La Prière des Arbres Fruitiers : Une Célébration du Renouveau et de la Spiritualité

La tradition juive offre une occasion unique de se connecter à la nature et d'exprimer sa gratitude envers le Créateur à travers une bénédiction spéciale : la "Birkat Ha-Ilanot", ou bénédiction des arbres fruitiers en fleurs. Cette Mitsvah (commandement) est une pratique relativement rare, car elle ne peut être récitée qu'une fois par an, ce qui la distingue de la plupart des autres bénédictions. Profondément enracinée dans la Halakha (loi juive) et la Kabbale (mystique juive), cette bénédiction invite à une contemplation joyeuse du renouveau de la vie et de la beauté de la création.

Arbres fruitiers en pleine floraison printanière

Les Fondements de la Bénédiction : Source et Signification

La source de cette bénédiction se trouve dans le Talmud Berahot 43b, où Rav Yehouda enseigne : « Celui qui sort pendant le mois de Nissan et voit des arbres en fleur récitera la bénédiction : « Béni soit celui qui n’a privé son monde d’aucun bienfait et y a créé de bonnes créatures et de bons arbres pour en faire profiter les hommes ». Cette bénédiction exprime la reconnaissance envers D-ieu pour la création de la nature et pour les fruits qu'elle produit. Elle est une louange à la perfection divine qui n'a "rien fait manquer dans Son monde", créant des êtres et des arbres "pour que les êtres humains en tirent profit."

Manuscrit talmudique illustrant la bénédiction des arbres

Les décisionnaires, ainsi que les kabbalistes, ont beaucoup développé l'importance capitale de cette bénédiction et des réparations dans les mondes spirituels qu'elle a le pouvoir d'effectuer. Selon la Kabbale, il est important de réciter cette bénédiction durant le mois de Nissan, car les âmes qui errent dans les arbres doivent être purifiées à cette période. Le ‘Hida (Rabbi Haim Yossef David Azoulai) écrit que la Kabbale enseigne que cette bénédiction doit être récitée en Nissan car les âmes des morts se promènent dans les jardins à cette période et qu'en récitant cette bénédiction, on peut aider à leur élévation spirituelle.

Le Texte Exact de la Bénédiction

La formule de la bénédiction, bien que légèrement variable, suit généralement celle adoptée par le Shoulhane Arouh. Voici la translittération et la traduction :

Texte en hébreu :בָּרוּךְ אַתָּה יְיָ אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, שֶׁלֹּא חִסַּר בְּעוֹלָמוֹ כְּלוּם וּבָרָא בוֹ בְּרִיּוֹת טוֹבוֹת וְאִילָנוֹת טוֹבִים לֵהָנוֹת בָּהֶם בְּנֵי אָדָם

Translittération :Barou’h ata Adonaï Eloheinou mele’h haolame chélo ‘hissère béolamo kloume, ouvara vo bériote tovote vé-ilanote tovote léhanot bahèm bené adam.

Traduction en Français :Béni sois-Tu, Éternel notre D-ieu, Roi de l’univers, qui n’a rien fait manquer dans Son monde, et y a créé de bonnes créatures et de bons arbres pour que les êtres humains en tirent profit.

Il est à noter que même si la version talmudique originale de la bénédiction se conclut par les mots « Lehitnaot bahem bné adam », la coutume est de suivre la formule adoptée par le Shoulhane Arouh « Lehanot bahem bné adam », qui suit le sens expliqué par Rachi : « en faire profiter les hommes ». Cependant, le « Magid Taaloumot » offre une explication alternative du mot « Lehitnaot », signifiant accomplir une condition. Selon lui, D-ieu a posé comme condition, à l’instant de la création, qu’un jour viendrait où il ressusciterait les morts. Lorsque nous prononçons cette bénédiction sur des arbres qui, par la volonté divine, reviennent à la vie après leur profonde hibernation hivernale, nous rappelons cette condition préalable.

Le Moment Propice à la Bénédiction

Traditionnellement, cette Mitsvah est accomplie à partir du 1er Nissan, symbole du printemps et du renouveau de la nature. Rav Yehouda nous enseigne de réciter cette bénédiction « pendant le mois de Nissan ». Cependant, la signification exacte de ces mots a fait l'objet de discussions parmi les décisionnaires.

Certains pensent que seul le mois de Nissan est propre à la bénédiction. D’autres estiment que tant que les arbres sont en fleur, la bénédiction est possible, et le Talmud n’a mentionné le mois de Nissan que parce que la floraison y a généralement lieu. En pratique, il est recommandé de faire les efforts nécessaires pour pouvoir prononcer cette bénédiction durant le mois de Nissan, en évitant de l’avancer au mois de Adar ou de la retarder au mois de Iyar. Cette conduite est particulièrement recommandable d’après les kabbalistes.

