La culture de la pomme de terre au potager : un guide complet

La pomme de terre, tubercule comestible de la famille des Solanacées, est un aliment fondamental consommé sur presque tous les continents. Originaire de la cordillère des Andes, où elle est utilisée depuis 8000 ans, elle fut introduite en Europe au XVIème siècle. Son succès découle de sa productivité exceptionnelle, supérieure à celle de la plupart des cultures alimentaires. Riche en glucides et en protéines selon le mode de cuisson, facile à cultiver et à conserver, elle joue un rôle clé dans la sécurité alimentaire. C’est en partie grâce à elle que de nombreux états se sont renforcés aux XVIIIème et XIXème siècles. Que l'on vive à la campagne ou en ville, il est tout à fait possible de la cultiver, y compris sur une terrasse ou un balcon. Se lancer dans sa culture s’avère plus facile qu’on ne l’imagine, à condition de suivre quelques règles simples pour obtenir une récolte satisfaisante au potager.

illustration de l'histoire de la pomme de terre et de sa répartition mondiale

Choisir et préparer sa parcelle

Le choix et la préparation du sol sont des étapes cruciales pour une culture réussie. La pomme de terre est une plante qui a su s’adapter à de nombreux climats, mais elle reste une plante de climat "tempéré". Elle s’épanouit dans des sols légers, profonds et riches en éléments nutritifs. Elle apprécie un sol drainé, profond et riche, avec une acidité modérée, et un apport constant en eau. Cependant, elle peut être cultivée dans la plupart des types de sols avec plus ou moins de réussite. Dans les sols trop calcaires, on pourra voir davantage de galles se développer.

Afin de limiter les risques sanitaires, il est impératif d’éviter de planter des pommes de terre deux années de suite au même endroit. De même, il est préférable de ne pas lancer la culture suite à des plantes de la même famille (solanacées), en particulier les tomates ou les aubergines. Un délai minimum de 4 ans est à respecter avant de replanter des pommes de terre au même endroit.

Comme de nombreux légumes qui se développent en terre, légumes racines ou légumes tubercules, la pomme de terre adore la potasse et déteste un excès d’azote. Pour enrichir le sol, une fumure de fond dès l’automne peut être envisagée, avec un engrais riche en potassium, puis un complément de fertilisation organique au moment de la préparation du sol. Des gros apports en composts divers (fumier, végétaux, maison) à hauteur de 3 à 5 kilos au m² à l’automne peuvent combler les besoins en phosphore, potassium et même azote. Au moment de la plantation, un bon apport de compost enrichi de fumier en granulés permet de bien nourrir la terre.

Le sol devra ensuite être ameubli en profondeur, en particulier pour les sols lourds, et affiné en surface à l’aide d’un râteau. Il est recommandé de casser les mottes de terre et les cailloux pour favoriser le développement des tubercules.

infographie sur les apports nutritifs pour le sol de la pomme de terre

Le moment idéal pour planter

La réussite de la plantation réside notamment dans la date de plantation, qui ne doit pas être trop précoce. La pomme de terre est une plante qui aime les jours longs, et que l'on met en terre généralement au printemps, lorsque les jours rallongent et que la terre se réchauffe. Les premiers rayons du soleil ne suffisent pas : le sol doit être suffisamment réchauffé en profondeur (au moins 8 degrés minimum, idéalement 10°C). Plus bas, vous risquez d’avoir des tubercules qui pourrissent. N’hésitez pas à mesurer les températures de votre sol tout au long de l’année. Un repère plus poétique, mais moins précis, consiste à planter à la floraison des lilas.

De façon générale, plus vous serez géographiquement au sud, plus vous planterez tôt. Dans les régions au climat océanique, la plantation interviendra à la fin du mois de mars. Sur la moitié nord du pays, au climat plus continental, le moment propice se situera dans la seconde quinzaine d’avril. Il est nécessaire d’attendre la fin des dernières gelées. En altitude et en région aux automnes précoces, il est préférable de planter en avril. Les pommes de terre peuvent être plantées jusqu'en mai, voire courant juin au plus tard, dans les régions où les arrières saisons sont belles.

