
L'art du jardinage ne se limite pas à la plantation et à la récolte. Il s'agit également d'anticiper les défis que la nature peut poser à nos cultures. Qu'il s'agisse des rigueurs de l'hiver, des assauts des nuisibles, des maladies cryptogamiques ou des caprices météorologiques comme la pluie intense, chaque saison apporte son lot de menaces pour le potager. Comprendre comment prévenir et réagir face à ces agressions est essentiel pour assurer la pérennité de vos plantations et garantir des récoltes abondantes et saines année après année. Cet article explore les différentes stratégies et techniques pour protéger efficacement votre potager, de la préparation du sol aux protections spécifiques, en passant par l'entretien des outils et la gestion de l'eau.
Préparer le potager pour l'hiver : Anticiper le froid et le gel
Le froid se fait ressentir et l’hiver approche à toute vitesse, rendant nécessaire la réalisation de certaines étapes primordiales pour protéger votre potager des grands froids. Les premiers froids de l’automne arrivent et au potager, les cultures d’été sont désormais presque toutes sèches. C'est le moment de faire un peu de ménage pour préparer la saison prochaine. Le froid commence à prendre ses quartiers d'hiver, une période rude pour certaines plantes du potager comme du jardin. La nature va vivre au ralenti et aura besoin d'aide pour être à nouveau performante la saison prochaine.
Récolte et nettoyage : Les premiers gestes essentiels
Avant d’aérer et de nourrir votre sol, il est impératif de préserver vos derniers légumes en les récoltant. Certaines cultures d'été peuvent encore mûrir malgré les premiers froids qui ont déjà touché les plantes. Il est préférable de ne pas arracher les plants, mais de les couper à la base afin que les racines se décomposent seules et enrichissent le sol en azote. Si le sol est gelé, les récoltes deviennent plus pénibles dans une terre dure comme du béton. Pour limiter ce problème, récoltez les légumes racines pour les stocker en silo.
Une fois vos cultures fanées, coupez-les aux pieds afin de laisser le système racinaire sur le sol. Vous pouvez ensuite soit les composter en surface, soit les exporter vers un tas de compost. Sur place, les minéraux qu’elles ont pompés pour leur croissance finiront ainsi directement là où ils ont été puisés. Si vous faites cela, prenez le soin de les découper en morceaux pour accélérer la décomposition. Cependant, sur certaines cultures comme les tomates, il est préférable de les composter en tas pour éviter la propagation de certaines maladies. Dans les faits, les champignons comme le mildiou sont présents dans quasiment tous les sols cultivés. Ainsi même en exportant vos déchets de culture, la maladie reviendra la saison prochaine, car son développement est avant tout lié aux conditions météo.

Après avoir récolté, nettoyez votre potager en y enlevant tous les végétaux morts. Le désherbage peut être une activité rébarbative, mais se débarrasser de ces petits végétaux indésirables dans votre potager ou jardin peut s'avérer nécessaire.
Travailler et enrichir le sol : Nourrir la terre pour la saison à venir
Travailler le sol avant l’hiver est important. Vous pouvez le décompacter à l’aide d’une fourche, d’une bêche ou d’une grelinette. Cette dernière permet d’éviter de trop remuer la couche supérieure de la terre qui est déjà riche en micro-organismes. Le but de travailler le sol est d’aérer la terre avant de la nourrir de matière organique. Une fois le potager nettoyé, observez votre sol. Selon les cultures en place et l’eau qu’a reçue la parcelle, la terre est plus ou moins compactée. En travaillant sur sol vivant, avec des paillages, on limite le tassement du sol. Mais les fortes précipitations d’automne et d’hiver ont tendance à marteler le sol. Si votre sol est tassé, patientez jusqu’au printemps pour passer un coup de grelinette. La grelinette permet d’aérer le sol sans le retourner. En effet, travailler un sol gorgé d’eau est le meilleur moyen de détruire sa structure et le rendre encore plus tassé et gluant qu’au départ !
L’enrichissement du sol grâce à des matières organiques, du compost ou du fumier est l'une des étapes les plus importantes. Disposez-en une couche généreuse sur votre potager à l’aide d’un râteau. La pluie se chargera de faire pénétrer la terre. Cette couche végétale regorge de micro-organismes bénéfiques pour aérer la terre.
