Le rhododendron, arbuste ornemental apprécié pour sa floraison spectaculaire, peut être affecté par diverses maladies et parasites. Arbuste à la floraison extraordinaire, de culture facile et résistant, le rhododendron avoue toutefois quelques faiblesses face à des parasites ou à des champignons notamment. Parfois sans gravité et/ou simples à éradiquer, certaines maladies peuvent toutefois lui être fatales. Les rhododendrons et azalées sont deux plantes de terre de bruyère, très appréciées pour leur floraison généreuse et colorée et leur feuillage persistant d’un vert lustré. Faciles à cultiver en pot ou en pleine terre, ces deux plantes arbustives apprécient les situations mi-ombragées à ombragées et les sols acides, plutôt frais, fertiles et humifères.

Caractéristiques biologiques et conditions de culture
Arbuste d’ornement, une fois installé, cette plante se plaît considérablement dans les jardins et prend de l’ampleur. On trouve en Europe de véritables « forêts » de rhododendrons. Sauf quelques variétés, le rhododendron est une plante rustique que l’on retrouve beaucoup dans les régions montagneuses, notamment les Alpes. Cette plante appartient à la famille des Ericacées, la même famille que les azalées. Les rhododendrons sont souvent des arbustes ronds avec un diamètre imposant. Ces arbres prennent de l’ampleur au cours de leur croissance, d’où l’importance de la taille pour réguler le caractère envahissant de la plante. Le rhododendron est une plante de terre de bruyère et apprécie particulièrement l’acidité du sol.
Pour favoriser la floraison de l’année suivante, il est vivement conseillé de retirer les fleurs fanées. Les fleurs de cette plante sont toujours très colorées, comme les roses, et sont en forme de trompette. Selon les espèces, la floraison a lieu à la fin de l’hiver, au début du printemps, et cela jusqu’en juillet. La prévention des maladies du rhododendron repose sur le respect de ses besoins spécifiques. Ces arbustes ornementaux prospèrent dans un sol acide, bien drainé et riche en matière organique. L’apport régulier de terre de bruyère maintient l’acidité du sol nécessaire à leur bon développement. Un paillage épais avec des écorces de pin conserve l’humidité et nourrit progressivement le sol.
Le Phytophthora : la menace racinaire majeure
Le Phytophthora cinnamomi représente la maladie la plus grave des rhododendrons. Ce champignon du sol attaque les racines et provoque un dépérissement rapide de la plante. L’écorce au niveau du collet brunit et perd son aspect luisant. Cette maladie du rhododendron se développe particulièrement dans les sols mal drainés où l’eau stagne. C’est une maladie assez grave qui entraîne des dégâts considérables, voire la mort de la plante. C’est surtout une maladie invisible qui s’attaque aux racines. Le champignon attaque la plante via une blessure quelconque, au niveau du collet. Le feuillage se flétrit, se replie sur lui-même pour former une cuillère. Puis, il se décolore et devient terne.
Il bloque le système racinaire et crée une pourriture au niveau du collet. Le Phytophthora empêche une alimentation correcte ou totale en sève des feuilles et des branches, ce qui explique pourquoi le rhododendron meurt. Cette maladie apparaît surtout en sol lourd ou mal drainé sur des rhododendrons plantés récemment. Elle est favorisée par de l’eau stagnante au pied de l’arbuste. Malheureusement, il n’existe pas de traitement pour lutter contre les Phytophthoras. En cas d’infection avérée, il faut arracher et brûler la plante atteinte. La désinfection du sol et des outils devient alors nécessaire, ainsi qu’une quarantaine de trois mois dans un rayon de dix mètres. Tout passe par la prévention : votre rhododendron ou azalée doit être planté dans un sol parfaitement drainé, qui ne retient pas l’eau.