Il est déconseillé de planter des pommes de terre en hiver, car c'est une plante qui a besoin d'un minimum de chaleur et de jours qui rallongent pour bien se développer. Il est cependant possible de faire des cultures techniques hâtives de pommes de terre dès janvier-février, dans les régions à climat doux en hiver, ou sous serre ou sous un paillage plastique noir d'ensilage. Attention cependant aux gelées sur les pousses, à éviter absolument.

Olivier raconte : « Comme toutes les saisons, je tente des plantations très hâtives, fin février, début mars. Dès la fin mars, j’ai ainsi des beaux germes qui sortent de terre. Ici les gelées d’avril sont rares et peu sévères. Mais cette dernière saison (2021), dame météo nous a offert une belle gelée tardive le 08 avril. Les plants ont clairement souffert et grillés sur une bonne moitié. J’aurais dû les protéger avec du paillage la veille, mais la gelée n’était pas annoncée dans les prévisions météorologiques. Au final, -4° au petit matin… Mes haricots ne s’en sont pas remis, mais les pommes de terre elles oui. Les plants sont repartis et la production a finalement été très correcte. »

Les variétés précoces et demi-tardives pourront être plantées plus tard que les variétés tardives. Déjà, car le cycle de ces dernières est plus long, mais aussi, car ces variétés tardives ont besoin de jours courts pour produire les hormones nécessaires à la future tubérisation.

Comment planter des pommes de terre au potager - Truffaut

Les plants : choix et préparation

Plutôt que de multiplier ses propres tubercules, il est recommandé d’acheter des tubercules certifiés. Ils limiteront la prolifération de maladie, sans pour autant garantir l’innocuité totale, et seront exempts de maladies. Les tubercules sont disponibles de la fin de l’hiver au printemps.

La germination, appelée aussi « faire germer » ou « faire choucrouter », implique de laisser les tubercules dans un endroit frais, lumineux et à l’abri des gelées. Comptez un peu plus d’un mois pour obtenir des pommes de terre germées bien développées et robustes. Ce qui vous amène à démarrer la germination en janvier-février. Faites attention en les manipulant, car leurs germes fragiles peuvent facilement casser. On dit que les gros tubercules donnent de nombreuses petites patates et les petits tubercules donnent moins de tubercules, mais des plus gros. Même si ce n’est pas vérifié systématiquement, c’est une tendance générale tout à fait vraie. Un petit tubercule produira moins de germes, donc moins de tiges, donc moins de pommes de terre. Un gros tubercule produira plus de germes, donc plus de tiges, donc plus de pommes de terre !

Une quantité de 25 kg de semence de pommes de terre est très importante, permettant la plantation d'une surface d'environ 200m² et une production pouvant dépasser les 800kg selon la région et la variété. Il est donc possible de commander un sac de 25kg de plants si vous vous lancez dans le maraichage ou si vous faites un achat groupé entre amis, ou pour votre quartier, des jardins ouvriers ou partagés.

Techniques de plantation

La façon de planter va être différente selon si vous décidez d’opter pour la culture normale ou la culture sur gazon, ou encore en pot.

Plantation traditionnelle en pleine terre

Pour préparer le sol, une fourche-bêche est nécessaire pour retourner la terre. Après y avoir apporté des nutriments (terreau, potassium) en hiver, tracez des sillons profonds à la houe ou au râteau. Les plants doivent être espacés de 35 à 40 cm, chaque ligne de 50 à 70 cm. Plantez les pommes de terre à 5 à 10cm de profondeur. Plus il y a un risque de gelée tardive dans votre secteur, plus il faut planter profond. En sol lourd, assez argileux, on peut planter un peu moins profond. Plantez les pommes de terre avec les yeux (les futurs germes) pointant vers le dessus. Il faut recouvrir de terre de quelques centimètres, sans tasser. Les plants sont installés tous les 30 à 35 cm. Entre chaque plant, une petite poignée de fumier en granulés peut être ajoutée pour booster la croissance. Une fois les sillons recouverts, les buttes sont formées immédiatement. Pour renforcer cette barrière thermique, une fine couche issue des premières tontes de gazon peut être ajoutée en surface.