La Bénédiction des Arbres 🌸 Célébrer la Nature Divine 🌾 Birkat Ha-Ilanot

Cependant, dans certains cas particuliers, il sera possible de dire la bénédiction entière, en y incluant le nom de D-ieu et la mention de la Royauté, même en dehors du mois de Nissan :

  • Zones géographiques différentes : Dans certaines zones du globe où la floraison a lieu à un autre moment de l’année, il est possible, a priori, de dire cette bénédiction au moment adéquat, même s’il ne correspond pas au mois de Nissan ; à condition qu’en Nissan on ne puisse trouver d’arbres en fleur.
  • Année embolismique : Lors d’une année embolismique (une année où un mois supplémentaire est ajouté au calendrier juif), où il y a sérieusement lieu de craindre qu’en Nissan les arbres ne soient plus en fleur, il sera possible de dire cette bénédiction dès le mois de Adar.
  • Floraison tardive : Celui qui n’est pas parvenu à prononcer la bénédiction durant tout le mois de Nissan pourra la dire même durant le mois de Iyar à condition que les arbres soient toujours en fleur. Il est entendu que le 30 Nissan, bien qu’étant aussi Roch Hodech Iyar, est aussi considéré comme faisant partie du mois de Nissan et sera donc apte a priori à y dire la bénédiction.

Il est juste que les femmes, elles aussi, récitent cette bénédiction. Et bien que celle-ci soit spécifiquement liée au mois de Nissan, les décisionnaires expliquent que cette obligation n’est pas considérée comme conditionnée par le temps. En effet, de l’avis de nombreux auteurs, on peut prononcer cette bénédiction en voyant des arbres en fleurs un autre mois. Même pour ceux qui estiment que ce n’est qu’en Nissan que l’on récite cette bénédiction, ce n’est pas parce que le temps de sa récitation serait dépendant du mois de Nissan, mais bien parce que les fleurs apparaissent précisément durant ce mois, ce qui a conduit les sages à prescrire cette récitation au mois de Nissan.

Selon le Ritva, on peut aussi bien dire cette bénédiction avant qu’après le mois de Nissan, et telle est aussi l’opinion de la majorité des décisionnaires, si bien que, a posteriori, on peut s’appuyer sur cette opinion. Dans ces conditions, cette bénédiction n’est pas dépendante du temps mais de la saison de floraison des arbres fruitiers. Pour ceux-là même qui estiment qu’elle est conditionnée par le temps, elle ne fait pas partie, selon le Touré Even sur Méguila 20b, de la catégorie formelle des obligations temporelles, car elle est conditionnée par l’apparition des fleurs, lesquelles se trouvent apparaître en Nissan, raison pour laquelle les sages ont établi le temps de la bénédiction durant ce mois. C’est ce qu’écrivent le Har Tsvi, Ora’h ‘Haïm 1, 118, et le ‘Hazon ‘Ovadia.

La Bénédiction Durant Chabbat et Yom Tov

Selon certains décisionnaires, on ne peut réciter cette bénédiction le Chabbat ou le Yom Tov pour plusieurs raisons :

a) De peur qu’on en vienne à arracher quelque chose de l’arbre.b) Selon la Kabbale, cette bénédiction a la capacité d’extraire des étincelles de sainteté des arbres et ce travail est interdit Chabbat en tant que Borère (trier).c) Cette bénédiction est faite en générale hors de la ville, ce qui peut entraîner un certain nombre de transgressions.

Cependant, de nombreux décisionnaires autorisent de faire cette bénédiction Chabbat ou Yom Tov :

a) Il n’y a pas lieu de craindre qu’on en vienne à arracher quoi que ce soit puisqu’il suffit de regarder les arbres pour dire la bénédiction, et il n’est même pas nécessaire de les toucher. D’après le Shoulhan Arouh (Chap. 336), il est même permis de toucher les brins de myrtes pour profiter de leur parfum et il n’y a pas lieu de craindre qu’il en arrive à les détacher du sol. Par conséquent, dans ce cas, même si la personne touchait les fleurs, il n’y aurait pas lieu d’interdire.b) L’interdiction de trier ne s’applique pas aux extractions d’ordre spirituel.

En pratique, il est préférable de dire cette bénédiction un jour de semaine, mais celui qui juge que l’occasion ne se représentera plus en dehors de Chabbat ou Yom Tov, pourra la réciter même ces jours-là. De la même manière, lorsque le dernier jour de Nissan tombe un Chabbat, il sera préférable à celui qui ne l’a pas encore fait, de dire la bénédiction Chabbat et de ne pas la repousser au mois de Iyar. Les gens zélés s'efforcent de se presser dans l'accomplissement des Mitsvot. À plus forte raison, dans les endroits où la majorité du public ne vient à la synagogue que le Chabbat, il y a un risque qu'ils oublient de prononcer la bénédiction les jours de semaine.

