La Baie de Somme, un écosystème dynamique façonné par l'influence des marées, offre une diversité paysagère sur une bande de un à deux kilomètres. Cette richesse se traduit par une flore particulière, chaque plante étant un sujet de choix pour les amateurs de photographie rapprochée et les naturalistes. Au-delà de leur intérêt esthétique et écologique, nombre de ces espèces fascinent les amateurs d’expériences culinaires, tandis que les pêcheurs à pied sont nombreux à vivre de la cueillette des plantes offertes par la baie. Ce guide propose de découvrir ces trésors végétaux, qu'ils soient comestibles ou simplement remarquables par leurs spécificités.

Les Habitants du Cordon de Galets et du Littoral Dunaire
Le littoral de la Baie de Somme, avec ses galets et ses dunes, abrite des espèces végétales particulièrement résistantes aux conditions extrêmes. Ces plantes, adaptées au sel, au vent et aux sols pauvres, révèlent des stratégies de survie fascinantes et, parfois, des trésors gustatifs insoupçonnés.
Le Chou Marin (Crambe maritima) : Un Légume Ancien Revisité
Sur le cordon de galets, entre Ault et le Hourdel, ou à proximité immédiate, le Chou marin, également appelé “crambé maritime”, pousse en abondance. Ces plantes, dont l'origine remonte à la Baltique, semblent surgir de nulle part au milieu des galets au printemps, pour s’épanouir en larges touffes de fleurs blanches. C’est une plante qui aime le soleil, la fraîcheur maritime, les sols pauvres en matières organiques, sableux, rocheux et riches en minéraux. Le Chou marin peut mesurer jusqu’à 60 cm de haut et autant au sol. Son parfum très agréable attire les pollinisateurs.
Lorsqu’il est cultivé, il se consomme comme un chou ou des brocolis. Ses jeunes pousses se cuisinent aussi comme des endives ou des asperges. Les Irlandais le consomment même cru en apéritif, appréciant sa saveur unique. Riche en vitamines et minéraux, il constitue un mets délicat pour les gourmands et un sujet d'étude passionnant pour les botanistes.
Le Pavot Cornu (Glaucium flavum) : La Beauté Toxique des Sables
Le Pavot cornu, connu aussi sous les noms de Glaucienne jaune ou pavot jaune des sables, est une jolie plante qui pousse dans les galets et au pied des dunes. Atteignant environ 30 cm de haut, ses fleurs ressemblent à de délicats coquelicots jaunes. Il doit son nom à ses longs fruits étroits et courbés le long de ses tiges, des gousses rappelant la forme des haricots, qui lui confèrent cet aspect biscornu. À maturité, ces longs fruits se fendent pour libérer les graines. Il est crucial de noter que cette plante est toxique et ne doit surtout pas être consommée, malgré son attrait visuel.
L’Armérie Maritime (Armeria maritima) : Les Pompons Roses du Littoral
L’Armérie maritime est connue sous plusieurs noms évocateurs tels que l’œillet marin, le gazon d’Olympe, ou le gazon d’Espagne. Au printemps, cette petite fleur se rencontre notamment au Hâble d’Ault, mais également sur la Côte d’Opale, entre Wimereux et le Cap Gris-nez. Elle forme alors des touffes de fleurs roses d’une quinzaine de centimètres de haut qui embellissent les paysages, les parsemant de touches colorées de rose. Ces pompons roses supportent particulièrement bien le vent et les embruns, et la plante se satisfait de sols sableux et pauvres, démontrant une remarquable adaptation à son environnement hostile.
Le Lotier Corniculé (Lotus corniculatus L.) : Un Atout pour les Paysages
Le Lotier corniculé produit de belles touffes de fleurs jaunes qui égayent les paysages du Hâble. On le trouve également à l’arrière des dunes, sous sa forme à feuilles étroites (Lotus corniculatus subsp. tenuis, Lotier à feuilles ténues). Le lotier maritime possède quant à lui des fleurs jaune pâle (Lotier à gousses carrées, Tétragonolobe maritime ou Lotier maritime, Lotus maritimus). Bien que toxique, le lotier était autrefois utilisé comme calmant et somnifère. C’est aujourd’hui une plante fourragère et un engrais vert apprécié, soulignant son importance écologique.
Le Silène Enflé (Silene vulgaris subsp. maritima) : La Fleur aux Calices Ludiques
Le Silène enflé se rencontre sur les bandes graveleuses de haut de plage. C’est une jolie fleur blanche qui pousse en groupes, parfois denses. Ses pétales entourent un cœur en forme de calice ou de vessie, que les enfants s’amusent parfois à faire éclater comme une petite baudruche, d’où son surnom de "pet de loup" dans certaines régions. Cette particularité en fait une plante amusante et reconnaissable pour les promeneurs.
