Le figuier (Ficus carica) est un arbre chargé d’histoire, de symboles et de secrets. Présent dans de nombreuses cultures depuis l’Antiquité, il fascine autant pour ses fruits que pour ses feuilles, larges et sculpturales. Beau fruitier très courant autour de la Méditerranée, le figuier est un arbre facile à multiplier. Le figuier est un arbre original en cela qu’il réunit dans sa production les fleurs, les fruits et les graines.

Les cycles de fructification et le mystère des figues fleurs
Le figuier est un arbre fruitier qui donne des « fruits » extraordinaires. Originaire du Moyen-Orient, il s’est développé à l’état naturel sur tout le pourtour de la Méditerranée. Ce que nous appelons « fruit », la figue, est en réalité une inflorescence arrondie et évasée, contenue dans un sycone. Les fleurs mâles sont proches de l’œil, les femelles sont plus profondément installées.
Les variétés bifères de figuier produisent deux récoltes par an : l'une en été (dite de figues fleurs) et l'autre en automne (dite de figues d'automne). Les figues-fleurs sont nées sur la partie terminale du rameau pendant la saison de végétation et ont traversé l’hiver à l’état de bourgeons. Elles sont moins sucrées que les fruits d’automne et elles ne durent pas longtemps, il faut vite en profiter. Elles sont plus grosses que les figues d’automne, plus molles également, et les grains sont quasiment imperceptibles en bouche.
Certains jardiniers, notamment en région parisienne, s'interrogent sur la qualité de ces figues précoces. Il est possible que ce soit à cause du surnombre de fruits. Si votre arbre est bourré de fruits, vous devriez virer une bonne moitié des fruits. La cueillette ne se fait que et seulement quand le fruit éclate sous la pression du jus et du sucre. Les bonnes figues, c'est en septembre.
Symbolique et usages des feuilles de figuier
Au-delà de leur aspect décoratif, les feuilles de figuier sont souvent associées à des usages bien précis : en cuisine, en médecine traditionnelle, ou même dans des rituels anciens. L’idée de ramasser précisément 4 feuilles n’est pas anodine. Le chiffre 4 représente souvent la stabilité (les quatre éléments, les quatre saisons, les points cardinaux). Utiliser quatre feuilles de figuier dans une infusion ou une offrande aurait pour but de rétablir un équilibre.
Dans les recettes de tisane traditionnelle, cette quantité permet d’éviter une concentration excessive des principes actifs présents dans les feuilles. Trop de feuilles pourraient irriter la peau ou les muqueuses. Les feuilles en particulier sont souvent récoltées entre juin et septembre, lorsqu’elles sont grandes, épaisses et riches en latex. Elles sont ensuite séchées à plat à l’ombre, à l’abri de l’humidité. Les vertus des feuilles de figuier ne relèvent pas uniquement du folklore ; elles sont étudiées pour leurs propriétés thérapeutiques réelles, notamment dans le domaine du diabète, des troubles digestifs ou de la tension artérielle.
81# : Le séchage des figues du jardin
Techniques de multiplication : le bouturage
Le bouturage est la méthode la plus simple pour multiplier un figuier. Il n’y a pas de date précise pour bouturer un figuier, les rameaux peuvent développer des racines presque tout au long de l’année.
La bouture à crossette
C’est à l’automne, dès novembre, ou en hiver que l’on bouture le figuier après la chute des feuilles. Sélectionnez des branches âgées de 2 ans et récupérez des rameaux de l’année d’au moins une vingtaine de centimètres. Veillez à conserver une crosse de la branche porteuse, 1 cm de chaque côté du rameau. Il sera nécessaire de faire stratifier ces boutures afin qu’elles développent des racines : installez-les dans un récipient plein de sable, avec une extrémité exposée à l’air.
La bouture à l’étouffée
Cette méthode se réalise en mars pour éviter les rigueurs de l’hiver. Repérez les pousses de l’année précédente et prélevez des rameaux d’une vingtaine de centimètres portant au moins 3 yeux. Placez vos boutures en pot, enterrées à mi-hauteur, dans un mélange de terreau de semis et de sable. Installez tout autour du pot un sac en plastique transparent maintenu par un élastique. Dès que vous voyez apparaître le feuillage, percez quelques trous dans le sac.
Entretien, taille et gestion des parasites
Le figuier est souvent considéré comme l’arbre de l’autonomie alimentaire. Cependant, il peut subir des attaques, comme celles des psylles ou de l'oïdium. Les psylles se nourrissent de la sève et produisent une « cire » et du miellat. Nettoyez le feuillage au jet d’eau puis pulvérisez un mélange d’eau et de savon noir. L'oïdium, une maladie cryptogamique, se manifeste par des pustules et une poudre blanche sur les feuilles. Coupez les parties atteintes en prenant de la marge.

Pour les tailles de formation, dans le sud, on effectue la taille de l’arbuste pendant le repos végétatif. Une technique plus sophistiquée, mais qui requiert d’être aguerri, est de se baser sur la présence ou non de bourgeons de figues fleurs sur les rameaux nus. Il convient de mastiquer soigneusement les plaies de taille, aussi minimes qu’elles soient, l’espèce étant sensible à l’introduction de parasites via des plaies ouvertes. Il faut attendre le meilleur moment pour effectuer des tailles de branches de très gros diamètre : le début du printemps, juste avant que la plante ne débourre. La montée de sève va faciliter la cicatrisation des plaies.
Enfin, en période sèche, si le figuier manque d’eau, sa fructification sera limitée. Avant d’intervenir sur le sol, il est important d’avoir localisé les racines. Pour limiter la pression excessive des fourmis, évitez d'enduire de glu arboricole le tronc des figuiers, car le résultat peut être désastreux. Une transplantation réussie d'un gros sujet nécessite un rabattage sévère et un arrosage quasi déraisonnable au premier abord.