Illustration d'une famille récitant la bénédiction des arbres le Chabbat

L'Obligation Incombant aux Femmes

La majorité des décisionnaires s’accorde à dire que les femmes peuvent réciter cette bénédiction avec le nom d’Hachem et la mention de Sa royauté. Cette bénédiction n’est pas considérée comme dépendant du temps. En effet, même si elle n’est récitée que durant le mois de Nissan, cela est dû au fait que la floraison n’a lieu qu’à ce moment et non parce qu’elle doit être récitée exclusivement durant ce mois. Ce cas est semblable à la bénédiction de Sheheheyanou récitée sur un fruit de saison, aussi bien par les hommes que par les femmes, où la bénédiction est impossible la saison passée puisque le fruit y est alors introuvable.

Faut-il Rechercher Activement des Arbres en Fleurs ?

Les décisionnaires écrivent que sur ce point, cette bénédiction est comparable aux autres bénédictions récitées à la vue de certains phénomènes. En effet, il n’y a pas d’obligation de partir à la recherche d’arbres en fleurs pour pouvoir réciter la bénédiction, de la même manière qu’il n’y a pas d’obligation de voyager pour voir la mer et dire la bénédiction « Ossé maassé béréshit » ou d’aller au zoo pour réciter la bénédiction sur un singe ou un éléphant. L’obligation qui nous incombe de réciter la bénédiction n’apparaît qu’à l’instant où nous rencontrons le phénomène : arbre en fleur, mer, animal, mais nous n’avons pas d’obligation de provoquer la rencontre.

Cependant, vu l’importance de cette bénédiction, la coutume s’est répandue dans le peuple juif de se montrer zélé et de se rendre spécifiquement aux endroits où l’on peut trouver des arbres en fleurs pour se donner la possibilité de réciter cette bénédiction. En Israël, certains propriétaires de jardins ont pris l’habitude d’accrocher aux branches d’un de leurs arbres le texte de la bénédiction pour permettre aux passants d’accomplir la Mitsvah.

Nombre d'Arbres Nécessaires pour la Bénédiction

Certains décisionnaires déduisent des termes du Talmud « des arbres en fleurs » que la bénédiction ne peut être récitée que sur deux arbres au minimum. Même selon cette opinion, les arbres peuvent être de la même espèce et il n’est pas nécessaire de rechercher deux arbres d’espèces distinctes. D’autres décisionnaires désapprouvent cette déduction et tranchent que la bénédiction peut être récitée entièrement même sur un seul arbre, et ainsi se serait comporté, selon des témoins dignes de foi, le Rav Moché Feinstein, ainsi que le Rav Shlomo Zalman Auerbach. C’est pourquoi, même si, a priori, il est bien de réciter la bénédiction sur de nombreux arbres (selon le Hida) ou au moins sur deux arbres ; celui qui n’a pas la possibilité pourra la réciter sur un seul arbre.

Diagramme illustrant les différentes opinions sur le nombre d'arbres

Types d'Arbres sur Lesquels Réciter la Bénédiction

La bénédiction n’est récitée, selon les décisionnaires, que sur des arbres fruitiers et non sur des arbres stériles ou décoratifs. On pourra néanmoins réciter la bénédiction sur des citronniers car même si généralement les citrons ne sont pas consommés indépendamment, ils font partie de notre nourriture et contribuent à « faire profiter les hommes » comme nous disons dans cette Brakha. Pour cette même raison, certains décisionnaires autorisent de dire la bénédiction sur des rosiers en fleur, puisque les pétales sont comestibles, principalement en confiture, et que nous profitons de leur parfum. Cependant, de nombreux décisionnaires n’ont pas mentionné cette possibilité, et il semblerait qu’ils ne souscrivent pas à cette possibilité. C’est pourquoi il est préférable de réciter la bénédiction sur d’autres arbres.

Le Talmud précise explicitement que les arbres doivent être en fleur. Un arbre dont les fleurs sont tombées et dont les fruits ont commencé à se développer mais n’ont pas atteint leur maturité finale est l’objet d’une controverse entre les décisionnaires. Selon le Pri Mégadim, il est toujours possible de dire la bénédiction ; c’est ainsi que tranche le Michna Broura et telle est la coutume ashkénaze a posteriori lorsqu’il n’est plus possible de trouver un arbre où les fleurs sont toujours présentes. Selon une partie des décisionnaires, dès l’instant où les fleurs sont tombées, la bénédiction devient impossible, et ainsi tranche Rav Ovadia Yossef Shlita. Cependant, si des fleurs restent dans l’arbre, il sera possible, selon toutes les opinions, de dire la bénédiction et ce, même si des fruits sont déjà apparus. Il est important de ne pas réciter la bénédiction sur des arbres dont la greffe a été faite à l'encontre de la volonté Divine.

