
La culture d'un pommier basse tige en mode biologique représente un engagement en faveur de la santé, de l'environnement et de la biodiversité. Que ce soit pour un petit jardin ou un verger plus étendu, les pommiers bios offrent des fruits sains, naturellement produits sans pesticides ni engrais chimiques. Cet article explore les différentes facettes de cette culture, de la sélection des variétés à l'entretien, en passant par des stratégies de désherbage et de protection des cultures respectueuses de l'environnement.
Choisir un Pommier Bio Adapté
Le pommier, Malus x domestica, est un arbre fruitier réputé pour sa facilité de culture et sa résistance. Opter pour un pommier bio garantit non seulement des fruits sains, non traités pendant leur croissance, mais contribue également à la préservation des variétés anciennes et locales.
Les pommiers sont disponibles sous diverses formes et tailles, ce qui permet de les adapter à différents espaces de jardin. Pour les jardins de petite taille, les pommiers conduits en U ou en palmette, à palisser contre un mur ou formant une haie, sont particulièrement adaptés. Les pommiers nains bio ou les variétés de petite taille comme les Ballerina, avec leur forme colonnaire et leur faible hauteur, sont également idéaux dans ce type d'environnement. Certaines variétés peuvent même être cultivées en pot, offrant une flexibilité précieuse.
Dans les jardins plus vastes, les pommiers bio en gobelet, ou de demi-tige et haute-tige, sont les plus appropriés. Le choix de la variété peut également être orienté par l'usage souhaité des fruits : pommes de table, à transformer (jus, compotes) ou de garde.
Tous les pommiers cultivés sont greffés, ce qui rend le choix du porte-greffe essentiel. Ce dernier doit être sélectionné en fonction du climat, du type de sol et de la forme désirée pour l'arbre. Généralement, on choisit une greffe sur franc pour les pommiers de haute-tige, les porte-greffes M111 et M106 pour les formes en gobelet, et le M106 pour les formes palissées. Ce dernier est le moins vigoureux, ce qui convient parfaitement à une conduite exigeante. Il est crucial de noter que la plupart des pommiers sont autostériles et nécessitent la présence d'au moins un autre pommier à proximité pour que leurs fleurs soient fécondées, assurant ainsi une bonne fructification.
La Plantation du Pommier Bio : Un Pas Essentiel
La période idéale pour planter les pommiers, qu'ils soient biologiques ou non, est l'automne. La préparation du site de plantation est primordiale : il faut creuser un trou de bonnes dimensions, en particulier en largeur, car le pommier possède un système racinaire étalé. Le fond du trou doit être enrichi d'un mélange de compost bien mûr et d'un peu de terre de jardin.
L'installation d'un tuteur est une étape préalable à la plantation pour éviter d'endommager les racines. Avant la mise en terre, les racines du pommier doivent être habillées (taillées pour éliminer les parties abîmées) et pralinées (trempées dans un mélange d'argile, de bouse de vache et d'eau pour favoriser la reprise). Les racines sont ensuite soigneusement étalées au fond du trou. Une attention particulière doit être portée à ce que le point de greffe ne soit pas enterré.
Le trou est ensuite complété avec la terre enrichie et légèrement tassé. Pour faciliter l'arrosage initial, une cuvette est formée autour du tronc et remplie d'eau. Enfin, un bon paillage composé de feuilles mortes ou de fougères est installé. Le paillage aide à maintenir l'humidité du sol, à réguler sa température et à limiter la croissance des adventices.
Entretien et Protection du Fruitier Biologique

L'entretien d'un pommier bio implique des arrosages réguliers, une fertilisation naturelle et des mesures préventives contre les maladies et les parasites.
Arrosage et Fertilisation
Les besoins en eau sont particulièrement importants au cours de la première année de plantation, surtout pendant le premier été. Un suivi attentif de l'humidité du sol est crucial pour assurer un bon établissement de l'arbre. En matière de fertilisation, le compost mûr ajouté lors de la plantation et un apport annuel en surface suffisent généralement à couvrir les besoins du pommier bio.