Culture sur gazon ou paillage épais

Certains jardiniers vont déposer les patates tout simplement sur le sol et disposer un paillage épais sur les tubercules, sans même toucher au sol. C’est la fameuse culture sur gazon qui fonctionne à merveille pour créer de nouvelles zones de culture. La patate est en effet une plante nettoyante, car on remue énormément le sol en la récoltant et son feuillage est très couvrant. La culture ne donne que peu de chances aux adventices de se développer. Cela dit, cette culture sur gazon présente le risque de voir les taupins s’inviter à la fête !

Olivier : « Je préfère planter mes pommes de terre… dans la terre ! Je sais que la technique de les laisser sur le sol et pailler est de plus en plus courante, mais ici je mets cette pratique de côté, pour une raison essentielle, l’eau. La terre est bien plus rétentrice en eau qu’un paillage. Et j’aurais trop peur que mes plants se dessèchent à ne cultiver que dans du paillage. Alors je plante mes patates à 20 cm sous terre. »

Dans cette méthode, on dépose quelques litres de compost (5L par exemple) à l’emplacement de chaque tubercule, plus serré pour les pommes de terre précoces que les pommes de terre de conservation (entre 20 et 40 cm). On plante ensuite les tubercules dans ce compost. Recouvrez avec le maximum de paillage possible, tonte, foin, paille, ce que vous avez. Le paillage amené à la pomme de terre pourra éventuellement remplacer le traditionnel buttage des plants.

Culture en massifs surélevés ou en potées

Si votre sol est argileux ou si vous manquez de place, vous aurez plutôt intérêt à planter les pommes de terre dans des massifs surélevés ou en potées. Depuis quelques années, il est possible de récolter des pommes de terre sur un balcon grâce à une « tour à pomme de terre ». Il s’agit d’un contenant suffisamment profond pour accueillir les tubercules et permettre leur bonne germination. Vous pouvez également utiliser une ancienne poubelle ou un pot profond. Creusez des rangées de 7,5 à 15 cm de profondeur et plantez les pommes de terre, avec les yeux (les futurs germes) pointant vers le dessus. Recouvrez les tubercules de terreau potager avant d’arroser. Au bout de 15 jours, rajoutez du terreau pour ne laisser que 3 cm de plant. Dans une tour à pommes de terre, augmentez sa hauteur.

Culture intermédiaire

Une approche intermédiaire entre la méthode traditionnelle en pleine terre, avec buttage, et celle sous paillage épais est possible. La première, bien que généralement très productive, requiert un travail conséquent. Une méthode combinée consiste à planter les tubercules à la mi-avril, à 10 cm de profondeur, dans un sol meuble et riche, en les espaçant de 25 cm en tous sens. Un paillage de 10 à 20 cm est ensuite appliqué en surface.

schéma des différentes méthodes de plantation de pommes de terre

Soin et entretien des plants

Une fois en culture, la pomme de terre est sensible aux périodes de sécheresse et aux périodes trop humides comme la plupart des cultures (elle est sensible au mildiou).

Le buttage

Le buttage est une opération essentielle. 15 jours après la plantation, procédez au premier buttage. Cette opération consiste à ramener de la terre sur le plant pour former une petite butte et ne pas exposer les plants au soleil. Quand les plants de pomme de terre se développent, à l’aide d’une binette, buttez les tiges (ramener de la terre sur le pied), pour éviter le verdissement des tubercules qui deviendraient non consommables. Le buttage permet de protéger les racines de la plante de la chaleur et d’éloigner les tubercules de la surface. On butte une deuxième fois lorsque les plants mesurent 40/50 cm, cherchant alors à bien enterrer les tiges. Le buttage favorise la formation des tubercules et évite leur éventuel verdissement, et favorise l’écoulement de l’eau de pluies et d’arrosage. En apportant 25/30 cm de foin, cette opération sera rendue caduque (et compliquée à réaliser en pratique). Mais vous risquez de perdre un peu en rendement.

