éléments nutritifs et le soleil. Il faut intervenir au bon moment, idéalement au stade cotylédon. Le plus important est probablement de ne jamais laisser vos mauvaises herbes monter en graine. Toutes les stratégies présentées visent la gestion et la prévention. Si votre objectif est de réduire la banque de mauvaises herbes présente dans vos champs, il est essentiel d’en faire une gestion serrée. Si elles montent en graine, vous aurez beaucoup plus de travail et votre capacité de production en sera affectée.

Utiliser un compost exempt de mauvaises herbes

Pour réduire la pression des mauvaises herbes sur vos cultures, il faut éliminer toute source de semences pouvant provenir de la ferme. Privilégiez le fumier composté plutôt que frais, car les graines d’adventices sont détruites par la chaleur.

Perturbation minimale du sol

Après un apport initial en amendements de qualité pour restaurer la santé du sol, il n’est plus nécessaire de le travailler en profondeur. En retournant le sol avec un outil ou un rotoculteur, vous risquez non seulement d’en affecter la structure, mais également de remonter des semences de mauvaises herbes à la surface.

Aménager et entretenir les abords

Pensez à aménager et à entretenir les abords de vos champs et serres. Par exemple, en plantant des haies pour limiter le transport des graines par le vent. Il est également crucial de nettoyer les outils de récolte pour éviter que les adventices ne soient transportées d’une parcelle à une autre.

En adoptant une approche proactive et en combinant ces différentes méthodes, il est tout à fait possible de maîtriser durablement les mauvaises herbes dans votre serre et votre jardin, assurant ainsi la bonne santé et la productivité de vos cultures.

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