La propolis est une substance végétale et résineuse que les abeilles fabriquent à partir des diverses résines qu’elles recueillent sur les bourgeons et l’écorce des arbres, auxquelles elles ajoutent de la cire et des sécrétions salivaires. Elles en induisent l’intérieur des ruches pour garantir étanchéité, solidité et asepsie. L’ouverture, nommée le "trou d’envol", qui se trouve à l’entrée de la ruche, est constamment ajustée et remodelée à l’aide du propolis afin d’adapter ses dimensions et son orientation en fonction des conditions climatiques. Ce passage constitue par la même occasion une sorte de chambre de stérilisation à l’entrée de la ruche, d’où le nom propolis qui signifie, en grec ancien, "devant" (pro) la "cité" (polis). La propolis a une longue histoire d'utilisation médicinale, qui remonte à 350 avant JC. Dure et friable à 15 °C, la propolis devient molle et malléable aux alentours de 30 °C, puis collante ou gluante à des températures plus élevées. Sa couleur peut varier du jaune clair au brun très foncé, presque noire, en passant par toute une gamme de bruns suivant les types de résines recueillies par les ouvrières. Elle possède une saveur âcre, voire amère. Plus de 300 composants différents ont été identifiés dans la propolis. En général, la propolis contient des polyphénols (flavonoïdes, acides et esters phénoliques), des aldéhydes et cétones phénoliques.

Propriétés biologiques et mécanismes d'action
La propolis se distingue par une action multidimensionnelle sur l'organisme. En tant qu'antibactérien, elle contient des flavonoïdes, dont la pinocembrine, la galangine, la pinobanksine et la pinobanksine-3-acétate, qui seraient responsables de ses effets antibactériens. Ces propriétés s'étendent aux domaines des infections bucco-dentaires, respiratoires, ORL et urinaires.
Sur le plan antiviral, la propolis possède des propriétés notables, notamment en empêchant les virus d'entrer dans les cellules et en perturbant leur réplication. Elle est particulièrement efficace contre le virus de l'herpès génital (HSV-2) grâce à ses composés flavonoïdes tels que le kaempférol et la quercétine. D'autres composés, comme le caffeate de 3-méthyl-but-2-ényle et l'isopentyl ferulated, ont montré une activité contre le virus de l'herpès simplex (type 1) et le virus de l'influenza A1.
En tant qu'anti-inflammatoire, il existe des preuves préliminaires que la propolis pourrait supprimer la voie lipoxygénase du métabolisme de l'acide arachidonique et diminuer la synthèse des prostaglandines et des leucotriènes impliqués dans l'inflammation. Ses propriétés antioxydantes, quant à elles, agissent comme piégeur de radicaux libres, protégeant les cellules contre le stress oxydatif, ce qui a été étudié dans le cadre du diabète de type 2 et de la radioprotection.
Applications cliniques et santé humaine
La recherche clinique a permis de valider plusieurs usages traditionnels de la propolis. Une méta-analyse de six essais cliniques incluant 374 patients atteints de diabète de type 2 montre que la prise de propolis pendant 8 semaines à 6 mois réduit l'hémoglobine glyquée (HbA1c) de 0,5% et la glycémie à jeun de 13,5 mg / dL par rapport au placebo.
En ce qui concerne les infections respiratoires, un essai de bonne qualité méthodologique a été mené auprès de 328 enfants d’âge préscolaire pendant 12 semaines. Par rapport à un placebo, la prise de 5 à 7,5 ml 2 fois par jour d'une préparation (Chizukit®) avec 50 mg / ml d'échinacée, 50 mg / ml de propolis et 10 mg / ml de vitamine C a réduit le nombre et la gravité des infections des voies respiratoires.