Arrosage

La patate est sensible à l’eau. Pas assez et vos récoltes seront dérisoires, trop, et vos pommes de terre pourraient pourrir. Si vous souhaitez un repère, qui variera néanmoins en fonction de votre sol et de la météo, la pomme de terre appréciera un apport de 15 à 20 litres par mètre carré par semaine. Gardez toujours en tête cette image d’éponge essorée. Quoi qu’il en soit, ne négligez pas cet aspect, car il sera déterminant pour votre rendement. Un sol sec durant la phase de tubérisation et vous ne récolterez pas grand-chose. Du moins, vous auriez pu récolter bien plus. Cela dit, dans certaines régions, on peut presque s’en passer. Pendant leur croissance, arrosez copieusement les plants, particulièrement en période de sécheresse. Arrosez régulièrement pour maintenir un sol assez frais, mais sans mouiller le feuillage. Stoppez les arrosages lorsque le feuillage sèche, afin d’éviter que le tubercule pourrisse. En cas d’arrosage, évitez de mouiller le feuillage pour limiter le risque d’apparition de maladies.

Fertilisation

Continuez de fertiliser pour obtenir une récolte plus généreuse. Si vous n'avez pas de seaux de composts, vous pourrez alors vous tourner vers des engrais naturels, mais plutôt riches en potassium. Si au contraire vous faites l’erreur de mettre des engrais riches en azote, c’est le feuillage des plants qui prendra le dessus sur le grossissement des pommes de terre. Vous trouverez des engrais riches en potasse dans les jardineries ou même des engrais composés que de potasse. La vinasse de betterave, le patenkali, sont des engrais naturels potassiques. La cendre peut aussi faire bon usage, mais contrairement aux autres engrais naturels, elle agit sur le pH de votre sol. L’apport de phosphore sera aussi un atout, pour booster plus encore le développement racinaire et la productivité par la suite.

Protection contre le gel

Les pousses de pommes de terre sont fragiles et un épisode de gelée peut menacer votre récolte. Dès les zéro degré, la plante tire un peu la tête. Et lorsque les -2°C sont passés, cela en est fini pour elle, du moins, de son feuillage. Car il n’est pas rare de la voir repartir après un coup de gel. Si les gelées tardives sont un risque, protégez les jeunes pousses avec des cloches ou un voile horticole. Une technique redoutable, particulièrement pour les plantations précoces : le voile de forçage sur les pommes de terre (ou les tunnels nantais). Le sol se réchauffera plus vite et vos pommes de terre produiront plus rapidement. Enlevez définitivement le voile dès la mi-mai, et en attendant, n’oubliez pas d’aérer dès que le soleil pointe le bout de son nez, les patates n’apprécieraient pas.

Désherbage et maladies

Côté soin, quelques binages sont nécessaires pour éliminer les mauvaises herbes qui se développent entre les sillons. La pomme de terre est une culture nettoyante.

Si les conditions climatiques deviennent favorables aux maladies (chaleur + humidité) et si vous constatez le développement de symptômes, il sera parfois souhaitable de traiter la culture, en privilégiant des produits adaptés à l’agriculture biologique. En cas de pied atteint par le mildiou, arrachez-le immédiatement pour limiter la progression de la maladie. La pomme de terre est sensible au mildiou, une maladie cryptogamique favorisée par un temps humide, qui se caractérise par des taches jaunes puis brunes sur le feuillage, et finit par condamner la plante. Une pulvérisation de solution bordelaise, ou une décoction de prêle au printemps est recommandée.

Les charmants doryphores, insectes rayés, pondent des larves voraces qui ne laissent pas grand-chose de vos tubercules après leur passage.

schéma du cycle de vie des doryphores

Les variétés de pommes de terre

Avec 192 variétés inscrites au catalogue officiel français, 1294 au niveau européen, et sûrement bien plus dans nos campagnes, une vie entière ne suffirait pas à toutes les tester. On distingue trois catégories de variétés : les précoces, demi-précoces, et les tardives.