La Roquette de Mer (Cakile maritima) : Une Pionnière Résiliente aux Vertus Multiples
La Roquette de mer, aussi appelée Cakilier maritime, Caquilier, ou Tétine de souris, affectionne la laisse de mer et c’est une des toutes premières plantes que l’on rencontre lorsque l’on arrive de la mer, au pied de la dune. Elle est cependant fort sensible au piétinement et ne résiste pas aux vacanciers qui posent la serviette pour le bronzage en haut des plages. En Baie d’Authie, elle forme pourtant un beau coussin blanc ou mauve le long de la dune près de la pointe de Routhiauville.
Cette plante pionnière est particulièrement bien adaptée à son milieu, pourtant hostile. Ainsi, pour résister à l’enfouissement, la roquette se redresse et étend ses rameaux, lesquels formeront de nouveaux rhizomes et permettront à la plante de s’élever ainsi étage par étage. Elle résiste au sel, ses feuilles épaisses lui permettant de conserver de l’eau, et en s’installant dans la laisse de mer elle trouve les nutriments dont elle a besoin. Pour la reproduction, la roquette produit deux fruits : l’un qui se détache pour être emmené plus loin par les marées, l’autre qui reste attaché pour se reproduire sur place. Les graines germent après les grandes marées d’équinoxe pour limiter le risque d’enfouissement profond dans le sable. La plante mère meurt mais l’espèce perdure grâce aux semences conservées dans le sable jusqu’à la saison suivante.
La roquette de mer est comestible et appartient à la famille des choux. Riche en vitamine C, elle est également antiseptique, diurétique et dépurative, ce qui en fait un ajout intéressant à l'alimentation et une plante aux propriétés médicinales reconnues.
Un régal de roquette sauvage !
Le Chiendent des Sables (Elymus farctus ssp. boreali-atlanticus) : Fixateur de Dunes
Le Chiendent des sables est une graminée que l’on trouve au pied des dunes, dans la partie délaissée par l’Oyat. Cette plante pionnière halophile tolère mieux le sel et les embruns. Elle forme des touffes moins denses et possède un épi plus court que l’Oyat, avec des graines disposées de façon alternée et des feuilles planes. Son rôle est essentiel dans la stabilisation des dunes, préparant le terrain pour d'autres espèces.
L’Oyat (Ammophila arenaria) : L'Architecte des Dunes Blanches
L’Oyat pousse sur les dunes blanches, au-dessus du niveau inondé par les marées, car il ne tolère que de petites quantités de sel. Cette plante aime les sols sableux et possède des racines profondes, jouant un rôle crucial de plante pionnière. L’Oyat produit également des stolons souterrains qui peuvent s’étendre sur plusieurs mètres (jusqu’à 10 mètres par an !), créant ainsi un réseau qui fixe le sable. La fleur est un petit épi caractéristique des graminées. La plante est armée pour résister à la chaleur et à l’ensablement avec une capacité de croissance verticale rapide et de générer de nouveaux rhizomes. Son nom français « Oyat » vient du Picard, alors que le nom scientifique vient du grec et signifie « aime le sable », une belle illustration de son adaptation remarquable.
L’Élyme des Sables (Leymus arenarius) : Une Espèce Protégée
L’Élyme des sables, également connu sous les noms de Seigle de mer, Grand Oyat ou Elymus arenarius, se rencontre notamment vers la Baie d’Authie. Il se reconnaît facilement à sa grande taille et sa couleur gris-vert (c'est-à-dire glauque). Ses grands épis mesurent de 15 à 30 cm. C’est une espèce rare en France et donc protégée au niveau national, soulignant l'importance de sa préservation.
L’Euphorbe Maritime (Euphorbia paralias) : La Sève Toxique des Dunes
À l’arrière des premières dunes, protégées de la mer, apparaissent les premières fleurs. C’est le cas de l’Euphorbe maritime, aussi appelée Euphorbe des dunes, Euphorbe des sables, ou Euphorbe du soleil, qui forme en général des touffes regroupant de nombreuses fleurs. Ses racines peuvent atteindre plus d’un mètre de profondeur pour trouver les nutriments et l’eau profondément dans le sable. La particularité de cette plante est de produire une sève très toxique. Ce latex blanc est irritant au contact de la peau et provoque des troubles cardiaques et neurologiques en cas d’ingestion, pouvant être mortels. La prudence est donc de mise lors de l'observation de cette plante.
