Le rhododendron est un arbuste à la floraison extraordinaire, de culture facile et résistant, qui demeure un pilier des jardins d'ornement. Cependant, cet arbuste avoue parfois quelques faiblesses face à des parasites ou à des champignons. Si le rhododendron est de culture facile et résistant, il a toutefois quelques faiblesses face à des parasites ou à des champignons notamment. Ne soyez pas trop inquiet(e) : les rhododendrons plantés dans de bonnes conditions et arrosés sans excès sont assez rarement malades lorsqu’ils sont cultivés en pleine terre. Néanmoins, pour garantir la pérennité de vos plantations, il est essentiel de savoir identifier les signaux d'alerte et d'adopter les mesures préventives adéquates.

L’otiorhynque : le grand prédateur des feuilles
Le principal ennemi du rhododendron est l’otiorhynque (Otiorynchus sulcatus), un insecte qui attaque les feuilles par leur côté en faisant des sortes d’encoches irrégulières sur le bord des feuilles, formant des sortes de poinçons. Il laisse toujours la nervure centrale, trop grosse pour lui.
Identification et cycle de vie
L’otiorhynque est un petit coléoptère d’environ 10 mm de longueur, au rostre pointu et à la tête allongée en forme de trompe. Aucune chance de faire connaissance avec lui : il s’active la nuit et se cache le jour au pied des plantes. C’est quand il sort fin mai de sa tanière que la faim le gagne… Alors, il va s’attaquer à tous les végétaux qui lui tombent sous les mandibules. Au bout de cinq jours, vous découvrirez les traces de son festin sur les feuilles. Si vos feuilles sont découpées en dentelle, alors, vous pouvez être sûr(e) de son passage.
Sachez qu’une fois rassasiée, la femelle pond des milliers d’œufs dans le sol. Ces derniers éclosent trois semaines plus tard. En plus, à l’instar des pucerons, les otiorhynques se multiplient sans accouplement. C’est ainsi que les larves vont faire des dégâts en restant dans le sol de longs mois. Les larves d’otiorhynque sont des asticots blancs avec une petite tête dure jaune brunâtre. C'est à l'aide de cette sorte de casque et des fins poils qui couvrent son corps que cet asticot se meut dans le sol.
Impacts sur la plante
Si les adultes dévorent le feuillage, ce n’est pourtant pas de lui qu’il faut se méfier mais de ses larves qui, elles, s’attaquent aux radicelles puis à l’écorce sous le collet de la plante. Si de trop nombreuses larves se multiplient, elles peuvent tuer le rhododendron. Malheureusement, les dégâts ne sont pas seulement d’ordre esthétique, la plante aussi s’affaiblit. Tout ceci explique pourquoi les dégâts sont plus importants dans les containers qu'en pleine terre. Leur milieu de culture léger facilite les déplacements des larves pour chercher de nouvelles racines à manger et les racines sont concentrées dans un faible volume.
Stratégies de lutte et remèdes contre l'otiorhynque
Dans le domaine du jardinage, la prévention est primordiale. Les larves auront plus de difficulté à s’installer sur un sol paillé avec de la sciure de bois par exemple. De même, un sol bien travaillé et ameubli n’incitera pas les larves à y prendre place.
Traitements biologiques
À notre connaissance, la pulvérisation de nématodes du genre Heterorhabditis bacteriophora est le traitement le plus efficace contre les otiorhynques. Ces vers filiformes, longs de moins de 1 mm, parasitent les larves en pénétrant dans leur corps pour se reproduire. De cette façon, les larves finissent par mourir car ces nématodes excrètent des bactéries qui empoisonnent l’insecte hôte.
Pour la préparation, diluez les nématodes dans 10 à 20 litres d’eau à température ambiante, puis versez le sachet et remuez quelques minutes. Les conditions ont de l’importance : le sol doit être bien mouillé en profondeur, au-dessus de 12°C et la journée nuageuse, les nématodes étant sensibles aux UV. Continuez les apports d’eau pendant une semaine après le traitement.
Méthodes mécaniques
Vous pouvez également badigeonner le tronc des arbres avec de la glu arboricole ou installer des bandelettes engluées. La glu est à installer au bas du tronc et en haut juste avant les branches charpentières. Vous pouvez aussi pulvériser sur le feuillage des répulsifs comme une infusion de rue officinale ou de feuilles de rhubarbe.
Mode d’action des nématodes entomopathogènes
Les autres parasites fréquents
Outre l'otiorhynque, d'autres insectes peuvent nuire à la vitalité du rhododendron.