Les ravageurs du feuillage : Otiorhynques et Tigres
L’otiorhynque (Otiorhynchus sulcatus), un petit charançon noir d’un centimètre, cause des dégâts caractéristiques sur le feuillage des rhododendrons. Les feuilles sont mangées sur les bords, dentelées comme grignotées par un insecte qui reste introuvable. Ce petit charançon monte la nuit depuis le sol sur les branches les plus basses du rhododendron. Sa larve vit aussi au pied de l’arbuste et ronge les racines jusqu’au collet. Le rhododendron très attaqué se flétrit puis meurt. Pour une lutte biologique, certains vers (Heterorhabditis bacteriophora) parasitent les larves de l’otiorhynque et les détruisent. Le traitement bio contre ce parasite fait appel aux nématodes spécifiques qui s’attaquent aux larves. Le purin de fougère constitue également une solution naturelle efficace.
La Stephanitis rhododendri, communément appelée tigre du rhododendron, provoque des taches décolorées sur le dessus des feuilles. Très jolie petite mouche aux ailes semblables à de la dentelle noire et blanche, elle craint le soleil et se tient souvent sur le revers des feuilles qu’elle constelle de ses excréments. Le dessus des feuilles se tache de multiples et minuscules taches jaunes, puis elles prennent une inquiétante couleur grise. L’argile blanche ou kaolinite pulvérisée sur le feuillage perturbe ces parasites. L’introduction de prédateurs naturels comme les coccinelles et les chrysopes aide à contrôler leurs populations.
Ravageurs et maladies du rhododendron
Déséquilibres physiologiques : Chlorose et stress environnemental
Les feuilles du rhododendron qui jaunissent signalent généralement une chlorose ferrique. Cette carence en fer se manifeste par un jaunissement du feuillage du rhododendron, les nervures restant vertes. Pour traiter cette maladie du rhododendron, il suffit d’apporter du chélate de fer par pulvérisation foliaire ou arrosage. La chlorose est généralement liée à des carences en nutriments essentiels au niveau du sol. Ce problème cible principalement les plus jeunes feuilles puis se propage progressivement à toutes les feuilles à mesure qu’il s’aggrave. Lorsque la chlorose est due à une carence en azote, c’est l’entièreté de la feuille qui se décolore.
Quand le manque de magnésium est à l’origine de la chlorose, ce sont les feuilles situées à la base qui jaunissent en premier. Si le rhododendron est mal placé et qu’il reçoit directement un soleil trop fort, ses feuilles se couvrent de larges tâches marron qui correspondent à des brûlures. On observe souvent des groupes entiers de feuilles tachées. En prévention, prenez soin de choisir un bon emplacement au moment de la plantation. Le rhododendron aime l’ombre des grands arbres ou une exposition à mi-ombre. Attention aussi à ne pas le planter trop près d’un mur clair qui réfléchirait le soleil.
Infections fongiques secondaires et pucerons
L’oïdium se manifeste par un feutrage blanc ou gris sur les feuilles et les tiges des rhododendrons. Les feuilles présentent sur la face supérieure ou au revers de petits ronds décolorés ou un aspect poudre blanche. Ces taches indiquent que le champignon agit à l’intérieur et attaque les cellules, la production de chlorophylle en étant altérée. Le soufre, le bicarbonate de soude ou le lait dilué constituent des traitements naturels contre l’oïdium. Un emplacement bien aéré et l’élagage des branches trop denses préviennent son apparition.
Les pucerons du rhododendron forment des colonies vertes, jaunes ou roses sur les jeunes pousses et les boutons floraux. Lorsque les attaques sont très fortes, les feuilles se recroquevillent, se tordent où se déforment. Le savon noir dilué dans l’eau offre un traitement bio efficace contre les pucerons. L’huile de colza pulvérisée sur le feuillage constitue une alternative naturelle. Le bud blast, causé par le champignon Pycnostysanus azaleae, dessèche et noircit les boutons floraux du rhododendron. Il convient de couper et brûler les boutons atteints dès leur apparition. La bouillie bordelaise appliquée en prévention limite les risques d’infection. Les rhododendrons et azalées, cultivés en pot, sont très sensibles à ce champignon microscopique qui se développe sur les feuilles blessées, au printemps. Cette maladie se remarque par les taches grisâtres ou brunâtres sur les feuilles.

Stratégies de maintenance et prévention globale
La surveillance régulière du feuillage permet de détecter rapidement l’apparition de symptômes. Le retrait des feuilles mortes et des fleurs fanées limite les risques d’infection. La taille se limite au retrait des parties malades, mortes ou endommagées. Il faut désinfecter les outils entre chaque coupe pour éviter la propagation des maladies. Les traitements préventifs s’appliquent au printemps avant l’apparition des symptômes et en automne pour préparer l’hiver.
Un paillage avec des écorces de pin maritime maintient l’acidité du sol et conserve l’humidité nécessaire au bon développement des rhododendrons. Pour favoriser la lutte biologique, il est donc essentiel d’attirer des insectes comme les coccinelles, les syrphes, les chrysopes, les carabes, qui constituent d’efficaces prédateurs contre les pucerons. Certaines variétés de punaises s’attaquent aux tigres du rhododendron, tout comme les coccinelles ou les chrysopes. D’autres insectes seront chassés par de petits mammifères comme le hérisson ou la musaraigne, ou encore des oiseaux du jardin. Les rhododendrons sont des plantes plutôt résistantes, et si les conditions de culture sont optimales, le rhododendron est un arbuste de terre de bruyère facile à réussir et florifère. Apprenez à reconnaître les maladies du rhododendron afin de les éviter.
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