La Taille du Pommier : Un Art au Service de la Fructification
Pour une taille efficace, il est nécessaire de savoir reconnaître les trois types de bourgeons du pommier. Les yeux à bois, généralement fins, donnent des rameaux, tandis que les yeux à fleurs, plus dodus, se transformeront en fleurs. Durant les premières années, une taille de formation est effectuée pour donner la structure désirée à l'arbre. Par la suite, une taille d'entretien sera réalisée entre novembre et février ou mars, après la chute des feuilles et avant le débourrement.
L'objectif de la taille est d'aérer le centre de l'arbre, de favoriser les branches qui partent à l'horizontale et vers l'extérieur. Il est également recommandé de limiter la hauteur du pommier en raccourcissant les branches charpentières, idéalement de 25 cm chaque année. Les rameaux, quant à eux, sont taillés après le troisième bourgeon, toujours après un rameau ou un œil orienté vers l'extérieur.
En juin, l'éclaircissage du pommier est pratiqué pour réguler la fructification, permettant d'obtenir des fruits moins nombreux mais de plus gros calibre et de meilleure qualité. Cet éclaircissage peut être manuel, comme le pratiquent les producteurs de pommiers Juliet®, qui réalisent un éclaircissage manuel pour limiter la charge de l'arbre et obtenir une pomme de qualité.
La taille des pommiers basse tige.
Traitement Bio des Maladies et Parasites
La prévention est la clé dans la lutte biologique contre les maladies et les parasites du pommier.
Au printemps : Dès avril, des pièges à carpocapses peuvent être installés pour limiter la quantité de ces ravageurs. C'est aussi le moment de prévenir l'arrivée des pucerons et des chenilles. En mai, des bandes de glu autour du tronc des pommiers bio peuvent être placées contre les fourmis, car celles-ci protègent les pucerons. Les traitements préventifs contre d'autres ravageurs peuvent se poursuivre.
En été : Les perce-oreilles sont des prédateurs naturels de nombreux ravageurs. En leur offrant des abris, ils peuvent contribuer à protéger les futures récoltes.
En automne : Une première application de bouillie bordelaise est recommandée juste après la chute des feuilles. Le sulfate de cuivre, un excellent fongicide autorisé en culture biologique, protège le pommier contre les maladies cryptogamiques. Cependant, il doit être utilisé avec parcimonie pour éviter son accumulation dans le sol. Une décoction de prêle peut le remplacer en partie pour limiter la quantité.
En hiver : Une deuxième application de bouillie bordelaise est conseillée vers février, juste avant le débourrement des bourgeons. En début d'hiver, l'application de blanc arboricole biologique (préparé avec de la chaux d'algues, de la terre glaise et du jus de prêle) sur le tronc et le départ des charpentières permet d'étouffer les parasites, œufs, larves ou spores qui hivernent sous l'écorce. L'huile blanche est également très efficace en culture biologique pour détruire les formes hivernantes des ravageurs. Elle s'emploie après la chute des feuilles, hors période de gel, en veillant à bien mouiller le tronc pour que le produit s'infiltre dans les anfractuosités de l'écorce.
Conseils complémentaires :
- Ramassez et détruisez tous les fruits tombés au sol ainsi que ceux momifiés sur l'arbre.
- Travaillez superficiellement le sol au pied des pommiers, car de nombreuses espèces hibernent dans le sol.
- Traitez tous les arbres fruitiers du jardin pour éviter la propagation des maladies.
- Évitez d'appliquer des traitements pendant les périodes de gel, de vent ou de pluie.
- Lors des tailles, réalisez toujours des coupes nettes et appliquez un onguent cicatrisant sur les coupes de plus de 5 cm de diamètre.
- Supprimez toutes les branches abîmées ou malades pour prévenir la formation de chancres.
- Désinfectez toujours les outils de coupe entre chaque arbre.