Éviter la Contemplation Avant la Bénédiction

Celui qui a contemplé des arbres en fleur mais pour certaines raisons n’a pas dit la bénédiction à ce moment, rentre dans une controverse entre les décisionnaires pour savoir s’il pourra par la suite dire cette bénédiction, ou qu’il a, à cet instant, perdu le droit de la dire en une autre occasion. La majorité des décisionnaires tranche qu’il lui sera toujours possible de réciter la bénédiction toute entière. Cependant, selon le Michna Broura, cette permission n’existe que tant qu’il y a toujours des fleurs sur l’arbre. Mais, celui qui aurait contemplé une première fois l’arbre en fleur sans faire la bénédiction et voudrait la faire à une autre occasion alors que l’arbre a perdu toutes ses fleurs et porte uniquement des fruits n’ayant pas atteint leur maturité, se verrait dans l’impossibilité de la réciter. Par conséquent, il est recommandé à tout celui voyant des arbres en fleur pendant le mois de Nissan et même avant, de s’abstenir de les contempler et de regarder avec insistance leurs fleurs pour pouvoir réciter la bénédiction en son temps selon toutes les opinions.

Le Lieu de Récitation et Autres Détails

Certains décisionnaires déduisent des termes du Talmud « Celui qui sort pendant le mois de Nissan », qu’il est nécessaire de sortir de la ville pour réciter la bénédiction. Cependant de nombreux décisionnaires, en se basant sur d’autres sources, tranchent que cette sortie est superflue. Le Rav Ovadia Yossef Shlita écrit que si de cette sortie résultait une perte d’un temps ordinairement réservé à l’étude de la Torah, mieux vaudrait s’en abstenir et procéder à la bénédiction à l’intérieur de la ville. C’est d’ailleurs ainsi que se conduit Tav Mordéhai Eliahou Shlita en réunissant un grand nombre de personnes pour la dire dans son propre quartier.

On s’efforce de dire cette bénédiction dès le premier jour du mois de Nissan au matin après la prière pour montrer notre zèle à l’accomplir. On s’efforce aussi de réunir un quorum de dix personnes au moins pour réciter ensemble la bénédiction accompagnée de tout le rituel imprimé dans les livres de prière. À priori, on remplira la Mitsvah le premier jour. Si l’on n'a pas réussi à la réaliser, il sera permis de dire la bénédiction tout le mois de Nissan. La bénédiction ne sera prononcée que lorsqu'on aperçoit les arbres. Par conséquent, si on se trouve dans un grand rassemblement qui gêne la vue, on attendra le moment propice avant de dire la bénédiction.

Carte d'Israël avec des points indiquant des lieux propices à la Birkat Ha-Ilanot

Durant le mois de Nissan, il est très bon et propice d'être un homme vertueux et de prier, de se confesser parmi les arbres et entre les herbes. Cette conversation de Rabénou Rabbi Na’hman de Breslev a eu lieu pendant les jours de Nissan, juste avant Pessa’h, lors de la Brit Mila de son fils Chlomo Ephraïm. À ce moment-là, il a été dit que pendant l'hiver, toutes les plantes et tous les arbustes sont morts, car ils ont perdu leur force en hiver et sont alors considérés comme morts. Et lorsque l'été arrive, ils se réveillent tous et vivent, et c'est très bon et beau lorsque nous sortons pour prier dans les champs. Cette prière, est une conversation, une supplication, un désir et des gémissements pour le Saint béni soit-Il. Toutes les herbes et les germes des champs qui commencent à vivre et à pousser alors, toutes sont désireuses et incluses dans notre conversation et notre prière.

Bénédictions Générales sur les Fruits

Dans le judaïsme, chaque événement de la vie quotidienne permet de spiritualiser le matériel. En plus de la Birkat Ha-Ilanot, il existe des bénédictions spécifiques avant de consommer des fruits. Pour les fruits de l'arbre, on dit :

"Baroukh ata Ado-naï elohénou melekh aholam boré peri aétz"Traduction : "Sois béni, Éternel notre Di-eu, roi du monde, créateur du fruit de l'arbre."

Si quelqu'un entend la brakha, il répond "amen". Ces bénédictions, bien que distinctes de la Birkat Ha-Ilanot, partagent le même esprit de reconnaissance pour les bienfaits de la création.

La Birkat Ha-Ilanot est une Mitsvah profondément ressentie en Israël où l’attachement à la terre est sensible et très fort. Depuis le début de la pandémie, beaucoup ont pris l’habitude de regarder un peu plus la nature, elle qui a continué à vivre normalement, pendant que les humains étaient souvent contraints. Cette pratique offre une belle opportunité de se reconnecter à la vitalité du monde naturel et à la spiritualité qui en découle.

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