Les plantes oléagineuses, définies comme des végétaux cultivés pour leurs graines ou fruits riches en lipides, jouent un rôle fondamental tant dans l'industrie agroalimentaire que dans les pratiques agronomiques modernes. Si leur usage premier reste l'extraction d'huiles alimentaires, leur intégration dans les systèmes de culture, notamment comme couverts végétaux, offre des perspectives prometteuses pour la gestion des sols et la durabilité des exploitations.

Le Lin Oléagineux : Un Atout Structurant pour les Couverts Végétaux
Le lin oléagineux (Linum usitatissimum) est issu de très anciennes sélections variétales sur son ancêtre sauvage, Linum bienne, qui ont abouti vers 9000 av. JC à l’espèce que nous connaissons aujourd’hui. Il est cultivé depuis le Néolithique pour ses fibres et ses graines, dont on tire du textile et de l’huile. Aujourd'hui, ses semences peu coûteuses peuvent être facilement incorporées à un mélange de couverts végétaux.
Caractéristiques et Adaptabilité
Le lin oléagineux se caractérise par une tige unique ou peu ramifiée, avec des feuilles lancéolées réparties le long de toute la tige. Les fruits du lin sont des capsules formées de loges, chacune contenant deux graines. Il existe des variétés de lin oléagineux de printemps et d’hiver. Le système racinaire du lin est pivotant et se développe à plus d’un mètre de profondeur ! Le lin a donc besoin de sols profonds, sans obstacles pour la progression des racines. Cet enracinement confère au lin une bonne résistance à la sécheresse.
Bénéfices Agronomiques
S’il est bien implanté, le système racinaire profond du lin a deux effets bénéfiques sur le sol. Tout d’abord, il décompacte le sol sur plus d’un mètre ; ensuite, il permet de mobiliser les éléments minéraux comme le zinc, qu’il remonte dans son appareil végétatif. Après destruction et décomposition du lin, ces éléments minéraux seront disponibles en surface pour les autres cultures. Avec ses tiges lignifiées et coriaces, le lin n’est pas attaqué par les limaces. Enfin, le lin oléagineux est un faux-hôte de l’Orobanche rameuse. Il induit la germination des graines de cette plante parasite qui meurt ensuite sans se reproduire. Il contribue donc à diminuer le stock de graines d’orobanche. Cet effet peut être très intéressant à l’échelle de la rotation, surtout si on cultive par la suite des espèces sensibles à l'orobanche : colza, chanvre, tabac.

Stratégies de Semis et d'Association
Les graines de lin de petite taille imposent un sol bien affiné pour permettre un bon contact sol-graine. La présence de compactions en profondeur ou de semelle de battance sur des sols limoneux peut limiter la levée et le développement racinaire du lin. En pur, le lin oléagineux est semé en moyenne à 35 kg/ha. En mélange, les densités sont bien moindres (quelques kg par hectare).
Associations de Culture
Le lin oléagineux s’adapte très bien à toutes les familles botaniques utilisées comme couvert : Fabacées (légumineuses), Poacées (céréales) et Crucifères. Avec son port dressé et ses tiges de 30 cm à 1 m, il occupe la strate supérieure du couvert, et s’associe donc très bien avec des espèces moins hautes ou rampantes. Des mélanges incluant du lin oléagineux (1,5 kg/ha), de l’avoine (15 kg/ha), de la vesce (12 kg/ha), du trèfle incarnat (1 kg/ha) et du tournesol (8 kg/ha) permettent une structuration optimale du sol.
Précautions et Rotations
Dans le cas où du lin est cultivé ailleurs dans la rotation, la présence de lin oléagineux dans les mélanges est déconseillée. Cela risquerait de multiplier et de propager des ravageurs et maladies spécifiques du lin. Avant la culture de tournesol, le lin oléagineux dans un couvert peut également propager un champignon pathogène, Verticillium.
Rotation de cultures entre 2 couverts végétaux, avec Laurent Welsch
Les Plantes Oléagineuses à l'Échelle Mondiale
Si le lin trouve sa place dans les couverts, d'autres espèces dominent la production mondiale. Les plantes oléagineuses sont cruciales car elles fournissent notamment deux acides gras « essentiels », les acides gras linoléique et alpha-linoléique.
Le Palmier à Huile et le Cocotier
Le palmier à huile (Elaeis guineensis), originaire des régions forestières du golfe de Guinée, est l'huile végétale la plus consommée au monde. Les fruits de ce palmier sont composés d'une pulpe oléagineuse dont on tire l'huile de palme et d'une graine qui contient une amande oléagineuse à partir de laquelle on obtient l'huile de palmiste. Le cocotier (Cocos nucifera), quant à lui, est présent dans toute la zone intertropicale humide. L'amande de la noix de coco, une fois séchée, donne le coprah, source majeure d'huile.
Le Colza et le Tournesol
Le colza (Brassica napus) est une plante annuelle de la famille des Brassicacées. Principalement cultivé sous les latitudes tempérées, il réclame des apports d'engrais importants. Le tournesol, de son côté, est de plus en plus valorisé sous forme "haut oléique", sélectionné pour obtenir un taux d’acide oléique proche de celui de l’huile d’olive. Ces deux cultures sont au cœur de la filière biodiesel, connue en France sous la marque Diester, issue du mélange d’huiles de graines oléagineuses avec un alcool.

Vivaces Couvre-sol : Une Complémentarité au Jardin
Au-delà des cultures agricoles, le concept de plante "couvre-sol" trouve une application ornementale et écologique avec les vivaces. Une plante vivace est une plante qui vit plusieurs années sans avoir besoin d’être replantée. Les vivaces couvre-sol se distinguent par leur capacité à s’étendre rapidement de manière horizontale pour recouvrir une surface au sol.
Utilité et Entretien
Les vivaces couvre-sol sont incontournables pour réduire l’entretien (moins de désherbage, plus de paillage naturel) et protéger le sol contre l’érosion, le ruissellement et le dessèchement. Elles favorisent également la biodiversité en servant d'habitat aux insectes utiles. Pour réussir leur installation, il est conseillé de désherber soigneusement la zone, d'ameublir le sol et de disposer les plants en quinconce pour une couverture plus rapide.
Choix par Exposition
Pour le plein soleil, des espèces comme Sedum spurium ou Thymus serpyllum sont idéales grâce à leur tolérance à la sécheresse. Pour l’ombre ou la mi-ombre, le Pachysandra terminalis ou la petite pervenche (Vinca minor) offrent un feuillage dense et persistant. L'association de ces plantes permet de créer une strate vivante qui accompagne les autres végétaux, facilitant ainsi grandement le travail du jardinier tout en garantissant un équilibre écologique durable.
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