- Avant tout traitement d'hiver, grattez l'écorce du pommier bio avec une brosse métallique pour éliminer les morceaux d'écorce détachés, les mousses et les lichens qui peuvent abriter des larves hivernantes.
Lutte contre des Ravageurs Spécifiques
Contre les chenilles (Carpocapse) : Le carpocapse, ou ver des fruits, est un ravageur courant. Contre ces chenilles, les traitements du pommier bio incluent l'application de blanc arboricole et des pulvérisations d'huile blanche en hiver. Des pulvérisations de purin d'absinthe peuvent être utilisées lors de l'éclosion des œufs, nécessitant un suivi précis du cycle. L'installation de filets anti-insectes, comme ceux utilisés pour la pomme Juliet®, est également une solution efficace pour empêcher le papillon de pondre sur le végétal, évitant ainsi tout traitement insecticide.
Contre l'oïdium : Cette maladie cryptogamique se développe par temps doux et humide, formant des taches poudreuses sur les feuilles. Elle peut être prévenue par des traitements à base de soufre ou des pulvérisations de purin de prêle ou de fougères. Une fois installée, il n'existe pas de traitement bio efficace pour le pommier.
Contre la tavelure : Autre maladie cryptogamique courante, la tavelure apparaît dès le printemps par temps humide. Le principal traitement bio est la bouillie bordelaise, appliquée préventivement après la chute des feuilles, au débourrement et lorsque les fruits commencent à se former. La décoction de prêle renforce les défenses du pommier. Pour éviter la réinfection, brûlez les parties atteintes, les fruits et les feuilles tombés au sol, et désinfectez les outils. Certaines variétés de pommiers, comme la Patte de loup ou la Reinette du Mans, sont résistantes à la tavelure.
Contre la moniliose : Causée par des champignons, la moniliose atteint les fleurs, les fruits et les rameaux au printemps humide, en particulier à la floraison. Des pulvérisations de fongicides à base de cuivre peuvent être appliquées en prévention à la chute des feuilles puis au débourrement. L'infusion de raifort est une autre solution préventive. Le blanc arboricole est également efficace. Si la maladie est avancée, la bouillie nantaise ou le permanganate de potassium sont plus efficaces. Des mesures prophylactiques, comme l'éclaircissage du centre de l'arbre, la suppression des mousses et branches mortes, et le soin des plaies de taille, sont essentielles.
Contre les pucerons (lanigères et cendrés) : Les pucerons lanigères et cendrés se nourrissent de sève et peuvent provoquer des chancres ou des déformations des feuilles et des fruits. Les traitements biologiques incluent l'application d'huile blanche sur l'ensemble du fruitier après la chute des feuilles et avant l'ouverture des bourgeons. Pendant la période de végétation, un mélange de savon noir et d'alcool à brûler dilués dans de l'eau, ou de l'extrait de tanaisie pur, peut être pulvérisé. Favoriser la présence de prédateurs naturels (coccinelles, syrphes, chrysopes, forficules) est crucial. L'utilisation de colliers de glu autour des arbres empêche les fourmis de protéger les pucerons. Pour les pucerons cendrés, une pulvérisation hebdomadaire de menthe poivrée en infusion est également efficace.
Le Désherbage Biologique : Une Alternative aux Herbicides Chimiques

Le désherbage est une composante essentielle de l'entretien d'un pommier basse tige, particulièrement en culture biologique où l'emploi d'herbicides de synthèse est proscrit. L'objectif est de maîtriser les adventices pour éviter la concurrence avec l'arbre pour l'eau et les nutriments, sans pour autant nuire à l'environnement du verger.
Le système "Ecophyto 1 Gala", testé à la station expérimentale de La Morinière de 2012 à 2017, a mis en évidence des leviers efficaces pour la réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires. Parmi ces leviers, le désherbage mécanique sur le rang et l'enherbement de l'inter-rang sont cités comme des alternatives viables aux herbicides.
