Tout savoir sur les associations de plantes en permaculture : optimiser son potager durablement

La permaculture est une façon d’organiser son jardin en utilisant un ensemble de techniques respectueuses de l’environnement. Au potager, l’interaction entre les végétaux est primordiale. Vous souhaitez protéger votre potager des maladies et des insectes ? Vous voulez optimiser votre jardin ? Grâce aux associations de plantes en permaculture, comme les Trois Sœurs, vous allez booster la productivité de votre jardin potager. Les associations de plantes en permaculture permettent de maximiser la croissance, de réduire les ravageurs et d’utiliser efficacement l’espace dans votre jardin. En utilisant les synergies naturelles entre différentes plantes, vous pouvez créer des écosystèmes de jardinage diversifiés. Vos rendements seront maximisés, mais en plus, vous allez réduire votre dépendance aux pesticides et aux engrais chimiques.

Schéma illustrant le compagnonnage des plantes au potager

Les principes fondamentaux de l’association de cultures

Le mot « permaculture » signifie « agriculture permanente ». La permaculture a pour principe de s’inspirer de la nature pour faire ses cultures. Le terme regroupe des techniques d’aménagement, de design et de culture ancestraux ainsi que novateurs. Ce concept s’inspire du modèle d’agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka. La permaculture s’utilise de plus en plus, puisqu’elle prend en compte le respect de l’humain et de l’écologie. Créer son jardin en permaculture possède plusieurs avantages. En plus de répondre à vos propres besoins, vous améliorez l’environnement.

Les associations au potager sont des plantes que l’on fait pousser ensemble pour créer des synergies. Le principe est d’associer des plantes qui ont une action l’une sur l’autre. Sur le papier, ce genre d’association est très intéressant. En pratique en revanche, il est difficile de prouver leur véracité. En effet, un certain nombre de recherches ont été réalisées dans le domaine, avec de nombreux résultats. Le problème est que ces résultats ont pour l’instant été prouvés en laboratoire. Ils ne sont pas toujours applicables en réalité. De plus, bien que certaines de ces conclusions aient pu être vérifiées en réalité, elles ne donnent pas forcément les mêmes résultats selon les types de sols, les conditions de cultures, la pression des maladies, etc.

La stratégie du "gain de place" : une approche pragmatique

Puisque les effets des associations sont imprévisibles et très variables, nous vous conseillerions, pour vos associations, de retenir une règle générale : celle consistant à maximiser la photosynthèse. On cherchera alors à occuper toute la surface disponible avec des feuilles, situées à différents étages. Les plantes utilisent l’énergie de la lumière pour séparer l’eau (H²O) en oxygène et en hydrogène. L’hydrogène, mélangé au carbone capté dans l’atmosphère, produit des sucres simples et donc de la matière. L’oxygène restant seul est rejeté dans l’atmosphère durant le processus. Ainsi, il nous paraît plus pertinent de se diriger vers des associations gain de place, qui semblent plus pragmatiques.

Sur votre surface de culture, installez les végétaux de petite taille et ceux dont le cycle de culture est court sur les côtés. Les végétaux qui montent en hauteur, ou ceux dont le cycle de culture est long iront au centre de la zone de culture. Cette façon de procéder est la plus simple. Elle vous permet de ne pas avoir à enjamber des choux pour récolter des laitues que l’on aurait plantées au centre.

Diagramme des étages de végétation pour un potager optimisé

L’exemple emblématique de la Milpa : les Trois Sœurs

Cette association traditionnelle des Amérindiens combine le maïs, les haricots grimpants et les courges. Elles sont plantées ensemble dans le même espace, créant ainsi un écosystème de jardin diversifié. Le maïs offre une structure verticale pour les haricots grimpants, qui, à leur tour, livrent de l’azote au maïs. Les courges couvrent le sol, réduisent les mauvaises herbes et maintiennent l’humidité. Synergie nutritionnelle : les trois sœurs fournissent une alimentation équilibrée. Le maïs est riche en amidon, les haricots en protéines, et les courges en vitamines.

Malheureusement, semer les trois en même temps ne permet pas de profiter de cette super association : le maïs ne croît pas suffisamment rapidement par rapport aux haricots, qui se retrouvent en manque de tuteurs. Il faut alors semer le maïs et attendre un mois avant de venir semer les haricots pour qu’ils ne gênent pas le maïs.