Le fumier est un engrais très intéressant au potager. Ce n’est pas nouveau, nos anciens pratiquaient déjà cette méthode. Les fumiers de moutons, de vaches ou de chevaux sont très riches en minéraux pour les plantes potagères. Pour qu’ils soient assimilables par les plantes, ils doivent être en partie décomposés. Apportés frais au potager, ils risqueraient de brûler les jeunes racines de vos plants. En faisant cet apport à l’automne, les fumiers auront tout l’hiver pour se décomposer. Ils offrent un substrat riche pour vos futures cultures. Si vous ne possédez pas d’animaux herbivores, vous pouvez essayer de vous procurer du fumier chez les agriculteurs ou dans les centres équestres. Le fumier offre un apport riche en nutriment pour les plantes potagères.
Le paillage : Une couverture protectrice et nutritive
Pailler la terre est bénéfique car cela la rend plus facile à travailler. Elle est moins boueuse et plus légère. Pour ce faire, disposez une couche de paille, feuilles, copeaux, foin… d’environ 5 cm sur votre sol, afin qu’il soit protégé du gel et de l’érosion hivernale. Le paillage peut s’étaler sur plusieurs semaines. Ce climat favorable permettra également à tous les petits êtres vivants présents dans le sol de continuer à retourner la terre durant cette période.
Le paillage, ce n’est pas que pour économiser de l’eau ! S’il est très utile en été pour maintenir le sol au frais, le paillage apparaît aussi comme une couverture pour l’hiver. Les poireaux, qui passent l’hiver dans le sol, apprécieront un paillage épais pour protéger leur pied. En apportant du paillage à l’automne, on évite que le sol ne se refroidisse trop rapidement dès les premières gelées. C’est à cette saison-ci que les paillages sont aussi disponibles en grande quantité. N’hésitez pas à ramasser les feuilles mortes et pour vous en servir comme couverture du sol. Vous pouvez aussi utiliser vos déchets de cultures en paillage ainsi que vos diverses tailles en vert. Ne lésinez pas sur la quantité, toute cette matière va en partie se décomposer pendant l’hiver. Une partie des minéraux issus de cette décomposition seront ainsi disponibles dès le printemps prochain pour vos cultures.
Le paillage permet aussi d’éviter le lessivage avec les pluies automnales et hivernales. Il fait office de couette pour protéger toute l’activité organique du sol ! Faites attention tout de même, il a tendance parfois à tasser le sol, notamment les sols lourds.
Pour éviter la repousse des mauvaises herbes, recouvrez le sol d'un matériau opaque, c'est la méthode de solarisation. Ou recouvrez le tout d'un paillage, par exemple de feuilles mortes sur une épaisseur de 10 cm. Un excellent moyen d’empêcher les mauvaises herbes d’envahir votre jardin est d’installer une barrière entre le sol et vos plantes. Le fait d’apposer un paillis, par exemple, permet à la fois de maintenir l’humidité du sol plus longtemps, mais aussi de limiter la pousse de plantes indésirables. Et le paillis biodégradable et compostable, qui se décomposera lentement dans votre sol. Pour ces deux options, l’installation est facile et rapide : on déroule sur toute la surface du potager, on enfouit sous la terre pour les rebords afin de maintenir en place et on fait des incisions pour la plantation ou les semis. Une autre option, si votre potager est de bonne dimension, est le couvre-sol tissé qui est habituellement utilisé entre les rangs de végétaux. Le modèle Pro-Platinum en polyéthylène empêche la croissance des mauvaises herbes tout en laissant filtrer l’eau et les nutriments.
Le paillage : une technique économique et écologique à portée de tous les jardiniers...
Protéger les cultures spécifiques et le matériel
Dès le mois de novembre, il est conseillé de protéger la faune et la flore du froid. Pour ce faire, placez notamment du paillis naturel au niveau des racines des jeunes plantations et des arbres et arbustes les plus fragiles. Certaines plantes vivaces craignent le froid. C’est par exemple le cas de certaines aromatiques comme la verveine citronnelle. Pour leur permettre une meilleure repousse au printemps, venez tailler une grande partie des tiges. Paillez ensuite leur pied généreusement. Sous un épais paillis, elles passent l’hiver plus facilement. Pensez aussi à hiverner vos agrumes, dans une pièce non chauffée avec un minimum de lumière. Un garage fait parfaitement l’affaire.
