Lutte Intégrée Contre les Ravageurs en Pépinière et Horticulture en Île-de-France : Stratégies et Innovations

La filière horticole et pépiniériste en Île-de-France, comme partout ailleurs, est confrontée à des défis constants liés à la présence de ravageurs et de maladies. Ce groupe rassemble deux filières qui ont rarement des sujets transversaux à travailler ensemble, mais en mettant autour de la table les horticulteurs et les pépiniéristes, des idées ont émergé et fusé rapidement. Elles nous ont conduits vers la biodiversité dans un premier temps puis directement sur les services écosystémiques qu’elle peut fournir. L'objectif est de protéger la santé et la productivité des végétaux tout en minimisant l'impact environnemental des méthodes de contrôle. Le règlement européen relatif à la santé des végétaux (2016/2031), entré en application depuis 2019, a pour objectif de protéger le territoire de l’Union Européenne de l’introduction et de la dissémination d’organismes nuisibles pour les végétaux. Dans ce cadre, les professionnels ont pour obligation de contrôler la présence éventuelle d’organismes réglementés dans leurs entreprises et de connaître les mesures à prendre en fonction de la catégorie rencontrée.

La lutte contre les ravageurs est permanente et sans relâche. Des ravageurs courants comme les pucerons, les thrips, les chenilles, les acariens et les aleurodes peuvent endommager les plantes et réduire les rendements. L'engagement est de fournir aux producteurs du monde entier des connaissances approfondies et des solutions naturelles pour gérer et prévenir les ravageurs. En comprenant les ravageurs communs, en mettant en œuvre des mesures préventives et en employant des stratégies efficaces de contrôle des ravageurs, il est possible de protéger les cultures contre les dommages.

Comprendre les Principaux Ravageurs et Leurs Cycles Biologiques

D’un point de vue scientifique, les parasites des plantes appartiennent à différents groupes zoologiques. Ils peuvent être divisés en quelques catégories principales.

Insectes Phytophages

Ce sont les animaux les plus nombreux à nuire aux plantes cultivées. Ils appartiennent à différents ordres :

Rhynchotes (ordre des hémiptères) : Ce groupe comprend les pucerons, les cochenilles, les psylles, les aleurodes (mouches blanches) et les punaises. Ces insectes sont en grande partie des suceurs de sève ; ils possèdent des pièces buccales piqueuses-suceuses avec lesquelles ils percent les tissus végétaux (feuilles, jeunes pousses, fruits) pour se nourrir de la sève. Exemples : les pucerons (comme Aphis pomi sur les pommiers ou Myzus persicae sur les pêchers) et les cochenilles (comme Saissetia oleae sur les agrumes et les oliviers, ou la cochenille du peuplier Planococcus citri). Les insectes font également partie de ce groupe : par exemple, la punaise asiatique (Halyomorpha halys) est une rincote envahissante qui cause de graves problèmes aux vergers italiens.

Pucerons sur une tige de plante

Les pucerons : Présentation : Petit insecte ailé ou non, de 1 à 3 mm. Habitat : Il vit sur les plantes. Certaines espèces de pucerons évoluent sur une seule plante hôte, d’autres sont migratrices. Alimentation : Il suce la sève des plantes pour en extraire les éléments nutritifs dont il a besoin. Il apprécie particulièrement la sève riche en substances solubles présente dans les jeunes plants ainsi que les légumes ayant une nutrition déséquilibrée. Caractéristiques et chiffres clés : Un puceron vit un ou deux mois. Les pucerons comprennent de nombreuses espèces (noires, vertes, jaunes, farineuses, etc.) qui s’attaquent à presque toutes les plantes cultivées. De nombreux pucerons présentent un cycle holocyclique, avec une phase annuelle de reproduction sexuée : en automne, les femelles pondent des œufs durables sur les plantes (par exemple, des œufs noirs et brillants accumulés sur les rameaux des plantes fruitières), qui résistent au froid hivernal. Au printemps, des femelles fondatrices naissent des œufs et initient des générations asexuées : tout au long du printemps-été, en effet, les pucerons se reproduisent par parthénogenèse vivipare, c’est-à-dire que les femelles donnent directement naissance à des nymphes vivantes, toutes femelles identiques à la mère, sans qu’il y ait besoin de s’accoupler. Ce type de reproduction permet des multiplications très rapides : chaque génération ne prend que 1 à 2 semaines et chaque femelle génère des dizaines de nouvelles femelles. En peu de temps, les colonies explosent en nombre, aspirant la sève des jeunes tissus. Au cours de l’été, des formes ailées (actées et ailées) apparaissent souvent et se dispersent vers d’autres plantes hôtes, parfois autres que la plante primaire (de nombreux pucerons sont hétérogènes : par exemple, certains hivernent sur les arbres et passent l’été sur des cultures herbacées). À la fin de l’été, des conditions changeantes (photopériode, épuisement de la plante hôte) induisent la production de mâles et de femelles sexués qui s’accouplent et pondent des œufs d’hiver, clôturant ainsi le cycle annuel. Dans les régions au climat doux, certaines espèces peuvent également se reproduire en continu tout au long de l’année sans phase sexuée (cycle anolocyclique), survivant sous forme d’adultes ou de néanides sur des plantes à feuillage persistant ou des plantes de serre. En général, le cycle des pucerons se caractérise par sa rapidité et sa flexibilité : de nombreuses générations se chevauchent, la capacité de dispersion des formes ailées et l’adaptation à divers hôtes. Cela en fait des ravageurs difficiles à contrôler si l’on ne s’y prend pas à temps.