L’Onagre Bisannuelle (Oenothera biennis) : Le "Jambon des Jardiniers"
L’Onagre bisannuelle forme de hautes hampes qui peuvent atteindre 1,20 m et sont chargées de larges fleurs jaunes. Elle aime les sols sablonneux comme au Hourdel, le long de la route blanche, ou les dunes le long de la plage du Crotoy. Elle a la particularité de s’ouvrir en quelques minutes à la tombée de la nuit, et de commencer à faner au lever du jour. Chaque soir, de nouveaux boutons éclosent. C’est donc au petit matin qu’il faut la photographier, après avoir enlevé les fleurs fanées ! Cette plante est fort appréciée des papillons de nuit, mais également des passereaux qui se régalent de ses graines riches en huile.
Ses racines sont consommées comme des carottes et leur chair rosée après cuisson a un goût de viande fumée, ce qui vaut à la plante son nom de « jambon des jardiniers ». Les feuilles et les tiges sont connues comme un remède efficace pour soigner les rhumes, et l’industrie cosmétique utilise l’huile de ses graines pour ralentir le vieillissement de la peau, démontrant la polyvalence de cette espèce.

La Vipérine Commune (Echium vulgare) : Mellifère et Pittoresque
La Vipérine commune forme de belles hampes aux fleurs roses si elles sont en bouton et d’un bleu profond si elles sont à maturité. C’est une plante mellifère au nectar abondant dont les abeilles et les bourdons sont friands. Elle a la réputation de soigner les morsures de vipère, mais c’est plutôt de la forme de ses fleurs qui rappelle la bouche d’une vipère qu’elle tire son nom. Son abondante pilosité est piquante, le toucher n’est pas agréable. Certains la considèrent comme un « viagra » naturel, mais c’est plutôt contre la toux qu’elle est utilisée en infusion. Elle est cependant généralement considérée comme toxique et non consommée.
Le Panicaut Maritime (Eryngium maritimum) : L'Emblème Protégé du Littoral
Le Panicaut maritime, aussi appelé Panicaut de mer, Chardon des dunes, Chardon bleu, ou Panicaut des dunes, forme des colonies regroupant parfois de nombreux spécimens dans les dunes mais aussi dans les zones de galets. Mieux vaut ne pas s’asseoir dessus car les feuilles sont dures et piquantes ! En été, il offre de belles fleurs bleues qui font de beaux bouquets secs. Mais, victime de son succès, il est aujourd’hui protégé car trop cueilli, et il est ainsi devenu l’emblème du Conservatoire du littoral. Les Anglais font des sucreries avec ses racines, témoignant de son intérêt culinaire passé et de son statut actuel.
Le Sénéçon : La Diversité des Fleurs Jaunes
Le terme « Sénéçon » englobe plusieurs genres assez proches, et il faut une certaine expertise en botanique pour identifier avec certitude une fleur particulière. La plante mesure 50 à 80 cm de haut et offre de belles petites fleurs jaunes qui poussent en bouquet et colorent les dunes, ajoutant une touche lumineuse aux paysages dunaires.
Le Pourpier de Mer (Honckenya peploides) : La Géométrie du Littoral
Le Pourpier de mer se rencontre derrière le premier cordon dunaire, un peu protégé des embruns et du sel. C’est une plante d’aspect très géométrique, dont les feuilles semblent ordonnées de façon mathématique, offrant un spectacle visuel unique.
L'Argousier (Hippophae rhamnoides subsp. rhamnoides) : Le Buisson Épineux aux Fruits Miraculeux
L’Argousier est cet arbuste très commun dans les dunes, qui forme des fourrés inextricables et très piquants, avec des branches aux silhouettes tortueuses et noueuses. C’est une plante pionnière, qui peut vivre 80 ans quand même, et qui stabilise les dunes, amende naturellement le sol, mais étouffe également la biodiversité en occupant tout l’espace. S’ils donnent des fruits à partir de 3 ans, il faut néanmoins attendre 7-8 ans pour que les rendements soient maximaux.