Le rôle essentiel de la serre
Si vous avez la chance de posséder une serre, faites en bénéficier vos cultures hivernales. Vous obtiendrez ainsi davantage de récoltes. Pour les optimiser encore plus, vous pouvez faire de la récolte « feuille par feuille » sur de nombreux légumes. Avec les épinards, la mâche, les laitues ou les moutardes, vous pouvez prélever les plus grandes feuilles tout au long de l’hiver. Cela encourage même les plantes à se développer et produire de nouvelles feuilles. Toutes les verdures se développent mieux sous serre en hiver. Si vous disposez d'une serre, ouvrez-la les jours de soleil pendant quelques heures pour éviter la condensation. Rentrez-y les plantes fragiles afin de les protéger des gelées.
La serre est un abri idéal pour les cultures fragiles et frileuses. Les tomates par exemple se développent fort bien sous serre et donnent de beaux et goûteux fruits. On peut trouver dans le commerce des mini-serres qui se déplacent au gré de vos besoins et qui se posent simplement sur les plantes à protéger. Dotées d’une porte voire d’aérations, elles sont idéales pour protéger les légumes d’été de la pluie. Bien sûr il y a aussi les classiques serres tunnel, sous lesquelles vous cultiverez plus longtemps et plus sûrement de nombreuses plantes potagères.
Entretien des outils et des infrastructures d'arrosage
Préparer l’hiver au potager, c’est aussi faire un rangement des différentes choses qui traînent, notamment les outils. Une fois les dernières plantations d’hiver effectuées, les outils doivent être stockés au sec jusqu’à la saison prochaine. Exposés aux intempéries, ils auront tendance à vieillir prématurément.
Il est important de les nettoyer ! Retirez la rouille qui s’est formée en surface sur vos outils à l’aide d’un papier de verre à grains fins. À ce moment-là, profitez-en pour aiguiser les outils émoussés. Vous pouvez ensuite huiler vos outils, manches et lames pour les protéger au mieux de l’humidité hivernale.
Si vous habitez dans une région où le risque de gel est élevé, pensez à vidanger vos circuits d’eau. Sous l’action du gel, l’eau augmente en volume. Si le tuyau est rempli d’eau sous pression, il risque alors d’éclater au moment où la température descend en dessous de zéro. Si vous avez un circuit d’arrosage enterré, il suffit d’ouvrir le robinet de la valve la plus basse. Avec la gravité, tous les tuyaux devraient se vider, ou du moins ne plus être sous pression. Laissez les robinets ouverts pour la même raison. Concernant les tuyaux d’arrosage, le gel ne leur fait pas du bien non plus. Afin de prolonger leur durée de vie, stockez-les dans un local hors gel en hiver. Pensez aussi à ranger le matériel d’arrosage : programmateur, arrosoirs et asperseurs. Encore une fois, les températures négatives diminuent leur durée de vie.
Lutte contre les ravageurs et maladies
Lorsque les premiers gels arrivent : fini les ravageurs ! Les ravageurs d’automnes sont coriaces : mouches suzukii, chenilles et piérides, punaises ou bien même pucerons disparaissent souvent en hiver. Vous pouvez donc libérer vos choux et autres légumes des filets anti-insectes installés au cours de la saison. Avant de les ranger, examinez leur état. Si vous y trouvez de petits trous, rapiécez-les à l’aide d’un fil et d’une aiguille. Il suffit parfois d’un seul trou pour voir nos récoltes disparaître. En hiver, on se régale de toutes nos récoltes de conservation ainsi que des conserves faites en été.
Maladies et nuisibles sont légion dans le jardin et le potager. Il est donc important de surveiller ses plantes régulièrement afin de pouvoir réagir rapidement en cas de problème. Certains produits naturels vont cependant se révéler efficaces et offrent des résultats satisfaisants dans une majorité de cas. Beaucoup d'insectes sont des ennemis des plantes du jardin et du potager. Les pucerons sont particulièrement redoutables et se logent sous les feuilles des légumes. Le savon noir représente aussi une alternative naturelle et efficace pour se débarrasser de ces insectes. Préférez toujours choisir des produits naturels et bio afin de débarrasser vos plantes des nuisibles tout en assurant la protection de l’environnement.