Les cochenilles : Bien que la plupart des espèces de cochenilles se nourrissent des parties aériennes de la plante, certaines espèces tirent leur nourriture des racines, tandis que d’autres sont gallicoles.

Les aleurodes : Ce sont de petits insectes volants qui se regroupent sur la face inférieure des feuilles, suçant le jus des plantes et provoquant le flétrissement et le jaunissement du feuillage.

Les punaises phytophages : Elles endommagent les plantes en perforant les feuilles et les points de croissance avec leurs pièces buccales piqueuses-suceuses et en en extrayant les nutriments, ce qui entraîne des déformations et des trous de perforation.

Lépidoptères : Ce sont des papillons et surtout des papillons de nuit et des carpocapses, dont les stades larvaires (chenilles) s’attaquent aux feuilles, aux fruits ou au bois. Des exemples typiques sont la pyrale de la pomme (Cydia pomonella), la pyrale du pêcher (Grapholita molesta), la pyrale de la tomate (Tuta absoluta) et la pyrale de la vigne (Lobesia botrana). Ces insectes sont souvent des carpophages ou des mineuses : les larves creusent des galeries dans les fruits ou les feuilles.

Les chenilles : Elles peuvent causer de graves dommages économiques. La plupart des espèces se nourrissent de feuilles et de jeunes pousses, et leur énorme capacité d’alimentation peut rapidement détruire une plante.

La piéride : Habitat : Présente partout, même en ville, la piéride apprécie surtout les crucifères pour en faire ses plantes hôtes, mais aussi les capucines. Ses œufs sont déposés au revers des feuilles nourricières, par lots de 20 à 50 unités. Alimentation : La chenille se contente des feuilles périphériques.

Les noctuelles : Présentation : Papillon nocturne. Les 750 espèces en France sont réparties en deux principales familles : les terricoles et les défoliatrices. Habitat : Pour les terricoles, les larves vivent sur et dans le sol, les papillons sont sédentaires. Alimentation : Les noctuelles sont en majorité polyphages. Caractéristiques et chiffres clés : Les chenilles hivernent en hiver et se développent en mars-avril. Les larves apparaissent de juin à juillet.