Variétés hâtives ou précoces (primeur)

Les variétés hâtives commencent leur tubérisation rapidement après la plantation. Elles se récoltent 2,5 à 3 mois après la plantation (contre 4 à 5 mois pour les autres) et sont généralement plantées en mars et récoltées de juin à juillet. Précoces, elles sont souvent qualifiées de « pommes de terre nouvelles ». Avec leur peau fine et goût plus sucré, elles seront meilleures mangées aussitôt après récolte et ne se conservent donc pas. À ce stade primeur, elles sont sucrées, juteuses, goûteuses, tant désirées et même la peau se laisse dévorer. Seul bémol, la conservation. Pas facile d’en garder jusqu’en mars, nous dirions même très difficile… À moins d’avoir une cave bien fraîche. Mais rassurez-vous, même sans chercher à les conserver, il est possible d’en récolter durant une bonne partie de la saison.

Exemples de variétés précoces :

  • La « Rosabelle » : pas forcément la plus précoce de toutes, mais quel goût et une couleur de peau toute belle, légèrement rosée.
  • « Apollo » : Autant elle aura du mal à se conserver des mois, autant elle nous régalera sur les deux premiers mois de récolte. Des pommes de terre de moyen calibre, nombreuses, très goûteuses.
  • La variété « Amandine« . Denis à Strasbourg cultive cette pomme de terre tous les ans tellement il en est satisfait.
  • 'Belle de Fontenay', 'Ratte'.

Variétés à chair ferme

Comme elles n’éclatent pas à la cuisson, elles sont idéales pour cuisiner sautées ou à la vapeur. Elles se plantent dans la seconde moitié d’avril et sont récoltées entre juillet et août. Côté calibre, elles se situent entre les primeurs et les pommes de terre de conservation. La ‘Dolwen de Bretagne’ avec sa peau et sa chair jaune clair est ferme et fondante. La ‘Charlotte‘ est une des variétés les plus utilisées, offrant un bon rendement, des belles patates bien costaudes qui se conservent des mois.

Variétés à chair fondante et farineuse (dites de conservation)

Ces pommes de terre sauveront des purées de l’insignifiance, mais sont aussi parfaites pour les frites. Dans cette catégorie, la ‘Bintje’ reste le must. Elles se récoltent à pleine maturité, lorsque la peau est bien formée. Elles se plantent après la mi-avril et leur récolte s’étale entre août et octobre.

Exemples de variétés de conservation :

  • La ‘Désirée’, la ‘Kerpondy‘, la ‘Bintje‘, la ‘Nicola‘.
  • La ‘Ulysse‘ : Variété très originale avec une couleur défiant l’entendement ! Un violet émeraude qui sort vraiment de l’ordinaire. Olivier raconte : « Je me vois enlever la fine peau, sitôt récoltée. Et là c’est presque un joyau qui apparaît. L’humidité encore contenue sous la peau, le reflet de la lumière, c’est assez marquant comme sensation. En cuisine, on y retrouve un léger goût de noisette. »
  • La ‘Charlotte‘ : Elle offre un bon rendement, des belles patates bien costaudes qui se conservent des mois.
  • La ‘Rosabelle’ : variété à gros tubercules à la peau rose et à la chair jaune.
  • La ‘Anais’ : variété produisant peu de tubercules mais de grande taille. La chair est tendre et de couleur jaune.
  • La ‘Miss Blush’ : cette pomme de terre à la peau jaune fardée de rose.
  • La ‘Fleur bleue’ : cette variété se distingue par sa couleur bleue qui reste telle quelle après cuisson.
  • La ‘Rouge des Flandres’ : variété rustique et tardive à la peau jaune-rosée. Sa chair est rose-rouge et farineuse.

infographie sur les types de chair et leurs usages culinaires

La récolte

La récolte est un moment joyeux à effectuer à pleines mains ! Selon les variétés, les années et le soin apporté, un plant peut donner 500g à 2Kg de légumes. Un pied de pomme de terre produit en moyenne 1kg par pied, mais ce chiffre fluctue selon les variétés et conditions de culture, entre environ 600g et 2kg.

Quand récolter ?

Vous pouvez choisir votre période de récolte en fonction de vos variétés et de vos objectifs de récolte (primeur, conservation), de votre date de plantation et de la précocité de vos variétés. La période de récolte varie en fonction de la variété. Les variétés précoces sont récoltées 2,5 mois après la plantation (3 mois à 3,5 mois pour les variétés semi-précoces). Pour les variétés tardives, on compte entre 100 et 130 jours après la plantation. Les plantations ayant lieu autour d’avril mai, les premières récoltes ont donc lieu à la mi-juin et s’étendent jusqu’à septembre. En choisissant différentes variétés et en échelonnant la plantation, vous pouvez donc récolter des pommes de terre durant 5 mois.