Protection contre les intempéries : Pluie, vent et grêle
Le potager est l’objet de nombreuses attentions, et la pluie peut parfois réduire tous ces efforts à néant lorsqu’elle s’abat avec intensité sur les plantations. Et même si l'on n’y pense pas toujours, ce n’est pas là son seul défaut, même si elle a bien sûr des qualités ! Protéger son jardin potager de la pluie est heureusement aisé, de nombreux abris peuvent être utilisés pour abriter les cultures. Et ce n'est pas la seule façon d’éviter, ou de limiter au mieux, les dégâts. Certaines méthodes de culture peuvent se révéler également très efficaces, et il ne faut pas non plus oublier les techniques de base pour évacuer l’eau.
Pourquoi protéger son potager de la pluie ?
Quelle que soit la saison, le jardin potager peut être soumis à des pluies violentes, voire à des épisodes de grêle, qui peuvent y provoquer de gros dégâts. Outre ces phénomènes intenses, les changements de température ne sont pas très appréciés par de nombreux légumes. La grêle et les giboulées sont particulièrement refroidissantes.
Une autre raison pour protéger son potager de la pluie est de limiter les maladies cryptogamiques. La diffusion des spores de champignons responsables de ces maladies se fait en effet particulièrement lorsqu’il pleut ou qu’il a plu. Les gouttes de pluie, en frappant le sol et en éclaboussant tout autour, récupèrent des spores qui se retrouvent sur les plantes. Et nombre de ces champignons ont besoin d’humidité pour être “activés” et pénétrer dans l’organisme des végétaux.
Après une période pluvieuse, le nombre d’herbes indésirables explose, elles concurrencent les végétaux que vous avez plantés et peuvent même les étouffer. Et à moins d’agir tant que le sol est encore mouillé, le désherbage est peu aisé entre les légumes.
Lorsqu’il pleut sur un sol nu, le sol se tasse et se gorge d’eau, et une fois sec se forme une croûte dure qui rend compliqué le travail de la terre, autant pour semer que pour planter. Cette croûte rend également difficile la levée des graines.
Les semis et les jeunes plantules sont fragiles, et les pluies, si elles sont fréquentes ou trop fortes, rendent parfois la germination difficile. Un sol trop humide peut en effet provoquer le pourrissement des graines les plus sensibles. Les haricots sont un bon exemple, les graines disparaissant totalement dans le sol lorsqu’elles sont semées en période trop pluvieuse. Et qui dit pluie dit aussi limaces. Ces voraces sont encore plus présentes et efficaces lorsque le temps est à la pluie !
Que faire après une pluie violente, des giboulées ou la grêle ?
Nettoyez le potager de tous les rameaux cassés, des feuilles et fruits abîmés. Vous rabattrez au sécateur sous les cassures. Les fruits et légumes abîmés pourront être cuisinés rapidement et congelés ou mis en conserves. Les tiges des aromatiques seront, elles, mises à sécher pour être utilisées plus tard pour parfumer vos plats.
Secouez les fleurs pour en ôter toute l’eau et aidez à leur pollinisation en déposant manuellement le pollen. Les fleurs de courgettes et autres cucurbitacées sont particulièrement fragiles du fait de leurs pétales extrêmement fins. Une fois collés par la pluie, ils empêcheront tout insecte pollinisateur d’accéder au précieux cœur de la fleur.
Il est prudent d'appliquer un produit antifongique car en cas de blessure des maladies cryptogamiques (dues à des champignons) s’installent rapidement.
Les épisodes pluvieux intenses qui deviennent de plus en plus fréquents peuvent facilement inonder certains jardins potagers. Il est alors nécessaire de réaliser un drainage afin d’évacuer l’eau et sauver vos plantations. Cela permettra en effet que l’eau s’infiltre dans le sol au lieu d’être rejetée dans les égouts qui peuvent être incapables de recevoir d’autres surplus. Autre possibilité : mettre en place un puits sec qui recevra cette eau en surplus, installer des tuyaux de drainage perforés.
Griffez le sol s’il n’est pas couvert pour éviter la formation d’une croûte dure. Comme dans la plupart des cas, mieux vaut prévenir que guérir ! Et la prévention en terme de protection contre la pluie peut prendre plusieurs formes.

