Le jardinage, qu'il soit professionnel ou amateur, repose sur des techniques et des outils adaptés pour assurer la réussite des cultures. Parmi ces outils, le plantoir pour petites mottes est un instrument qui gagne en popularité, offrant une solution précise et ergonomique pour la plantation de jeunes plants. Cet article explore les différentes facettes de cet outil, ses applications, ses avantages et les considérations à prendre en compte pour une utilisation optimale.

Qu'est-ce qu'une Minimotte et Pourquoi l'Utiliser ?
Avant d'aborder le plantoir en détail, il est essentiel de comprendre ce qu'est une minimotte et pourquoi elle représente une étape intéressante dans le cycle de vie des plantes. Les minimottes se situent à la croisée des chemins entre le semis et le godet. Alors que le semis est un ensemble de graines achetées en sachet et plantées directement jusqu'à leur levée de terre, le godet est déjà une plante, généralement fleurie et conditionnée dans un cube de 7 cm sur 7. La minimotte, quant à elle, représente une étape intermédiaire de croissance, offrant des avantages significatifs.
Tout d'abord, le résultat est souvent plus concluant qu'avec le semis, car elle permet de s'exempter d'une étape délicate : celle de la germination. Un semis qui a dépassé sa date de plantation est d'ailleurs une minimotte en devenir. Cette approche garantit une meilleure homogénéité des cultures et réduit les échecs liés à la germination. En outre, la culture et la plantation des minimottes étaient autrefois principalement destinées aux professionnels de l'horticulture, mais elles sont aujourd'hui à la portée du jardinier en herbe, grâce aux spécialistes qui proposent une gamme de plus en plus nombreuse et variée de minimottes chaque année. C'est toujours aussi fascinant de prendre part au développement d'une fleur.
Les minimottes sont généralement conditionnées par plateau. Dès que les jeunes plants sont retirés de la barquette, il est recommandé de les planter immédiatement dans un massif ou dans une balconnière. Pour une plantation réussie, un terreau de qualité supérieure et fin est de rigueur. Il est également conseillé d'apporter de temps en temps de l'engrais. Un détail à noter est que les minimottes contiennent parfois déjà un bouton de fleur ; dans ce cas de figure, il est préférable d'enlever le bouton floral pour que la plante concentre son énergie sur le développement de ses racines et de son feuillage. L'utilisation de tous les jeunes plants dans une barquette est une nuance à prendre en compte, car le nombre de plants est conséquent, allant de 6 pour les plus importants jusqu'à 35 pour les plus petits.
Le Plantoir : Un Outil Essentiel pour la Précision et l'Ergonomie
Le plantoir est l'un des outils essentiels du jardinier. Au printemps, saison des plantations, il devient tout simplement l'indispensable du jardin ! Il permet de creuser facilement des trous pour planter avec précision les semis, bulbes et jeunes plants. Utile au potager comme au jardin d’ornement, le plantoir se présente sous différentes formes : conique ou cylindrique, manuel ou automatique. Bien l’utiliser permet de gagner du temps dans les plantations et repiquages et d’assurer une prise réussie des plantes et semis.

Types de Plantoirs et Leurs Utilisations
Il existe plusieurs types de plantoirs, chacun adapté à des besoins spécifiques :
- Le plantoir conique traditionnel : Il s'agit d'un cône en métal équipé d’une poignée. Le plantoir conique s’enfonce dans la terre dans un mouvement droit pour créer un trou à la profondeur voulue. Ce type de plantoir est idéal pour les petits semis et les travaux légers.
- Le plantoir cylindrique automatique : C'est un cylindre en métal plus large, équipé d’un crantage à son extrémité et d’une poignée automatique. Un mécanisme retient la motte de terre lorsqu’on le ressort du sol, laissant apparaître le trou. Ce système est particulièrement pratique pour la plantation de bulbes ou de jeunes plants de taille moyenne.
- Le plantoir à bulbe : Souvent doté de dents, il s’enfonce dans la terre très facilement, facilitant la plantation de bulbes comme les tulipes et les narcisses.