Ces fruits sont des baies oranges qui poussent en grappes, et colorent les dunes de leurs teintes vives. Elles ont la particularité d’être très riches en vitamine C, vingt à trente fois plus que l’orange paraît-il, et ont de multiples propriétés. Les baies sont récoltées à l’automne, lorsqu’elles sont suffisamment mûres pour bien se détacher des branches. Elles se consomment en jus, en vinaigre, dans des pâtisseries, en liqueur, en confiture, en compote, en sirop… les recettes sont nombreuses. Les vertus médicinales sont connues depuis au moins 1200 ans ; ces baies sont vermifuges, toniques, astringentes, anti-infectieuses, antisclérotiques, et elles favorisent la cicatrisation des brûlures et des blessures cutanées. L’huile des graines est également utilisée en cosmétique dans les crèmes anti-âge pour raffermir la peau, faisant de l'Argousier un véritable concentré de bienfaits.

Le Tamaris (Tamarix) : La Touche de Rose Printanière
Le Tamaris est un arbuste particulièrement photogénique au printemps lorsqu’il fleurit tout de rose. Il pousse spontanément dans les dunes où il peut former des massifs imposants. Cet arbuste est solide, il résiste au vent et aux embruns, ajoutant une note de couleur et de résilience au paysage côtier.
Le Troène Commun (Ligustrum vulgare L.) : Une Présence Discrète et Parfumée
Le Troène commun occupe lui aussi une grande place dans les dunes, même s’il est moins envahissant que l’Argousier. En juin, il arbore de jolies fleurs blanches, dont l’odeur est fort agréable, contribuant à l'ambiance olfactive printanière des dunes.
Le Lagure Ovale (Lagurus ovatus) : La "Queue-de-Lièvre" Graphique
Le Lagure ovale, appelé aussi Gros-minet ou Queue-de-lièvre, se rencontre au bord des chemins au pied des dunes, notamment du côté de la route blanche au Hourdel. On le repère pour son côté graphique, très joli à contre-jour, ce qui en fait un sujet de prédilection pour les photographes.
La Clématite des Haies (Clematis vitalba) : Une Liane Florissante
La Clématite des haies ou Clématite vigne-blanche est également très présente dans les dunes le long de la route blanche au Hourdel. Par endroits, les buissons d’argousiers et de troènes sont entièrement recouverts par les lianes fleuries de cette plante, qui peuvent mesurer jusqu'à 25 m et dont les fleurs sont très jolies. Ses fruits soyeux, appelés cheveux de la vierge, restent ensuite longtemps présents sur la plante. Ses fleurs nourrissent les papillons et elle est reconnue pour participer à la richesse de la biodiversité. Ses longues tiges sont parfois utilisées en vannerie ou pour fabriquer des liens, témoignant de son utilité traditionnelle.
Les Trésors des Mollières : Plantes Halophiles et Comestibles
Les mollières, zones humides et salées, abritent des plantes halophiles (ou ‘halophytes’), des espèces qui aiment le sel et se sont adaptées pour y prospérer. Ces milieux, en constante évolution sous l'influence des marées, regorgent de végétaux aux saveurs uniques et aux propriétés étonnantes.
La Spartine de Townsend (Spartina ×townsendii) : La Conquérante des Slikkes
La Spartine de Townsend est la plante pionnière par excellence en Baie de Somme. Cette graminée colonise la slikke et retient le sable, jouant ainsi un rôle prépondérant dans l’ensablement de la baie. On la trouve solitaire ou déjà en touffes importantes sur le haut de la slikke, disséminée dans le bas schorre avec les autres plantes, ou encore en colonie exclusive comme devant la plage du Crotoy. Les tentatives pour s’en débarrasser sont pour l’instant restées des échecs car la plante est profondément enracinée et le moindre morceau de la plante arraché et non ramassé lui permet d’essaimer et de repousser plus loin. Elle se reproduit également en disséminant ses graines après la floraison. Cette plante est une menace importante pour la Baie de Somme et la Baie d’Authie, posant des défis majeurs pour la gestion écologique des zones humides.
La Salicorne (Salicornia) : Le "Haricot de Mer" aux Multiples Vertus
La Salicorne est sûrement la plante la plus connue de la Baie de Somme. C’est un concentré de vitamines, de minéraux et d’oligo-éléments. Riche en vitamine C, elle était autrefois transportée dans du sel par les marins pour lutter contre le scorbut. Elle était aussi utilisée contre les calculs rénaux. Elle pousse à la limite de la slikke, dans le bas du schorre. Elle est aussi appelée « passe-pierre », car on la récoltait une fois la Saint-Pierre passée, ou haricot de mer.
La cueillette se fait très tôt le matin, voire en fin de nuit, ceci afin que les rayons du soleil n’aient pas eu le temps de ramollir la plante et qu’elle soit facile à couper. La Salicorne se déguste en condiment toute l’année, ne se congèle pas, et pour la manger fraîche il faut être en saison de récolte. Son goût iodé et légèrement croquant en fait un accompagnement prisé des plats de poisson et de fruits de mer, mais aussi une excellente salade.