Protections physiques et équipements
Les tuteurs : Les plantes potagères peuvent voir leurs tiges brisées par une pluie un peu forte ou tout simplement par le poids de leurs fleurs, fruits ou feuilles mouillées. Des tuteurs pourront éviter ce problème.
Les cloches : Pour favoriser la levée de graines et le développement des tout jeunes plants, pensez à installer des cloches en verre ou en plastique sur ces sujets délicats : courgettes, melons, basilic… Ces cloches auront également le bon goût de protéger vos jeunes plants des limaces ! Pensez à ôter ces cloches aussitôt que la pluie est passée.
Les tunnels : Les tunnels sont un moyen efficace et pratique pour protéger les récoltes. Les structures sont installées le long des planches dès leur mise en place et il ne reste qu’à relever les bâches en cas de pluie annoncée. La pluie entraîne souvent une baisse de température que n’apprécient pas trop tomates, poivrons, aubergines. Les tunnels de forçage ou les housses plastiques gardent les plantes au chaud durant ces épisodes. Pour limiter la condensation qui n’est pas des plus souhaitable, pensez à percer les housses à plusieurs endroits. Pensez par contre à les enlever dès que le temps devient plus clément. Les tunnels rétractables sont depuis longtemps utilisés dans les champs. Dubois Agrinovation offre maintenant aux jardiniers un ensemble de mini-tunnel rétractable de 50 pieds baptisé Tunnel Flex. Cet ensemble est le fruit de trois ans de recherche et combine la facilité d’installation à l’efficacité grâce à un système d’arceaux, d’élastiques et d’un film transparent thermique.
Certains végétaux sont particulièrement sensibles au mildiou, cette maladie qui dépose taches brunes ou feutre de moisissure sur les feuilles des tomates, pommes de terre, courges, vigne. La production en est bien sûr considérablement affectée. Ces plantes potagères se porteront bien mieux en étant protégées de la pluie. Vous leur installerez des piquets surmontés de bâches ou d’un châssis pour leur éviter autant que possible d’être mouillées. Dans l’idéal, l’abri doit être à environ 30 cm au-dessus du feuillage, et prévoyez une légère pente pour que l’eau ne s’accumule pas. Accessoirement, un arrosage au pied et une bonne aération entre les plants aident également à éviter ce type de maladie.
Autre possibilité pour réchauffer la température, les briques et tuiles, concassées ou entières. Installés comme un paillage autour des plantes potagères les plus frileuses ou dans les allées qui longent les planches, ces matériaux ont la capacité d’emmagasiner la chaleur dans la journée et de la restituer lentement lorsqu’il fait plus frais. Les ardoises sont une alternative aussi efficace, qui peuvent elles aussi être utilisées entières ou concassées.
La pluie sur un sol nu tasse le sol, créant à plus ou moins long terme une couche dure et imperméable qui empêche les échanges air/eau de se faire. Les organismes du sol sont privés d’oxygène et ne peuvent pas vivre dans ces conditions, la pluie ruisselle au lieu de s’infiltrer et d’abreuver les racines des plantes. Pour éviter ce phénomène, paillez ! Les matériaux utilisables à cet effet sont nombreux, mais il est préférable de privilégier les matières organiques qui apporteront en plus de leur protection de nombreux nutriments au sol en se dégradant, associées si besoin aux matières minérales déjà citées utilisées pour réchauffer. Le BRF est un bon choix dans de nombreux jardins potagers. Se transformant en bon humus nourricier, il est très apprécié par les lombrics qui foisonnent dans un sol ainsi recouvert, aérant le sol grâce à leurs galeries. Un paillage épais est aussi un léger frein à la croissance des indésirables qui montrent leur nez après la pluie, et surtout il rend le désherbage enfantin.
Les fruits des cucurbitacées sont d’autant plus sensibles à l’humidité qu’ils sont posés sur le sol. Ils n’aiment pas trop non plus la fraîcheur qui remonte d’un sol mouillé. Pour protéger les melons et autres courges de la pluie, vous installerez chaque fruit sur un support : pierres plates, briques, tuiles… La paille est aussi une solution pour isoler les courges du sol.

