La gestion des matières organiques constitue un enjeu majeur pour notre environnement et nos collectivités. Chaque année, des milliers de tonnes de tontes, feuilles et branches sont générées, nécessitant des solutions de traitement locales et efficaces. Le compostage, loin d'être une simple contrainte, se révèle être une ressource précieuse pour enrichir les sols, favoriser la biodiversité et réduire l'impact écologique lié au transport des déchets.

L'organisation territoriale du compostage
Le traitement des végétaux a connu une évolution significative ces dernières années. Auparavant, des plateformes éloignées obligeaient certains végétaux à traverser les départements. Aujourd'hui, une organisation construite dans la proximité a permis d'optimiser les flux. Grâce à un réseau de 29 agriculteurs sous-convention avec des organismes spécialisés, trois quarts des tonnages de végétaux collectés sont traités localement.
Ce procédé de co-compostage permet d'obtenir un produit de qualité homogène, donc plus facilement épandable. Pour les sols et les productions, la qualité des végétaux fournis et de la matière obtenue doit être parfaite. Chaque année, plus de 30 000 tonnes de tontes, feuilles et branches sont ainsi apportées sur les pôles de valorisation. En Bretagne Sud, des structures comme CoCiCo, devenue SCOP en 2020, travaillent depuis 2010 au développement de la prévention, du tri et de la valorisation par compostage, accompagnant également les établissements comme les restaurants scolaires ou les Ehpad.
Le compostage domestique : Guide pratique et bonnes pratiques
Le compostage permet de revaloriser les déchets de cuisine et les déchets de notre jardin en obtenant du compost. C’est une action simple, écologique et accessible à tous. Pour que le compostage puisse se faire rapidement, évitez au maximum les gros morceaux.
Pour réussir son compostage :
- Je vide mon bioseau dans mon composteur en mélangeant avec la couche inférieure.
- Je recouvre systématiquement de matière sèche (feuilles mortes, broyat…).
- Il est important de le mélanger pour l’aérer et activer le processus de compostage.
Le composteur, seul, n’attire pas les rongeurs : si vous les apercevez, c’est qu’ils étaient déjà présents dans l’environnement. Les rongeurs n’apprécient pas être à découvert, ou dérangés par la présence humaine. Concernant les moucherons, leur présence n'est pas anormale, ils font partie des organismes décomposeurs. Cela ne doit cependant pas devenir une nuisance ; s’ils sont trop nombreux, votre compost est peut-être trop humide. De même, un compostage bien aéré ne doit pas provoquer de mauvaises odeurs. Les biodéchets à odeur forte comme les restes de repas sont à mettre en petite quantité et à enfouir. La présence d’oxygène induite par un brassage régulier évite la fermentation des matières.

Les questions fréquentes sur le processus de décomposition
De nombreuses idées reçues persistent concernant le compostage. Par exemple, les agrumes, bien qu'acides, ne posent pas de problème pour le compost qui passe forcément par une phase acide lors du processus de décomposition. Les taupes, quant à elles, ne sont pas attirées par les biodéchets du composteur, mais peuvent l’être par les vers si celles-ci sont déjà présentes dans votre jardin.
Un point crucial concerne les larves souvent observées. Les « gros vers blancs » sont en réalité des larves de cétoine dorée. Ces larves de cétoine dorée sont à ne pas confondre avec celles du hanneton : si la larve de hanneton est désaimée des jardiniers car elle se nourrit des racines des plantes au jardin, la larve de cétoine dorée se nourrit quant à elle de la matière en décomposition dans le composteur. C'est un auxiliaire du jardin, puisque l'adulte est un pollinisateur.
L'équipement et les solutions de proximité
Le choix du matériel est déterminant. Golfe du Morbihan - Vannes agglomération a fait le choix de proposer à ses habitants un composteur de 390L en plastique recyclé (à partir d’anciens bacs poubelles et caissettes) et recyclable. Il est fabriqué en France, en Gironde, avec une durée de vie supérieure à 10 ans. Ce modèle est prévu pour un foyer de 2 à 4 personnes en moyenne. Cependant, une personne seule peut très bien s’en servir : selon la quantité de ses apports, elle mettra plus de temps à obtenir un compost mûr, mais elle aura nettement réduit la quantité de ses ordures ménagères.
Si le compostage individuel ou partagé n’est pas possible, des composteurs grutables en point d’apport volontaires sont en cours d’installation dans les centres-villes les plus urbanisés. Ces équipements permettent aux habitants d’y déposer leurs biodéchets. La suite de l’histoire se poursuit avec les agents de l’agglo qui collectent ces équipements toutes les deux semaines. Après un contrôle de routine pour retirer les déchets indésirables, les agents grimpent sur le camion grue et activent un immense bras articulé muni d’un crochet pour vider le composteur dans le caisson.
Veolia - Le traitement des biodéchets
La valorisation industrielle : L'exemple de l'unité de traitement
Une fois collectés, les biodéchets sont acheminés vers des centres de traitement, comme l’unité de valorisation énergétique et organique (Uvéor) du centre de tri VENESYS de Vannes. Mélangés avec des déchets végétaux du territoire, les biodéchets sont mis en compostage. Sur certaines plateformes, comme celle de Guignen, le processus est très encadré :
- Contrôle des déchets à l'arrivée et retrait des indésirables.
- Mélange avec du bois structurant et des végétaux broyés.
- Fermentation en tunnel (Biodômes) pendant quatre semaines à plus de 70°C, permettant l'hygiénisation.
- Criblage du compost mûr pour retirer les éléments non décomposés.
Le compost produit à la plateforme de Guignen est labellisé « Matière fertilisante utilisable en agriculture biologique », une certification garantissant la haute qualité environnementale.
Au-delà du compostage : La gestion des ressources végétales
Les végétaux ne sont pas des déchets mais des ressources pour le jardin. Il est essentiel d'apprendre à les valoriser plutôt que de les jeter. Le paillage consiste à couvrir la terre nue avec des ressources végétales : tontes de pelouse, fleurs, feuilles mortes, broyat de bois ou de tailles de haies. Il protège le sol, conserve la fraîcheur et l’humidité, et limite le besoin en arrosage.
Concernant la tonte :
- Tondre à une hauteur de 6 à 15 cm permet aux racines de se développer en profondeur.
- L’herbicylage ou « mulching » est une technique de tonte qui consiste à couper et broyer l’herbe finement sans la collecter pour la restituer directement au sol.
- En période de restriction d’eau, arroser son compost n’est pas une priorité, le processus de compostage peut ralentir ou s’arrêter.
Pour les propriétaires de jardins, la gestion différenciée est une approche intéressante : bien définir les espaces selon les usages. Par exemple, une zone fleurie est esthétique, excellente pour la biodiversité et nécessite peu d’entretien (1 à 2 fauches par an). Le changement climatique nous pousse à revoir nos pratiques au jardin et à faire évoluer notre regard : accepter de voir l’herbe jaunir, de laisser un peu de flore spontanée, et de privilégier des espèces adaptées. Si vous avez un petit jardin, les plantes grimpantes peuvent être la solution idéale sur un mur ou une cloison pour végétaliser sans impacter l'espace au sol.

En somme, le compostage et la valorisation des matières organiques représentent un pilier essentiel de la transition écologique. Que ce soit par le biais de composteurs domestiques, de sites de compostage partagés en pied d'immeuble ou d'unités de traitement industrielles, chaque geste contribue à transformer nos déchets en ressources fertiles pour nos sols.
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