Dans le traitement de l'herpès labial, l'application d'une pommade spécifique à base de propolis à 3 % (Herstat), cinq fois par jour au début des symptômes, réduit la durée de l'herpès labial d'environ 3 à 4 jours et peut réduire la douleur liée à l'herpès labial par rapport au placebo. De plus, la supplémentation en propolis augmenterait le taux de guérison des verrues chez les adultes et les enfants. Un essai mené en Égypte sur 135 personnes a montré que, dans le cas des verrues vulgaires et planes, la propolis a été nettement plus efficace que le placebo et l’échinacée pour guérir les participants.
Qu'est-ce que la propolis ? | L'allié de la ruche pour votre santé | Bienfaits et applications
La Propolis et les agents pathogènes fongiques
L'activité antifongique de la propolis est documentée par des études in vitro indiquant qu'elle est efficace contre les champignons tels que les espèces de Candida. Elle a été utilisée avec succès contre C. albicans, C. glabrata et Aspergillus fumigatus. La pinocembrine, un composant de la propolis, s'est révélée efficace contre Penicillium italicum (responsable des moisissures), inhibant la croissance du mycélium et perturbant le métabolisme du pathogène. D'autres composants, y compris l'acide caféique, ont démontré une activité antifongique.
La Moniliose : un défi phytosanitaire majeur
La moniliose ou pourriture brune des arbres fruitiers est une maladie qui affecte les arbres fruitiers. A noter qu’une cousine américaine, Monilia fructicola, a été observée pour la première fois dans des vergers du Sud-Est de la France en 2001. La moniliose engendre deux types de dégâts. Un premier type est visible au verger et se caractérise par le dessèchement des fleurs et des rameaux. Le second type de dégâts peut apparaître sur les fruits aussi bien sur l'arbre qu'une fois récoltés. Cela se traduit par un pourrissement sec et rapide du fruit que l'on nomme momification.
Sur les espèces à pépins comme les cognassiers, les poiriers et les pommiers, Monilia fructigena s'attaque uniquement au fruits et Monilia laxa demeure sur les rameaux et fleurs. En revanche, sur les fruits à noyau (prunes, pêches, abricots, nectarines) ces deux souches se retrouvent sur les fleurs rameaux et fruits, expliquant ainsi la gravité accrue de l'attaque sur ce type d'essences fruitières. M. laxa se développe dès que la température dépasse les 5°c et M. fructigena au delà des 15 °C.
Sur les abricotiers, les nectariniers, les pêchers et les amandiers des chancres se forment à la base des rameaux d’où suintent de la gomme. Sur les cerisiers la moniliose induit un dessèchement des bouquets de fleurs qui se couvrent également de pustules grises. Sur fruits, les symptômes sont assez classiques, et homogènes selon les espèces fruitières. Cela se traduit par un brunissement rapide du fruit dû au développement d'une pourriture sèche, de couleur marron ou noir, et sur laquelle finissent par apparaitre de petites pustules claires, réparties ou non, en cercles concentriques.

Stratégies de gestion et prévention des infections fongiques
Pour limiter le développement de la moniliose, il est conseillé de réduire l'humidité au niveau de l'arbre. Cela passe notamment par une taille aérée. De même il convient de lutter le plus possible contre les chocs dans l'arbre en pratiquant une taille en vert ou un éclaircissage et en prenant des mesures pour éloigner les oiseaux (filets anti étourneaux), les vers des fruits et les guêpes qui peuvent perforer l'épiderme et ouvrir des portes d'entrées pour les champignons responsables de la pourriture des fruits.
Ne fertilisez pas trop vos vergers de manière à limiter tous déséquilibres et préférez systématiquement les amendements organiques aux engrais chimiques de synthèse. Ainsi, on retrouve uniquement des spécialités à base d'hydrogénocarbonate de potassium ou de Bacillus amyloliquefaciens. De notre coté, nous vous proposons l'anti-maladie polyvalent à base de la bactérie bénéfique Bacillus subtilis. La propolis, par ses propriétés antiseptiques naturelles, offre une perspective intéressante pour renforcer la résistance des végétaux, tout comme elle agit en tant que barrière protectrice contre les agents microbiens pathogènes qui pourraient infecter les jeunes bourgeons des arbres.
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