- Le plantoir pour petites mottes (spécifique) : Certains outils, comme le "simple tube à trous, pratique, mais très spécialisé", sont conçus pour des mottes spécifiques, notamment celles de taille équivalente aux pots que l'on trouve dans les jardineries. Un exemple mentionné est un "tube carré de 8", utilisé pour creuser des trous carrés SANS SE BAISSER. L'utilisateur plante le tube dans la terre en faisant pression avec son pied, retire l'outil et utilise un piston rouge pour évacuer la terre. On obtient ainsi de superbes trous carrés dans la terre, permettant d'y insérer simplement les plants, après les avoir sortis de leur pot en plastique bien sûr. Cela fonctionne aussi avec des plants cultivés dans des pots ronds jusqu'à une douzaine de centimètres de diamètre, notamment ceux réalisés dans des pots en tourbe.
Démo plantoir PLAVI mod. RN40
Avantages du Plantoir pour Petites Mottes
L'utilisation d'un plantoir pour petites mottes offre de multiples avantages, contribuant à un jardinage plus efficace et moins contraignant :
- Éviter de se pencher et les maux de dos : Comme le souligne Vincent 38, ce genre d'outil "sert à éviter de se pencher, donc d'avoir mal au dos". C'est un atout considérable pour les jardiniers qui passent de longues heures à planter.
- Précision de l'espacement : Les plantoirs possèdent souvent des graduations, agissant comme une règle d’espacement. Cela permet de contrôler facilement l’espacement entre les bulbes ou les semis et de planter graines ou plants à intervalle constant, réduisant fortement le besoin d’éclaircir ensuite.
- Respect de la structure du sol : En creusant un trou par pression à la verticale, le plantoir ne retourne pas la terre et n’abîme pas les petits organismes y vivant. Le trou étant très localisé, il ne perturbe pas la structure environnante, favorisant la vie microbienne du sol.
- Gain de temps : Un plantoir, bien utilisé, permet de gagner du temps lors des sessions de plantations ou repiquages. Il simplifie grandement la tâche de création de sillons de semis bien nets ou de trous précis dans des carrés ou une plate-bande surélevée.
- Polyvalence : Certains plantoirs sont suffisamment robustes pour "attaquer une racine de vivace" si elle gêne, comme un pissenlit ou un rumex, évitant ainsi de changer d'outil.
- Économie de terreau : Le presse-mottes, un outil complémentaire au plantoir, est conçu pour la production de jeunes plants sur de très petites surfaces et permet une économie significative de terreau. Le presse-mottes 20 mini-mottes de 17 mm, par exemple, est destiné à la production de jeunes plants sur de très petites surfaces, en particulier pour les cultures nécessitant plusieurs phases de repiquage, comme les céleris. Sa construction en acier galvanisé et plastiques garantit une bonne résistance à l’humidité et une durabilité adaptée à un usage régulier.
Limites et Considérations pour l'Utilisation du Plantoir
Malgré ses nombreux avantages, l'efficacité du plantoir dépend de certaines conditions et pratiques :
- Qualité du sol : Il est impératif que le sol soit suffisamment meuble et sans cailloux pour pouvoir s'en servir efficacement. Un sol tassé peut poser problème et nécessiter un ameublissement préalable.
- Manipulation des racines : Lors du repiquage d'un godet, il est souvent préférable de "défaire le chignon du chevelu racinaire quitte à le raccourcir si trop chignon, sinon si c'est parti à tourner carré ça va continuer et le plan va végéter". Il faut également "bien remettre la terre au contact avec les racines sinon ça végète aussi". Ces étapes, bien que cruciales, ne sont pas directement prises en charge par le plantoir lui-même. La racine a une mémoire : si elle prend une direction pendant 7 cm, elle gardera toujours cette direction, même si elle a de l'espace pour se développer. Cela explique pourquoi il est conseillé de "griffer les racines" lors de la plantation d'arbres ou d'arbustes en conteneur, afin qu'elles puissent changer de direction. Sans cette intervention, la plante peut dépérir au bout de deux à cinq ans, les racines ayant continué à tourner comme dans un pot, finissant par s’étrangler. Il existe des pots "anti chignonage" avec des ergots placés de façon à ne pas laisser la racine franchir plus de 7 cm dans la même direction. L'autre solution consiste à planter des arbres ou arbustes en motte ou à racines nues, à condition que le pépiniériste ait bien fait son travail et "cerné" (coupé les racines) ses plantes régulièrement. Pour les jeunes plants (vivaces, légumes, annuelles ou bisannuelles) en godets de 7, 8 ou 9 cm, l'impact d'un chignon est moins important car leur cycle de vie est plus court et c'est plus rare, sauf si la plante a traîné chez le producteur ou dans le magasin.