Le ver du pommier (Cydia pomonella) : également appelé « ver de la pomme », est un lépidoptère dont les dégâts sont bien connus des producteurs de fruits à pépins. Son cycle de vie est un exemple typique de papillon carpophage. L’insecte passe l’hiver sous forme de larve mature cachée sous l’écorce ou dans le sol à l’intérieur de cocons soyeux : en pratique, à la fin de la saison, la larve quitte la pomme infestée et se met à l’abri pour passer l’hiver en diapause. Au printemps, la larve se transforme en chrysalide et de la pupe émerge l’adulte (papillon grisâtre d’environ 1-1,5 cm d’envergure). Les adultes papillonnent entre la fin du printemps et le début de l’été et s’accouplent ; les femelles pondent leurs œufs sur les feuilles ou directement sur les fruits des pommiers, des poiriers ou d’autres plantes hôtes. Après environ 1 à 2 semaines, les bruchetti rosati (chenilles), qui percent immédiatement la peau du fruit et creusent des tunnels vers le centre, se nourrissant de la pulpe et surtout des graines. Le trou d’entrée du fruit exsude souvent de la gomme ou de la « rosume » foncée (excréments de la chenille). La larve mature (environ 1 à 2 cm de long, de couleur rosâtre avec une tête brune) émerge du fruit après quelques semaines, tombant sur le sol ou se glissant sous les fissures de l’écorce, où elle se transforme en chrysalide. Dans les régions tempérées d’Italie, la carpocapsa fait généralement des deux générations par an. La première se situe entre la fin du printemps et le milieu de l’été, la seconde à la fin de l’été et les papillons s’envolent entre août et septembre. Dans les régions particulièrement chaudes, il peut y avoir une troisième génération partielle. Les larves de la dernière génération passent l’hiver en diapause. Le cycle de la carpocapsa est étroitement lié à la présence de fruits : si les fruits ne sont pas là (comme au printemps), les larves nouveau-nées ne peuvent pas survivre. Par conséquent, les adultes de la première génération émergent de manière synchronisée avec la phase de nouaison des pommiers.

La pyrale du pêcher (Grapholita molesta) : C'est un petit lépidoptère tortricidé, apparenté au carpocapsa mais avec un comportement différent. Il passe également l’hiver sous forme de larves hibernantes dans des cocons. Au printemps, les adultes (papillons gris de quelques millimètres) apparaissent dès le mois d’avril. La femelle pond ses œufs principalement sur les jeunes pousses de pêchers et d’autres arbres fruitiers (abricotiers, pommiers, poiriers). Les premières larves qui émergent au printemps pénètrent dans les pousses tendres, creusant des galeries dans les branches en croissance : les pousses affectées se flétrissent et présentent l’aspect classique du « drapeau » (pousse flasque et brunie qui pend vers le bas). Ces attaques sur les pousses de printemps affaiblissent la plante et réduisent la production de branches fructifères. Les générations suivantes (en été) voient les larves s’attaquer également aux fruits des pêchers, pruniers, abricotiers et parfois des pommiers et poiriers, en creusant des galeries dans la chair à partir du pétiole. La pyrale peut produire 3 à 4 générations par an en Italie (jusqu’à 5 dans les régions méridionales plus chaudes). Les papillons de chaque nouvelle génération volent toutes les 4 à 6 semaines environ pendant les mois chauds, générant une attaque continue du printemps à la fin de l’été.

Coléoptères : Ce groupe comprend les scarabées et les coléoptères végétaux. Un exemple typique est le doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata), un coléoptère rayé jaune et noir qui défolie les pommes de terre et d’autres Solanacées. D’autres coléoptères nuisibles sont l’otiorhynque (Otiorhynchus spp.), qui ronge les feuilles des plantes fruitières et ornementales, et le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus), qui s’attaque aux palmiers ornementaux (bien que ce dernier n’affecte pas les plantes fruitières traditionnelles, c’est un exemple de coléoptère phytophage pertinent dans la région méditerranéenne). Les coléoptères nuisent aux cultures en consommant les feuilles, les fruits et les enracinements. Il est essentiel de comprendre leur impact pour mener une lutte équilibrée contre les ravageurs.

Le doryphore : Habitat : Pouvant voler sur des centaines de kilomètres, il couvre des espaces importants. Alimentation : Il est phytophage et consomme surtout des solanacées. Aussi nommé chrysomèle de la pomme de terre, il s’attaque en effet de préférence à cette culture, dévorant feuilles, tiges et tubercules. Prédateurs : Carabes et staphylins pour les larves. Caractéristiques et chiffres clés : Le doryphore se reproduit très vite, une femelle peut pondre jusqu’à 2500 œufs qui donnent naissance au bout de 10 jours à des larves très voraces.

Le taupin : Présentation : Coléoptère dont il existe plus de 8000 espèces. Habitat : Les adultes sont attirés par les légumineuses et les graminées. Les prairies constituent ainsi un site de ponte idéal. Les œufs sont déposés dans le sol, surtout s’il est riche en matière organique, où les futures larves vivent et se déplacent verticalement. Alimentation : C’est sous la forme de larves que le taupin cause le plus de dégâts. Caractéristiques et chiffres clés : Le taupin se développe surtout en été.