Désherbage Mécanique sur le Rang
Le désherbage mécanique consiste à perturber physiquement la croissance des adventices. Cette méthode est particulièrement adaptée pour la zone sous le rang du pommier, là où la concurrence des herbes indésirables peut être la plus forte pour le jeune arbre. Des outils comme les herses étrilles, les brosses désherbeuses ou les interceps peuvent être utilisés. Le choix de l'outil dépendra de la taille du verger, de la nature du sol et de l'âge des pommiers.
Travail du sol : Un travail superficiel du sol au pied des pommiers peut aider à contrôler les adventices en déracinant les jeunes pousses. Cependant, il faut être vigilant pour ne pas endommager les radicelles en surface, comme cela a été observé dans l'expérimentation "Ecophyto 1 Gala" où le travail du sol sectionnant les radicelles en surface a pénalisé les rendements des premières années. Cela souligne l'importance d'une intervention mesurée et adaptée.
Paillage : Le paillage est une technique de désherbage préventif très efficace en culture biologique. L'installation d'un bon paillage composé de feuilles mortes, de fougères, de broyat de bois ou de paille autour du tronc du pommier crée une barrière physique qui limite la germination et la croissance des adventices. De plus, le paillage aide à maintenir l'humidité du sol, à réguler sa température et à enrichir le sol en matière organique en se décomposant.
Désherbage manuel : Pour les petits vergers ou les jardins, le désherbage manuel reste une option écologique et précise. Il permet d'éliminer sélectivement les adventices sans risque pour le pommier.
Enherbement de l'Inter-Rang
L'enherbement de l'inter-rang, c'est-à-dire la zone entre les rangs de pommiers, est une stratégie qui présente de multiples avantages en agriculture biologique. Plutôt que de viser une absence totale de végétation, cette approche consiste à maintenir une couverture végétale contrôlée.
Avantages de l'enherbement :
- Lutte contre l'érosion : La couverture végétale protège le sol contre l'érosion éolienne et hydrique.
- Amélioration de la structure du sol : Les racines des herbes améliorent l'infiltration de l'eau et la structure du sol.
- Apport de matière organique : La fauche des herbes et leur décomposition enrichissent le sol en matière organique.
- Favorise la biodiversité : L'enherbement crée un habitat pour de nombreux auxiliaires de culture (insectes pollinisateurs, prédateurs de ravageurs) et contribue à la biodiversité du verger.
- Compétition indirecte : Une certaine concurrence de l'enherbement peut être bénéfique, en limitant la vigueur excessive de l'arbre et en favorisant la fructification.
Gestion de l'enherbement : L'enherbement doit être géré pour éviter qu'il ne devienne trop concurrentiel avec les pommiers, surtout les jeunes arbres. La fauche régulière est une pratique courante, permettant de maîtriser la hauteur des herbes et de restituer de la matière organique au sol. Le choix des espèces pour l'enherbement peut également être stratégique, privilégiant des espèces peu concurrentielles ou fixatrices d'azote.
Maîtrise des Adventices et Conditions Météorologiques
L'expérimentation "Ecophyto 1 Gala" a souligné que la maîtrise des adventices reste très variable en fonction des conditions météorologiques de l'année. Des périodes de forte pluie peuvent favoriser une croissance rapide des adventices, rendant les interventions de désherbage mécanique ou manuel plus fréquentes et exigeantes. À l'inverse, des périodes de sécheresse peuvent limiter la pousse des herbes, mais aussi stresser le pommier, rendant la concurrence pour l'eau d'autant plus critique.
Cela met en évidence l'importance d'une observation régulière du verger et d'une adaptation constante des stratégies de désherbage aux conditions climatiques et au stade de développement des adventices.
Innovations et Recherche pour des Vergers Durables
La réduction de l'usage des pesticides est un enjeu crucial pour la santé des producteurs, des consommateurs et de l'environnement. Cela nécessite le développement de solutions alternatives efficaces et adaptées aux pratiques agricoles, en particulier pour le pommier qui est un des fruits les plus consommés au monde.