Les pommes de terre sont prêtes à être récoltées juste avant la floraison ou quand le feuillage jaunit, entre 3 et 5 mois après la plantation. Les variétés précoces sont récoltées au fur et à mesure des besoins, en allant chercher quelques tubercules au pied des plants. Ils devront être consommés rapidement.

Les pommes de terre de conservation seront récoltées une fois que les feuilles sont complètement fanées, ce qui permet d’obtenir des tubercules avec une peau bien épaisse.

Le défanage

Le défanage est une étape non indispensable dans la culture des pommes de terre, mais les professionnels pratiquent cela pour accélérer la maturation des tubercules et améliorer la conservation. Cette étape n’est donc pas obligatoire, vous pouvez aussi attendre que toutes les feuilles aient bien jauni, et même commencé à sécher pour commencer le décompte avant la récolte. Elle intervient environ 3 semaines après le défanage. Ce délai est issu d’un arbitrage : trop tôt, la conservation sera moyenne, trop tard, les pommes de terre pourront être attaquées par des taupins, ou pire des gales et autres maladies.

Comment récolter ?

Pour la récolte, le mieux est d'utiliser une fourche bêche ou une grelinette. Par temps sec, soulevez chaque pied à l’aide d’une fourche bêche en prenant soin de ne pas blesser les tubercules.

Comment planter des pommes de terre au potager - Truffaut

Conservation et dégustation

Vous obtiendrez des pommes de terre succulentes à la peau fine si vous les consommez assez rapidement. Elles durciront au contact de l’air pour une meilleure conservation. Les variétés précoces et semi précoces sont plus tendres.

Pour sélectionner quelles pommes de terre consommer rapidement et lesquelles stocker, faites un test en passant un doigt sur leur peau. Celles dont la peau se détache facilement devront être mangées rapidement, celles à la peau ferme peuvent être conservées.

Après la récolte, entreposez les pommes de terre dans un endroit sec et laissez sécher la terre pour faciliter le lavage. Faites sécher les pommes de terre de longue conservation et stockez-les dans un endroit frais et aéré, au maximum à l'abri de la lumière - à la cave par exemple. Enlevez les germes de temps en temps, s'ils apparaissent en cours d'hiver. Consommez les pommes de terre précoces et semi précoces rapidement, en les conservant au frais par exemple.

La pomme de terre dans la rotation des cultures

La pomme de terre est une plante qui absorbe les éléments nutritifs autour d’elle. Cela permet de nettoyer le sol. Un engrais vert avant la plantation est une chose que vous pouvez faire à l’automne précédant la culture. Vous pourrez ensuite, en avril, venir coucher cet engrais vert ou le couper et planter vos patates. Vous pourrez ensuite recouvrir avec le maximum de paillage possible.

Concernant les cultures qui lui succèdent, la pomme de terre offre un sol tout propre et meuble après la récolte, prêt à semer ! À cette période, en plein été pour les pommes de terre de conservation, de nombreux légumes pourront être installés et offrir de belles et généreuses récoltes d’automne. Nous pensons aux navets, aux radis d’hiver, aux chicorées, aux laitues, entre autres. Il est facile de procéder à une autre culture sur un sol qui a préalablement servi à cultiver des pommes de terre. Les poireaux se plaisent énormément à la suite des pommes de terre. En plus d’alterner les cultures, cela évite la prolifération des doryphores, petits coléoptères qui dévorent les feuilles des tubercules.

La culture de la pomme de terre ne se prête pas trop aux associations, car on intervient sur la culture plusieurs fois. La récolte détruit littéralement la parcelle et détruirait des cultures trop proches. Olivier : « j’ai parfois tenté des associations entre deux rangs de pommes de terre. Je pense aux oignons notamment. Mais cela a été un échec. Les plants se développent considérablement, atteignent presque un mètre de haut et étouffent littéralement la culture d’oignons. Il en serait de même avec d’autres cultures. »

tableau des rotations de cultures au potager

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