Diptères : Mouches et moucherons phytophages. La plus connue est la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata), une petite mouche qui pond ses œufs dans les fruits mûrs de nombreuses espèces (pêche, agrumes, figue, poire, abricot, etc.). D’autres diptères nuisibles sont la mouche de l’olive (Bactrocera oleae), spécialisée dans les olives, et la mouche de la cerise (Rhagoletis cerasi). Certains moucherons comme Drosophila suzukii (petite mouche des fruits) causent également des dégâts sur les baies et les cerises. Les mouches peuvent endommager les cultures de manière directe ou indirecte.

La mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata) : Ce petit diptère (environ 5 mm de long) est l’un des ravageurs les plus redoutés des cultures fruitières méditerranéennes. Les adultes sont des moucherons aux ailes tachetées et à l’abdomen jaune-orange. Ils hivernent principalement sous forme de chrysalide dans le sol : la chenille (larve) mûrit et se transforme en chrysalide à l’intérieur d’un cocon dans le sol, survivant ainsi à l’hiver dans les zones climatiques douces. Au printemps, les adultes émergent et la femelle commence à piquer le fruit mûr pour pondre des œufs sous la peau. Chaque femelle peut pondre des centaines d’œufs au cours de sa vie. Après quelques jours, les larves blanchâtres (ressemblant à des vers) sortent des œufs et se nourrissent de la chair du fruit en creusant des tunnels. Le stade larvaire dure environ 1 à 2 semaines dans des conditions estivales optimales. Lorsqu’elle atteint sa maturité, la larve quitte le fruit en tombant au sol et s’enfouit juste sous la surface, où elle se transforme en nymphe. Après une phase nymphale d’une à deux semaines (en été), de nouveaux adultes apparaissent, prêts à s’accoupler et à recommencer le cycle. En été, par temps chaud, une génération complète peut être accomplie en 3 à 4 semaines environ, et il y a donc de nombreuses générations annuelles : dans les régions méridionales et côtières, il peut y avoir jusqu’à 6 ou 7 générations par an, avec une augmentation exponentielle de la population vers la fin de l’été. Dans les régions plus fraîches (nord de l’Italie), en revanche, l’espèce n’est présente qu’en été, avec 2 ou 3 générations au maximum. Le facteur limitant est la température : en dessous d’environ 9-10 °C, l’activité biologique de la mouche s’arrête. Cela explique pourquoi l’insecte n’arrive pas à hiverner sous une forme active dans les climats froids, alors qu’il prospère dans nos régions méditerranéennes.

La mouche de la carotte : Présentation : Diptère dont l’adulte mesure 4,5 à 6 mm avec la tête principalement jaunâtre et le corps noir. Alimentation : Les larves consomment de manière négligeable les racines puis les adultes les feuilles. L’altise s’attaque à de nombreuses cultures, surtout des brassicacées comme les navets ou les choux, certaines altises attaquent les pommes de terre.

La mouche du poireau : Présentation : L’adulte est une petite mouche grisâtre d’environ 3 mm, avec un front et un dessous de l’abdomen jaunes. Alimentation : La femelle se nourrit en pompant la sève, occasionnant des piqûres blanches sur le feuillage. Caractéristiques : Pour le poireau, le premier vol a lieu entre avril et juin.

Les mineuses des feuilles : Elles causent des dégâts causés par les feuilles à la fois directement et indirectement. Les dégâts les plus directs sont causés par les larves qui exploitent le tissu des feuilles, ce qui peut entraîner un épuisement, une chute prématurée des feuilles et des dégâts esthétiques.

Thysanoptères : Ce sont des thrips, minuscules insectes allongés tels que Frankliniella occidentalis, qui piquent les fleurs et les feuilles (par exemple, sur les légumes et les arbres fruitiers), provoquant des déformations et pouvant transmettre des viroses aux plantes horticoles. Les thrips sont des insectes minces aux ailes frangées et aux pièces buccales râpeuses. Ils peuvent causer d’importants dégâts aux plantes en se nourrissant de la sève et en propageant des virus.