Systèmes de Production Innovants : Le Projet EXPE Ecophyto Pomme
Le projet EXPE Ecophyto Pomme, dans lequel s'inscrit l'essai "Ecophyto 1 Gala", vise à valider des systèmes de production de pommes innovants. L'objectif est de réduire significativement l'emploi de produits phytosanitaires, avec une diminution d'environ 34% de l'IFT (Indice de Fréquence de Traitement) chimique, très proche de l'objectif de 40%. Cette diminution de l'IFT est principalement basée sur la substitution de produits par des leviers de gestion alternatifs, tels que l'application de fongicides et d'insecticides biologiques, la confusion sexuelle, et le désherbage mécanique. Ces pratiques sont facilement transférables en verger de producteur, ce qui est un atout majeur pour l'agriculture biologique.
Cependant, l'essai a également montré que le rendement commercial est globalement plus faible dans le système testé, en partie à cause de sols peu profonds, d'un éclaircissage mécanique pénalisant les premières années, et du travail du sol sectionnant les radicelles en surface. Ces observations soulignent la complexité de la transition vers des systèmes de production entièrement biologiques et la nécessité d'une adaptation fine des pratiques aux spécificités de chaque verger.
Activer l'Immunité Naturelle du Pommier : Le Projet ThermoDéfenses
Comme les humains et leur système immunitaire, les plantes possèdent un ensemble de défenses pour se protéger des agressions extérieures. Le pommier déploie une panoplie d'armes, notamment des protéines capables d'attaquer directement les bioagresseurs et des petites molécules appelées métabolites spécialisés, qui renforcent les barrières physiques ou agissent comme des antibiotiques naturels. Ces mécanismes sont orchestrés par des messagers chimiques qui déclenchent l'ensemble du système de protection.
Actuellement, des recherches, comme celles menées à l'IRHS dans le cadre du projet de thèse ThermoDéfenses, explorent comment activer cette immunité avec des produits appelés stimulateurs de défenses des plantes (SDP). Un SDP modèle, l'acibenzolar-S-méthyl (ASM), est capable de "booster" les défenses du pommier.
Cependant, des variations climatiques, notamment l'exposition à des températures élevées, peuvent réduire considérablement la protection apportée par l'ASM contre les maladies. Même si les gènes de défense s'activent, la plante peut rester vulnérable. L'objectif de ces recherches est de comprendre pourquoi les SDP échouent parfois à protéger la plante, malgré leur rôle de "stimulateur de défenses". Les premières analyses suggèrent que le métabolisme de la plante, très sensible à la chaleur, joue un rôle clé.
Stimuler les défenses naturelles du pommier est une piste prometteuse pour réduire les pesticides et rendre l'agriculture plus durable. Cependant, le réchauffement climatique rend cette question cruciale : si la chaleur diminue l'efficacité des SDP, leur utilisation dans les vergers pourrait laisser le pommier démuni. Pour que cette approche fonctionne de manière fiable, il est impératif d'identifier les conditions idéales d'utilisation en tenant compte de l'environnement. Comprendre comment le climat influence le métabolisme et le système immunitaire des plantes est donc une étape importante vers des vergers durables. Ces travaux s'inscrivent dans le projet "Cap Zéro Phyto", témoignant de l'engagement pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement.
La Filière "Zéro Traitement Phytosanitaire" : L'Exemple Juliet®
La pomme Juliet® est un exemple éloquent de production de pommes biologiques naturellement résistantes aux maladies. Les plants de Juliet® sont mis en terre pendant la période hivernale, attachés dès la plantation pour favoriser l'enracinement, puis bien arrosés. Pendant plusieurs années, le jeune plant ne produira pas, le producteur se concentrant sur la formation des pommiers. Au printemps, les arbres fleurissent et leur pollinisation est assurée par les abeilles.