Méthodes de culture pour la gestion de l'eau
Surélever le potager : Les carrés potagers rendent plus facile l’installation de protections au-dessus des plantes potagères. Des piquets peuvent même être prévus lors de la construction, ou bien des tubes fixés dans les coins qui accueilleront ces piquets au besoin. Les carrés potagers ont un autre avantage en cas de temps pluvieux : le sol surélevé est plus drainant, évitant que les racines ne se noient dans un sol saturé d’eau.
Les cultures en lasagnes peuvent être une solution partielle à un problème récurrent d’inondation de votre jardin potager en cas de fortes pluies. Très utilisée en permaculture, cette méthode consiste à superposer des couches de matières organiques sèches et vertes au sommet desquelles seront installés vos plants. Comme avec les carrés potagers, vos cultures sont ainsi surélevées et ne risquent plus l'inondation ou les excès d’eau au niveau des racines, entre autres avantages.
Ameublir le sol : Un sol meuble permettra plus facilement à l’eau de s’infiltrer dans le sol, au contraire d’un sol tassé qui sera incapable de remplir son rôle d’éponge. De légers sarclages et binages dans vos planches éviteront que le sol ne s’y tasse. N’oubliez pas les allées, même s’il peut être confortable de se déplacer sur des allées bien tassées, elles se rempliront d’eau à la moindre averse. Il est préférable d’y poser des planches en bois, le sol restera bien souple en dessous et offrira plus de surface d’infiltration à l’eau de pluie.
Adopter les méthodes de culture biologiques : Le but ultime de l’agriculture biologique est d’offrir aux plantes un sol riche, humifère, qui reste meuble, bien drainé grâce aux très nombreux lombrics qui y prospèrent. L’usage des produits chimiques est nocif pour tous les organismes vivants, il est à éviter et à réserver éventuellement aux cas critiques. Le paillage et tout ce qui permet au sol de rester couvert comme les engrais verts préserve la vie du sol. Les apports de matières organiques (fumier, compost, BRF et autres broyats), choisis selon la nature de votre terrain sont de toute façon très bénéfiques. Le travail du sol est à éviter autant que possible, pour ne pas bouleverser l’équilibre des couches variées présentes dans le sol. L’ensemble permettra en quelques années de bénéficier enfin d’un sol bien humifère, idéal pour les légumes et dans lequel les eaux de pluies s’infiltreront facilement tout en étant disponibles pour les végétaux.
Installer des évacuations : Si l’eau provoque des rigoles dans le sol de votre potager ou l’inonde régulièrement, il va falloir mettre en œuvre des moyens plus techniques pour résoudre le problème. Vous pouvez par exemple mettre en place des drains ou bien canaliser l’eau là où vous le souhaitez en creusant des tranchées. Durant les périodes pluvieuses, l’eau remplira la tranchée au lieu de noyer vos planches potagères. Si cela ne suffit pas, vous pouvez la faire plus profonde et en combler la moitié de la profondeur avec du gravier ou du sable. Les tranchées ne sont pas forcément profondes, il est tout à fait possible de drainer un terrain avec des petites tranchées réalisées bien sûr dans le sens de la pente, juste à l’aide d’une serfouette. Il est judicieux de partir du bord d’une planche pour guider l’eau un peu plus bas, en dehors du potager. Et si, au lieu d’évacuer ces eaux pluviales, vous les mettiez à profit en réalisant un jardin de pluie ? Ce type de jardin va concentrer les eaux de pluie et permettre leur infiltration dans le sol, évitant les trop-pleins. Vous pouvez également utiliser cette eau grâce au récupérateur d'eau de pluie.
Planter des haies brise-vent : Les haies brise-vent sont un atout précieux pour limiter l’humidité sur les feuilles, et aussi pour le froid. Installées de façon à couper les vents dominants, elles évitent que la pluie soit “poussée” sous les abris que vous avez soigneusement placés.
Attention aux arbres : la pluie n’est pas un risque que par elle-même. Veillez aux arbres qui peuvent surplomber le potager, si des branches un peu fragiles se cassent au cours d’un épisode un peu fort, vos cultures pourraient être endommagées. Supprimez les parties abîmées, cassées ou victimes de parasites dès que possible.
Récupération et astuces ingénieuses
Les vieux parapluies sont très efficaces pour protéger de la pluie, et du soleil, les jeunes plants. Très faciles à déplacer selon les besoins, ils mettent en plus de la couleur dans le potager !