La Soude Maritime (Suaeda maritima) : Les "Pompons" de la Baie
Les « Pompons », c’est le nom que les pêcheurs à pied de la Baie de Somme donnent à la soude maritime. Autrefois, cette plante était récoltée, puis brûlée pour obtenir de la soude afin de fabriquer du savon, et elle servait aussi dans l’industrie du verre. Elle pousse avec la Salicorne en limite de la slikke. Son goût très fin rappelle un peu le céleri, et certains grands chefs l’ont incorporée dans leur menu, développant ainsi ce marché assez récent.

L'Aster Maritime (Tripolium pannonicum) : L' "Oreille de Cochon" Gourmande
L'Aster maritime, aussi surnommé oreille de cochon ou épinards de mer, est presque aussi populaire que la Salicorne chez les gourmets. Cette plante est récoltée en Baie de Somme par les pêcheurs à pied à partir de Mars-Avril et jusqu’en Août, notamment pour l’exportation vers la Hollande. Ses feuilles sont lisses et épaisses et son goût est proche de celui de l'artichaut. Elle se mange comme les épinards, surtout quand la plante est jeune et ses feuilles tendres.
Pour la préparation, l'Aster maritime peut être servi en salade, avec des pommes de terre et des filets de maquereau. Cuite et mixée, elle fait une excellente soupe. On peut également la préparer avec des moules ou en coulis à verser sur un poisson, offrant une grande variété de possibilités culinaires.
Les racines de l’Aster maritime sont également utilisées depuis bien longtemps pour leurs propriétés antalgiques, alors que son fruit est utilisé contre les calculs urinaires. La plante en décoction est aussi un anti-inflammatoire et on lui prête des vertus anticancéreuses, soulignant ses multiples applications traditionnelles et médicinales.
L'Armoise Maritime (Artemisia maritima) : La Plante Argentée des Estrans
L'Armoise maritime est reconnaissable à ses feuilles couvertes d'un poil blanc cotonneux, lui donnant un aspect argenté. Elle pousse dans les mollières et dégage un parfum aromatique caractéristique. Bien que moins fréquemment consommée, elle possède des propriétés médicinales traditionnelles.
La Menthe Aquatique (Mentha aquatica) : Un Parfum Rafraîchissant
La Menthe aquatique est riche en menthol, mais son goût est différent de celui de la menthe poivrée ou de la menthe douce. On la trouve dans les zones humides des mollières et des marais. Pour une boisson rafraîchissante, on peut hacher une poignée de menthe aquatique et la laisser macérer à froid pendant une heure dans 1 litre de jus de pommes, créant ainsi un apéritif original et naturel.
L'Obione (Halimione portulacoides) : La "Plante à Cristaux de Sel"
L'Obione forme des tapis ras et a l'aspect de l'armoise. Ses feuilles épaisses sont de couleur vert glauque et couvertes de petits grains blancs comme des cristaux de sel. En réalité, la plante dégorge le sel de la mer, une adaptation ingénieuse pour survivre dans son environnement salin. L'obione est un peu buissonneuse. Il est recommandé de cueillir uniquement les parties les plus tendres. Son goût est bien spécifique, iodé et salé, ce qui en fait un condiment intéressant pour les plats marins.
Le Cranson Officinal (Cochlearia officinalis) : L' "Herbe aux Cuillères" Poivrée
Le Cranson officinal, ou Cochléaire officinale, est surnommé l'herbe aux cuillères en raison de la forme de ses feuilles. Son goût est un peu poivré, rappelant celui du cresson. Il est apprécié pour ses qualités gustatives et pour sa richesse en vitamine C, ayant été historiquement utilisé pour prévenir le scorbut.
L'Importance de la Cueillette Responsable et de la Connaissance
La Baie de Somme est un écosystème fragile et précieux. La cueillette des plantes, qu'elles soient comestibles ou non, doit toujours être pratiquée avec respect et discernement. Il est impératif de bien connaître les espèces pour éviter la consommation de plantes toxiques et pour assurer la pérennité de la flore locale. Des guides passionnés, comme Madeleine ou Marianne, jouent un rôle essentiel dans la transmission de ce savoir et la sensibilisation à la richesse de la baie. Leurs explications complètes, leur passion et leur humour rendent ces découvertes non seulement instructives mais aussi très agréables, offrant une immersion enrichissante dans ce patrimoine naturel exceptionnel.
Un régal de roquette sauvage !
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