Gestion de la biodiversité et protection naturelle

🐛 Vous avez des nuisibles ? Les associations de fleurs avec des légumes contribuent à améliorer la santé du jardin et son aspect général. Elles permettent de réduire la présence des ravageurs en attirant des pollinisateurs. Les roses trémières attirent les pucerons, éloignant ainsi ces nuisibles des légumes environnants. Les herbes aromatiques comme le romarin, la sauge et le thym peuvent être plantées entre les cultures de légumes. La menthe peut être utilisée pour éloigner les chenilles de chou. La lavande repousse les pucerons, les aleurodes et les mouches blanches. Les soucis sont réputés pour repousser les pucerons, les nématodes et d’autres insectes nuisibles des tomates. Ils sont attractifs pour les abeilles.

PERMACULTURE : une SPIRALE à AROMATIQUES pour un jardin d'exception !

Conseils pratiques pour réussir ses associations

Si vous le pouvez, simplifiez-vous la vie et ne dépassez pas trois plantes dans vos associations. Cela permet de faciliter les interventions, c’est-à-dire les récoltes, désherbage, etc. Il est possible d’en rajouter, mais cela peut devenir un peu complexe. Préférez créer une nouvelle association, sur la même planche, avec des plantes différentes. Il est très utile d’installer dans vos associations au potager des plantes qui fixent l’azote atmosphérique. Ce sont les légumineuses. En mourant, ces plantes vont libérer de l’azote dans le sol, aidant les futures cultures à bien se développer. Les pois, haricots, et fèves sont les trois cultures potagères principales qui remplissent cette fonction.

Cultiver en lignes droites ?! En permaculture où l’on recherche à imiter la nature ? Oui ! Du moins, c’est notre conseil. Chacun fait comme il le désire, mais planter/semer en rang représente un gain de temps considérable. Vous repérez les espèces plus facilement à la germination. Les distances entre les plantes associées sont plus faciles à calculer. Les récoltes sont plus aisées, les zones de cultures sont plus accessibles. Le désherbage est plus rapide, l’irrigation est plus aisée, etc.

Structurer le potager par zones et par cycles

Pour économiser de l’énergie et des déplacements, il est nécessaire d’organiser le jardin par zones. C’est la zone la plus fréquentée où l’activité humaine et les visites sont très présentes. Lieu d’emplacement pour les cultures et arbres fruitiers ayant besoin d’un arrosage régulier. C’est la plus sauvage et éloignée de votre maison. Commencez par sélectionner les variétés qui resteront en place, comme les arbustes ou les fines herbes. Puis choisissez quelques légumes perpétuels. Vous aurez ainsi structuré votre potager avec des plantations durables.

Ne laissez jamais une parcelle vide, profitez des espaces dont vous disposez pour faire pousser des engrais verts. Ou encore, pratiquez la contre-plantation, une technique qui consiste à intercaler une culture qui possède un cycle plus rapide, comme le basilic entre les tomates. Enfin, il n’y a aucun interdit au potager permacole. Une seule règle de base : jardinez avec la nature, jamais contre elle. Sélectionnez donc vos graines en favorisant les espèces locales.

Plan de zonage d'un jardin en permaculture

La fertilité du sol : le socle de toute association

Il est évident qu’en cultivant plus de plantes dans un même espace, votre sol aura besoin de plus de nutriments pour produire. Essayez d’ajouter du compost ou un paillage à votre sol chaque année afin de nourrir vos légumes. Un sol déjà fertile nécessite 1 kg de compost mûr par an et par mètre carré. Cette quantité dépend des légumes, certains étant plus gourmands que d’autres. Le sol doit être couvert le plus possible durant l’année. Cela lui permet d’être plus vivant, de conserver sa fraîcheur et sa disponibilité en éléments nutritifs. Pour conserver votre sol couvert, remplissez-le de cultures nourricières ! Et, à défaut d’ensemencer toutes vos zones de culture, n’hésitez pas à ajouter un paillage quelconque si vous en avez. Néanmoins, l’avantage d’une couverture vivante est qu’elle est beaucoup plus productive qu’un potager paillé. Ainsi, ne vous dirigez pas systématiquement vers du paillage pour couvrir le sol.

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