Acariens Phytophages

Communément appelés « tétranyques », ce sont des arachnides microscopiques (ce ne sont pas des insectes) qui infestent les feuilles et les fruits. Le plus courant est le tétranyque rouge (Tetranychus urticae), un acarien polyphage qui s’attaque aux légumes, aux plantes fruitières (pommier, vigne, agrumes, fraisier, etc.) et aux plantes ornementales. Il existe également des acariens spécifiques, comme l’araignée rouge du pommier (Panonychus ulmi) ou les acariens ériophages qui provoquent des galles et des déformations (par exemple, Colomerus vitis sur la vigne). Les acariens phytophages sont très petits (0,2-0,5 mm), souvent de couleur rougeâtre ou jaunâtre, et vivent en colonies sur la face inférieure des feuilles, tissant de fines toiles protectrices. Ils ne sont pas des insectes à proprement parler, mais plutôt des arachnides. Ils sont extrêmement minuscules et passent souvent inaperçus jusqu’à ce qu’ils causent de graves dommages aux plantes en suçant le contenu des cellules. Alimentation : Les acariens piquent les feuilles à la face inférieure provoquant des dessèchements du feuillage et de la plante entière.

Nématodes Phytoparasites

Ce sont des vers ronds microscopiques du sol, souvent invisibles à l’œil nu (quelques millimètres de long). Ils s’attaquent au système racinaire des cultures, provoquant leur pourrissement et une mauvaise croissance. Les nématodes à galles (genre Meloidogyne) provoquent des galles et des nœuds sur les racines des légumes (tomates, courgettes, etc.) et des jeunes arbres fruitiers, entravant l’absorption de l’eau et des nutriments. D’autres nématodes comme Pratylenchus (lésion des racines) ou Heterodera (nématodes à kystes) affectent les céréales et d’autres cultures agricoles, provoquant des jaunissements et des baisses de rendement.

Autres Animaux Nuisibles

Bien que les insectes, les acariens et les nématodes soient les principaux, il ne faut pas oublier d’autres organismes qui peuvent nuire aux plantes cultivées. Il s’agit notamment des mollusques gastéropodes (escargots et limaces) qui rongent les feuilles et les fruits en contact avec le sol, surtout en horticulture ; de certains rongeurs comme les campagnols et les mulots, qui rongent les racines ou l’écorce des jeunes arbres ; et même de certains oiseaux frugivores ou chauves-souris qui peuvent se nourrir de fruits (ce ne sont pas des ravageurs au sens strict, mais ils sont considérés comme des « adversités » agraires). En agriculture, cependant, lorsque nous parlons de « ravageurs », nous faisons presque toujours référence aux insectes phytophages, aux acariens et aux nématodes, qui font l’objet de stratégies spécifiques de défense contre les ravageurs.

Le campagnol terrestre (ou rat taupier) : Présentation : C'est un rongeur trapu, à queue courte et velue, à très petites oreilles. Alimentation : Il est végétarien et mange tous les jours son équivalent en poids de racines de légumes ou d’arbres fruitiers.

Les limaces : Présentation : Gastéropode pulmoné terrestre sans coquille externe. Les espèces les plus communes sont la loche, la limace horticole, la grosse limace rouge. Alimentation : Très variée, principalement des tissus végétaux (surtout ceux des plantes endommagées) mais aussi champignons ou déchets animaux. Elle ingurgite 30 à 40 fois son propre poids en 24 heures. Caractéristiques et chiffres clés : Dans des conditions idéales, une limace peut vivre jusqu’à 18 mois.

Le tipule : Caractéristiques et chiffres clés : Le tipule se développe surtout en été. De l’humidité et de la matière organique mal aérée favorise l’apparition des larves.

Maladies des Végétaux

Les plantes fruitières et les cultures agricoles peuvent être attaquées par divers ravageurs, c’est-à-dire des organismes qui exploitent leurs ressources au détriment de la santé et de la productivité et qui génèrent des maladies du tronc des plantes fruitières. En Italie et dans la région méditerranéenne, le climat doux favorise la présence de nombreux ravageurs, des petits insectes suceurs de sève aux chenilles défoliatrices, des acariens microscopiques aux nématodes du sol. Ces organismes peuvent causer d’importants dégâts dans les vergers et les champs de culture, compromettant la qualité et la quantité des récoltes. Il est essentiel de connaître les principaux ravageurs, leur cycle de vie et les symptômes des infestations pour pouvoir les combattre efficacement.

Il est nécessaire de faire un focus sur les maladies cryptogamiques (rouille, oïdium, mildiou, botrytis), les tâches foliaires, les chancres, les maladies racinaires (Phytophthora, Pythium, Rhizoctonia, Fusarium), ainsi que les bactérioses et viroses.