Ce qui distingue la pomme Juliet® est son engagement "Zéro traitement phytosanitaire" tout au long du cycle de production. Cela signifie qu'aucun pesticide, insecticide, fongicide ou herbicide n'est utilisé. Pour atteindre cet objectif, les producteurs de Juliet® ont revu leurs méthodes de travail :
- Travail régulier dans les vergers : Des visites fréquentes permettent d'observer, de toucher et de contrôler l'état des arbres.
- Taille pour la ventilation : La taille est utilisée pour ventiler les vergers, ce qui limite la propagation des spores de champignons.
- Travail du sol : Le sol est travaillé pour qu'il soit naturellement plus riche, favorisant le développement de bactéries, d'oligo-éléments et d'une faune invisible.
- Utilisation de produits naturels : Certains producteurs utilisent des produits naturels comme des huiles essentielles d'agrumes ou de lavande.
- Protection physique : Un filet est installé sur les vergers pour empêcher le carpocapse de venir pondre sur le végétal. Ce filet évite tout traitement insecticide pendant toute la saison et protège également de la grêle et des dégâts d'oiseaux.
Après la fécondation des fleurs, un éclaircissage manuel est effectué pour limiter la charge de l'arbre et obtenir des pommes de qualité. La récolte des pommes Juliet® a lieu en octobre, après des analyses de maturité qui déclenchent la récolte au stade optimal. Un premier tri est effectué à la cueillette pour séparer les pommes destinées à la transformation. À l'arrivée, un agréage est réalisé sur chaque lot et un échantillon de pomme est analysé par un laboratoire indépendant. Les pommes sont ensuite stockées en frigo entre 2 et 3 degrés.
La filière "SOUS LE POMMIER", qui regroupe les producteurs de Juliet® au sein de l'association "Les amis de Juliet®", est la première filière française à bannir tout pesticide. Elle est contrôlée par Bureau Veritas pour assurer le respect des garanties aux consommateurs. Le cahier des charges garantit une production française, une traçabilité totale et un contrôle sur le produit fini. Des contrôles annuels sont réalisés pour vérifier le respect du cahier des charges, offrant un moyen d'avancer, de progresser et d'échanger avec les contrôleurs. L'adhésion à l'association Pour une Agriculture du Vivant témoigne de la volonté de produire sainement et durablement.
Concepts Clés de l'Agriculture Biologique
Il est important de préciser que "bio" ne signifie pas "sans danger". Des produits comme la bouillie bordelaise (mélange de sulfate de cuivre et de chaux) et le soufre sont autorisés en agriculture biologique. Ils peuvent être utilisés à la fois en traitement curatif et surtout préventif, notamment contre la tavelure et l'oïdium. Cependant, leur usage doit être raisonné pour éviter l'accumulation dans le sol, particulièrement pour le cuivre. Le trichoderma, disponible en poudre ou en granulés, est un autre produit biologique qui favorise la santé des plantes. Des méthodes comme l'utilisation d'infusions de savon noir et d'alcool à brûler peuvent asphyxier les pucerons ou les cochenilles, et sont considérées comme inoffensives pour la nature, le jardinier et ses enfants.
L'agriculture biologique repose sur une approche holistique, où la prévention des maladies et des attaques de parasites est privilégiée par rapport à leur traitement. Si le besoin s'en fait sentir, des méthodes de lutte biologique et des produits en quantité raisonnée sont utilisés. L'intégration d'un pommier bio dans un jardin favorise également la biodiversité en attirant les pollinisateurs et les auxiliaires naturels. Pour une récolte optimale, il est recommandé de planter plusieurs variétés compatibles pour favoriser la pollinisation croisée. Le choix de la variété dépend des préférences gustatives et de l'utilisation souhaitée : pommes à croquer, à cuire ou à presser. Le pommier bio se plante de préférence en automne ou au début du printemps. Pour un verger diversifié, il est possible d'associer le pommier bio avec d'autres arbres fruitiers bio comme le pêcher ou le poirier.
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