Le stephanitis ou "tigre du rhododendron"
Très jolie petite mouche aux ailes semblables à de la dentelle noire et blanche, on l’appelle aussi “tigre du rhododendron”. Il craint le soleil et se tient donc souvent sur le revers des feuilles qu’il constelle de ses excréments. Le dessus des feuilles se tache de multiples et minuscules taches jaunes, puis elles prennent une inquiétante couleur grise. Pas dangereux en soi, c’est leur nombre qui est dangereux pour la plante. Traitez le revers des feuilles jusqu’à la disparition totale des insectes à l’aide de purin d’ortie, de décoction d’ail ou bien de pyrèthre, un insecticide végétal.
Les pucerons
On repère sur les feuilles touchées des petits lambeaux blancs, qui sont les mues des pucerons. Un grand nombre de fourmis au pied du rhododendron et sur son tronc est aussi un indicateur fiable de leur présence. Des pulvérisations de savon noir mélangé à de l’eau tuent les pucerons et sont totalement inoffensives pour la plante et pour le sol. Évitez les pulvérisations lorsque la plante est au soleil, vous pourriez brûler les feuilles. Agissez plutôt en fin de journée ou par temps gris.
Les araignées rouges
Ces petits acariens aiment la chaleur et la sécheresse. On peut voir des minuscules toiles au revers des feuilles. Les feuilles sont décolorées, jaunissent et tombent. Il est conseillé de maintenir le sol frais, d’arroser le feuillage et de traiter avec du purin d’orties.
Maladies fongiques et carences
Les champignons et les déséquilibres nutritionnels sont des causes fréquentes de dépérissement.
Le pestalozzia et les taches grises
C’est un champignon microscopique qui en est la cause. Il s’attaque principalement aux rhododendrons affaiblis par un manque ou un excès d’eau, ou bien qui ne sont pas assez aérés. Supprimez les feuilles touchées et brûlez-les. Arrosez ensuite de manière adaptée et si possible desserrez vos plantations de manière à ce que le champignon ne revienne pas.
Le Bud blast (noircissement des boutons)
Il s’agit d’un champignon, le Pycnostysanus azaleae, qui provoque ce noircissement. On peut voir sur le bouton comme des sortes d’épines noires dressées avec une “tête” à leur extrémité, qui sont les spores du champignon. La suppression manuelle des boutons touchés peut être une solution s’ils sont peu nombreux, sinon il faudra utiliser un fongicide, par exemple du soufre, du purin de prêle ou du bicarbonate de soude à la fin de l’été.

L’oïdium
On connaît bien cette farine blanche sur les feuillages touchés par l’oïdium. Ces taches indiquent que le champignon agit à l’intérieur et attaque les cellules, la production de chlorophylle en étant altérée. Il est utile d’agir préventivement, en traitant les rhododendrons au tout début de l’été à l’aide de fongicides ou d’eau mélangée à du lait écrémé.
Le Phytophthora (mildiou)
Le Phytophthora cinnamomi bloque le système racinaire et crée une pourriture au niveau du collet. Ce champignon s’attaque principalement aux jeunes sujets, moins robustes, mais également à des plantes installées en terrains trop lourds et mal drainés. Le champignon “bouche” les canaux alimentant toutes les parties de la plante en sève. Il n’existe malheureusement pas de traitement pour lutter contre le Phytophthora cinnamomi. Pour le Phytophthora cactorum, il faut simplement couper les parties atteintes, en vérifiant à la coupe que le bois n’est pas infecté.
La chlorose ferrique
Symptôme caractéristique d’un manque de fer, les feuilles prennent une coloration jaunâtre tout autour des nervures qui restent bien vertes. La plupart du temps, le problème ne vient pas d’une carence en fer au niveau du sol mais plutôt d’un défaut d’assimilation. Un sol trop sec ou trop calcaire est fréquemment la cause de ce problème. Le remède consiste à garder le sol frais et, si la carence vient du sol, un anti-chlorose sera rapidement efficace.
Le Rhododendron pontique : un cas particulier d'invasion
Le Rhododendron des parcs (Rhododendron ponticum L.) est originaire de Turquie et de la péninsule ibérique. Apprécié pour ses belles inflorescences roses ou violettes, il a été largement introduit par l'horticulture.
Cependant, cette espèce est dotée de capacités de colonisation rapide. Il crée un ombrage important qui limite drastiquement le développement des autres végétaux. Le Rhododendron des parcs est également soupçonné d’être un réservoir important pour le développement de champignons du genre Phytophtora. En raison des capacités de rejet à partir des souches, la coupe simple des troncs ne suffit pas pour éliminer les populations. Il est nécessaire d’appliquer un herbicide sur les souches, une méthode qui ne doit pas être utilisée à la légère. En Angleterre, des bilans économiques de l’invasion par le Rhododendron pontique ont été réalisés afin d’estimer le coût des mesures de gestion, atteignant des sommes considérables. Bien qu'encore discrète dans les milieux naturels de France, cette espèce nécessite une vigilance accrue de la part des gestionnaires d'espaces verts.
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