Schéma illustrant les différentes maladies des plantes

Le mildiou : Présentation : Il s’agit de maladies cryptogamiques causées par différentes espèces d’oomycètes pathogènes selon les espèces hôtes.

Stratégies de Prévention et de Gestion des Ravageurs

En intégrant les velléités de chacun et les compétences extérieures apportées par des experts comme Flor’Insectes, des solutions ont pu être développées pour gérer les principaux ravageurs.

L'Importance de la Santé de la Plante

Pour nous aiguiller, les travaux d'Olivier Husson montrent l’importance de l’état de santé de la plante, mesurable par le pH et le potentiel d’oxydo-réduction, sur le développement des ravageurs. La figure ci-dessous montre la zone de pH-Eh du développement des pathogènes et de l’équilibre de la plante.

Diagramme pH-Eh de l'équilibre des plantes et du développement des pathogènes

John Kempf montre que la plante fabrique d’abord des sucres simples puis, si elle a besoin de se défendre et si elle est bien nourrie, des chaînes carbonées de plus en plus complexes : protéines (étage 2), lipides (3) et métabolites secondaires (4 : huiles essentielles et tanins). Or, les protéines sont difficilement digestes par les larves et insectes suceurs. Les lipides protègent des bactéries et oomycètes (tel le mildiou). Et les huiles essentielles et tanins offrent une résistance contre les nématodes, virus, coléoptères et champignons. Kempf décrit donc avec une autre approche les mécanismes de défenses naturels des végétaux. Ainsi Olivier Husson et John Kempf nous expliquent qu’il est possible via une bonne nutrition de la plante d’empêcher le développement des ravageurs. La mauvaise santé d’une plante peut se mesurer par : son pH, son potentiel redox Eh, et ses carences en minéraux (mesures foliaires de Novacrop - 20 €). Un travail conséquent reste à faire pour établir les références de bonne santé (pH, Eh, minéraux) de chaque légume.

L'IMPORTANCE DE LA NUTRITION DES PLANTES

Favoriser la Biodiversité et les Services Écosystémiques

Comme on peut le voir avec les différentes techniques mises en œuvre au sein du réseau MSV Normandie, beaucoup de maraîchers comptent sur l’action d’autres espèces, à l’image des coccinelles, des chats ou encore des rapaces, pour contrer les attaques de ravageurs. Les principaux ennemis des cultures sont en effet des insectes et des rongeurs. Or, ceux-ci ont de nombreux ennemis parmi les microorganismes, les mammifères, les oiseaux dont notablement les rapaces, les amphibiens et même les insectes. Ainsi, afin d’autoréguler ravageurs et prédateurs, il semble souhaitable de faire vivre la biodiversité sur la ferme. Le maraîchage sur petite surface, caractérisé par la polyculture (diversité de ressources et d’abris), et sur sol vivant (riche en ressources alimentaires et stimulant l’activité biologique) avec une utilisation limitée de pesticides (notamment de ceux qui ont une action non ciblée), favorise déjà la biodiversité dans son système. Cependant, les cultures ne favorisent pas un établissement durable de population, car elles ont une durée de végétation définie dans le temps. Il est donc nécessaire de garder des milieux naturels autour des cultures, pour que les prédateurs y trouvent les ressources nécessaires à leur survie. Cela leur permettra notamment d’être présents et actifs dès le commencement du printemps, à l’apparition des premiers nuisibles.

Bandes fleuries : Elles sont composées de fleurs vivaces ou annuelles. Il faut de préférence proposer une diversité de structures et de feuillages mais surtout garantir une disponibilité constante de nectar et de pollen, en choisissant les fleurs en fonction de leur période de floraison afin de créer une succession.

Haies : Pour qu’elles soient encore plus attractives, sélectionnez des espèces d’arbres et d’arbustes florifères, ainsi que quelques fruitiers pour les oiseaux. Il est important de présenter une diversité d’espèces, environ 10-15, aux ports et feuillages différents.

Abris : Il est possible de construire assez facilement, ou de se procurer, des nichoirs à oiseaux ou encore des dortoirs à chauve-souris. De la même façon, des amoncellements de feuilles mortes, branches ou roches feront d’excellents hôtels pour la biodiversité. Le but est de proposer à la faune de nouveaux sites de refuge.