- Arrosage conséquent : Après la plantation, il est vital d'arroser conséquemment, par exemple "3 litres pour un godet 8x8". L'objectif est de ne revenir arroser que lorsque le plan fait la gueule, afin qu'il descende ses racines pour aller chercher l'eau et devienne autonome. Arroser un peu tous les jours ne sert à rien et risque même de faire mourir la plante en cas d'absence.
- Outil complémentaire, non substitutif : Un plantoir est un "outil de plus" dans la panoplie du jardinier. Il peut faciliter la tâche, mais ne remplace pas une bonne préparation du sol ou une attention particulière aux besoins de la plante.
Le Plantoir Artisanal et le Maraîchage sur Sol Vivant (MSV)
Dans certaines approches de jardinage, comme le Maraîchage sur Sol Vivant (MSV), l'utilisation d'outils rudimentaires et artisanaux est privilégiée. Aux Grivauds, par exemple, les "plantoirs tout-pourris" sont des outils quotidiens. Bien que sous-équipés, ils sont devenus "tellement performants avec nos outils qu’on hésite à investir dans les fameuses «cannes à planter»".
Leur mini-transplantoir, adapté à la plantation des mini-mottes de 3,5×3,5 cm, a été conçu pour extraire une carotte de sol en vue de déposer la motte. Mais il est également utilisé pour effectuer un "petit travail du sol très localisé, juste à l’endroit où la motte doit être plantée". Ensuite, la motte est appuyée sur cette terre meuble, et "ça doit coller". La philosophie est que "coller, c’est planter".
Une particularité de cette approche est la plantation après paillage de la planche. Le petit plantoir permet d'atteindre le sol en secouant rapidement (vibrant) la pointe dans la paille. Le cône ainsi formé a juste la taille de la motte. Lorsque l’opération est bien réalisée, "il n’y a que le terreau de la motte qui voit la lumière, le sol reste caché sous la paille, ce qui évite plus tard que des graines d’annuelles (genre mouron ou chénopode) ne germent autour du plant".
L'outil artisanal, bien que rudimentaire, est si solide qu'il peut "attaquer une racine de vivace avec, si elle me gène". L'exemple des Grivauds montre que "de nombreux jardiniers sur Sol Vivant plantent … à la fourchette".

Ces outils artisanaux, bien que non disponibles dans les catalogues professionnels ou les magasins de jardinage, sont souvent réparés ou reproduits par des ferronniers locaux, démontrant l'ingéniosité et l'adaptabilité des jardiniers. Le fait qu'un outil "commence à présenter des signes de faiblesse" après des années de bons et loyaux services et soit ensuite réparé ou remplacé par un artisan local, témoigne de la valeur accordée à ces instruments dans une approche de jardinage durable et localisée.
Innovations et Alternatives
L'industrie s'est peut-être moins emparée de la conception de plantoirs pour petites mottes à grande échelle, mais des innovations existent pour améliorer les pratiques de plantation. Les godets "tourbe" (qui contiennent en réalité de la fibre de bois depuis longtemps, et non de la tourbe) sont une excellente alternative aux pots en plastique. Leurs parois sont poreuses, permettant à la racine de les traverser. Quand la racine arrive à l'air libre, elle forme un bourrelet cicatriciel rempli d'auxines (une hormone de croissance naturelle). Cela crée un auto-cernage et facilite la reprise du plant. Malheureusement, cette technique peine à trouver son public en jardinerie car les pots "tourbe" sont souvent sales et tachent les doigts des ménagères. Cependant, de plus en plus de collectivités travaillent avec pour limiter l'utilisation des plastiques, ce qui est une avancée positive.
Le plantoir pour petites mottes, qu'il soit un simple tube, un outil conique, cylindrique ou un chef-d'œuvre artisanal, demeure un allié précieux pour le jardinier. Il permet non seulement de gagner du temps et d'éviter les douleurs dorsales, mais aussi de planter avec une précision qui favorise la bonne croissance des plantes. Sa simplicité, combinée à une utilisation judicieuse, en fait un instrument incontournable pour ceux qui cherchent à optimiser leurs efforts de jardinage, tout en respectant le sol et les organismes qui y vivent.