En lieu et place des cloches, utilisez des demi-bouteilles en plastique pour recouvrir vos semis et jeunes plantules. Les bouteilles d’eau, mais aussi de lessive, seront mises à contribution pour la protection du potager contre la pluie.
Des vieilles fenêtres peuvent servir à monter des châssis, très utiles pour abriter vos jeunes plants et petites cultures.
Le bilan annuel et la planification future
L’arrivée de l’automne signe la fin de saison pour le jardinier. C’est alors l’heure de faire le bilan : ce qui a bien poussé et ce qui a moins fonctionné. À travers cette année supplémentaire d’expérience au potager, vous comprenez mieux certains paramètres de vos cultures. Essayez surtout de comprendre pourquoi telle culture s’est particulièrement bien établie. L’exposition ? La chaleur ? L’eau ? Les apports de matière organique ? De nombreux facteurs influent sur la réussite d’une culture. Et c’est en expérimentant que l’on comprend au potager ! En fonction des réussites et des échecs des saisons précédentes, votre potager va évoluer. Agrandir une planche de culture ? Favoriser un type de paillage ? Où encore se procurer des graines ? Toutes ces questions sont importantes et c’est en hiver qu’on a le temps de se faire ce type de réflexion. Profitez-en donc pour passer du temps bien au chaud sur vos aménagements et commencez à choisir vos futures graines chez vos semenciers préférés. Même si l’hiver est un peu la saison morte au potager, on trouve toujours bien de quoi s’occuper !
Le paillage : une technique économique et écologique à portée de tous les jardiniers...
En hiver, il est nécessaire de réaliser certaines étapes primordiales pour protéger votre potager des grands froids. Si certaines de vos plantes n'ont pas donné grand chose cette année, c'est peut-être qu'elles étaient mal placées dans le potager. Replantez-les ailleurs, ou prévoyez-leur un nouvel espace.
Les plantes à fleurs mais aussi les légumes du potager et les fruits des arbres fruitiers, aucun de vos végétaux n’est à l’abri des agressions extérieures, quelle que soit la saison. Certaines plantes souffrent davantage de la baisse des températures qui accompagne l’hiver. C’est le cas notamment des plantes persistantes (conservant leurs feuilles toute l’année), qui ont besoin d’une protection efficace en hiver. En cas de gel, l'eau présente dans la sève se cristallise, augmente le volume de la sève et peut faire éclater les cellules de la plante. En revanche, les plantes caduques (qui perdent leurs feuilles en hiver) sont plus résistantes car elles n'ont pratiquement pas d'activité en hiver. Afin d’offrir à vos arbustes une protection complète, enroulez autour de leur tronc de la toile de jute.
Au potager, la croissance est presque à l’arrêt pour la plupart des plantes. Certaines parviennent quand même à croître à des températures faibles. Les oiseaux s’attaquent à vos semis ou les petits rongeurs grignotent vos plants ? La couverture de protection est toute indiquée pour vous. La couverture de protection modèle Agryl P17 pour jardinage écologique est disponible chez Dubois Agrinovation.
Au-delà du potager : L'environnement du jardin
Les soins apportés à votre jardin ne s'arrêtent pas, même lors de la saison froide. Une fois vos plantations bien protégées, veillez à prendre également soin de la faune ! Installez des refuges pour les oiseaux.
Si les mauvaises herbes sont inesthétiques, elles présentent un autre inconvénient : elles puisent l'eau en surface avant que celle-ci n’atteigne les racines de vos plantes et plantations. Deux types de désherbants s’offrent à vous : les désherbants polyvalents et ceux sélectifs. Très efficaces, les désherbants polyvalents sont utilisables dans tout votre jardin et détruisent les mauvaises herbes jusqu'à la racine. Les graminées qui ont tendance à pousser au pied de vos légumes pourront ainsi être éradiquées en utilisant un désherbant spécial potager. Traitez votre jardin et votre potager 2 fois par an, au printemps puis à l’automne. Préférez un désherbant bio et prêt-à-l’emploi à épandre à l’arrosoir pour traiter de petites surfaces. Le principe du désherbage thermique est simple : la source de chaleur très intense dégagée par l’appareil produit un choc thermique qui atteint les cellules des plantes, sans les brûler. Les mauvaises herbes se dessèchent dans les jours qui suivent, racines comprises.