Mares : Rien de tel pour proposer de l’eau à la faune locale et accueillir les amphibiens. Les mares peuvent être temporaires ou pérennes, selon la volonté du maraîcher.

Moyens de Gestion Spécifiques

Pucerons : Une biodiversité bien installée à proximité est un bon moyen de gestion.

Mouche de la carotte : Les filets spécifiques pour la mouche de la carotte sont la meilleure protection. Posés dès le semis et jusqu’à la fin des vols vers septembre-octobre.

Mouche du poireau : Placer des filets, en évitant le contact avec le feuillage en période de vol, c’est-à-dire en fin d’hiver et à l’automne. Il n’est pas nécessaire de laisser les filets durant la période de récolte hivernale.

Limaces : Usage de molluscicides autorisés en AB est un bon compromis entre efficacité et temps de travail : Sluxx et Ferramol dont le composé actif est le phosphate ferrique.

Piéride : On privilégie les filets et en cas de pullulation, on les écrase à la main.

Noctuelles : Dès que vous observez les premiers dégâts, recherchez les larves dans la terre dans un périmètre de 20 cm autour de la plante à l’aide d’un couteau et détruisez-les.

Acariens : La lutte biologique est complexe car le développement des auxiliaires en milieu sec et chaud est ardu.

Mildiou : L’année 2021 a été particulièrement difficile pour de nombreux maraîchers face au mildiou sur la tomate, toutefois certains, grâce à des mesures adaptées ont pu assurer une récolte suffisante : respecter des rotations pour les cultures sensibles, sélectionner des variétés résistantes, favoriser une bonne aération des cultures (abris, arrosage au sol, circulation de l’air entre les plantes), réduire les arrosages en période pluvieuse, faire l’entretien des plants (taille, récolte, effeuillage) en bonnes conditions météo avec destruction des débris de culture et des plants atteints. Surtout en préventif, l’utilisation de purin, de décoction et d’huiles essentielles peut donner des résultats (petit lait de chèvre dilué, purin de prêle, huiles essentielles de romarin à cinéole). Si la maladie se développe de manière inquiétante, l’utilisation de fongicide comme la bouillie bordelaise peut endiguer la maladie (attention, effets secondaires non négligeables).

Accompagnement et Formation des Professionnels

Johanna Couraudon, diplômée en 2013 d’un master de l’Université d’Angers, a développé ses compétences à ASTREDHOR Loire-Bretagne en expérimentation, où elle a découvert les différents acteurs de la filière horticole. Aujourd’hui basée à ASTREDHOR Est, elle accompagne les professionnels sur le plan technique, agronomique, sanitaire et réglementaire, dans des productions diversifiées : pépinière de pleine terre (forestière et fruitière), hors-sol, vivaces, productions horticoles de serre chaude et froide. Elle anime également un groupe de producteurs pour les aider à réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques.

Mélanie, ingénieure agronome en protection des plantes depuis 2019 et intéressée par la production végétale, leur protection et tout ce qui entoure ce domaine, sait faire preuve d’une grande curiosité. Son parcours universitaire varié et son expérience en production maraichage hors-sol lui ont permis de développer un véritable sens du contact ainsi qu’un fort intérêt pour la lutte intégrée et les méthodes alternatives.

Olivier Riaudel a travaillé pendant plus de 10 ans en tant qu’expérimentateur en horticulture ornementale au sein d’ASTREDHOR Sud-Ouest. Désormais ingénieur conseil et formateur dans la même unité, il s’appuie sur ses connaissances techniques pour répondre aux problématiques des professionnels de la production.

Ces experts apportent une pédagogie active et participative, enrichie par des mises en situation concrètes. L’apprentissage se fait de manière collaborative, permettant aux participants d’enrichir mutuellement leurs connaissances grâce à des interactions dynamiques. Les formateurs se réservent le droit d’ajuster le programme et les activités proposées afin de mieux les adapter aux attentes des participants. Des sessions de formation sont régulièrement organisées, notamment sur les maladies et ravageurs en espaces verts, pour savoir les reconnaître et les gérer. Les prochaines sessions sont prévues le 08 oct., le 13 oct., du 11 déc. 2025 au 12 déc., du 30 juin 2026 au 01 juil., du 08 oct. 2026 au 09 oct., du 14 oct. 2026 au 15 oct. et du 09 déc. 2026 au 10 déc.

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